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Sarko, Kojak, ma grand-mère et moi

De
107 pages
Mais depuis quelques temps, un truc bizarre se passe. Ma grand-mère ne regarde plus Kojak, elle regarde que les infos et surtout les reportages ou les émissions où on peut voir Sarko, sa nouvelle idole. Je ne sais pas d’où ça vient cette passion pour lui, peut-être à cause de son goût pour les films policiers.
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Sarko, Kojak,
ma grand-mère et moi

3Javad Zeiny
Sarko, Kojak,
ma grand-mère et moi

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00216-4 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304002164 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00217-1 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304002171 (livre numérique)

6 .
8






Tout commence tôt, dès l’adolescence. On
commence à se poser des questions infinies, qui
perdent leur goût tôt, très tôt. Une maison, une
petite route et les gens qui la traversent jour et
nuit. Le matin, quand les oiseaux commencent à
chanter… Même en hiver, tu les écoutes, tu
penses à ce qui va se passer pendant la journée.
C’est comme les horoscopes de Marie-Claire,
tout est déjà programmé, noté, ficelé. La roue
tourne et il n’y a personne qui s’aperçoit de la
répétition des notes, on vieillit pour se
retrouver à la fin au cimetière, comme là, près
de chez nous, juste derrière. Un cimetière
toujours calme, un peu trop même, surtout le
soir quand encore petite, je passais devant en
courant, de peur de réveiller les morts.
Rien n’est disponible sur terre et tout est à
vendre, même les morts, qui vivent peut-être
encore. Ils vivent la répétition du temps recyclé
et sur-recyclé.

Dès qu’elle finit ses mots, je suis pressé de
partir, de me casser. Il fait froid et mes
chaussettes trouées avalent le froid et la pluie.
9 Sarko, Kojak, ma grand-mère et moi
Malgré tout, je reste à l’écouter encore un
peu, par politesse ou peut-être par curiosité. Il y
a quelque chose qui me dit que ma grand-mère
va mourir bientôt, alors laissons-la se vider à
fond et tranquillement. Sans faire attention à
mes chaussettes bleu marine trouées et à tous
ces petits trucs sans importance.
Elle veut juste parler. Le morceau d’opium
qu’elle a mélangé avec son thé noir lui donne du
courage ou quelque chose de ce genre pour ne
rien sentir, même le froid merdique de février.
Elle a sorti encore une cigarette et sans
l’allumer, elle la met au coin de ses lèvres
minuscules qui n’arrêtent pas de bouger, même
quand elle ne parle pas. Elle dit un peu tout,
mélange les histoires, passe des sujets et s’arrête
au milieu d’un souvenir, dès qu’il commence à
devenir intéressant.

C’était ton arrière grand-père, il m’aimait
mais comme il était trop vieux, il m’a fait
épouser son fils. Un bon à rien qui passait la
journée à travailler dans les bois et le soir,
quand il rentrait, il ne pensait qu’à tirer un coup
sans aucune formalité, un truc vite fait, d’une
manière très mécanique et sans aucune
imagination. C’est comme ça qu’il a fait ton
père. Il avait toujours voulu un garçon. Alors
après quatre filles, c’était la fête ! Il l’emmenait
partout avec lui, tout ce qui était interdit à ses
filles ou même à moi, à son fils c’était le
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