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Fable moderne

De
96 pages

Dans cette pièce de théatre aux dialogues enlevés, Gérard Païta dépeint avec humour une figure divine au bord du burn-out. Monsieur et madame Dieu sont à l'image d'un couple ordinaire, soucieux de la manière dont les hommes se comportent, comme s'il s'agissait de leurs propres enfants. Accablé par les faits divers sordides, inquiet devant l'ignorance et la violence qui règnent sur terre, et persuadé que les hommes sont aujourd'hui en capacité de détruire la planète, Dieu décide qu'il est temps d'agir. Mais comment s'y prendre pour les aider ?


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Couverture

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Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-19142-5

 

© Edilivre, 2016

Préface

Vous vous êtes sûrement déjà demandé ce que Dieu, le grand, le terrible, le Tout-Puissant, peut bien penser de nous, les humains ! Comment interprète-t-il nos agissements ?

Essayons de voir ensemble ce qu’il en est. Comment va-t-il, Dieu ? Lorsque nous sommes en crise, est-il en crise, Lui aussi ?

Si c’est le cas, comment gère-t-il son angoisse ? A-t-il un projet pour nous, les humains ?

Attention, le voyage auquel je vous convie n’est pas banal, et si mes libertés avec le texte sacré vous perturbent, soyez indulgents car il n’y a point de méchanceté dans ces lignes, seulement de l’humour, rien que de l’humour.

Personnages

Dieu

Madame, l’épouse de Dieu

Oreste, le bon moine

Secrétaire, Taïa

Père Simon.

Fable moderne

Préambule

1
Dans le salon

Dieu fait un brin de ménage. Un chiffon à la main, il fait reluire une antique tête de minotaure en bronze, mais semble contrarié par quelque chose. Une femme d’âge mûr entre et, sans lui prêter attention, s’installe sur un divan devant un énorme écran plat de télévision. Elle claque dans ses mains et l’écran diffuse immédiatement une multitude de chaînes.

Madame,
enjouée

Voyons ce qui se passe en bas, ce soir. Tremblement de terre, kidnapping d’enfant myope et revendu au pays d’à-côté pour faire des steaks pas chers ? Ah, voilà, ma chaîne favorite, BPA NEWS… J’adore cette langue, le français. Ils sont très forts, les journalistes de ce pays. Ils vous annoncent a minima une « cata » par jour et, quand ils n’ont rien, ils brodent avec n’importe quoi, de vrais animateurs télés. Des virtuoses, je te dis !

Dieu,
dépité

Au moins tu es heureuse. Moi, en revanche, je commence à perdre espoir que ne vienne jamais l’entente cordiale.

À ces mots, Madame, intriguée, claque des mains pour éteindre l’écran géant.

Madame

Je reconnais que je ne suis pas, comme toi, aux premières loges des éternelles lamentations humaines, et parfois, tu dois trouver le temps long. Ceci dit, ma curiosité toute féminine me pousse à penser que je ne détesterai pas connaître plus en détail le pourquoi de tant de destins brisés, fracassés, le plus souvent par la haine et la stupidité d’ailleurs !

Dieu
le chiffon à la main mais abandonnant son minotaure.

Je t’assure que ta curiosité, toute féminine, serait très vite assouvie. Et pour ce qui est de la haine et de la stupidité, tu as entièrement raison. Mais tu peux leur ajouter une ribambelle de consœurs comme l’ignorance, l’avidité, la jalousie, le manque de discernement, le pouvoir, l’amour aussi, et cætera, et cætera. Non, vraiment, tu n’apprécierais pas ce brouhaha permanent. Je suis parfois excédé ! Imagine un instant jusqu'où ils sont capables d'aller parfois. Pas plus tard que ce matin, un type qui ne va jamais à l'église, hormis pour les enterrements bien sûr, s'y rend à titre exceptionnel. Surpris, je me dis : C'est bien, une brebis égarée qui se tourne vers moi ! Sauf qu'il n'était pas là pour le salut de son âme,,, Ni pour assouvir quelques « impérieux » besoins miséricordieux, mais pour me prier, de bien vouloir ruiner son soi-disant « meilleur ami », pour pouvoir lui piquer sa femme ! Elle est trop belle pour ce rustre, ce ruffian arrogant plein de pognon ! Ruine-le, Seigneur, me dit-il, je t’en supplie, je t’en conjure. Si tu exauces ma prière, je te promets de faire brûler des cierges deux fois par semaine, sur internet !

Madame

C’est peut-être vrai ! Non ?

Dieu

Quoi donc ?

Madame

Que le type ne la mérite pas !

Dieu,
irrité

Haaa, mais là n’est pas la question. Les gens ne connaissent plus les nobles paroles du fiston, ils ont tout oublié. Tout ! Ils me prient dans l’espoir d’enfariner leurs propres amis ! C’est à l’autre, en bas, qu’ils doivent s’adresser pour ça. Mais ça, évidement, ça ne leur vient même plus à l’esprit, je crois que même lui, ils l’ont oublié !

Madame quitte son fauteuil pour lui faire face.

Madame

Dis donc, toi, je te trouve bien sombre ! Tu ne serais pas en train de nous faire une dépression quand même ? Comment ils disent déjà ? Un burn-out ?

Dieu

Tu sais bien que ce n’est pas possible. Je suis la dépression, et je suis son remède et son contraire, tu as oublié, toi aussi ?

Madame

Bien sûr que non, mais je te trouve un peu soupe au lait, un peu morose, ces derniers temps.

Dieu

Certes, j’admets que je suis, disons, un peu tracassé.

Madame

Bon, tu vois bien que tu n’es pas dans ton état normal. Tu devrais déléguer un peu de temps en temps. Tu as trop de travail. L’humanité se développe toujours plus, ils n’arrêtent pas de faire des gosses, des gosses, des gosses, et toi, tu restes seul pour faire face !

Dieu

Tu lis littéralement dans mes pensées, ma chère. En fait, je crois désormais que le temps est venu de rafraîchir un peu mon message, de le dépoussiérer ! En tout cas, une bonne piqûre de rappel pour toute l’humanité ne serait pas de trop ! Je n’en peux plus ! Ils passent la moitié de leur temps à m’implorer pour un oui ou pour un non, pour des broutilles sans consistance, et l’autre moitié à faire des horreurs innommables, y compris en mon nom ! C’est un comble, non ?

Madame,
soucieuse à son tour

Hum, tu es dépressif, je crois !

Dieu,
lassé

Pourquoi insistes-tu avec ça ?

Madame

Parce que ce que tu me décris existe depuis le commencement ! Ça ne date pas d’hier ni même de l’avant-veille.

Dieu

Tu as raison sur le fond, mais les choses s’accélèrent dangereusement actuellement. J’ai peur qu’un beau matin ils ne fassent tout sauter sans crier gare. Ils en ont la capacité aujourd’hui, tu sais.

Madame

Tu me fais peur, soudain ! Dois-je m’inquiéter pour ma descendance...