Grands portés de pas de deux
144 pages
Français

Grands portés de pas de deux

-

Description

L'ouvrage Grands portés de pas de deux apporte un complément d'étude de cette technique à la plupart des danseurs en fin de formation professionnelle ou débutants dans le métier, voire aux amateurs avancés. Son objectif est de transmettre les conseils didactiques de l'auteur ou de rappeler des règles fondamentales qui auraient pu échapper aux danseurs ayant déjà quelques années d'expérience. Les patineurs artistiques, les danseurs acrobatiques en duo et les sportifs pratiquant le surf tandem trouveront beaucoup de similitudes avec la discipline exposée ici pour les danseurs. La beauté et l'originalité des clichés, qui mettent en évidence quelques mouvements clés rarement perceptibles par le public lorsque les portés sont exécutés avec virtuosité, font de ce guide pédagogique un livre unique et un bel ouvrage artistique de collection. Le précédent ouvrage de Gilbert Serres, Le pas de deux, Les portés, Manuel d'apprentissage, destiné aux apprentis danseurs de douze à dix-huit ans et à leurs professeurs, a suscité un très grand intérêt à travers le monde, tant auprès des professionnels que des amateurs. Cet impact positif a conforté l'auteur dans sa démarche pédagogique, qu'il poursuit donc avec ce deuxième volet sur les grands portés de pas de deux.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2006
Nombre de lectures 21
EAN13 9782364030091
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

n période d’apprentissagedu jeune danseur, parce que certains E portés sont trop complexes et contraignants, ils ne sont pas en principe inscrits au programme, du moins ils ne devraient pas en faire partie. Dans les compagnies de ballet lors des reprises ou créations, qu’elles soient du répertoire classique ou du répertoire contemporain, la plupart des chorégraphes n’ont ni le temps ni les connaissances suffisantes pour enseigner judicieusement à leurs interprètes comment réussir sans risque certains portés. Ils s’atten dent à tort ou à raison à ce qu’ils les connaissent ou, du moins, les maîtrisent et qu’ils puissent les exécuter sans problème. Hélas, ce Introduction n’est pas toujours le cas ; la majorité des stagiaires débutants dans le métier doit souvent apprendre sur le terrain « à l’aveuglette ». C’est malheureusement une des causes de divers petits traumatismes, de fréquentes blessures ou, pire, d’accidents irréversibles qui affectent principalement le rachis des danseurs en début de carrière et en anéantissent tout espoir. Nous espérons qu’avec l’aide de ce guide le jeune danseur formé physiquement et psychiquement pourra parfaire judicieusement ses connaissances et approfondir les règles fondamentales de la technique des portés qu’il sera probablement un jour ou l’autre amené à pratiquer et peutêtre à transmettre.
Sans vouloir faire l’apologie de ma didactique, mais afin d’avoir une continuité, il est souhaitable que le lecteur ait auparavant pris connaissance de l’ouvrageLe pas de deux. Les portés; il obtiendra ainsi une meilleure optique et assimilera plus aisément la méthode de la discipline ici présentée. On peut donc considérer cet ouvrage comme le prolongement de mon essai sur l’apprentissage du pas de deux. Il ne sert pas unique ment à accompagner les danseurs dans leurs analyses sensorielles et les aider à visualiser la dynamique des quelques portés ici sélec tionnés mais il s’adresse aussi au public désireux d’en savoir plus sur ces figures acrobatiques réalisées en un tournemain qui le fascinent souvent. Ainsi « décodées », il pourra peutêtre mieux les apprécier et se rendre compte qu’il y a derrière ces envols gracieux beaucoup de préparation, certaines conditions pour les réussir et autant de risques pour les danseurs. Cependant, nous avons dû faire un choix car les approches de quelques portés basiques du répertoire, leurs principes, règles et variantes sont considérables. Mais les données et conseils pour le porteur et la partenaire peuvent servir à d’autres figures, quel que soit leur style de danse.
En principe, si les deux danseurs ont acquis un bon apprentissage individuel, le couple ne devrait pas avoir de difficulté à saisir ces
7
8
directives, directives dont certaines relèvent du mécanisme physio logique ou de la proprioception instinctive, d’autres d’une partie de l’analyse de la cinématique que j’ai essayé de transcrire et de globaliser. Les danseurs peuvent aussi trouver d’autres chemins qui s’adaptent à leurs physiques, à leurs capacités et au style de la chorégraphie. Tout est question de biomécanique, de réceptivité individuelle et interindividuelle, par conséquent de coordination, de symbiose et d’alchimie entre le porteur et sa partenaire. Mais si l’on veut judicieusement pratiquer ou enseigner les grands portés, il est préférable que la partenaire soit plus petite et plus légère que le porteur.
Afin de faciliter la lecture et d’apporter une aide à l’analyse person nelle de la cinématique, nous avons illustré les principales phases du porté, à savoir : l’élan, l’appel, l’ascension, le pic d’ascension, le verrouillage, la descente et la réception dans les bras du porteur ou au sol. Parce qu’essentielles, les diverses préhensions sont reprises en détail. Les clichés ne sont que séquentiels, voire intermédiaires entre le début et la fin de la figure. Pour des raisons d’esthétique, quelques uns sont volontairement absents parce que, saisie sur une photo lors de la dynamique, la ligne d’un danseur pendant l’enchaînement des mouvements n’est jamais parfaite dans son intégralité. Après chaque porté sélectionné, certains moments clefs pour la réali sation de quelques variantes sont analysés. Enfin, nous avons laissé la place à l’inconnu et essayé d’inciter à la recherche.
Hormis la beauté et l’originalité des clichés qui mettent en évidence quelques mouvements rarement perceptibles par le public lorsque ces figures sont exécutées avec virtuosité, cet ouvrage sert surtout à transmettre quelques conseils et informations qui auraient pu échapper aux étudiants en fin d’apprentissage, aux débutants dans le métier ou aux danseurs ayant déjà quelques années d’expérience de la scène mais novices dans le pas de deux. Ce guide peut égale ment servir de « repère » pour l’étude de certains portés employés dans le patinage artistique, la danse acrobatique en duo et, pourquoi pas, contribuer à l’approche des figures acrobatiques du récent sport artistique en voie de développement, le surf tandem.
On peut être guidé, secondé pour développer son sens de la cinéma tique, retrouver certains mouvements oubliés, en découvrir d’autres, être mis en garde afin d’éviter des erreurs et prendre en considéra tion quelques conseils, tels sont les buts de cet ouvrage. Mais il ne faut surtout pas s’imaginer qu’en examinant des écrits ou essais sur ce sujet on deviendra un bon professeur de pas de deux, une excel lente partenaire ou un porteur exceptionnel. On n’apprend certes pas la pratique des portés avec un livre parce qu’il y a encore bien d’autres exigences que celles proposées dans ces guides et autres facteurs spécifiques pour chaque discipline citée. Gilbert Serres
a dénominationde certains portés existe déjà depuis plusieurs L décennies, d’autres portent des noms différents que ceux employés dans le présent ouvrage. Les quelques portés déjà pratica bles par les sportifs ont aussi d’autres appellations. J’ai pris la liberté de baptiser allégoriquement ceux qui, à ma connaissance, comme le lasso, le saut de carpe, la pose Récamier, le flambeau, la chaise, le tonneau, le compas, n’avaient pas de nom précis. Mais l’essentiel n’estil pas de parler le même langage avec ses interprètes ?
Grands portés de base
Portés verrouillés à bout de bras possibilités de déplacements
De face, de profil, de dos (par rapport au porteur), en attitude, en arabesque, à la seconde, en cambré, en poisson, en position assise, etc. Initialement exécutés sur place, dès que le verrouillage de ces portés est assuré, le porteur peut se déplacer antérieurement, postérieu rement, latéralement ou en cercle. Cependant, certains portés ne des grands portés présentéasux se font que très rarement, sinon jamais, en déplacements latér parce qu’ils pourraient non seulement devenir périlleux mais aussi briser l’esthétique de la figure.
Trois exemples La chaise (ou le tabouret) : la partenaire est assise (les deux jambes repliées) sur les deux mains du porteur. Parce qu’il est lourd et diffi cile de maintenir le centre de gravité pendant la marche antérieure, ce porté peut être très contraignant pour le dos du porteur. Les déplacements latéraux ne se font pratiquement jamais, le déplace ment postérieur est rare, la rotation sur place, le trajet en arc de cercle ou en ellipse sont hasardeux. ClassiLacposaeticaomienr :, sounlevoée dm’aboerdnenc1laraabtesquuer àebouet dtedescription re bras, la partenaire s’allonge horizontalement au pic d’ascension, les deux jambes réunies ou une jambe en retiré. Un déplacement antérieur, un petit déplacement postérieur ou un léger déplace ment latéral sont possibles mais toutefois déconseillés si ce dernier déplacement se fait sur une grande distance. La rotation sur place, le trajet en arc de cercle ou en ellipse sont couramment prati qués.
9
10
e position : Penché latéral en 2 la partenaire a une jambe à la seconde et se penche du côté opposé. Ce porté est souvent instan tané car les déplacements antérieurs, postérieurs ou latéraux sont très limités ; le temps du verrouillage, ils sont réduits à deux petits pas. La réception au sol est souvent sur les pieds joints de la parte naire et toujours les pieds à plat.
Portés verrouillés sur une main possibilités de déplacements
Deux exemples Le flambeau : en retiré parallèle, ce porté peut également servir de base pour d’autres poses ouvertes ou croisées selon l’orientation du porteur par rapport au public, c’estàdire : développé attitude ou battement devant, petite attitude ou petite arabesque derrière. Le passage de la jambe pour la transition de ces différentes positions peut aussi se faire avec un rond de jambe. Parce qu’il est assez difficile à stabiliser et qu’il peut être inesthétique selon le costume de la partenaire, on ne verra ce porté que très rarement avec la jambe à la seconde face au public. Le déplacement antérieur est fréquent, le déplacement postérieur et la rotation sont possibles mais plus lents, le déplacement latéral est déconseillé pour les mêmes raisons que pour la chaise. : la partenaire est en cambré renversé vers leCambré simple porteur. Une jambe est en retiré, en attitude devant ou en attitude derrière, les jambes repliées en attitude, une jambe en développé devant ou en grand écart renversé. Toutes ces poses croisées ou ouvertes dépendent de l’orientation du porteur et de la jambe de la partenaire par rapport au public. Le déplacement antérieur est plus aisé que le déplacement posté rieur mais il n’est pas très esthétique s’il se fait face au public. Pour ce porté aussi, en plus des raisons évoquées, le déplacement latéral est non seulement déconseillé mais visuellement il n’apporte aucun intérêt supplémentaire pour le public. La marche antérieure lente ou rapide, les déplacements postérieur, en diagonale, de profil par rapport au public et en cercle sont habituels parce qu’ils sont les plus esthétiques et les plus aisés.
Portés avec giration complète et lancés en demi cercle ou en ellipse audessus du porteur sans déplacements, ou avec un léger déplacement antérieur
Grâce à l’utilisation de la force centrifuge, le porteur peut augmenter son potentiel pour élever la partenaire. Il demeure sur place pour la faire virevolter autour ou audessus de lui.
Deux exemples sans déplacement : assemblé à la seconde et en dedans. Pendant le saut, laLe lasso partenaire tournoie autour du porteur. Le croisement et le décroi sement des bras avec rapidité est une des clefs pour réussir ce porté. Le porteur demeure en principe sur place ; malgré tout, si nécessaire, un léger déplacement latéral est conseillé lors de la descente ou pour la réception au sol de la partenaire afin d’aérer la figure finale. Demitour en l’air en dedans à la seconde (le compas) : le porteur demeure impérativement sur place sauf, il va sans dire, s’il a un doute concernant la sécurité d’une bonne réception. Il élève et lance la partenaire audessus de lui. La partenaire fait un demitour en l’air en dedans avec la jambe à la seconde comme lorsqu’elle l’exécute au sol ; sa jambe à la seconde passe par conséquent au dessus de la tête du porteur. Parce que peutêtre plus difficile ou illogique, en tenant compte de la préparation, le tour en l’air en dehors dans la même position ne se pratique jamais. Un demitour en l’air en dehors pourrait à la rigueur être fait du moment où la partenaire se trouve déjà face au porteur en position verrouillée (la jambe à la seconde), mais nous n’y voyons aucun intérêt, cela relève plutôt de l’acrobatie.
Exemple avec déplacement antérieur Grand jeté en tournant (entrelacé) : la partenaire est droite ou en léger penché face au porteur, une jambe est placée en attitude derrière, en arabesque ou en retiré au jarret. Plusieurs possibi lités sont offertes au porteur. Il pivote le porté sur place ou bien se déplace en arc de cercle à divers degrés (quart de tour, tiers, demi, trois quarts ou tour complet) et dépose la partenaire proche ou plus loin que son point d’appel. Lorsque le verrouillage au pic d’ascension sur une ou deux mains est assuré (après le demitour), seul le dépla cement antérieur dans la direction de l’envol de l’entrelacé (grand jeté en tournant) est logique.