Les Pensées gourmandes
38 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Les Pensées gourmandes

-

38 pages
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Description


Le goût des choses.






Épicurien revendiqué, Pierre Arditi est, depuis toujours, amateur de bonne chère et de bons mots. Aussi était-il la personnalité idéale pour présenter cette anthologie des pensées les plus drôles consacrées à la gastronomie et au bien-vivre.






Nombre d'artistes, dont une ribambelle de monstres sacrés dans leurs domaines respectifs, ont en effet rivalisé d'esprit à travers les siècles pour nous vanter les plaisirs de la table, de Voltaire à Jean Yanne, en passant par Alphonse Allais, Frédéric Dard, Jacques Prévert, Claude Chabrol ou encore Jim Harrison et Alfred Hitchcock.







" Toutes ces éminentes personnalités, écrit Pierre Arditi, se font une joie de nous rappeler que la bonne chère, la bonne bouffe, le joli casse-dalle, le petit coup sur le bord du zinc, bref, ce plaisir que nous prenons à nous faire plaisir n'est non seulement pas condamnable, mais chaudement recommandé, jusqu'à la seconde même où ce plaisir nous transforme en poètes de nous-mêmes, en titilleurs d'imaginaire, en compagnons de jeu que seule réunit la volonté de rire de nous avant d'être obligé de nous taire. "









Savoureux !





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Informations

Publié par
Date de parution 21 mars 2013
Nombre de lectures 32
EAN13 9782749129822
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture

Pierre Arditi

Les Pensées
gourmandes

COLLECTION LES PENSÉES

Direction éditoriale : Jean-Yves Clément
Coordination éditoriale : Hélène Emeret
Conception graphique : Corinne Liger

Couverture : M.B.
Photo de couverture : © Maurice Rougemont.

© le cherche midi, 2013
23, rue du Cherche-Midi
75006 Paris

Vous pouvez consulter notre catalogue général
et l’annonce de nos prochaines parutions sur notre site :
www.cherche-midi.com

« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »

ISBN numérique : 978-2-7491-2982-2

En guise d’entrée…

Voici donc ces pensées gourmandes…

Gourmandes, bien sûr, mais d’abord pensées… À elles seules, elles sont déjà une nourriture, un breuvage délicieusement iconoclaste, divinement incorrect, dont nous pouvons nous nourrir pour en jouir, mais aussi pour nous venger de l’esprit de sérieux de cette morale moralisante, mal d’un début de siècle dépourvu de vertus et dont l’occupation principale est d’exiger des autres ce qu’il se garde bien de s’appliquer à lui-même.

Nous vivons dans une société dont la finalité idéale serait, au fond, d’atteindre au risque zéro et donc de rayer de la carte ce que l’on appelle la vie ou, pour rester dans le culinaire, le sel de la vie.

Sans être un irresponsable de base, on peut revendiquer l’envie irrépressible de faire un pied de nez à l’ordre établi, à la pensée unique, aux mieux-disants de toutes sortes, et de redevenir un instant un galopin, un chenapan, un garnement, un « apache », un gredin comme ont pu l’être des gens aussi différents que Paul Claudel, Jean Yanne, Georges Courteline, Frank Sinatra, Philippe Bouvard, Frédéric Dard, Voltaire, j’en passe et d’aussi bons.

Toutes ces éminentes personnalités se font une joie de nous rappeler que la bonne chère, la bonne bouffe, le joli casse-dalle, le petit coup sur le bord du zinc, bref, ce plaisir que nous prenons à nous faire plaisir n’est non seulement pas condamnable mais même chaudement recommandé, jusqu’à la seconde même où ce plaisir nous transforme en poète de nous-même, en titilleur d’imaginaire, en compagnon de jeu que seule réunit la volonté de rire de nous avant d’être obligé de nous taire.

La gourmandise, contrairement à la rumeur, n’est pas un vilain défaut puisqu’elle est d’abord une jouissance épicurienne à dire le monde en le raillant nous-même, c’est-à-dire en ne perdant conscience de rien, mais au contraire en aiguisant cette conscience au point de s’en servir pour hacher menu des lieux communs plus indigestes les uns que les autres.

Le premier acte de grâce de ceux qui figurent dans ce livre est de nous redonner un peu de goût à vivre avec soi, sans culpabilité, sans remords, un peu de cette « enfance galopine » que nous perdons si vite de vue et qui, pourtant, est la première marque d’un « repas de la vie réussi ».

Qu’ils en soient ici remerciés, et n’oublions jamais, comme le dit Pierre Dac, qu’« il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que de prendre son slip pour une tasse à café » !

Pierre ARDITI

Un gourmet ?… C’est un glouton qui se domine.

Francis Blanche

*

Si le potage avait été aussi chaud que le vin, le vin aussi vieux que la poularde et la poularde aussi grasse que la maîtresse de maison, cela aurait été presque convenable.

Curnonsky

*

Qu’un potage soit immangeable, cela ne tient parfois qu’à un cheveu.

Jules Romains

*

Tout ce que vous voyez, je le dois aux spaghettis.

Sophia Loren

*

Plutôt que de descendre au fond du puits des névroses qui font de bon nombre d’entre nous ce que nous sommes, je préfère considérer ma passion pour la gastronomie et les bons vins comme une quête obstinée de l’authenticité…

Jim Harrison

*

Estomac en panne. Quinze livres de trop sur la balance. Les dangers de la goinfrerie publique. Retour au monde sauvage à l’aube.

Jim Harrison

*

Je suis terrorisé par les œufs. Pire que cela, ils me révoltent.

Alfred Hitchcock

*

Il y a cinq éléments : l’eau, la terre, l’air, le feu et l’ail.

Louis Diat

*

Je vis de bonnes soupes, pas de bons mots.

Molière

*

Poêle à frire. Dans l’institution pénale féminine, objet qui, en provenance de la cuisine, fait partie de l’arsenal punitif.

Ambrose Bierce

*

C’est une ennuyeuse maladie qu’une santé conservée par un trop grand régime.

Montesquieu

*

Si ce que tu manges ne te grise pas, c’est que tu n’avais pas assez faim.

André Gide

*

Est-il un plaisir plus savoureux que celui d’avoir à sa table deux amis gourmands et gais ?

Sacha Guitry

*

Le grand point, c’est de manger chaud, proprement et beaucoup.

Grimod de La Reynière

*

On court toujours le risque du dégoût quand on voit comment se préparent l’administration, la justice et la cuisine.

Chamfort

*

Une personne équilibrée est quelqu’un qui a un verre de whisky dans chaque main.

Billy Connolly

*

Il faut s’efforcer d’être jeune comme un beaujolais et de vieillir comme un bourgogne.

Robert Sabatier

*

Carpe diem ne signifie pas poisson du jour.

Anonyme

*

Le problème avec la cuisine italienne, c’est que cinq ou six jours plus tard vous avez à nouveau faim.

George Miller

*

« Mon cher Curnonsky,

Tu viens dîner dimanche, ça ne fait pas un pli, seulement je tiens à te faire savoir que la douce Juliette est au lit, que c’est Joséphine qui fonctionne assez mal et que le dîner sera probablement médiocre. Tu dois venir, la beauté de Willy, mon esprit doivent te faire oublier la médiocrité du dîner. C’est une question de dévouement, non de gueule. »

Colette

*

Les charmes d’un corps de femme qui enflamment les sens sont comme les odeurs de cuisine – excitants quand on a faim, répugnants quand on est rassasié.

M. Aguéev

*

J’aime les enfants. S’ils sont correctement cuisinés.

W. C. Fields

*

Devant la cuisine anglaise, il n’y a qu’un seul mot : « Soit ! »

Paul Claudel

*

La nourriture la plus dangereuse, c’est le gâteau de mariage.