104 pages
Français

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Ne dites pas « bon appétit », dites...

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Description

Frôler la crise d’angoisse à l’idée de recevoir sa belle-mère à dîner ; hésiter un peu trop longuement entre la bise et la poignée de main ; réécrire une dizaine de fois un courriel professionnel, soucieux d’employer les bonnes formules... Qui ne s’est pas déjà retrouvé dans une de ces délicates situations ?


Ce livre est à la fois un guide pratique et une réflexion sur ce que l’auteur appelle la communication sociale intelligente. Il constitue un outil incontournable pour celles et ceux qui souhaitent évoluer avec aisance dans tous les milieux.


Observateur expérimenté, Philippe Lichtfus redéfinit le savoir-vivre et propose une étiquette contemporaine dépoussiérée en accord avec les nouvelles réalités liées à l’évolution de notre société.

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Publié par
Nombre de lectures 18
EAN13 9782507055820
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

PhilippeLichtfus
NE DITES PAS «BON APPÉTIT», DITES...
Manuel du savoir-vivre contemporain
Avenue du Château Jaco, 1 - 1410 Waterloo www.renaissancedulivre.be Renaissance du Livre @editionsrl Neditespas«Bon appétit»,dites... Philippe Lichtfus Couverture : [nor] production Mise en page : Josiane Dostie Imprimerie : V.D. (Temse, Belgique) ISBN : 978-2-50705-582-0 © Renaissance du Livre, 2017 Tous droits réservés. Aucun élément de cette publication ne peut être reproduit, introduit dans une banque de données ni publié sous quelque forme que ce soit, soit électronique, soit mécanique ou de toute autre manière, sans l’accord écrit et préalable de l’éditeur.
À mon fils Thaddée et à mes étudiants à Paris En mémoire de mon père et du professeur Overloop
Avant-propos
Souvent, lorsque certaines personnes parlent de moi à travers mon métier, ils disent que je suis « professeur de bonnes manières »... Vous n’imaginez pas à quel point cette dénition a le don de m’irriter. En e#et, chères lectrices et chers lecteurs, je ne suis ni Nadine de Rothschild, ni la baronne Sta#e, pour les nommer par leur nom d’auteure, ni les innombrables autres qui se sont consacrés à écrire sur ce sujet trop souvent, à mon goût, destiné « à l’usage des gens du monde », ce qui me fait quelque peu sourire aujourd’hui. Je respecte ces auteurs pour leur travail et parce que, parmi eux, il y a des références certaines pour leur époque respective, mais nous avons évolué vers un monde bien différent. Si vous êtes un intégriste de l’étiquette traditionnelle, je préfère vous prévenir : je ne vais sans doute pas répondre à vos attentes. Je me positionne comme réformateur suite à de nombreuses observations dans des milieux sociaux très di#érents les uns des autres. Mon expérience est de les avoir réellement fréquentés dans leur intimité et dans leur vie publique. J’assiste – et reçois beaucoup également – à des déjeuners, cocktails et dîners, dans certaines familles royales, chez des membres élus au pouvoir à tous les niveaux, des aristocrates, des diplomates, des intellectuels de tendances multiples, des nouveaux riches, des paysans, des artisans, des bourgeois et bien d’autres encore appartenant à plusieurs strates de la population et dont l’énumération complète n’a pas vraiment d’intérêt pour ce livre. J’ai été bercé d’illusions, comme la plupart d’entre nous, pour nalement me rendre compte que la réalité est très souvent bien plus subtile que l’image donnée ou que nous nous faisons des autres. Je ne suis pas en train de jeter un pavé dans la mare, mais simplement d’essayer de vous amener à une 1 vision des réalités du « vaste monde » et non plus du seul milieu auquel s’adressaient ces livres destinés « au monde », ce qui signie en clair la « bonne société ». Dénie par elle-même de la sorte, cela veut dire « e haute société » en langage plus populaire, ce qui au XXI siècle est fortement à revoir. En e#et, nous vivons une époque pleine de renouveau et à la fois très déstabilisante. Quasi tout est possible. L’infâme peut se retrouver aux plus hautes fonctions, l’ouvrier peut se raner et le descendant de haute lignée sombrer au pays des « pignoufs ». (Vous verrez par la suite, c’est un mot que j’a#ectionne particulièrement.) Je vous rassure, il reste des grands seigneurs et des grandes dames dont le ranement est sans faille, mais ils se font plutôt rares... L’image ne renvoie plus à des réalités établies comme autrefois. L’éducation n’est plus typique de certains milieux. Nous éprouvons de plus en plus de dicultés à étiqueter ceux que nous rencontrons. Faut-il encore les étiqueter d’ailleurs ? Les di#érents milieux ne se dénissent plus comme du temps de nos parents et encore moins de celui de nos grands-parents. Ils se confondent de plus en plus, du haut vers le bas et du bas vers le haut. Je ne décris ici que leur évolution sociale, mais ils bougent également de droite à gauche et de gauche à droite, empreints d’un multiculturalisme de plus en plus présent. Les bonnes manières en vigueur il y a cinquante ans peuvent ressembler étonnamment à des mauvaises manières pour certaines jeunes générations. e Savez-vous que la plupart de ces codes, qui sont encore enseignés aujourd’hui, nous viennent du XIX siècle ? Moment de l’histoire que je n’a#ectionne pas particulièrement, surtout pour le sujet qui nous occupe. Quasi rien n’a été revu pour toutes ces femmes qui travaillent désormais ; on a l’impression qu’elles attendent toujours leur mari à la maison... et on continue à donner des cours sur ce qu’on appelle 2 archaïquement l’« étiquette » comme si elles ne travaillaient toujours pas. Ne pensez-vous pas que cela change les rôles dans de nombreux cas ? Elles sont aujourd’hui actives, responsables et autonomes, ce qui leur confère une position sociale très di#érente. Je ne revendique aucun mouvement sexiste ni dans un sens ni dans l’autre ; je m’e#orce simplement d’observer et d’équilibrer les choses, en tout cas dans mon domaine de compétence. Je souhaite à travers ces quelques pages vous montrer à quel point nous véhiculons toujours la poussière de la non mise à jour du comportement bienséant. On ne peut plus vraiment considérer une bienséance établie et référentielle, mais de nombreuses bienséances en fonction de l’âge, du sexe, du lieu, du pays et du milieu, etc. J’ai lu beaucoup d’écrits traitant de l’étiquette, des bonnes manières et du savoir-vivre, mais ils m’amènent à considérer, en comparaison à tout ce que l’évolution m’o#re d’analyser, qu’ils ne sont plus vraiment d’actualité.
La connaissance des règles encore utiles est importante, mais il est encore plus important à mes yeux de savoir intelligemment s’en éloigner quand c’est nécessaire. Celui qui ne les maîtrise pas fait n’importe quoi et cela se remarque vite. Cependant, celui qui les maîtrise est approprié partout et en toutes circonstances. Gentleman dans les milieux ranés, il est également à l’aise avec tous les autres, qui représentent l’immense majorité des habitants de nos pays. Pour cette immense majorité et également d’autres, je pense notamment à ceux qui restent persuadés d’appartenir à l’élite de notre société, la plupart du temps en contemplant le passé de leur famille et en oubliant de se réaliser eux-mêmes, j’ai décidé de vous proposer un manuel de l’étiquette contemporaine, ce qui, je pense, devrait faciliter et éclaircir le comportement en société, mettre à l’aise, et faire appel à votre propre sens de l’observation et à votre bon sens, votre application des règles avec mesure et élégance, dans le respect de vous-même avant tout et des autres que vous rencontrez. Nous vivons une époque dans laquelle la communication est plus présente et plus importante qu’il y a vingt ans, même si ce terme, je le concède volontiers, est très galvaudé et parfois, trop sans doute, hypocritement utilisé. Communiquer en société aujourd’hui, ce n’est pas montrer qui nous sommes ou ne sommes pas, c’est partager. Le partage dont il est question ici, c’est faire appel à votre connaissance de vous-même et de l’autre an d’utiliser intelligemment les codes adéquats, tant verbaux qu’écrits, gestuels, vestimentaires et d’image au sens large. Le ranement actuel, ce n’est plus être tiré à quatre épingles, comme on dit, en permanence et incarner une éducation bourgeoise, voire aristocratique, parfaite, c’est bien au contraire être vous-même et adapté aux circonstances. Ce n’est plus êtrepolissé, comme on nous l’a enseigné si longtemps, c’est savoir dire « non » clairement et avec fermeté. Répondre « non » par un sourire et un signe de la tête acquiesçant l’affirmation qui ne vous plaît pas est malsain, sauf si des circonstances supérieures le réclament. Ce que nous ne disons pas dérange beaucoup plus que ce que nous disons. Notre intuition semble plus e éveillée au XXI siècle. Même si elle est encore trop peu maîtrisée, nous ne pouvons continuer à évoluer comme si elle n’existait pas. Dans les pages qui suivent, je reprends en grande partie les conventions habituelles, tout en me permettant d’en actualiser, voire d’en supprimer, un certain nombre. Je ne nivelle en aucun cas les règles du savoir-vivre vers le bas. Bien au contraire, à travers un langage que j’espère et souhaite simple pour tous, j’essaye de leur rendre leur noblesse dans les circonstances où elles ont leur place. Je me base sur le savoir-vivre culturel occidental principalement francophone, en étant bien conscient que les frontières de sa pratique sont beaucoup plus larges aujourd’hui. J’essaye, tout en me nourrissant de nos racines européennes, d’y apporter une dimension plus universelle. Je m’occupe essentiellement de notre époque contemporaine. D’autres ont admirablement écrit sur la politesse, l’étiquette et la bienséance dans l’histoire et la philosophie. Je n’ai absolument pas la prétention de pouvoir faire mieux. Je propose ici simplement un livre clair, en langage direct et franc, qui décrit les choses telles qu’elles sont dans la réalité pratique et non dans la théorie quasi jamais remise à jour, même dans les dernières éditions de certains guides protocolaires et les services de protocole officiels de différentes institutions. Je me refuse à décrire les milieux sociaux par leurs di#érentes caractéristiques établies autrefois ; cela ne répond plus à leur évolution actuelle. Tout change ! Je me garde également bien de commenter ces changements, cela ne m’appartient pas. Je constate des milieux ranés et instruits, d’autres moins et encore d’autres pas du tout. Je me contente du rôle d’observateur et propose de mettre une expérience réelle au service de celles et ceux qui souhaitent s’élever vers une forme naturelle et intelligente d’humanisme de la e communication sociale dans le premier quart du XXI siècle. À travers la recette connaissance, observation, analyse, intelligence, action mesurée et juste, élégance et respect, je suis convaincu que nous pouvons trouver un bel équilibre pour communiquer.
Les salutations et les présentations
Quelques règles régissentla manrede saluer La première règle dit que c’est d’abord à l’homme de saluer la femme. C’est à la femme ensuite de tendre la main à l’homme ou non. La deuxième prend le dessus sur la première : c’est celle de l’âge. En eet, quel que soit le sexe, c’est la personne la plus jeune qui salue la plus âgée. Seule la plus âgée tend la main ou non. Il existe encore une troisième règle qui supplante les deux premières : celle de la hiérarchie. Donc, en principe, une dame plus âgée salue en premier un jeune député de quarante ans, par exemple. À son tour, celui-ci décide de lui proposer une poignée de main ou non. Cette trilogie est toujours en vigueur pour l’art des salutations. Toutefois, dans la réalité, les choses se passent très souvent diéremment. Les gens n’y pensent pas nécessairement, et cela se déroule de manière beaucoup plus naturelle et spontanée. Tant mieux, devrais-je dire, mais attention, il existe des circonstances dans lesquelles il est préférable de connaître ces principes afin de ne pas créer d’impair ou vous faire passer pour un pignouf. Je le répète plusieurs fois dans ce livre : lorsqu’on connaît les règles, on peut décider de les appliquer ou pas, avec mesure et discernement. Lorsqu’on ne connaît pas ces mêmes règles, on est souvent livré à de l’improvisation plutôt malheureuse.