192 pages
Français

Une Odyssée gabonaise

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Description

Cameroun, début des années quatre-vingt. Comme tant d’autres, tonton Apollé veut l’ailleurs, émigrer à tout prix, quitter ce pays où son avenir est toujours-déjà verrouillé… Et qui sait, peut-être atteindre cet Occident que d’autres ont réussi à toucher du doigt… Mais d’abord, il faut atteindre le Gabon, et encore avant, la Guinée équatoriale… Muni de ses quelques économies, conservant soigneusement le secret sur ses intentions, le jeune homme se lance sur la route un matin et commence ce qui sera peut-être moins un simple voyage qu’un périple, avec ses précieux adjuvants et ses obstacles à contourner… Roman biographique inspiré par le parcours de l’oncle de l’auteur, "Une odyssée gabonaise" apporte un éclairage intime sur l’histoire de l’émigration, mais se lit surtout comme un conte moderne et réaliste, avec tout ce que ce genre suppose de barrières, d’aides inespérées et de soudains changements dans la quête menée… Située au croisement du document, de l’hommage et de la fable, cette œuvre constitue encore une évocation juste des vicissitudes des politiques africaines, tellement influentes sur les destinées des hommes.

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Nombre de lectures 8
EAN13 9782748355420
Langue Français

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Une Odyssée gabonaise
Raphaël Elono Une Odyssée gabonaise Publibook
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« Mene man ototon mekok Tegue hele, tegue kui ndon To’o abog mveng, to’o Abog akot, a ke a ke Man hm mbil azang mekok » Hm nkani Béti
« Je suis le petit ruisseau qui Serpente les rochers, son débit Ne varie jamais, en temps de pluie Comme en temps de sécheresse, il Continue sa petite course droit vers L’éternité. » Proverbe Béti – Sud Cameroun
«Celui qui refuse d’engager le combat n’y est pas vaincu, mais il est vaincu moralement parce qu’il ne s’est pas battu.»Fernando PessoaCette belle pensée illustre parfaitement le tempérament du héros de l’aventure qui va suivre. Ce qui fait la légende d’une vie est le combat permanent que nous menons au quotidien. Tout comme ce qui fait la légende du sport, c’est le duel. Cette aventure n’est pas mienne, elle est celle de mon petit oncle maternel. Si j’ai accepté de l’écrire, c’était pour plusieurs raisons. D’abord, la fascination que j’ai toujours eue à l’endroit de cet individu, son désir de réussir, sa force de conviction, surtout ce refus d’une cer-taine fatalité forgé à partir de son sens inné de l’analyse juste de certaines situations, cet entêtement à vouloir tou-jours briser les barrières de la peur qui bloquent chacun d’entre nous. On dit si souvent et à juste titre que l’on tend toujours vers le bonheur sur terre, la félicité suprême se trouvant peut-être au ciel au côté de Dieu et ses anges, mais qui osera dire ici-bas qu’il n’aspire pas au bien-être ? Per-sonne. Lorsqu’on peut bien manger, bien boire, dormir dans une belle demeure, porter de beaux vêtements, rouler dans de belles voitures, épouser une belle femme, avoir de beaux enfants et assurer leur éducation, si en plus de tout cela s’ajoute une bonne santé, que demanderait encore le peuple ? Juste une longue vie sur terre. L’aventure de mon petit oncle pourrait servir d’exemple pour la jeune génération, surtout pour celles et ceux qui ont toujours tendance à croire que tout leur arri-vera droit du ciel, celles et ceux qui croient lutter en permanence contre un soi-disant destin qui ne leur est pas
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favorable, répétant sans arrêt : « Je n’ai pas de chance ». C’est une grande utopie de compter sur le facteur chance, une donnée si dérisoire que l’on ne saurait jamais où elle se situerait dans la trajectoire de la vie. Nous ne sommes pas tous nés bien sûr avec une cuillère d’argent dans la bouche, encore moins qu’il n’est pas donné à tous de croi-ser sur son chemin des hommes providentiels qui nous propulseraient rapidement en haut de l’affiche. Conscients de tout cela, à nous de prendre le taureau par les cornes et de nous forger nous-mêmes notre destin. De tels hom-mes sont ce que les Anglais appellent des « self-made-men ». Je crois que c’est Jean Paul Sartre qui disait : « On ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie, mais on est responsable de ce que l’on devient ». Je ne dis pas que l’option qu’a choisie mon petit oncle soit la seule façon de faire, conscient qu’il y a beaucoup qui s’y sont essayés et n’ont pas atteint leur but, la vie en ayant décidé autrement. Il y a – vous en conviendrez avec moi – mille autres façons de procéder : tous les chemins menant à Rome. La vie est une aventure quotidienne qui n’a de sens que si l’on sait ce que l’on veut. Il faudrait tout simplement un peu de courage et d’imagination, le tout arrosé d’une bonne dose de volonté, cette petite force incolore qui sommeille en chacun de nous, et qui doit être constamment mise en mouvement par un sacré désir. Nous ne devons pas rester là à nous convaincre que les carottes sont cuites, nous ne pouvons plus rien, il est déjà trop tard. Au contraire, avec notre intelligence, le bien le plus précieux que chaque être possède, nous serons créatifs. Pour gagner de l’argent, il faudrait avoir des idées, l’argent tout seul n’a aucune idée, c’est plutôt les idées qui font de l’argent. Qu’on soit allé à l’école ou pas, nous avons en chacun de nous un génie qui sommeille : il a tout simplement besoin d’être réveillé, pour ensuite éclore comme une fleur au soleil, et chacun s’imposera partout où il sera.
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