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Pailler en 10 leçons et 3 brins d'herbe…

De
51 pages
Ce livre présente de manière simple tout ce qu'il faut savoir sur le paillage, cette pratique qui consiste à couvrir le sol et contribue à se simplifier la vie au jardin. Il en montre clairement tous les avantages : améliorer le sol, empêcher son érosion, protéger les plantes contre le froid, la chaleur et la sécheresse, mais aussi limiter la lutte contre les "mauvaises" herbes, réduire les arrosages...
Il détaille les différents paillis : tonte de gazon, paille, paillette de lin, de chanvre, cosses de sarrasin ou de fèves de cacao, écorces de pin… Et il donne pour chacun d'eux des conseils précis d’utilisation selon le type de sol, de plante et l'effet recherché.
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Avant-propos Les bons jardiniers savent qu’il n’y a pas de beau jardin productif sans une terre meuble et fertile qui grouille de vie. Toute la richesse du jardin repose sur cette couche mince qui s’est formée lentement au cours des siècles et des millénaires, et qui devrait être l’objet de toutes nos attentions, au fil des mois et des années. Siège de nombreux processus physiques, chimiques et biologiques, c’est elle qui assure la fertilité et porte les végétaux, elle aussi qui permet le recyclage de la plupart des déchets verts et animaux qui tombent à sa surface. Or, nous sommes encore très nombreux à la négliger pour ne nourrir que les plantes, à la laisser souvent à nu pendant la mauvaise saison ou entre deux cultures, sans défense face aux éléments climatiques qui la dispersent et l’appauvrissent plus ou moins rapidement. Le paillage est une des méthodes pour préserver et améliorer la couche de terre arable de la façon la plus naturelle possible. Il devrait être un geste plus fréquent dans les jardins quels qu’ils soient, pour offrir aux plantes et au sol des conditions plus proches de celles qui se rencontrent dans la nature. En effet, partout où les conditions climatiques sont favorables au développement des végétaux, rares sont les zones où le sol reste nu. Il devrait en être de même dans tous les jardins, petits ou grands, urbains ou ruraux, potagers ou d’ornement. Sans délaisser non plus les jardins en pots, où la terre a d’autant plus d’importance qu’elle s’y trouve en quantité plus réduite encore. Plus de jardinage sans paillage ! D’où le propos de ce petit guide pratique pour vous faire découvrir la grande diversité et la multiplicité des paillis ainsi que les nombreuses façons de les utiliser au mieux selon les types de culture envisagés. Dix leçons simples et concrètes pour comprendre la technique du paillage, connaître les principaux paillis et savoir lesquels choisir selon les différentes espèces végétales de nos jardins. Alain Delavie
Latechniquedupaillage estl’applicationagricole oujardinière dun phénomènequi sedérouleenpermanencedans unenaturequi ahorreurdu vide. Cest notamment lecas enforêt oùtousles déchetsvégétaux et animaux couvrent le sol,puis sont recycléset permettentdel’entretenir et del’améliorer,les diverses plantes forestières ypuisant les substances nutritivesdontelles ont besoin.
Le sol, un ensemble vivant
Le sol est un des éléments essentiels de l’écosystème. Par ses fonctions naturelles, il constitue à la fois un support et un habitat pour nombre d’êtres vivants, un réservoir important de biodiversité, une source capitale de matières minérales et organiques. Il est le siège de nombreux échanges et flux dans l’écosystème qu’il participe à réguler et épurer. C’est le lieu privilégié de rencontre entre les mondes minéral et organique. Même si son épaisseur est relativement faible par rapport aux autres couches plus profondes du globe terrestre, son rôle est capital et indispensable dans les équilibres biologiques. Le sol est un ensemble vivant, clé de la fertilité et de la réussite des beaux jardins. Le paillage contribue fortement à sa préservation et à son amélioration, tout en libérant un peu du temps du jardinier.
La litière de la forêt Les forêts et autres terres boisées couvrent près de 40 % de la superficie totale de l’Union européenne, environ 30 % de celle de la France.
Unecoucheprotectricepleinedevie Les arbres et autres plantes qui composent une forêt se nourrissent en partie des éléments nutritifs contenus dans le sol où ils poussent, et lui restituent une partie de ce qu’ils ont assimilé. Pratiquement tout ce qui est produit par la forêt finit par tomber sur le sol pour former ce que l’on appelle la litière, composée dans sa partie aérienne de rameaux plus ou moins gros, de feuilles, de fruits, de graines, de cadavres d’animaux, d’excréments, de sécrétions et excrétions végétales ou animales liquides, et dans sa partie souterraine d’importantes quantités de racines mortes et autres débris. La litière est à la fois une couche protectrice qui préserve le fragile humus où les racines s’ancrent plus ou moins profondément, et une zone de recyclage intense. Le sol forestier est l’endroit où tout finit et tout (re)commence, dans un cycle en perpétuel renouvellement.
Lactiondelalitièresurlesol On distingue deux grands types de litières : l’une est améliorante, riche en azote et cellulose, pauvre en lignine, elle favorise l’activité microbiologique de la couche superficielle du sol ; l’autre est acidifiante, pauvre en azote et riche en lignine, et inhibe l’activité microbiologique du sol. La première est issue des arbres feuillus caducs et des végétaux herbacés. La seconde provient des conifères et autres arbres ou arbustes à feuillage persistant.
Attention aux attaques de limaces
Lacouchedepaillagen’est pasprotectricequepourlesol !Elleabritede nombreuxpetitsanimaux, certainstrèsutilespourlejardin, d’autres plusnuisiblescommeles terribles limaces.Ces dernièressecachentsous lalitièreellesprofitentd’unmilieuplushumideet dont ellesne
nourrissent. Les paillisfinscommelapaillettedelinoudechanvresemblenttoutefois les éloignerdavantage et sont doncàprivigierpourlesvégétaux fortementappciésparces gastéropodes.
Les prairies, source de biodiversité
Autre exemple de couverture naturelle du sol, la prairie, qui occupe environ 20 % du territoire européen. Avec les forêts, elle contribue à piéger environ 10 % des émissions de CO2 qui participent largement au réchauffement climatique. Quand elle laisse place aux champs cultivés, le sol s’appauvrit en matière organique, car il reçoit moins de résidus végétaux. La récolte de la culture laisse en effet peu de débris végétaux dans le sol, contrairement aux prairies où la fauche est limitée et où les plantes se décomposent en restituant des matières organiques qui entretiennent et améliorent le sol. La régression des prairies face aux sols dénudés ou artificialisés constitue un facteur aggravant de l’érosion et des inondations.
Le paillis, avec ou sans paille
La technique du paillage s’inspire donc de la litière naturelle des forêts ou de la couverture herbacée des prairies. Mais ce sont les jardiniers qui apportent des matériaux en surface de la terre du jardin (sans jamais les enfouir) pour la protéger, l’améliorer et l’enrichir, tout en réduisant le développement des mauvaises herbes et en limitant fortement l’évaporation de l’eau du sol. Cet apport se fait pendant une culture le plus souvent, mais il peut aussi être effectué sur une planche laissée provisoirement sans végétaux.
Delapailleaupaillis Quand les jardins étaient davantage ruraux et que la culture des céréales à longs chaumes était chose courante, la paille était un résidu de culture abondant et peu coûteux, très utilisé pour la protection des cultures potagères et ornementales, aussi bien en été qu’en hiver. Elle a donné tout naturellement son nom à cette technique de couverture des sols, le paillage, et au matériau épandu, le paillis. Les mots « mulching » et « mulch », termes anglais trop souvent utilisés, désignent la même chose.
Les autresmatériaux Aujourd’hui, 75 % de la population française est citadine et les variétés modernes de céréales ont des tiges très courtes. Les jardiniers citadins trouvent moins facilement cette paille devenue plus chère, d’où l’utilisation d’autres matériaux pour couvrir le sol des cultures. Certains sont d’origine naturelle (organique ou minérale), d’autres sont synthétiques. Les premiers sont toujours privilégiés dans un jardin cultivé selon des méthodes biologiques, car ils favorisent l’amélioration du sol et la biodiversité.