Voyagez par le Fil (suivi de) Comment nous sommes allés sur Mars

Voyagez par le Fil (suivi de) Comment nous sommes allés sur Mars

-

Livres
14 pages

Description

Arthur C. Clarke est l’un des grands maîtres de la SF moderne. Chantre de la conquête de l’espace, il fut également prophète de l’ère des télécommunications universelles, explorateur des fonds sous-marins, humoriste et commentateur de l’aventure humaine dans un univers recelant encore bien des mystères. La collection numérique Brage vous permettra d’explorer toutes ces différentes pistes à travers plus d’une centaine de nouvelles, indispensables à tout amoureux de la science-fiction.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 avril 2014
Nombre de lectures 7
EAN13 9782820514691
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
couverture

 

 

Arthur C. Clarke

Voyagez par le Fil !

suivi de Comment nous sommes allés sur Mars

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Colette Carrière

Traduction revue et corrigée par Tom Clegg

Bragelonne

Voyagez par le Fil !

Travel by Wire! : première publication in Amateur Science Stories, décembre 1937. Nouvelle inédite en français.

La science-fiction a toujours favorisé un nombre phénoménal d’auteurs amateurs et il y a eu littéralement des milliers de magazines polycopiés – parfois imprimés – concoctés par des fans enthousiastes. C’est là qu’ont paru les premières nouvelles que j’aie jamais écrites. À défaut d’autre chose, elles peuvent indiquer une sorte de zéro absolu à partir duquel mes écrits ultérieurs peuvent être mesurés. Voyagez par le Fil ! est ma première histoire publiée.

 

 

Vous n’avez pas idée des soucis et des tracas qu’on a eus pour mettre au point le radiotransporteur – ce qui ne veut pas dire qu’il soit tout à fait parfait aujourd’hui encore. La difficulté majeure, comme pour la télévision trente ans auparavant, c’était d’en améliorer la définition, et on a passé près de cinq ans sur ce petit problème. Comme vous avez pu le voir dans le musée de la Science, le premier objet que nous avons transmis était un cube en bois – qui était correctement assemblé –, seulement, au lieu d’être un bloc solide, il était constitué de millions de petites sphères. En fait, on aurait dit l’édition solide d’une image des débuts de la télévision parce que, au lieu d’appréhender l’objet molécule par molécule ou, mieux encore, électron par électron, nos scanners procédaient par petits morceaux à la fois.

Cela n’avait pas d’importance pour certains objets mais, si on voulait transmettre des œuvres d’art – sans parler d’êtres humains –, il allait falloir améliorer considérablement le procédé. Nous y sommes parvenus à l’aide de scanners à rayon delta disposés tout autour du sujet – au-dessus, en dessous, à droite, à gauche, devant et derrière. Je peux vous dire que ça n’a pas été du gâteau de synchroniser les six mais, quand nous y sommes parvenus, on a découvert que les éléments transmis étaient de taille ultramicroscopique, ce qui était bien suffisant pour la plupart de nos objectifs.

Un jour qu’ils avaient le dos tourné, on a emprunté un cochon d’Inde aux gars de la biologie du 37e étage et on l’a expédié par le dispositif. Il nous est revenu en excellente condition – à part qu’il était mort. Nous avons dû alors le retourner à ses propriétaires en leur demandant poliment de procéder à une autopsie. Au début, ils ont râlé un peu, disant qu’ils avaient inoculé à cette malheureuse créature l’unique échantillon de microbes qu’ils avaient passé des mois à nourrir au biberon. En fait, ils étaient tellement en pétard qu’ils ont carrément refusé de répondre à notre demande.

Une telle insubordination de la part de simples biologistes était bien entendu déplorable et nous avons immédiatement généré dans leur laboratoire un champ de haute fréquence qui leur a filé à tous la fièvre pendant quelques minutes. Les résultats de l’autopsie nous sont parvenus une demi-heure plus tard, la conclusion étant que la créature était en parfaite condition mais avait succombé au choc, précisant en annexe que si nous souhaitions procéder à un autre essai nous devrions bander les yeux de nos victimes. Nous avons également été informés qu’un cadenas à combinaison défendait dorénavant l’accès au 37e étage, afin de le protéger des intrusions de mécanos kleptomanes qui auraient plutôt dû être employés à laver des bagnoles dans un garage. Comme il n’était pas question de laisser passer une chose pareille, nous avons aussitôt soumis leur cadenas aux rayons X et, à la consternation générale, leur avons annoncé la combinaison.

Ce qu’il y a de bien dans notre secteur d’activité, c’est qu’on peut faire absolument ce qu’on veut avec les gens. Les chimistes de l’étage au-dessus étaient nos seuls rivaux sérieux dans ce domaine mais on leur damait le pion la plupart du temps. Oui, je me souviens de la fois où ils ont introduit par un trou au plafond...