//img.uscri.be/pth/a7cad5e0966e79b9a10f31befa033adf5ee99089
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Une psychanalyste lit Tchékhov

De
179 pages
Dans cet essai, il s'agit de mettre en rapport la vie et l'oeuvre de Tchékhov, non pas pour expliquer l'oeuvre, mais en repérant les correspondances secrètes entre les expériences de sa vie et les thèmes qui traversent ses écrits avec une constance qui témoigne de leurs racines dans l'Inconscient. C'est aussi une recherche qui permet d'accompagner un écrivain qu'on aime, avec l'espoir d'en comprendre davantage sur son talent.
Voir plus Voir moins

Une psychanalyste lit TCHÉKHOV

Annie ANARGYROS

Une psychanalyste lit TCHÉKHOV

Préface de Gilbert Diatkine

Du même auteur

TOLSTOÏ, La déchirure, Delachaux et Niestlé, 1999.

© L’HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12004-4 EAN: 9782296120044

Préface La violence de Tchékhov
Presque toutes les pièces de Tchékhov se terminent par un suicide. La Cerisaie se termine seulement par l’enfermement de Firs, le vieux serviteur oublié dans la maison de campagne abandonnée, mais le traumatisme de l’enfant noyé hante tous les personnages du drame. Nous associons plus volontiers l’œuvre de Tchékhov à la nostalgie qu’à cette dépression meurtrière que les psychiatres appellent la mélancolie. Annie Anargyros nous montre pourtant comment toute l’œuvre de Tchékhov, non seulement le théâtre, mais aussi les nouvelles, est infiltrée par une violence secrète. Tchékhov en était bien conscient: « ...tous les actes se déroulent doucement, tranquillement, mais à la fin je tape sur la gueule du spectateur » Pour le montrer, l’auteur use d’une méthode psychanalytique dont le secret lui vient de Proust : une véritable œuvre d’art donne toujours à son lecteur ou à son spectateur le moyen de « lire en soi-même ». Dans le cas d’un analyste, l’œuvre d’art lui permet de poursuivre son autoanalyse. Il peut ensuite faire partager au public la meilleure compréhension qu’il a obtenue de l’œuvre. La pensée d’Annie Anargyros court associativement d’une donnée biographique à une pièce, d’une pièce à une nouvelle, d’un conte à un aspect de la société Russe pré-révolutionnaire, de Tchékhov à Tolstoï puis à Kafka, et il en naît un éclairage nouveau de l’œuvre. Les biographes de Tchékhov ont bien décrit ce que l’on appellerait aujourd’hui la maltraitance dont Tchékhov a été victime dans son enfance de la part de son père. Annie Anargyros la replace dans son contexte, qui est celui de l’abolition toute récente du servage. Dans la Russie du XIXe siècle, comme dans le reste de l’Europe, il était normal de

7

battre les enfants. Mais de plus, on battait les serfs. Tchékhov a intériorisé cette violence et l’a transformée. Il s’est interdit toute manifestation extérieure de violence et est ainsi devenu au contraire un adulte particulièrement tolérant et respectueux d’autrui. Mais une partie de cette agressivité a été retournée contre lui-même, ce qui explique les fréquents accès de dépression qu’il a subis. Ceux-ci ne duraient jamais longtemps, car il a découvert très tôt contre eux un remède d’une extrême efficacité : la création. Comme beaucoup d’artistes, il a été soumis à une véritable compulsion à écrire, au point de trouver absurde l’injonction qu’il se donnait à lui-même d’écrire sans cesse. La relation étroite que la création entretient avec l’humour chez Tchékhov nous fait entrer dans l’intimité de son processus créateur. On s’étonne d’apprendre que Tchékhov considérait La Cerisaie comme une farce, de même que Kafka était pris de fou-rire en lisant Le Château à ses amis. Freud, dans L’humour, montre que le surmoi de l’humoriste regarde de haut le moi en proie à ses malheurs, devenus minuscules. De même, l’enfant adopte une semblable position de surplomb, quand, avec deux trombones et un bout de ficelle, il invente une petite scène de théâtre où il fait vivre à des rois et à des reines des drames dérivés de ceux que vivent ses parents dans la vie réelle. Le créateur adulte n’a pas perdu cette capacité qu’ont les enfants de transformer en histoires intéressantes les désastres de l’existence. Tchékhov a transformé sa dépression en rire, et par làmême, il a pu renverser la situation de soumission humiliante dans laquelle son père l’avait maintenu durant toute son enfance. Tout en poursuivant ses études de médecine, il écrit sans relâche de courts récits humoristiques qui sont très vite publiés, et grâce auxquels il tire sa famille de la misère dans laquelle l’imprévoyance du père l’avait plongée. Dans la nouvelle Le père, c’est un fils qui donne de l’argent au père prodigue, comme Tchékhov a subvenu aux besoins de sa

8

famille à la place de son père. Ce renversement est précédé d’un temps d’homosexualité inconsciente. La trace s’en retrouve dans la relation que Tchékhov a longtemps entretenue avec son protecteur Alexei Souvorine. Ce fantasme homosexuel se double d’un masochisme inconscient, sublimé en un dévouement inouï. Tchékhov se dépense sans compter pour venir en aide à sa famille et à ses amis. Il crée plusieurs écoles à ses frais pour les moujiks, participe activement sur le terrain à la lutte contre la famine et le choléra. Alors que sa tuberculose est déjà très avancée, il entreprend un voyage à travers la Sibérie, au risque de sa vie, pour enquêter sur les conditions de détention des bagnards de Sakhaline, et obtenir une réforme du système pénitentiaire Russe. Dans Salle N°6, le masochisme du héros, le psychiatre Raguine le pousse à prendre la place de ses malades, et à ne se sentir heureux que lorsqu’il est lui-même soumis aux mauvais traitements des soignants sadiques. Ce mouvement masochiste passe par une identification inconsciente de Tchékhov au masochisme de sa mère. De même qu’il s’est identifié à son père violent en en prenant le contre-pied et en devenant généreux, respectueux des autres, et capable d’indiquer à tous le bien et le mal, de même, il s’est identifié à sa mère épuisée en devenant, au contraire, une mère inépuisable, surabondante, et capable d’engendrer sans cesse de nouveaux personnages. Dans son triomphe masochiste, Tchékhov se tue à force de travail, mais possède la maison avec son contenu, les invités, les frères et surtout la sœur, condamnée au célibat pour se dévouer à lui. Tous sont réduits à une totale dépendance envers lui, y compris le père qui a été autrefois si redoutable. En lisant ce livre, nous pouvons comprendre l’impression si poignante produite par la dernière scène de La Cerisaie, l’enfermement du vieux Firs, oublié dans la maison vendue aux enchères: Firs est l’image du père enfermé dans la maison, réduit à l’ombre de lui-même.

9

Cette résolution tout à fait particulière de son conflit œdipien mène toutefois Tchékhov à une impasse dans sa vie personnelle. Beaucoup de personnages de son œuvre s’y heurtent également: il lui sera impossible de vivre avec une femme et d’en avoir des enfants. Il ressent la vie de famille comme une menace mortelle pour sa créativité. Tout se passe comme si faire des enfants à une femme en tant qu’homme pouvait porter atteinte à sa capacité à créer lui-même une multitude d’enfants imaginaires. Tchékhov s’est identifié « en contre » à ses deux parents, mais non pas à chacun d’eux en tant que partenaire d’un couple sexuel. C’est pourquoi Annie Anargyros peut dire de lui qu’il n’a pas fait le deuil de ses objets parentaux : il les a perdus et incorporés séparément, mais pas en tant que couple sexuel. Ce n’est que proche de la mort qu’il acceptera de se marier, et encore à la condition de ne rien changer à son mode de vie solitaire. Les maisons de campagne somptueuses qu’il a achetées et aménagées avec soin pour accueillir parents et amis et qui sont représentées dans la plupart de ses pièces, se transforment dans son fantasme en des prisons remplies de parasites, qu’il lui faut fuir d’urgence, dans des voyages au loin, malgré son état de santé déplorable. L’obtention de l’objet désiré transforme celui-ci en piège (« je me sens comme une écrevisse prise dans un filet avec d’autres écrevisses » dit-il pour décrire sa maison de campagne devenue invivable). Les comparaisons entre Tolstoi et Tchékhov (entre Une banale histoire et La mort d’Ivan Ilich), puis entre Kafka et Tchékhov (Le verdict et Le Jugement) illuminent le génie spécifique de celui-ci. Le dernier witz de Tchékhov mourant, « Ne mets pas de glace sur un cœur vide » vaut celui de Kafka à son médecin : « Si vous ne me tuez pas, vous êtes un assassin ». Ce « cœur froid » de Tchékhov pourrait en faire un précurseur du théâtre de l’absurde. Pourtant le message de Tchékhov n’est pas que la vie est insensée, mais bien plutôt que « nos souffrances ne sont que l’effet de nos propres

10

faiblesses », et surtout que quelque ennuyeuse ou désespérante qu’elle puisse paraître, la vie peut toujours être intéressante jusqu’au bout. La steppe réussit à passionner le lecteur pour le lent voyage du héros dans un paysage monotone. Quelques jours avant sa mort, Tchékhov projetait encore d’écrire une pièce de théâtre.

Gilbert Diatkine

11

INTRODUCTION
Les personnages de Tchékhov rêvent leur vie. Ils projettent dans l’avenir un passé auquel ils ne peuvent pas renoncer : plus tard viendront une vie meilleure, un nouvel amour. Mais la réalité est là, et la déception, puis le désespoir, faisant échec aux rêveries nostalgiques. Tchékhov affirmait n’avoir ni croyances religieuses, ni convictions politiques. On perçoit dans son œuvre la quête douloureuse d’une identité dans un univers dépourvu d’un idéal qui donnerait un sens à ce monde chaotique – en quoi il rencontre tout à fait les préoccupations de notre temps. Les désarrois et les incertitudes qui minent ses personnages sont le reflet de sa vision désabusée et sans espoir du désordre du monde. Les coups de hache qui retentissent dans « La Cerisaie » semblent marquer la fin d’un monde qui se désagrège. Tchékhov affirme qu’il ne s’y intéresse pas, mais ne s’en fait-il pas l’écho malgré lui ? Mettre en rapport la vie et l’œuvre de Tchékhov n’a pas pour but d’expliquer l’œuvre, car celle-ci parle d’elle-même, mais de percevoir les correspondances secrètes entre les expériences de sa vie et les thèmes qui traversent ses écrits. Leur constance témoigne de leurs racines profondes. Il s’agit de repérer dans sa vie les déterminations inconscientes qui animent son œuvre. Il arrivera que l’analyste y entende l’écho d’un passé oublié par l’écrivain lui-même : l’œuvre y gagne en profondeur, en cohérence, sans perdre son mystère. On y découvre ainsi un ordre caché qui se dégage de la répétition, de la scansion des thèmes que l’auteur décline tout au long de ses écrits. C’est une biographie telle que l’entend André Green1 :
Préface pour « le Double » - Dostoïevski – 1995 Folio classique – Gallimard – Paris – p 21.
1

13

« La biographie d’un écrivain n’offre d’intérêt que dans la mesure où l’on peut en tirer des éléments dont le groupement significatif crée entre les textes et la vie un « texte de la vie » où œuvre et vie se répondent. »

La correspondance de l’écrivain, ses notes et les témoignages de ses amis intimes permettent d’imaginer qui était Tchékhov, mais ce portrait ne peut se construire et s’élaborer qu’à l’aide de l’imagination et d’une intuition forcément subjective. Tout d’abord se dessine la figure d’un homme gai : il aimait les voyages, les repas savoureux et bien arrosés, les soirées entre amis passées à bavarder, jouer et plaisanter. La compagnie de sa famille et de ses amis lui était indispensable : dans ses maisons toujours surpeuplées régnait une joyeuse et généreuse hospitalité. Pourtant, paradoxalement, il était enclin à la mélancolie. Il arrivait que son amertume s’exprime par des remarques d’un humour à la violence cinglante, débusquant sous l’ordre apparent des choses le désordre des sentiments et des comportements inavouables. Il y avait aussi en lui de la compassion, mais une compassion sans larmes : derrière son voile et dans son ombre se meuvent le désir de captation et d’emprise, l’avidité et le mensonge. Il a sur lui-même et sur ceux qui l’entourent un regard d’une lucidité impitoyable : quand on lui reproche de décrire un monde où n’évoluent que des êtres médiocres, sans élan et esclaves de leur propre impuissance, il se justifie de cette vision sévère et pessimiste en prétendant qu’il ne fait que décrire la vérité de ce qu’il voit. Il est généreux pour les autres mais avare de lui-même. Au cours des années, l’écriture est devenue sa forteresse et son refuge, et il rejette impitoyablement tout ce qui risquerait de l’en éloigner. L’objectif principal de son « alter ego », sa sœur

14

Macha, qui a toujours vécu avec lui, était de le protéger de tout ce qui aurait pu le distraire ou troubler sa liberté d’écrire Cependant, qu’est-ce qu’une biographie si ce n’est le choix et l’interprétation des évènements d’une vie aboutissant à l’idée toute personnelle que l’auteur se fait de l’artiste ? Le biographe trace de l’écrivain un portrait marqué par ses préférences, ses parti pris d’idéalisation ou de déconstruction de l’image qu’il s’en fait : cette image reste forcément incomplète, lacunaire. Sa réalité reste pour une grande part insaisissable. Alors, pourquoi entreprendre une recherche aussi incertaine ? C’est que tenter d’apercevoir un grand écrivain à travers ses écrits et ce qu’on peut connaître de sa vie, c’est l’accompagner avec l’espoir secret d’en comprendre davantage sur le mystère de son talent. Le décalage est troublant entre le désarroi qu’entraîne l’évidente banalité des personnages et des situations et l’émotion douloureuse, mélancolique qui se dégage de l’œuvre de Tchékhov. Son talent suscite une émotion qui se joue du temps, et qui renvoie chaque lecteur à soi, lui révélant une vérité ignorée de lui-même. Tout se passe comme si l’inconscient de l’auteur s’adressait à travers le médium de l’écriture à l’inconscient du lecteur, entraînant chez celui-ci des résonances qui lui paraissent mystérieuses, puisque le texte lui parle de ce qui lui est à lui-même inconnu. C’est ainsi que dans les dernières pages du « Temps retrouvé », Marcel Proust avertit son lecteur : « Je pensais à mon livre, et ce serait même inexact que de dire en pensant à ceux qui me liraient, à mes lecteurs. Car ils ne seraient pas, selon moi, mes lecteurs, mais les propres lecteurs d’eux-mêmes, mon livre n’étant qu’une sorte de ces verres grossissants comme ceux que tendait à un acheteur l’opticien de Combray : mon livre, grâce auquel je leur fournirais le moyen de lire en eux-mêmes. De sorte que je ne leur

15

demanderais pas de me louer ou de me dénigrer, mais de me dire si c’est bien cela, si les mots qu’ils lisent en eux-mêmes sont bien ceux que j’ai écrits. » Le fil rouge de la dépression. Cherchant à déchiffrer ce « texte de la vie » qui se tisse entre la vie et l’œuvre de Tchékhov, on voit apparaître la dépression très tôt - dès ses premiers écrits. Il a 18 ans quand il commence ses études de médecine à Moscou et se met à écrire de courts récits au ton déjà sarcastique qu’il envoie à des journaux satiriques. Les titres sont évocateurs : « Pourquoi la poule glousse » et « A malin, malin et demi ». Après plusieurs échecs, certaines nouvelles sont acceptées dans l'hebdomadaire « La cigale ». Le rédacteur lui écrit (13-1-1880) : « Pas mal du tout. Publierons ce que vous avez envoyé. Notre bénédiction pour votre travail futur. » Ces récits étaient mal payés - cinq kopecks la ligne - mais Tchékhov est heureux de pouvoir améliorer ainsi la vie misérable de sa famille. Sans ambition littéraire aucune, il écrit avec une déconcertante facilité sur des personnages de farce : maris trompés, commerçants malhonnêtes, dentistes maladroits, vieilles filles fanées. En 1883, il aura réussi à publier 123 récits. Il écrit pendant tout le temps libre que lui laissent ses études de médecine. À cette époque, Tchékhov ne signe jamais ses textes de son nom : il signe « Le frère de mon frère », «Ulysse », et le plus souvent « Antocha Tchékhonté ». Il lui faudra encore quelques années pour en arriver à s'octroyer le droit d'assumer son statut d'écrivain et de signer ses œuvres de son propre nom. Mais du point de vue de sa carrière littéraire, l'événement le plus étonnant se produit pendant l'hiver 1880. Tchékhov n'a

16

que vingt ans, se passionne pour le théâtre, mais n’en a aucune expérience Il se lance pourtant dans la création d'une pièce : ce fut « Platonov ». Représentée intégralement, elle aurait duré sept heures, ce qui donne la mesure de son extraordinaire facilité pour l'écriture. Mais plus étonnante encore est la richesse foisonnante de cette pièce qui contient déjà tous les thèmes, sans exception, qu'il développera par la suite dans son théâtre. Allégés, affinés, ils seront tous présents dans les pièces qu'il écrira plus tard : l'ennui règne dans une maison de campagne où des personnages oisifs rêvent à une nouvelle vie tout en se plaignant de leur inertie. La maison familiale doit être vendue pour payer des dettes, et rien n'est tenté pour la sauver. Mais surtout le personnage principal, Platonov, est une sorte de Don Juan désespéré qui a conscience de ne séduire les femmes qui l'entourent que pour les abandonner aussitôt, les détruire comme il se détruit lui-même. C'est le modèle d' « Ivanov », condensant dans le même personnage les contradictions insupportables de pulsions sadiques et masochistes dont les différents protagonistes sont à la fois les acteurs et les victimes. C’est ainsi que dès cette époque se révèle l’existence chez Tchékhov d’une humeur profondément dépressive à travers cette vision pessimiste et désabusée. Derrière la scène visible où s’affrontent ses personnages, une autre scène apparaît où se joue le drame d’un homme en proie à des fantasmes destructeurs d’une extrême violence, confronté à une tâche impossible : garder intact un objet qu’il ne cesse de vouloir détruire, et qu’il doit s’acharner à protéger. La dépression est donc là d’emblée, tempérée par les rêveries nostalgiques. Celles-ci tendent à vouloir conserver cet objet menacé et menaçant, idéalisé et inaccessible. Il s’agira de voir comment cette dépression se noue à la vie et à l’œuvre de Tchékhov, et comment elle se transformera avec le temps.

17