Nouveau Les fouettes-queues

Nouveau Les fouettes-queues

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96 pages

Description

Cet ouvrage est le guide indispensable à tout passionné de Fouette-queues et plus généralement de lézards. Il permet en effet de découvrir le genre Uromastyx, cet extraordinaire animal capable d'endurer, grâce à des adaptations physiologiques et comportementales étonnantes, les conditions extrêmes du désert. Vous partagerez ensuite l'expérience d'élevage de plusieurs espèces, dont la reproduction en captivité a été longtemps considérée comme très aléatoire. Toutes les espèces d'Uromastyx, réparties du Maroc jusqu'aux Indes, sont précisément décrites. Au final, l'auteur vous communiquera à coup sûr sa passion pour ce lézard végétarien magnifique, au tempérament curieux et peu farouche. Les fouette-queues constituent un théâtre d'observation hors du commun !


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Date de parution 07 août 2018
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EAN13 9782359090901
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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MERREM, 1820
Olivier Antonini PARl’association Bébésaurus de (www.bebesaurus.fr.st)
COORDINATION DE RÉDACTION: Gireg Allain
CONCEPTION GRAPHIQUE ET RÉALISATION: Armelle Lavergne
CORRECTIONS: Claude Grenot - Marie-Paule Piednoir Isabelle Souliac
ÉDITÉ PAR:
B.P. 2, 24140 CAMPSEGRET Tél. 05 53 24 07 60 Fax: 05 53 24 12 24 www.animalia-editions.net Copyright © 2004 Animalia, éditions.
Les informations et propos contenus dans cet ouvrage n’engagent que la responsabilité de leur auteur. Photos de l’auteur sauf mention indiquée. Photos de couverture: Marie-Paule & Christian Piednoir
Photos: M.-P. & C. Piednoir chez Bébésaurus ou Antonini.
Tous droitsréservés © 2004 Animalia éditons Achevé d’imprimer en août 2004 Dépôt légal septembre 2004. Impriméen UE ISBN: 2-9520359-6-2 EAN 9782952035965
Sommaire
CHAPITRE I Introduction et systématique
 3
CHAPITRE II Quelques aspects de la biologie du genre Uromastyx et de l’écologie d’Uromastyx acanthinura en particulier 5 2. 1. Morphologie. 5
2. 2. Régulation thermique et rythme d’activité
2. 3. Les terriers
2. 4. Hivernage
2. 5. Adaptations physiologiques 2. 5. 1. Équilibre hydrique, 20 2. 5. 2. Digestion et métabolisme, 21 2. 5. 3. Graisse de réserve, 22 2. 5. 4. Sécrétion nasale, 23 2. 5. 5. Conclusion, 23
10 14 18 20
2. 6. Régime alimentaire 25 2. 7. Reproduction 26 2. 8. Croissance et longévité 28 2. 9. Densité des populations et prédateurs 31
CHAPITRE III Législation et éthique
CHAPITRE IV Élevage
4. 1. Choix de l’animal 4. 2. Aménagement du terrarium 4. 2. 1. Matériaux et dimensions, 38 4. 2. 2. Substrat, 40 4. 2. 3. Éclairage et chauffage, 41 4. 2. 4. Décors, 43
35
37 37 38
4. 3. Alimentation en captivité 43 4. 4. Entretien et soins quotidiens 47 4. 5. Comportement en terrarium 48 4. 6. Reproduction en captivité 50 4. 6. 1. Hivernage, 50 4. 6. 2. Parade nuptiale et accouplement, 52 4. 6. 3. Gestation, 53 4. 6. 4. Ponte, 55 4. 6. 5. Incubation et éclosion, 56
4. 7. Élevage des jeunes 4. 8. Croissance 4. 9. Maladies et soins 4. 9. 1. Parasitoses, 60
4. 9. 2. Troubles de la mue, 61 4. 9. 3. Abcès, 61 4. 9. 4. Maladies respiratoires,62 4. 9. 5. Rétention d’oeufs (dystocie), 62 4. 9. 6. Goutte et pseudo-goutte, 62 4. 9. 7. Panaris, 63 4. 9. 8. Ostéofibrose, 63 4. 9. 9. Brûlures, 64 4. 9. 10. Administration d’un traitement per os, 64
Chapitre V Description des différentes espèces d’Uromastyx65 5. 1. Complexe des Uromastyx «acanthinura» 5. 1. 1. Uromastyx acanthinura65, 66 5. 1. 2. Uromastyx dispar, 68 5. 1. 3. Uromastyx geyri, 72 5. 1. 4. Uromastyx alfredschmidti, 75
5. 2. Complexe des Uromastyx «ocellata» 5. 2. 1. Uromastyx ocellata, 75 5. 2. 2. Uromastyx ornata, 79 5. 2. 3. Uromastyx benti, 82 5. 2. 4. Uromastyx macfadyeni,83
75
5. 3. Complexe des Uromastyx «aegyptia» 84 5. 3. 1. Uromastyx aegyptia, 84 5. 3. 2. Uromastyx leptieni, 87 5. 3. 3. Uromastyx occidentalis, 88
5. 4. Uromastyx hardwickii
5. 5. Uromastyx asmussi
5. 6. Uromastyx loricata Bibliographie 95 5. 7. Uromastyx princeps LES NOTES RENVOIENT 5. 8. Uromastyx thomasi ÀLA BIBLIOGRAPHIE.
58 59 – 2 – 60
Photo: M.-P. & C. Piednoir.
88 91 92 93 93
CHAPITRE I
Introduction et systématique
romastyx, également appelé «dob» enroute tracée par les «pionniers» européens tels arabeTHATCHER64, 65, WILMS &L ÖHR68, et «fouette-queue» en français en raisonZWARTEPOORTE77et Umanière de se défendre en fouettant avecde lad’autres. J’ai donc voulu, dans cet ouvrage, faire saprofiter les passionnés de sauriens de mon expé-queue épineuse, est un lézard terrestre,herbivore,rience dans l’élevage et la reproduction de sédentaire, diurne et héliophile.quelques espèces d’Uromastyx.Toutefois, avant Très captivant par son comportement, c’est  d’aborder ce sujet, il me paraîtessentiel de l’un des lézards les plus recherchés par les terra- mettre en évidence certains aspectsconcernant riophiles, qui en apprécient la beauté, le tempé- sa biologie en milieu naturel. En effet, une rament curieux et peu farouche et la connaissance écologique des reptiles élevés en constitution  captivité est nécessaire pour les maintenir cor-robuste. Qui plus est, son maintien en terrarium rectement en terrarium. est relativement aisé, étant donné qu’il se Le genre Uromastyx M ERREM, 1820 fait nourrit partie principalement de végétaux et qu’il requiert un de la famille des Agamidae. Selonla nouvelle  clas-Tableau 1.Classification du genre Uromastyx MERREM1820 environnem nt aride. Par ailleurs, la reproduc- sification proposée par WILMS etB ÖHME en tion d’Uromastyx en captivité est aujourd’hui 2001,il COMPLEXE DES "ACANTHINURA" de  comprend seize espèces etneuf sous-1.Uromastyx acanthinura acanthinuraEst dBELL 1825 eesl’pAèlgcéerise., sud de la Tunisie, Nord–Ouest de la Libye plus en plus courante. Depuis quatre ans j’ai Uromastyx acanthinura nigriventrisgéAlledstue-OduStedroN2191TRETRAH&LDHISCTHROrie,Maroc moi-même reproduit plusieurs espèces d’Uro2m.aUsrtoymxasetynxédilsepavradgisepaàrLHEyYoDnE,Ne1n827suivant laSoudan, Tchad Uromastyx dispar flavifasciataMERTENS 1962 Sahara Occidental, Mauritanie, Sud–Ouest de l’Algérie Uromastyx dispar maliensisJOGER & LAMBERT 1996Nord–Est du Mali, Sud-Ouest de l’Algérie 3.Uromastyx geyriSud de l’Algérie, Nord–Est du Mali, Nord–Ouest duMÜLLER 1922 Niger (Hoggar) 4.Uromastyx alfredschmidtiOuest de la Libye, Sud–Est de l’AlgérieWILMS & BÖHME 2000 COMPLEXE DES "AEGYPTIA" 5.Uromastyx aegyptia aegyptiaFORSKALL 1775 Égypte (à l’est du Nil), Soudan, Israël Uromastyx aegyptia microlepisBLANFORD 1874 Nord de l’Arabie Saoudite, Israël, Syrie, Irak, Iran, Jordanie 6.Uromastyx leptieniWILMS & BÖHME 2000 Nord d’Oman, Est des Emirats Arabes Unis 7.Uromastyx occidentalisMATEO et al. 1999 Sahara Occidental UROMASTYX D’IRAN 8.Uromastyx asmussiSTRAUCH 1863 Nord et Est d’Iran, Sud–Ouest d’Afghanistan, Sud–Ouest du Pakistan UROMASTYX INDIEN 9.Uromastyx hardwickiiGRAY 1827 Pakistan, Sud-Est de l’Afghanistan, Nord de l’Inde UROMASTYX D’IRAK 10.Uromastyx loricataBLANFORD 1874 Centre–nord d’Irak, Sud–Ouest d’Iran COMPLEXE DES "OCELLATA" 11.Uromastyx bentiANDERSON 1894 Yemen, Oman, Sud de l’Arabie Saoudite 12.Uromastyx ocellataLICHTENSTEIN 1823 Nord-Ouest de la Somalie, Djibouti, Erythrée, Nord du Soudan, Sud–Est de l’Egypte 13.Uromastyx ornata ornataHEYDEN 1827 Est de l’Egypte, Sud d’Israël, Nord–Ouest de l’Arabie Saoudite Uromastyx ornata philibyiPARKER 1938 Arabie Saoudite, Yemen 14.Uromastyx macfadyeniPARKER 1932 Nord-Ouest de la Somalie UROMASTYX DE SOMALIE 15.Uromastyx princepsO’SHAUGHNESSY 1880 Somalie UROMASTYX D’OMAN 3 – 16.Uromastyx thomasiPARKER 1930 Oman
a zone de répartition du genre Uromastyx est très étendue et traverse quasiment tout latLitude l’Ancien Monde, entre 15 et 35° de nord. À partir du Maroc et du Sahara occidental, elle traverse l’Algérie, le nord de la Mauritanie, le nord du Mali, la Tunisie, la Libye, le nord du Niger, le nord du Tchad, l’Égypte, le nord du Soudan, l’Érythrée, Djibouti, le nord de la Somalie, tout le Moyen-Orient, de la Syrie jus-qu’au Yémen, l’Irak, L’Iran, le sud de l’Afghanis-tan, le Pakistan et le nord-ouest de l’Inde.
Fig. 1 - Carte de distribution du genre Uromastyx.
d e s Uromastyx en Europe occidentale est limitée seulement à certaines espèces,donc plus connues que d’autres par leur détention et repro-duction en captivité. Pour toutes ces raisons,j’ai choisi d’exposer en premier lieu l’écologie d’Uromastyx acanthi-nura. Cette espèce est sans aucun doute la mieux connue parmi les nombreuses espèces d’Uro-mastyx, grâce notamment à l’étude accomplie par le Dr Claude GRENOT au Sahara nord-occiden-tal. Spécialiste français de cetteespèce, il a suivi et étudié Uromastyx acanthinura de 1964 à 1978. Les nombreuses observations sur le ter-rain et les expériences conduites enlaboratoire dans le Centre de Recherche sur les Zones Arides de Béni-Abbès (Algérie)ainsi qu’au
Étant donné l’étendue de ces domaines désertiques et semi-désertiques, les biotopes habités par les lézards fouette-queue vont diffé-rer quelque peu. Les habitats peuvent être Au Centre de Recherche sur les Zones Arides deBéni-Abbès rocheux, pierreux, sablonneux, argileux, consti-(Algérie), C. Grenot nourrit avec de la luzerne ungroupe tués de galets ou de gravier. Ils peuvent être en plaine, en altitude, sur des plateaux. La végéta-maid’Uromastyx acanthinura ntenus en captivité dansles tion peut, elle aussi, être différente – bien queLaboratoire d’Écologi de l’École Normale parcs d’élevage (juillet 1973). Photo Claude toujours relativement clairsemée – constituée SuGrpeérnioet.ure de Paris, nous offrentaujourd’hui un d’arbres, d’arbustes, d’une grande variété de aperçu de base sur l’écophysiologie du lézard plantes annuelles et vivaces relatant de la diver-saharien Uromastyx acanthinura.Je me suis sité de chaque écosystème. Les conditions appuyé sur ses données pour écrire la partie microclimatiques peuvent être variables d’une concernant l’Uromastyx en milieu naturel. Sauf région à l’autre, les pluies peuvent être plus ou mention différente, toutes les observations à moins rares et irrégulières, les saisons plus ou ce sujet sont tirées desnombreuses moins rigoureuses. Les prédateurs et les publications compé-du Dr GRENOTet en particulier deson ouvrage titeurs peuvent être plus ou moins présents. «Écophysiologie du lézard saharien Uromastix Bien que l’on puisse dégager des traits communs acanthinurus Bell, 1825(Agamidae herbivore) ». au genre Uromastyx, chaque espèce aura ses par- En ce qui concerne la description des diffé-ticularités en raison des spécificités de son rentes espèces et leur maintien en captivité, j’ai envi-choisi de traiter plus longuementque celles ronnement. Il en est de même pour les popula- l’on tions d’Uromastyx appartenant à une même peut se procurer en France à ce jour:Uromastyx espèce qui peuvent, elles aussi, devoir acanthinura nigriventris, Uromastyx dispar s’adapter maliensis, Uromastyx dispar flavifasciata, à des milieux hétérogènes (cf. Uromastyx acan- Uro-thinura au Sahara nord-occidental). mastyx geyri, Uromastyx aegyptia aegyptia, Par ailleurs, il reste encore beaucoup à Uromastyx ocellata, Uromastyx ornata ornata et apprendre sur cet agamidé. Deux raisons sont à  – 4 – Uromastyx hardwickii3. Les autres espèces invoquer pour expliquer cette méconnaissance. seront situées dans leur lieud’origine et D’une part, la zone de répartition du genre décrites Uromastyx est constituée de régions vastes, très brièvement. arides, souvent politiquement tourmentées, Les différentes espèces se référeront à la dif- clas-ficiles d’accès et pas toujours propices aux sification proposée parWILMS et  BÖHME70, 71, 72. étudesscientifiques;dautrepart, l’importation
CHAPITRE II
Quelques aspects de la biologie du genre Uromastyx
et de l’écologie d’Uromastyx acanthinura en particulier
es territoires occupés par Uromastyx sont caractérisés par un biotope aride L et semi-aride où les conditions clima-tologiques sont souvent extrêmes, la tempé-rature et la sécheresse élevées, les ampli-tudes thermiques journalières et saison-nières considérables.
2. 1. Morphologie.
romastyx est un lézard dont la taille varie, selon les espèces, de 22 (U. macfadyeni) à 75 cm environ (U. aegyptia).
Tous ces éléments contribuent à la rareté Il a le corps aplati horizontalement, les de la végétation et de la faune. Dans cet membres robustes: il peut ainsise faufiler habitat rigoureux, Uromastyx doit essentiel- dans les fissures des rochers oucreuser des lement sa survie à des seuils de tolérance terriers à l’aide de ses ongles acérés. Une fois thermique élevés, à son métabolisme faible, terré dans un de ces repaires, il esttrès diffici-à sa capacité de jeûner et de devenir actif à le de le déloger, car il gonfle soncorps pour n’importe quel moment de la journée ou de adhérer aux parois de sa cachette. l’année – c’est-à-dire quand les conditions La tête est relativement petite avec de deviennent favorables aux activités vitales. larges mâchoires et un museaucourt. Les muscles des mâchoires sont biendéveloppés, La morphologie, le comportement et cer- ce qui lui donne cet aspect joufflu, et lui per-taines adaptations physiologiques de l’agami- mettent de broyer les graines et d’arracher les dé fouette-queue témoignent de sa capacité, plantes sèches. De plus, elles peuvent infliger acquise au cours de son évolution, à survivre de sévères morsures à un agresseur. Chez les malgré les contraintes physiques et biolo- mâles adultes de certaines espèces (U. acan-giques du désert. thinura, U. geyri, U. dispar, U. ocellata…), la tête est plus large et massive que chez les femelles. Ceci peut aider à iden-tifier les sexes, notamment si l’on compare le volume de la tête à celui du corps. La queue épineuse – entre 30 % (U. thomasi) et 100 % (U. ocellata) environ dela longueur corporelle – est plus ou moins plate et large selonles espèces. Elle porte des rangées succes-sives de grosses écailles épi-neuses sur la surface dorsale. Les écailles du corps et de la tête sont petites voire minus-cules. Cependant,selon les espèces, à certains endroits, notamment sur lescuisses, il peut y avoir des écailles plus grosses, proéminentes ou granu-leuses, quelquefois transfor-mées en véritablesépines. Des Uromastyx acanthinura nigriventrisà Béni-Abbès (Algérie). tubercules épineuxpeuvent être On remarque la différence de la largeur de la tête entre le mâle et la femelle. Photos Claude Grenot. – 5 –
présents également autour de l’oreille, der-rière la tête et/ou sur les flancs. Ces épines sont une défense naturelle contre les préda-teurs. J’ai moi-même observé mes Uromastyx fermer l’entrée de leur abri avec leur queue épineuse placée en travers, comportement que j’ai remarqué aussi chez les nouveau-nés. Par ailleurs, ils n’hésitent pas à fouetter avec leur queue quand ils se sentent menacés. Acculé face à son agresseur, Uromastyxsouffle la gueu-le ouverte et se gonfle, la partie postérieure du corps soulevée et la queue prête à frapper. Cependant, s’il en a la possibilité, le fouette-queue s’enfuit dès qu’un éventuel prédateur approche à une distance inférieure à 20 mètres (dans les monts d’Ougarta (Algérie)31). Presque toutes les espèces (mis à part U. benti, U. princeps et U. occidentalis) sont pourvues de pores préanaux et fémoraux chez les deux sexes. Chez les mâles adultes de cer-taines espèces (U. aegyptia, U. o. ornata…) ils sont plus marqués que ceux des femelles, faci-
litant ainsi le sexage des individus. Quelque-fois, le sexe des juvéniles peut être également identifié de cette manière avec un bon pour-centage d’exactitude, si l’on dispose d’un nombre suffisant d’individus.
La membrane tympanique estbien visible. Dans la bouche, sur le palais, on retrouve l’or-gane de Jacobson qui décèle les particules odorantes ambiantes. Ces particules sont ame-nées aux récepteurs sensorielspar de fré-quents mouvements de la langue, charnue et courte, à peine bifide. Quand l’animal se trou-ve dans un environnement nouveau, en pré-sence d’un congénère ou simplement pour analyser la nature comestible d’unaliment, son premier réflexe est justement cetteforme d’ex-ploration olfactive. Les yeux sont petits maisperçants, sa vision est excellente. Uromastyxpossède une relative reconnaissance visuellede la nourri-ture: par exemple, les fleurs jaunes sont tout
Langue courte et charnue d’Uromastyx.
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Fig. 2 - La dentitiond’Uromastyx hardwickii juvénile et adulte: a) juvénile de profil etb) de face: on peut remarquer les deux incisives de la mâchoire supérieure ainsi que l’aspect des autres dents, toutes similaires en apparence et aveccouronnes pointues et aiguisées; les c) adulte de face et d)deux incisives de la mâchoire supérieure ont fondu en une seule dent méprofil: les  de diane (flèche), notez l’aspect des autres dents, assez usé. (d’apet al., 1972).rès COOPER
d’abord identifiées par leur couleur comme étant comestibles. Comme chez tous les autres agamidés, sa dentition est acrodonte: les dents, non enraci-nées, sont solidement fondues au rebord des mâchoires. Néanmoins, chez les adultes, l’en-semble des dents montre un aspect caractéris-tique, remarquable adaptation au régime végé-tarien d’Uromastyx et aux particularités des plantes nourricières du désert, souvent sèches et ligneuses. En effet, bien que les nouveau-nés
possèdent quatre incisives à l’extrémité de la mâchoire, avec la croissance il seproduit un changement qui amène les deux incisives du milieu de la mâchoire supérieure à pousser ensemble12. Avec l’âge, au fur et àmesure que l’os de la mâchoire grandit, de nouvelles dents s’ajoutent postérieurement, tandis que les dents antérieures s’usent. L’usure est caractéris-tique au genre Uromastyx, étant donné que les dents supérieures et inférieures setouchent de manière oblique. Les dents deviennent ainsi
Fig. 3 - Dents postérieures d’Uromastyx hardwickii en section transversale: a) dent nouvelle; b) dents supérieure et inférieure d’un individu adulte après usure. Le contactproduit un bord tranchant dans l’émail épais, qui coupe l’os de la mâchoire i oblique nférieure en formant une rainure carac-OOPER et al., 1972).
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Vue de l’unique dent médiane de la mâchoire supérieure chez un vieux mâle Uromastyx acanthinura nigriventris ; l’usure l’a transformé en un «bec» acéré qui sectionne facilement les tiges sèches. de plus en plus tranchantes, celles de la mammifères on trouve souventune adapta-mâchoire supérieure incisent même l’os de tion de la dentition à la nourriture, elle est au la mâchoire inférieure en formant, sur la face contraire exceptionnelle chez les reptiles. vestibulaire, une rainure visible quand la bouche est ouverte. L’unique dent médiane La coloration varie selon les espèces et/ou devient un « bec » acéré qui, avec les inci- les individus. Mis à part certaines espèces sives de la mâchoire inférieure, opère (par ex.: U. aegyptia, U. hardwickii), on peut comme une sorte de cisaille. À un âge avan- dire qu’il s’agit d’un lézard trèscoloré (voir cé, suite au processus d’usure, les dents de la chapitre V). L’intensité de la pigmentation mâchoire supérieure finissent par déborder peut varier selon l’état généralde l’animal, vestibulairement sur celles de la mâchoire son degré d’activité et d’excitation, sa tempé-inférieure: quand les mâchoires se ferment, rature interne. Uromastyxa une coloration plus elles agissent exactement comme des ciseaux. foncée quand il est froid: au furet à mesure Chez les individus très âgés, les dents anté- qu’il se chauffe sa teinte s’éclaircit. Il montre rieures – presque toutes celles présentes au aussi sa plus belle parure pendant la période stade juvénile – sont ainsi érodées et l’os de la d’accouplement, notamment lesmâles de cer-mâchoire forme une barre très tranchante. taines espèces. Ces couleurs se manifestent à la L’aspect ultime n’est pas sans rappeler celui maturité sexuelle, les jeunes ontsouvent une de la mâchoire des chéloniens12. Dans la mas- teinte beaucoup plus uniformeet grisâtre, tication, il n’y a aucun mouvement de latérali- même quand ils ont déjà les dessinsdes adultes té mais seulement un cisaillement. Si chez les (chez U. ocellata, par exemple).
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