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Une pèlerine pour deux

De
72 pages

Oui, encore un récit qui nous promène sur les routes de Saint-Jacques-de-Compostelle ! Mais cette fois, c’est hors des sentiers battus, pour très peu de temps, et en compagnie d’un duo attachant. Les aventures que vivent Claude et Dominique au fil de cette semaine tourmentée peuvent paraître bien anodines. Toutefois, l’autodérision affichée et cette narration légère — voire naïve —, parsemée de clins d’œil, provoquent à coup sûr rire et jubilation, mais aussi parfois une réelle empathie, tant ces péripéties ont la couleur et la fraîcheur du vécu. Un moment agréable de lecture et de sport... pour les zygomatiques !


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-18404-0
© Edilivre, 2018
U
I e heure d’avance
Vendredi 30 juin. BINGES – DIJON
Elle aime bien ça la voisine Suzie passer un moment chez Claude et Dominique, à parler de tout et de rien. Pas trop souvent, faut pas être les uns sur les autres, mais au moins une fois dans la semaine. En général pour un petit café le vendredi sur le coup des 9 heures. Ce soir, c’est un peu exceptionnel, elle a été comme qui dirait « convoquée » : on doit parler vacances d’été, car c’est toujours elle qui est chargée de s’occuper de la maisonnée pendant l’absence des deux propriétaires. Il y a les chats, la basse-cour, les plantes… Ça ne l’effraie pas, ce n’est pas la première fois. Il s’agit juste de fixer les dates et de réviser un peu les tâches. Mais pour l’heure elle est tout ouïe : Dominique s’apprête à raconter encore une de ses péripéties. Elle jubile, sentant que ça va être croustillant, comme à chaque fois…
* * *
Figure-toi qu’hier soir, notre vieux radio-réveil me faisait son clin d’œil à répétitions de celui qui veut me faire comprendre qu’une coupure de courant l’a détraqué et que je dois lui venir en aide, si je veux qu’il remplisse son office avec efficience. Et ça a marché : j’ai compris le message. C’est vrai, me dis-je alors, l’électricien a opéré dans la maison aujourd’hui pour en terminer l’installation électrique (ben oui, puisqu’il est électricien !). Donc nous ne le materons plus dans son short ? avec ses mollets de footballeur ? sa coupe rase ? ses yeux clairs ? Mon-on-on ! (expression haut-marnaise, et vosgienne aussi) ces yeux ! On est vraiment gâtés en artisans : encore un éphèbe ! déjà le maçon… (Le plombier, c’est moins bien, mais… quand même.) Au fait, il n’a pas répondu à mon message ledit superélectroman. Rentrant du boulot par le bus de la Transco vers 18 heures, j’ai, en effet, tout de suite constaté la fin des travaux, mais, j’ai vite déchanté en actionnant un interrupteur, puis un autre, puis la sonnette de la porte d’entrée : rien ne se passait. Effectivement le circuit était disjoncté. Pourquoi-â ? J’ai donc décidé d’appeler M. Dujeon sur son mobile. Bien sûr il devait déjà s’ébattre dans sa fameusepiscine – il nous en a tant dit du bien la dernière fois. Tant pis ! je laisse un message, et je vais réenclencher ; on verra bien. Apparemment tout fonctionne. Je m’amuse un peu avec cette sonnette à ondes courtes, que l’on peut brancher n’importe où dans la maison ; les dix sonneries proposées sont un peu kitsch, mais j’en choisis une, faut bien ! Bref ! à genoux devant la table de nuit, l’esprit mobilisé par ces pensées, je faisais défiler les cristaux rouges afin de reconnecter l’engin avec la réalité du temps universel, en tout cas avec l’heure donnée par la pendulette « Que du bonheur ! », là, sympa avec sa déco naïve, non ? Une coccinelle gironde posée sur un gros trèfle à quatre feuilles. C’était un cadeau de Corinne et Matthieu – tiens, on ne les voit plus ceux-là, depuis la pendaison de la crémaillère (presque un an déjà !). Toujours est-il que Claude a bien failli me surprendre dans cette position équivoque en rentrant de son boulot !
Petite soirée tranquille. Un peu de lecture avant d’éteindre. – Tu lis du Yourcenar, toi maintenant ?, s’étonne Claude. – Ben, il n’est jamais trop tard pour découvrir un classique. De passage à la bibliothèque municipale hier soir, j’ai eu pitié de ce pavé qui s’ennuyait, seul sur son étagère ; je me suis dit : pourquoi pas ?
Nuit sereine, réparatrice comme on dit ; normale, quoi !
Je me réveille peu avant le déclenchement automatique de Radio Logic. Puis nous arrive subitement, en plein milieu de phrase, la voix d’un journaliste tout guilleret – je ne le connais pas celui-là ? Nénette, dérangée dans son sommeil, se dresse à demi, pousse un bâillement, puis, incrédule, retombe sur la descente de lit. Comme d’habitude nous nous laissons bercer encore un peu – c’est bon ! – par les bla-bla et les chansons… Comme d’habitude, au bout d’un moment je questionne Claude sur l’heure, car c’est de son côté que l’appareil égrène son chapelet numérique. « Sept heures et quart », réponse sans surprise, quotidienne, à une ou deux unités près. Donc le moment de se lever. Il ne fait pas encore très clair par l’entrebâillement des volets. À la cuisine, j’allume à la fois la radio – toujours Radio Logic – et la super cafetière-qui-moud-le-café-elle-même, anormalement encore endormie. C’est son tour de réclamer, avant toutes choses, que je lui « entre » l’heure : elle l’avait perdue, elle aussi, la veille – décidément… J’obtempère : j’ai besoin d’un café ! Je tourne la mollette jusqu’à 07. ENTER. Mollette jusqu’à… au pif : 18. ENTER. Marrrraououou ! Tiens ! il n’y a qu’un tiers des chats, Gustave, qui braille sa pâtée matutinale ? Mocky et Poupy sont déréglés eux aussi ou quoi ? « Mon café bu » – comme dirait Thomas Fersen, dans… quelle chanson déjà ? –, je me lance dans une vaisselle trop longtemps ajournée. J’entends Claude et la chienne descendre solennellement l’escalier, alors que le speaker inconnu annonce : « Radio Logic, 6 h 30, les informations, Bernadette Chameaux ! » Nase, il s’est gouré sur l’heure, le gars ! Pas si guilleret que ça, finalement. Pfff ! ça fait le malin ! Mais au bout d’un moment force est de nous rendre compte que nous avons débuté cette journée avec une heure d’avance… Même pas grave, plutôt rigolo.
Une bonne quinzaine de minutes plus tard, Poupy surgit, sentant bien qu’elle avait raté un épisode. Puis Mocky. Rentrant du poulailler, Claude me dit qu’il ne faut plus espérer d’éclosion pour les cinq œufs restant dans la couvée : nous n’aurons que deux poussins. Tant pis ! C’est déjà bien pour un premier essai. Ils vont être chouchoutés ces deux-là ! Nous prenons notre temps pour nous préparer, et, malgré tout, nous partons avec un bon quart d’heure d’avance sur le rituel, Claude au volant.
Dans la voiture, le premier village traversé, Radio Logic devient vraiment inaudible. Et Domy de scanner, à la recherche d’un canal pas trop pourri. Shalom… Musique… Chérie FM… France Bleu Besançon… Voyons si M. Dujeon a cru bon de devoir répondre à mon message. J’allume mon mobile. Pas de message. Radio Classique… RFM… France Bleu Bourgogne ? allez OK pour France Bleu. C’est Arnaud Lecerf aux commandes de la tranche matinale : « […] notre nouveau jeu Le Grand Air […]. “Armoires” au pluriel est le cinquième mot que nous vous dévoilons. Alors quelle chanson […] » (Tiens, un nouveau jeu sur France Bleu Bourgogne ? Nous écoutions souvent La Voix Mystère, naguère !) Et moi aussitôt : « On nous fait croi-a-a-areQue le bonheur c’est d’avoi-a-a-areDu linge plein nos armoires (cling !)… Fastoche, c’estFoule sentimentale d’Alain Souchon. » Mon chauffeur : « Eh bien téléphone ! Il a dit d’appeler le 03 80… machin. » Je regarde ma main gauche ...