Complètement foot
240 pages
Français

Complètement foot

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Description


Petites histoires de l'histoire du football






Le foot a ses adeptes... et ses détracteurs ! Réunissez un échantillon de bipèdes autour d'une table. Onze, au hasard. Alors que certains débattront pendant des heures des prochains transferts ou de la technique à employer pour gagner le prochain match, les convives allergiques aux subtilités du football s'endormiront généralement bien avant l'arrivée des macarons. Pour eux, le foot est un sujet de bas étage, impropre à la conversation.
Spécialiste des championnats de seconde zone, des équipes inconnues et des histoires farfelues, l'auteur de cet ouvrage a décidé de voler au secours des amoureux du foot tel un penalty douteux accordé dans les arrêts de jeu. Tirant le meilleur de son savoir-faire , il a déniché pour vous les histoires les plus incroyables, les joueurs les plus inattendus et les clubs les plus difficiles d'accès, le tout enrichi de nombreuses anecdotes drôles et décalées.
Dans ces pages, vous explorerez la jungle du foot tel un aventurier solitaire, vous découvrirez les matchs les plus fous et les méthodes les moins subtiles pour déstabiliser votre adversaire. Ces histoires rigoureusement documentées vous permettront de capter l'intérêt de tout votre auditoire, et même d'en devenir l'attraction, le véritable " puits sans fond " de culture et de connaissances historiques. Et tout ça, sans quitter un seul instant votre terrain de prédilection, votre pré carré, le rectangle vert !





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Informations

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Date de parution 30 août 2012
Nombre de lectures 56
EAN13 9782754043427
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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PIERRE-JULIEN PERA

Complètement
FOOT

Petites histoires de l’histoire du football

Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo

INTRODUCTION

Le foot a ses adeptes. Et ses détracteurs. Réunissez un échantillon de bipèdes autour d’une table. Onze, au hasard. Alors que certains débattront pendant des heures des prochains transferts ou de la technique à employer pour gagner le prochain match, les convives allergiques aux subtilités du football s’endormiront généralement bien avant l’arrivée des macarons. Pour eux, le foot est un sujet de bas étage, impropre à la conversation.

 

L’auteur du présent ouvrage dit « stop ». Spécialiste des championnats de seconde zone, des équipes inconnues et des histoires farfelues, il a décidé de voler au secours des amoureux du foot tel un penalty douteux accordé dans les arrêts de jeu. Tirant le meilleur de son savoir-faire, il a déniché pour vous les histoires les plus incroyables, les joueurs les plus inattendus et les clubs les plus difficiles d’accès, le tout enrichi de nombreuses anecdotes drôles et décalées.

 

Dans ces pages, vous explorerez la jungle du foot tel un aventurier solitaire, vous découvrirez les matchs les plus fous et les méthodes les moins subtiles pour déstabiliser votre adversaire. Ces histoires rigoureusement documentées vous permettront de capter l’intérêt de tout votre auditoire, et même d’en devenir l’attraction, le véritable « puits sans fond » de culture et de connaissances historiques. Et tout ça, sans quitter un seul instant votre terrain de prédilection, votre pré carré, le rectangle vert !

 

Un ouvrage d’érudition d’utilité publique qui permettra à chacun de connaître le football bien mieux que n’importe quel meneur de jeu titulaire. Tout ce qu’il faut pour briller dans les dîners en ville grâce au foot !

PREMIÈRE PARTIE

CES CLUBS UNIQUES

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Oubliez Manchester. Le Real ? Démodé… En fait, oubliez tout ce que vous avez déjà vu, les clubs que vous adulez ou détestez. Car ceux que vous allez découvrir dans les pages qui suivent n’en font pas partie. Ces clubs, ce sont ceux dont on se fout royalement. Inconnus du grand public, ils occupent pourtant une (petite) place à part dans la sphère footballistique et méritent leur (petit) quart d’heure de gloire warholien. Parce que leur histoire ou leur situation est unique. Et parce que Scorniceşti, c’est définitivement plus glamour que Barcelone.

Chapitre 1

SHEFFIELD FC, OU COMMENT L’ANGLETERRE A CRÉÉ LE FOOT

155 ans d’histoire. Abraham Lincoln n’était pas encore président des États-Unis que Sheffield jouait déjà au football. Fondé en 1857, le Sheffield FC joue son premier match officiel en 1860. La même année que le rattachement des comtés de Nice et de Savoie à une France dirigée par Napoléon III et le Second Empire. Aujourd’hui encore, le club du South Yorkshire vit une existence paisible, en Northern Premier League Division One South, le huitième niveau anglais. En étant, avec le Real Madrid, le seul club honoré, en 2004, du titre de Fifa Order of Merit pour sa contribution au développement du football.

 

Nathaniel Creswick et William Prest sont les pères de ce club de football. Ce dernier est fondé lors d’une réunion de ses joueurs de cricket, le 24 octobre 1857, dans un bâtiment de l’East Bank Road loué par le père de Frederick Ward, qui sera le premier président du club. Les premiers matchs opposent les membres du club entre eux : les hommes mariés contre les célibataires, sur un modèle ancestral de la soule dont les règles ont été mises au point par les dirigeants du club, les Sheffield rules. Le premier match officiel n’a lieu que trois années plus tard, contre le rival local nouvellement créé, le Hallam FC. Il s’agit là du premier match joué selon les règles conçues par les deux fondateurs du club, reconnu officiellement comme le tout premier match de football de l’histoire.

 

Le Sheffield FC joue encore un rôle prépondérant en 1863. Ses dirigeants font en effet partie des fondateurs de la FA, la fédération anglaise de football. Les choses changent alors rapidement dans le football anglais. Les dirigeants du Sheffield FC souhaitent préserver l’amateurisme prôné par les règles de courtoisie de l’époque. Ils s’opposent avec véhémence à l’introduction des salaires pour les joueurs et des indemnités de transfert. Préférant rester amateur, le club refuse alors de participer aux compétitions où évoluent des joueurs professionnels. Les dirigeants militent dans le même temps pour la création d’une compétition réservée aux amateurs. La FA Amators Cup est créée en 1893, et vivra jusqu’en 1974, année où la FA abolit officiellement le statut amateur. Cette compétition permet au Sheffield FC, mis à mal dès 1885 par le professionnalisme, de remporter l’unique trophée de son histoire, en 1904.

 

Le club poursuit depuis son existence amatrice. Malgré la fin officielle de ce statut, les joueurs du Sheffield FC continuent à jouer gratuitement. Aucun salaire ne leur est versé. La vie anonyme de ce club de 8e division n’est troublée qu’en de rares occasions : en 1957, lorsqu’il fête ses 100 ans en présence du duc d’Édimbourg. Ou en 2007, pour ses 150 ans et une cérémonie à laquelle participent Pelé et Sepp Blatter. Mais également en 1873, lors d’un match unique, parfaite illustration d’une époque héroïque, comme vous allez le voir.

 

Nous sommes le 12 avril. Le Sheffield FC rencontre les Shropshire Wanderers, amateurs également, au premier tour de FA Cup. Le jeu est serré et la partie se termine sur un score de parité, 0-0. Le match est donc rejoué. 17 novembre. Au cœur de l’hiver anglais, les deux formations se retrouvent pour un match tout aussi serré que le premier. Aucune d’entre elles ne parvient à marquer. Le score est une nouvelle fois vierge. Rien d’exceptionnel jusque-là. C’est la suite des événements qui rend ce match unique dans l’histoire de la plus ancienne compétition du monde.

 

Au coup de sifflet final de ce deuxième match, les capitaines rejoignent l’arbitre au centre du terrain. Leurs coéquipiers et l’ensemble des spectateurs ont les yeux rivés sur eux. Car c’est là que va se décider la qualification d’une des deux équipes. L’arbitre sort une pièce de sa poche. Pile ! Face ! La pièce vole et tombe dans l’herbe. Trois paires d’yeux la scrutent. Les autres attendent une réaction. L’arbitre récupère la pièce de monnaie et la remet dans sa poche, sert la main du capitaine de Sheffield en signe de félicitations puis celle de son homologue de Shropshire en signe de consolation. C’est ainsi que le Sheffield FC remporte le seul et unique match de FA Cup joué à pile ou face !

Le Sheffield FC parviendra en quart de finale de Cup, son meilleur résultat. Les Shropshire Wanderers atteindront la demi-finale dès la saison suivante, avant de disparaître quelques années plus tard. Les amateurs de Sheffield, eux, sont toujours là.

Les Anglais tirent les premiers

Le premier championnat d’Angleterre est organisé en 1888. Si le Sheffield FC en est absent, il regroupe néanmoins déjà 12 clubs différents, dont aucun londonien. Preston North End en sort champion et invaincu.

 

Sous impulsion anglaise, le football ne tarde pas à apparaître en France. Le Havre Athletic Club est ainsi fondé en 1872. Il s’agit du premier club français, mais également du premier club fondé en Europe continentale. Ses couleurs ciel et marine sont un hommage aux universités d’Oxford et de Cambridge.

 

Le premier championnat de France, lui, est organisé en 1894. Il regroupe cinq équipes parisiennes, en majorité composées de Britanniques basés dans la capitale : Neuilly, Asnières, le Club français, les White Rovers, finalistes, et le Standard AC, qui remporte le titre.

Chapitre 2

TROMSØ IL, OU COMMENT JOUER AU FOOT PAR - 40°C

C’est une petite curiosité. L’équipe de football professionnelle la plus au nord du monde. Tromsø compte environ 60 000 habitants. Plus grande ville du nord de la Norvège, c’est aussi le plus grand centre de pêche du pays. Et, à environ 500 kilomètres au-delà du cercle polaire, Tromsø dispose donc d’une équipe professionnelle.

 

Tromsø Turnforenings Fotballag est créé le 15 septembre 1920. Rebaptisé Tromsø Idrettslag (Tromsø IL) en 1930, le club monte lentement les échelons du football norvégien. Mais ce n’est que depuis une vingtaine d’années qu’il joue les premiers rôles dans le championnat national. Après des années d’ascenseur entre 2e et 3e division, Tromsø IL accède à la 1re division en 1985. La performance est de taille, puisqu’il est le troisième et dernier club du nord du pays à accéder à l’élite à ce jour.

 

Le club n’a jamais réussi à remporter le titre, ses meilleures performances restant une deuxième place en 1990 et en 2011. Il compte néanmoins deux Coupes de Norvège à son palmarès, remportées en 1986 et 1996. Des performances qui lui ont ouvert les portes des compétitions européennes. Le climat de Tromsø permet au club de remporter quelques matchs à domicile, mais la qualification lui échappe à l’extérieur. Le meilleur exemple est une victoire 3-2 contre Chelsea au deuxième tour de la Coupe des coupes 1996-1997 (sous une tempête de neige) avant une défaite 7-1 à Stamford Bridge au match retour. Au final, la meilleure performance de Tromsø IL est la participation à la phase de groupes de Coupe UEFA en 2005, après avoir éliminé Galatasaray au premier tour.

 

Si un club a pu se développer à un tel endroit, c’est d’abord parce que le climat n’est en fait pas aussi terrible que l’on pourrait imaginer. Grâce aux courants du Gulf Stream, la température moyenne ne dépasse guère les – 10 °C à Tromsø, la principale ville du nord du pays. Grande ville étudiante, elle accueille également des chercheurs du monde entier, venus étudier l’océanographie, la climatologie ou les aurores boréales. Son développement l’a poussée à s’étaler sur le continent, au-delà de son île d’origine. Mais malgré le dynamisme de la ville, le développement du club plafonne. En effet, difficile de convaincre des joueurs internationaux, norvégiens ou étrangers, de rejoindre la région. Devant ce problème, le club rate sa saison en 2001 et est rétrogradé. Il retrouve l’élite dès la saison suivante, mais il reste difficile de grandir. Il faudra près d’une décennie pour retrouver une place en haut de l’élite.

Étoiles du nord

Les joueurs les plus connus ayant évolué à Tromsø IL sont Tore André Flo (18 buts en 26 matchs en 1995), qui honore sa première sélection en équipe nationale de Norvège durant son passage au club, Morten Gamst Pedersen (2000-2004), formé au club, Sigurd Rushfeldt, formé au club et qui a décidé d’y revenir en 2006 après un grand tour d’Europe, et le gardien international canadien Lars Hirschfeld, qui y est passé en 2005.

Hey coach, c’est encore loin ?

Tromsø est une ville isolée en Norvège. À chaque déplacement, l’équipe doit parcourir plus d’un millier de kilomètres, soit pas moins de dix-sept heures de voiture. De longs déplacements qui ne sont cependant rien à côté de ceux du club professionnel le plus à l’est de l’Europe, qui se trouve à… Vladivostok ! Le FC Luch-Energiya Vladivostok, qui oscille entre la 1re et la 2e division russe, est ainsi affilié à l’UEFA bien qu’il se trouve à plus de 10 000 kilomètres de Moscou, où il faut aller jouer quasiment tous les quinze jours.

Chapitre 3

FC OLT SCORNICESTI, OU COMMENT UN PETIT VILLAGE D’IRRÉDUCTIBLES JOUEURS A DÉFIÉ LA CAPITALE

Scorniceşti, 12 500 habitants au milieu des champs du sud de la Roumanie. Autrefois village paisible, Scorniceşti a acquis une renommée mondiale : c’est la ville de naissance de Nicolae Ceauşescu. Pas étonnant alors que son club de foot, le FC Olt Scorniceşti, ait une histoire unique. Malgré une existence plutôt courte (1972-1990), ce club a eu le temps de vivre une ascension fulgurante et de voir certains des plus grands joueurs roumains porter ses couleurs.

 

Fondé en 1972 sous le nom de Viitorul Scorniceşti (« Avenir Scorniceşti »), le club prend son nom définitif dès la saison suivante. Cinq ans plus tard, le FC Olt Scorniceşti réussit sa première promotion. Le club passe en Divizia C, puis en B (le deuxième échelon national) dès la saison suivante, après un match remporté 18-0, lors de la dernière journée, face à l’Electrodul Slatina. On compte 18 buts d’écart, juste ce qu’il fallait pour passer devant son adversaire du jour au classement…

 

Le FC Olt Scorniceşti ne reste qu’une saison en Divizia B, avec le titre de champion à l’issue de cette saison 1978-1979. En accédant à l’élite, Scorniceşti devient la seule ville rurale ayant un club à ce niveau sur le plan national. Le soutien présidentiel n’y est évidemment pas pour rien, et les ressentiments se font rapidement sentir. Lors des matchs disputés à Bucarest, par exemple, où le public en profite pour injurier les Ceauşescu et traiter les joueurs de paysans.

 

La ville compte alors 6 000 habitants, et Ceauşescu compte en faire son laboratoire. Elle sera une des premières, dans les années 1980, à être entièrement reconstruite. Les maisons traditionnelles laissent alors la place aux blocs de quatre étages. La Systématisation est en marche. Les villages sont rasés et la population déplacée et entassée dans les nouveaux « centres agro-industriels », tels que Scorniceşti. Toute la Roumanie rurale subira alors cet outrage imaginé par le Conducător pour faire entrer le pays dans son « âge d’or agricole et industriel ». Ion Anghel est arrivé avant ces transformations : « Quand je suis venu à Scorniceşti pour la première fois, je suis resté deux heures à l’intersection précédant l’entrée de la ville. Aucune voiture n’est passée ! Il n’y en avait que deux dans tout le village. » Le bar situé à proximité du stade est l’unique distraction. Ce qui n’empêche pas le club d’attirer quelques-uns des meilleurs joueurs du pays. Des joueurs qui avouent facilement venir pour l’argent et non pour l’amour de la ville ou du maillot.

 

Les années 1980 sont en effet légèrement plus faciles à vivre pour les habitants de Scorniceşti. On y trouve alors tout ce dont la population manque : œufs, lait, viande, chocolat, et même du Pepsi, une boisson pourtant interdite par les autorités communistes ! Et les joueurs du club bénéficient évidemment de traitements de faveur.

 

Le président de la République socialiste ne prend pourtant pas une grande part décisionnaire dans la vie du club, dont il a légué la gestion à la famille d’un de ses beaux-frères. Nicolae Ceauşescu n’est ainsi pas au courant de la construction du nouveau stade, qui lui est cachée lors de ses visites. Les rares fois où il s’immisce dans la vie du club, ce n’est en fait pas pour son bien. Il se raconte en effet qu’après les deux promotions en Divizia C puis B en 1977 et 1978, Ceauşescu ne souhaite pas une troisième promotion en trois ans, par superstition. Chaque promotion avait coïncidé avec la mort d’un membre de sa famille ! Le club montera tout de même en première division en 1979, sans que la superstition se vérifie.

 

Plus sérieusement, si le club n’a jamais fait mieux qu’une quatrième place en championnat, c’est que le dictateur en avait fermement décidé ainsi. L’ancien entraîneur de l’équipe l’affirme : alors en poste, il a pour objectif d’être bien classé, mais de ne pas se qualifier pour une Coupe d’Europe, pour ne pas entraver les grands clubs nationaux. La première saison du FC Olt Scorniceşti en Divizia A se termine ainsi comme la précédente : par un match truqué. Mais cette fois-ci, contrairement au 18-0 qui a permis sa montée, ce n’est pas à son profit. Menacés par des représentants locaux de l’armée, ses joueurs acceptent de perdre très largement leur rencontre pour assurer le maintien de l’équipe locale.

 

Dans la Roumanie post-Systématisation imaginée par Nicolae Ceauşescu, Scorniceşti ressemble aujourd’hui à beaucoup d’autres villes rurales. Seul signe distinctif : son stade. Bien installé en première moitié de tableau depuis son accession à la 1re division, le club décide en 1985 de l’édification d’une monumentale arène. Le stade Viitorul (« Avenir ») a en effet la particularité de pouvoir accueillir 25 000 personnes – soit quatre fois le nombre d’habitants du village ! – et de bénéficier d’équipements surpassant ceux des grands clubs de la capitale. Mais ce qui marque le plus, ce sont les dimensions du terrain : 120 mètres de long pour 90 de large !

 

Il ne reste aujourd’hui plus grand-chose de l’ancienne splendeur de l’arène. La route d’accès oblige à zigzaguer pour éviter les nids-de-poule et le parking est boueux. Quant au stade, personne ne s’en est occupé depuis des années. La peinture a disparu des murs, les lumières ne fonctionnent plus, des débris de murs et de plafonds jonchent les sols, les chambres de l’étage, réservées aux joueurs, sont occupées par des personnes sans domicile fixe, et l’entrée sur le terrain se fait par une salle qui était à l’origine… le bar !

 

Les anciens racontent qu’à l’été 1982, alors que les hommes travaillent dans les champs, une centaine de personnes viennent assister à un match de championnat. Installés à l’ombre de la tribune couverte, ils sont tous déplacés au centre de la tribune présidentielle, sous un soleil de plomb, lors de la mi-temps. Il s’avère en réalité que, désireux de regarder le match depuis Bucarest, Ceauşescu a fait dépêcher sur place une équipe de télévision. Celle-ci, voulant donner une bonne image, a alors fait bouger tous les spectateurs dans la tribune se trouvant face aux caméras pour que le dirigeant pense qu’il y avait du monde au match !

 

Impossible aujourd’hui de faire illusion. Personne ne vient voir les matchs du FC Olt. Rétrogradé en 1990 en 3e division par le gouvernement postcommuniste, le club lutte aujourd’hui dans le ventre mou de la 4e division, avec une équipe majoritairement composée de jeunes du coin. À ce niveau, régional, le club n’intéresse plus les sponsors, qui partent les uns après les autres. Sans revenu, le FC Olt n’est plus en mesure de maintenir ses infrastructures en état. Et le grand stade délabré sonne désespérément creux, l’équipe actuelle évoluant devant 70 spectateurs en moyenne. Un point noir dans l’immensité grise de ce stade vide. Loin de l’élite, le club se débat aujourd’hui pour survivre. Avec son histoire chargée et une image toujours lourde à porter.

Small is beautiful

Si le FC Olt a échoué dans sa quête de titre, un autre « village » roumain est passé à la postérité. Lorsque l’Unirea Urziceni devient champion de Roumanie en 2009, la ville d’Urziceni ne compte en effet que 17 000 habitants !

 

Un village champion de France, voilà qui paraît insensé. Et pourtant, la commune de Sochaux, dont le club a été champion de France professionnel en 1935 et 1938, compte moins de 5 000 habitants ! De même, lorsque le FC Sète devient champion de France en 1934 et 1939, la ville de Sète ne compte que 37 000 habitants.

images« Je suis très ému d’aller aux États-Unis. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut aller jouer en Europe. »

Franck Lobos

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IBIS SPORT CLUB, OU COMMENT TOUT PERDRE ET EN ÊTRE FIER