Semis & plantations

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88 pages
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Description

Semer soi-même permet de faire un vrai choix de végétaux, de faire des économies, de produire plus… Et cet ouvrage est là pour vous montrer que semer n’est pas compliqué : cela demande juste un peu de savoir-faire !

L’auteur vous expose en détail toutes les techniques de semis : en pleine terre, dans des supports, sous abris et protections, ainsi que celles de repiquage et de plantation.Pour chacune d'elles, l'auteur vous présente en détail les différentes étapes à l'aide de nombreux dessins en pas à pas et vous donne tous les conseils pour réussir.

Un tableau récapitulatif en fin d'ouvrage vous donne pour chaque plante le bon type de semis.

Au sommaire :

  • Avant de semer : Les graines ; Les conditions d'une bonne germination ; Le matériel nécessaire aux semis.
  • De la graine à la plante, semer en pleine terre : Semer à la volée ; Semer en place en ligne ; Semer en pépinière de pleine terre ; Semer en poquets.
  • De la graine au plant, semer dans des supports : Semer en terrine ; Semer en plaques alvéolées ; Semer en mottes ; Semer en godets.
  • Du plant à la plante, repiquer et planter ses jeunes semis : Repiquer ses semis ; Planter ses jeunes plants élevés en racines nues ; Planter ses jeunes plants élevés en godets, mottes et alvéoles.
  • Semer sous abri et protections : Semer sous abri froid ; Semer au chaud.
  • Les généreuses : un cas particulier.
  • Tableau récapitulatif par plantes.

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Publié par
Date de parution 15 mai 2013
Nombre de visites sur la page 89
EAN13 9782815303972
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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CHAPITRE 1
Avant de semer
Avant-propoS
Le plaisir de faire ses semis
Il est de plus en plus facile de se procurer des plants bien démarrés et déjà prêts à planter pour son jardin. Mais avec un peu de temps et un matériel finalement assez restreint, il est relativement simple et tellement avantageux de faire ses plants soi-même.
Un choix incomparableComparer catalogues de graines et catalogues de plants suffit pour s’apercevoir que la diversité proposée dans les premiers l’emporte plus que nettement sur celle des seconds, tant du point de vue des variétés que de celui des espèces. Concrètement, vous disposerez d’un choix beaucoup plus vaste de variétés de tomates, par exemple, si vous les achetez en graines plutôt qu’en plants. Vous trouverez aussi des graines de certaines espèces ne se prêtant pas à la production et la vente de plants : fleurs sauvages annuelles pour les jardins, persils tubéreux et nombreux autres légumes cultivés pour le développement de leurs racines.
Quand le jardinier redevient autonomeNon seulement semer soi-même permet de faire un vrai choix de végétaux, mais aussi de les cultiver en tenant compte de paramètres personnels : nature du sol, disponibilité pour la plantation et l’entretien... En faisant ses semis, le jardinier est à mille lieues des rayons des jardineries où s’alignent quasiment les mêmes plantes du Nord au Sud de la France. Des plantes qu’il faut de plus se dépêcher d’acquérir pour avoir un minimum de choix, sans tenir compte de l’état ou des caractéristiques propres à son jardin.
Tellement plus facileFaire ses semis n’est pas fondamentalement compliqué : cela demande juste un peu de temps et d’attention. Avec un peu d’expérience, n’importe qui, au bout de quelques saisons, sera capable de faire germer l’essentiel des plantes nécessaires à ses besoins, voire plus encore. Maîtriser un minimum les différentes techniques de semis permet en effet d’améliorer sa production : on privilégie le semis direct moins exigeant en arrosage pour les terres sableuses, on prend de l’avance avec le démarrage en godets pour les terres froides.
Plus de plaisir et moins de dépenses...Un sachet contient certes souvent plus de graines que la quantité nécessaire pour son jardin – bien que la tendance commence à s’inverser –, mais le ratio prix d’achat et potentiel de plants est tellement énorme que le jardinier est toujours gagnant au final. De même, un semis de salades ou d’œillets d’Inde fournira toujours plus que la quantité nécessaire. Tant mieux ! Les jardins, qu’ils soient ornementaux ou potagers, ont toujours été des lieux d’échanges et de présents. Faire ses semis permet de retrouver ce petit luxe : offrir à son entourage.
Xavier Mathias
CHAPITRE 1
Avant de semer
Les graines
De la minuscule graine de bégonia à la noix de coco, cette énorme graine de palmier capable de flotter et de germer dès qu’elle touche la terre ferme, il y a de quoi être ébahi et admiratif en constatant l’incroyable polymorphie de ces futures plantes en devenir.
Qu’est-ce qu’une graine ? Avant de semer, il est important de comprendre dans les grandes lignes ce qu’est une graine, et de bien connaître les deux différences fondamentales entre le règne végétal et le règne animal. En général, dans le règne animal, un ou les deux parents assurent et veillent à la survie de leur descendance, s’organisant pour les garder près d’eux, au moins au début. Chez les plantes, tout est fait pour éloigner les graines de leurs parents : aigrettes de pissenlits, samares des érables... À la différence des mammifères, par exemple, il est inutile pour les premières heures de la vie d’une graine qu’elle soit en présence de ses parents, au contraire. Un malheureux gland germant au pied d’un chêne centenaire ne pourra disposer de la quantite de lumière et de nourriture suffisantes. « Allez-y, moi j’ai tout mon temps ! », c’est ce que semblent dire les graines. Sauf accident, dans le règne animal, quand le processus de reproduction est entamé, une fois le délai de gestation achevé, il y a naissance. Ce n’est absolument pas le cas des végétaux, au contraire. Leurs graines sont des réserves sèches et déshydratées (une graine ne contient que 5 à 18 % d’eau) capables d’attendre un temps plus ou moins long en fonction des espèces et variétés des conditions idéales de température, de lumière et d’humidité pour germer. Sachant qu’à maturité les graines n’ont plus besoin de leurs parents pour lever, le travail du jardinier est finalement assez simple, il consiste « juste » à montrer à ses graines que les conditions nécessaires à leur existence sont réunies.
Stocker et conserver ses graines De quelques semaines à plusieurs siècles, la durée du pouvoir germinatif des graines est extrêmement variable, à condition de les avoir conservées dans de bonnes conditions. Il est cependant préférable de les employer rapidement au jardin, dans les 2 ans qui suivent leur achat, à condition que la date d’utilisation mentionnée sur les sachets le permette. Stockez toujours vos graines au sec, à l’obscurité, dans un endroit frais et ventilé. Le local idéal aura une température inférieure à 12 °C, pour une humidité de 40 %. Évitez de les transvaser dans des sachets ou des contenants en plastique, il y a un trop fort risque de condensation. Préférez toujours de simples sachets de papier sur lesquels vous mentionnerez le nom de l’espèce et de la variété, l’année de récolte s’il s’agit de graines personnelles ou la date de péremption pour celles que vous avez achetées. Attention à la qualité des meubles dans lesquels vous entreposerez vos sachets : les matériaux récents en bois reconstitués, agglomérés ou même contreplaqués contiennent des quantités très importantes de colle et du formol aux propriétés germicides.
Quelques termes Que ce soit dans des manuels, des notices ou sur des sachets de semenciers scrupuleux, quelques mots « barbares » figurent parfois à côté des dates de semis
préconisées et des conseils de culture.
• « Lever la dormance » :la dormance est cette capacité qu’ont les graines à se mettre en repos en attendant les conditions idéales pour germer. Il faut donc un signal extérieur leur signifiant que ces conditions seront bientôt présentes. Pour l’essentiel des plantes qui nous concernent, c’est en général le froid qui joue ce rôle. On peut donc artificiellement lever la dormance d’une graine en la plaçant quelques jours au réfrigérateur lui donnant ainsi l’illusion que l’hiver est passé. Ce signal, qu’il soit provoqué naturellement ou artificiellement par le froid, s’appelle la « vernalisation ».
• « Scarification » :certains téguments (enveloppe de la graine) peuvent être très durs et on les blesse volontairement pour faciliter la pénétration de l’eau. Le gland du chêne peut être incisé au cutter, par exemple. De plus petites graines, comme celles de l’angélique, sont mélangées à du sable dans un bocal qu’on agitera quelques secondes : les grains de sable auront un effet abrasif sur le tégument.
• « Stratification » :certaines graines, chez les vivaces et les arbres en général, sont plutôt coriaces à faire germer. Elles demandent, pour lever la dormance, des conditions de froid et d’humidité longues. La stratification consiste à mettre les graines entre deux couches de sable dans un pot enterré au nord pendant plusieurs semaines avant de les semer, soit une à une pour les grosses graines, soit mêlées au sable pour les petites graines. On parle de « semis stratifié ».
La germination Une fois que ces conditions sont réunies, l’eau ramollit le tégument et pénètre dans la graine, la « réactivant ». Radicule et tigelle vont pouvoir sortir, alimentées au démarrage par le ou les cotylédons. Ces fausses feuilles contenues dans la semence sont chargées d’alimenter la future plante en attendant qu’elle soit suffisamment autonome pour aller puiser dans le sol et l’air les éléments indispensables à sa survie. Une fois leur tâche achevée, les cotylédons se dessèchent et tombent : la plantule est en mesure de se débrouiller toute seule (dessin 1).
La germinationLes cotylédons, fausses feuilles contenues dans la graine, vont assurer les premiers jours de vie de la plantule. Une fois leur tâche accomplie, ils vont jaunir, sécher puis tomber.
Les conditions d’une bonne germination
Une graine est donc capable d’attendre que toutes les conditions soient réunies pour lever. La jeune plante sera ensuite alimentée par ses cotylédons au début de son existence. Cette dernière n’a pas besoin de la présence de ses parents pour être nourrie, la tâche du jardinier consiste donc « seulement » à réunir les trois conditions qui suivent pour réussir ses semis : humidité, lumière et température adaptées.
L’humidite Les graines ne contiennent plus que 5 à 18 % d’eau sachant qu’au cours de sa vie un végétal en contiendra en général plus de 90 % ! Il faut donc absolument réhydrater les semences au moment de semer. Si, en général, arroser le sol ou le substrat dans lequel elles ont été semées est suffisant, d’autres graines, assez nombreuses finalement, demandent à être trempées 24 heures au moins avant le semis.
Attention à l’étiolement
Même si, en fonction des espèces et variétés, les plantes ont besoin de temps de lumière différents (photopériodisme), une plantule ne doit jamais en être privée au démarrage. Faute de lumière suffisante, le transport de l’auxine, une phytohormone agissant entre autres sur l’élongation des tissus végétaux, se fait mal. Les pousses s’allongent alors anormalement, elles sont pâles, tendres et fragiles. Que vous fassiez vos semis ou achetiez des plants, soyez très vigilant : une jeune plante doit être trapue, ses couleurs soutenues.