Un pas vers les animaux : le guide caennais

Un pas vers les animaux : le guide caennais

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Livres
296 pages

Description

Ce manuel informatif est un livre ouvert à toutes personnes soucieuses d’avancer vers un meilleur équilibre de vie. L’auteur y aborde cinq points essentiels : alimentation, expérimentation, habillement, loisir, domestication, afin de proposer des alternatives à son quotidien.


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Date de parution 20 octobre 2017
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EAN13 9782754737715
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Marion Verlomme-Jeanne
2017
Les Éditions du Panthéon 12, rue Antoine Bourdelle – 75015 Paris Tél. 01 43 71 14 72 – Fax 01 43 71 14 46 www.editions-pantheon.fr
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INTRODUCTION
C’est une grande étape que vous venez de franchir en faisant l’acquisition de ce manuel et en commençant à le lire. Vous avez envie de changer vos habitudes de consommateur ou tout du moins vous intéresser aux alternatives. Déjà pour cette démarche, je vous applaudis car c’est ce premier pas qui est toujours le plus difficile. Qu’est-ce qu’un vegan pour vous ? Pour la plupart des gens, c’est un mot qui fait peur, qui rime avec extrémisme, éco-terrorisme, carence, individu tout maigre et tout fébrile, mangeur de fleurs surexcité qui lance de la peinture rouge sur les femmes en fourrure… Et surtout, on imagine le vegan prétentieux qui donne des leçons de morale à tout-va, qui a tout compris et avec qui on ne peut pas discuter. Eh bien, STOP aux idées reçues, prenez ce manuel en main sans préjugés et faites-vous votre propre opinion. « Vegan », en anglais, veut dire « végétalien ». En soi, ce mot n’a pas de définition précise. Pour moi, voilà ce qu’il veut dire et c’est cette définition que je veux défendre : VEGAN : personne qui change ses habitudes de manière à ne pas contribuer à l’exploitation des animaux. VEGAN MILITANT : personne qui change ses habitudes de manière à ne pas contribuer à l’exploitation des animaux, qui informe le grand public sur leur souffrance et qui lutte activement contre l’industrie qui les exploite (manifestations, protestations, pétitions,happening, soutien aux associations…)
Chacun est vegan à son niveau. Vous pouvez choisir de changer sur un point précis et pas sur un autre ; chaque fois que vous bannirez des produits issus de l’exploitation des animaux, vous sauverez des vies et ferez progresser la société vers un monde meilleur. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas vegan à 100 % que les 5, 10 ou 80 % ne comptent pas, bien au contraire.
Dans ce manuel, j’essaierai de vous expliquer pourquoi telle ou telle chose cautionne l’exploitation des animaux, comment ne plus y participer, comment militer pour cette cause et comment trouver des alternatives spécifiquement à Caen et ses alentours.
PARTIE 1 - L’ALIMENTATION
EN QUOI NOTRE FAÇON DE NOUS NOURRIR FAIT-ELLE SOUFFRIR LES ANIMAUX ?
La viande terrestre En 2015, à 20 km autour de Caen, on peut compter plusieurs dizaines d’élevages d’animaux terrestres destinés à l’alimentation. Lorsque l’on se promène dans cette périphérie, combien d’animaux peut-on voir en liberté dans les champs ? Même pas 5 % des milliers d’animaux qui sont pourtant là. Où sont-ils alors ? Au fond de vous, vous connaissez la réponse, ils sont parqués dans des hangars avec pour seule lumière des néons aveuglants ; pour seul air, l’infâme odeur d’excréments ; une chaleur infernale et pour musique, les cris de leurs compagnons d’infortune. L’élevage intensif est une réalité : 82 % des animaux dédiés à la consommation proviennent de ce type de structure en France soit 1,3 milliard d’animaux (animal-cross). La quasi-totalité de la viande vendue en supermarché, dans les restaurants, chez le boucher, est issue de ces élevages.
Voici leurs vies :
Porcs La vie de cet animal va vous être exposée lorsqu’il est soumis à l’élevage intensif. C’est à peu de chose près la même vie qu’endurent les autres espèces destinées à la consommation, mais on ne décrira pas les détails à chaque fois car le but de ce manuel n’est pas de vous plonger en dépression, mais de vous aider à y voir plus clair sur cette réalité et si c’est votre souhait de changer. Malheureusement pour notre moral, il est indispensable de savoir ce qu’il se passe derrière ces hangars en tôle, ça a été dur de l’écrire, ça va être dur pour vous de le lire, mais ce n’est pas comparable à la souffrance des animaux qui vivent ce calvaire ; pour eux, nous nous devons de ne plus fermer les yeux et de savoir. 96 % des porcs vivent en porcherie sans aucun accès à l’extérieur en France, soit plus de e 24 millions (CGAAER, 2014). La Normandie est la 4 région la plus productrice avec ses 630 sites regroupant environs 1 300 000 animaux. Vous souvenez-vous quand vous en avez vu un dehors ? Quand en avez-vous vu un en vrai et vivant tout simplement ? Sur le paquet de jambon, pourtant, on voit un petit porcelet joyeux dans un pâturage, vous pouvez le chercher dans toute la Normandie, vous ne le trouverez pas, voici sa vraie histoire : Les truies sont inséminées de force, elles passent ensuite leur période de gestation (115 jours) enfermées dans des box qui les empêchent de bouger sous une lumière rouge où elles donnent enfin naissance à environ 12 porcelets (naturellement sur toute leur vie, elles devraient en avoir environ 16 (IFIP, 2014), elles en auront environ 60 qu’elles ne peuvent toucher car elles sont toujours coincées derrière les barreaux. Elles n’en sortiront jamais, revivront cette expérience plusieurs fois jusqu’au jour où, enfin, elles pourront sortir de leur prison et marcher vers le camion qui les emmènera à l’abattoir. Les petits restent avec leur mère jusqu’à 28 jours. Ensuite, ils vont se mêler au reste du troupeau. Avant, on va leur rogner les dents, leur couper les oreilles, la queue et les testicules avec une pince coupante sans anesthésie et à la chaîne. Ils arrivent donc dans un lieu fermé surpeuplé, avec des porcs qui font plus de 10 fois leur taille, dans les excréments, sous le bruit des grands ventilateurs et sous la lumière étouffante des néons ; ils évitent les rixes fréquentes entre les adultes et esquivent les coups de bâton des
porchers qui veulent les faire avancer, mais faute de compréhension, les porcelets vont dans tous les sens. Ils sont traités avec de fortes doses d’antibiotiques et engraissés pendant environ 130 jours où ils deviennent à leur tour des adultes prêts pour l’abattage. 20 % des cochons de l’élevage sont déjà morts à ce moment précis à cause des conditions de vie stressantes, de la violence, des maladies et de l’acharnement médicamenteux (IFIP, 2014).
C’est le grand moment, ils vont enfin sortir de la porcherie et découvrir pour la première fois la lumière du soleil, sentir le vent et ses odeurs et marcher à l’extérieur pendant quelques mètres pour monter dans un camion où ils seront entassés jusqu’à ce qu’on ne puisse plus en entrer un seul. Le voyage va durer de longues heures, peu importe la chaleur, dans l’angoisse de tomber mort comme son voisin, il n’y aura pas de pause, jusqu’à l’arrivée à l’abattoir.
Une fois sur place, les odeurs de sang et les hormones de peur laissées par les précédents malheureux sont perceptibles par les porcs, ce qui provoque un mouvement de panique à l’ouverture du camion. Les employés de l’abattoir les frappent à grands coups de pied, de bâton pour réussir à les enfermer dans des box. Pris au piège, ils entendent leurs congénères hurler de peur ou de douleur. Quand un homme ou une femme, couvert de sang, vient les chercher.
En guise de derniers moments, ils sont poussés vers un endroit sordide et inconnu ; s’ils se débattent, ils sont violemment frappés car l’abattage se fait à la chaîne et on n’a pas le temps de prendre une minute pour les calmer, leur donner des coups est bien plus efficace et rapide. Peu importe avec quelle énergie ils se débattent, ils finissent par arriver dans un box de contention, épuisés, essoufflés, le rythme cardiaque en folie et on leur donne le coup final avec un pistolet à tige perforante. Pour la majorité des porcs, c’est fini (certains se réveilleront au moment de la saignée au milieu des cadavres, seront laissés comme ça jusqu’à ce qu’ils perdent de nouveau connaissance). La mort a sonné comme une délivrance. Durant cette vie de seulement 6 mois (un porc vit naturellement de 18 à 25 ans), les seuls moments de bonheur auront été des instants volés avec leur mère et les quelques secondes à la sortie de la porcherie où ils ont pu admirer le soleil.
La seule solution pour vous opposer à ce massacre est d’arrêter de consommer le cochon, il n’existe pas d’autres solutions. Si vous ne vous en sentez pas encore capable, dans ce cas, dites déjà non à ce type d’élevage, vous trouverez peut-être autour de chez vous des éleveurs qui laissent leurs bêtes s’épanouir dans les champs, mais leur durée de vie reste limitée et leur mort aura lieu dans le même abattoir que les autres. Il existe des produits formidables savoureux et protéinés dont on parlera plus tard. À l’heure d’une société où tout doit aller plus vite et être plus rentable, on oublie la compassion. Le cochon, le porc, le bacon, l’indispensable saucisson de l’apéro, est aussi un être sensible. Des études ont prouvé qu’en matière d’intelligence le cochon est plus intelligent que le chien, ce sont des animaux capables de porter secours à d’autres espèces que la leur, ils sont pacifiques et sociables. Aujourd’hui, certaines associations comme « Groin-Groin » les récupèrent et les proposent à l’adoption, ils font de formidables compagnons familiaux doux avec les enfants. Ils portent depuis longtemps cette étiquette de bétail, de produit de consommation, mais qui leur a collé cette étiquette ? Et pourquoi continuons-nous de nous y conformer ?
Chaque fois que les gens disent : « Nous ne devons pas être sentimentaux », cela signifie qu’ils sont sur le point de faire quelque chose de cruel. Et s’ils ajoutent : « Nous devons être réalistes », ils veulent dire qu’ils vont en faire de l’argent. Ces slogans ont une longue histoire. Ils furent utilisés pour justifier les commerçants d’esclaves, les industriels impitoyables… On les a maintenant passés, comme un héritage, aux fermiers d’usine. Brigid Brophy, “Unlived Life
Bovins, ânes, moutons, chèvres et leurs petits 13 % de ces animaux à sabots vivent en élevage industriel sans aucun accès à l’extérieur en
France, soit plus de 3 millions d’individus (animal-cross). Ils sont exclusivement herbivores, il est depuis longtemps coutume de les laisser pâturer, mais les frais d’entretien des champs sont bien plus importants que ceux des quelques centaines de 2 m d’entrepôt où on peut les enfermer. Le consommateur voulant de la viande moins chère et l’éleveur un plus grand bénéfice, ce sont les animaux qui payent le prix. De plus en plus d’éleveurs se tournent vers l’élevage industriel (fini les pâturages !) et l’utilisation d’OGM pour booster leur rendement de viande produite par rapport à la quantité d’aliments donnée. Les conditions de vie des animaux de ces nouveaux élevages sont semblables à celles des porcs : enfermement, insémination forcée, petits arrachés à leur mère peu de temps après la mise à bas et abattus aussitôt (pour les plus communs, veaux et agneaux), chaleur, bruit, lumière agressive, sol dur sous les sabots, sensation d’étouffement, odeur de méthane (inévitable aux excréments d’herbivores), transport jusqu’à l’abattoir, abattage violent…
Que pouvez-vous faire pour empêcher ça ? Comme pour le porc, la meilleure option pour eux est d’arrêter de les manger. Si vous n’êtes pas encore prêts à passer cette étape, vous pouvez vous battre contre ce changement d’élevage, revendiquer que vous préférez des méthodes plus respectueuses (exclusivement en plein air) des animaux et que vous refuserez de consommer des animaux issus d’un élevage industriel.
De nouveaux modèles encore plus violents et irrespectueux du bien-être animal sont en train de s’introduire chez nous ! S’ils réussissent à s’implanter, c’est la totalité des élevages français qui sera obligée d’adopter ce régime pour rester compétitive et on ne verra plus une seule vache dans les champs. Vous pouvez signer des pétitions, aller manifester directement devant ces élevages avec des associations ou écrire un courrier de chez vous (association d’éleveurs, éleveurs de la région, État, chaque lettre est lue et est donc importante même si elle n’a pas un impact immédiat). Si vous n’êtes pas encore prêts à arrêter de consommer cette viande, au même titre que pour les porcs, achetez de la viande issue d’un élevage qui traite ses animaux dans le respect de leur bien-être (même si ça reste de l’exploitation), ne vous fiez pas aux étiquettes ni aux slogans, voyez par vous-mêmes.
La grandeur d’une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés par la manière dont elle traite les animaux. Gandhi (1869-1948)
Lait On compte 3,6 millions de vaches laitières en France. La race de vache dominante chez nous est la Prim’Holstein. Une vache a une espérance de vie de 20 ans, les laitières ne vivent en moyenne que 5 ans. Ces animaux aux grandes mamelles (au même titre que les chèvres, les ânesses ou les brebis) produisent du lait naturellement, c’est un fait, et les traire quand elles n’ont pas de veau à nourrir peut en effet les soulager et leur faire du bien. Alors comment cette espérance de vie diminuée de 75 % s’explique-t-elle ?
Une mère qui produit du lait et le donne à son petit est une des plus belles images que la nature nous a donnée. C’est un instant maternel unique et magique dont toutes les mères se souviennent, un lien très fort propre aux mammifères. L’humain a encore une fois réussi à massacrer cette belle image pour le profit, l’exploitation et l’argent.
Pour stimuler la production de lait, la vache doit donner naissance à un petit veau, elle est donc inséminée artificiellement (ce qui s’apparente à un viol) une fois par an à partir de 2 ans (elle aura donc trois petits au cours de sa vie). La gestation est comme pour les humains de neuf mois environ. Pendant leurs grossesses, les vaches continuent d’être traites, c’est une période difficile physiquement car elles sont épuisées par le fœtus en elle qui puise de l’énergie et l’éleveur qui pompe du lait. Selon une étude du scientifique John Webster, cet effort fourni quotidiennement revient, pour un être humain, à l’énergie dépensée pour une course folle de six
à huit heures par jour.
Le jour de l’accouchement est aussi le seul jour où la vache pourra voir son petit. Certaines structures autorisent le veau à rester 24 heures ou 48 heures avec sa mère avant de l’emmener dans des parcs prévus à cet effet avec d’autres veaux ; certains laissent le petit, mais lui imposent un dispositif anti-tétée qui l’empêche d’atteindre les mamelles (c’est un anneau avec des pics fixés sur le museau, il retombe devant la bouche, ainsi lorsque le petit essaye de téter, il enfonce les pics sur les pis, la femelle souffre et refuse de laisser le petit continuer).
En général, le veau est immédiatement retiré et on ne laisse même pas la mère le lécher ou le voir. Les vaches meuglent sans s’arrêter pour appeler leurs petits pendant des jours entiers. Vous les avez peut-être déjà entendues, certaines s’enfuient, brisent les clôtures et parcourent des kilomètres pour retrouver leurs bébés, en vain.
L’amour de la mère est le seul amour invincible, éternel comme la naissance. André Malraux (La Métamorphose des dieux, 1957)
Psychologiquement, elles sont dévastées mais hormonalement, elles produisent beaucoup de lait et c’est la période la plus rentable économiquement. Une vache produit naturellement 4 l de lait par jour ; avec une alimentation sur-boostée et une sélection génétique précise, les laitières d’aujourd’hui produisent 28 l de lait par jour, et lorsqu’elles viennent d’avoir un veau, la production grimpe jusqu’à 60 l par jour. Cette terrible épreuve leur sera infligée 2 à 3 fois dans leur courte vie. La traite industrielle (permettant de traire 30 à 200 vaches à l’heure selon les dispositifs) et le fait qu’elles ne sont pas faites pour produire autant provoque de nombreuses maladies chroniques :
 Mammite : inflammation de la mamelle (symptômes voisins du cancer du sein chez la femme) ;
Boiterie ;
Kyste ovarien ;
Déplacement de caillette ;
Acétonémie ;
Métrite : infection aiguë ou chronique de l’utérus ;
Fièvre de lait : baisse du taux de calcium sanguin qui provoque l’affaiblissement et l’incapacité à se relever après la mise à bas, souvent mortelle à partir de 3 vêlages ;
Rétention placentaire.
Dans un élevage normal, quand une vache boite, on regarde ce qu’elle a. Mais là, on ne regarde pas quel est le problème. Les responsables ne veulent pas mettre de produit pour soigner les bêtes, parce que ça coûte cher et que c’est du boulot […] Il y a au moins deux ou trois vaches qui meurent chaque semaine, c’est beaucoup quand même. Les responsables disent que c’est normal que les vaches soient malades parce qu’il y ena beaucoup. Témoignage d’un ex-employé de la ferme des mille vaches par Reporterre
Les laitières voient leur espérance de vie chuter car elles sont bourrées de différents produits boostant la production de lait et elles voient leurs petits leur être arrachés les uns après les autres. Ces composés antinaturels sont très mauvais pour la santé de l’animal. Des études ont