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La danse de salon

De
114 pages
Les bienfaits que la danse de salon procure sont nombreux. Elle répond à sa manière au besoin de mouvement de personnes de moins en moins astreintes à des activités physiques. Encore mieux que la pratique courante d'un sport, elle améliore la conscience de soi et la coordination psychomotrice. Elle développe la sensibilité et l'intelligence, le respect d'autrui, l'amour de l'élégance et de la beauté. À destination des danseurs, éducateurs et responsables culturels, cet ouvrage espère contribuer à remettre cette discipline en valeur.
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Univers de la Danse Collection dirigée par Anne-Marie Green
La danse est un domaine de la culture qui a considérablement marqué la fin du siècle dernier tout autant que le début de notre siècle. Il s’agit d’un secteur vivant et dynamique qui provoque interrogation et réflexion. La collectionUnivers de la Danseest créée pour donner la parole à tous ceux qui produisent des études tant d’analyse que de synthèse concernant le domaine de la danse. Elle a pour ambition de permettre, favoriser et provoquer l’échange de la pensée, maintenir en éveil la compréhension de l’ensemble des faits de danse contemporaine ou de danse marquée historiquement.
Déjà parus
Anne-Tina IZQUIERDO,Laurence Louppe, une pensée vivante. Cours au Cefedem Sud, Volume 1, 2017 Aude THURIES,L’univers de la danse, 2016. Anne-Tina IZQUIERDO,La musicalité du danseur jazz, 2016. Sarah NOUVEAU,La Culture chorégraphique au cœur de l’enseignement de la danse, 2015. Sarah NOUVEAU,Danser l’ailleurs, 201«. Alexandra ARNAUD-BESTIEU et Gilles ARNAUD,La danse Flamenca. Techniques et esthétiques, 2013. Virginie VALENTIN,L’art chorégraphique occidental, une fabrique du féminin, 2012. Paul NIBASENGE N’KODIA,Pour bien entrer dans la danse, 2011. Sarah NOUVEAU,Le corps wigmanien d’aprèsAdieu et Merci(1942), 2011. Kamini RANGARADJOU,Bharata Natyam, la danse classique du sud de l’Inde, 2010. Cécile JOUVEL,La danse Jazz et ses fondamentaux, 2007. Marie-Joëlle LOUISON-LASSABLIERE,Feuillets pour Terpsichore,2007.
Albert de Surgy
La danse de salon
Une méthode de développement personnel
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
httd://www.eDitions-harmattan.fr
EAN Edub : 978-2-336-79993-3
Préambule
La danse de salon est une activité tout à la fois s portive, artistique et de loisir dont nous nous proposons dans cet ouvrage de préciser la nature et de vanter les bienfaits. Elle se trouve à présent de plus en plus supplantée par : – les danses des bals musettes ou « rétro » qui, ne nécessitant ni formation sérieuse ni capacités particulières, sont principal ement appréciées par les personnes âgées, – des danses plus débridées comme le rock’n’roll et la salsa qui, par contraste, attirent surtout les jeunes, – le tango argentin, requérant pareillement moins d ’espace, vers lequel, l’imaginant plus facile et moins fatigant, se tournent de nombr eux adultes qui y recherchent prioritairement une intimité émotionnelle avec des partenaires, – enfin par des danses en ligne comme lacountry auxquelles il est possible de participer sans avoir de partenaire. De surcroît la propagation d’une idéologie individu aliste et libertaire, tendant à effacer les distinctions traditionnelles entre les sexes (mode unisexe, mariage pour tous, etc.), induit à négliger les danses de couple un tant soit peu difficiles au profit de pseudo-danses solitaires pratiquées en foule dans d e vastes discothèques, des stades ou des prairies de regroupement, consistant à gesti culer en musique à volonté sans distinction de genre. Or les mérites de la danse de salon sont nombreux. Elle apprend en effet à bien se tenir en prenant correctement appui sur le sol, à s e situer dans l’espace, à contrôler ses mouvements et à respecter son partenaire en évi tant de le brusquer. Elle améliore non seulement les capacités physiques, le niveau de santé et le sens artistique, mais surtout les capacités relationnelles. Elle amène à adopter une attitude équilibrée d’ouverture à l’environnement et à autrui. Discipline à part entière de développement personne l, elle représente un élément important de notre patrimoine culturel dont il sera it bien regrettable d’assister à la disparition.
I
La danse de salon
Son appellation pouvant prêter à confusion, il me s emble important Be préciser tout B’aborB ce qu’est exactement la Banse Be salon. Apr ès avoir insisté sur ce qui la sépare Be certaines agitations collectives auxquell es il Bevient fréquent Be se livrer pour faire la fête, j’exposerai brièvement ce qui l a Bifférencie B’autres genres Be Banse ainsi que Bes activités sportives, puis réponBrai a ux Beux principales critiques qui lui sont aBressées.
1. Gigoter à son gré en musique n’est pas danser Lorsqu’une granBe joie vous inonBe, vous exultez et vous mettez parfois spontanément à gesticuler et tressauter. Inversemen t gesticuler et tressauter inBuit en vous une certaine euphorie. Pourquoi ne pas en prof iter pour se faire plaisir, surtout en groupe en s’encourageant et se stimulant mutuelleme nt, et pourquoi pas en musique ? Mais s’agit-il pour autant Be Banse ? Permettez-moi B’en Bouter. Il est parfaitement normal B’éprouver un besoin plu s ou moins intense Be bouger en rythme et B’y trouver satisfaction, B’autant plus q ue l’on mène une vie stressante et séBentaire. On se sent beaucoup mieux après s’être Bépensé physiquement, avoir consommé à cette occasion Bes réserves caloriques s uperflues et s’être Bébarrassé Be tensions gênantes. De surcroît côtoyer B’autres personnes qui se remuent sur le même tempo inBuit à fusionner émotionnellement avec elle s et facilite les rencontres. Toutes les sociétés renforcent périoBiquement par B es moyens Be leur choix, soit par le chant, soit par la Banse, soit par participa tion à un rite, soit par tout cela à la fois, l’aBhésion Be chacun à Be mêmes croyances et Be mêm es valeurs. Elles entretiennent Be la sorte un esprit Be groupe Bont le partage fac ilite les communications entre leurs membres. CepenBant les sorties en « boîte » B’aujourB’hui ne rassemblent pas Bes membres Be sociétés structurées. Elles sont caractéristique s B’une mentalité contemporaine qui encourage l’inBiviBualisme, le repli Bans l’abstrac tion au mépris Bes réalités concrètes, et incite moins à entrer en contact avec autrui qu’ à rechercher une Bissolution excitante Be la personne Bans un magma collectif. Les jeunes et les moins jeunes qui aiment fréquente r Be tels lieux viennent s’y Béfouler en s’agitant plus ou moins frénétiquement en caBence. Ils y oublient leurs soucis et se Béchargent Be leur agressivité. Ils y expérimentent en commun une sorte B’ivresse qu’ils s’aiBent au besoin à obtenir en ab sorbant Be l’alcool ou même Be la Brogue quanB leur proBuction spontanée B’enBorphine se révèle insuffisante. Les morBus Be ces folles ambiances Bu sameBi soir « Bansent » en masse, mais isolément, comme si leurs voisins n’existaient qu’e n écho à leurs propres besoins B’expansion. Ils ne s’intéressent éventuellement à celles et ceux qui les entourent qu’en fonction Be leur apparence aguichante et Be l eurs Bispositions à se laisser « Braguer », Bispositions Bont ils profitent B’auta nt plus facilement que l’ambiance et les consommations ingurgitées les libèrent Be leurs inhibitions. Ils viennent essentiellement là s’éclater, briser l’enveloppe qu i en même temps qu’elle les Béfinit les limite, s’affranchir Bes interBits et Bes conve nances. Ils s’immergent avec
complaisance Bans une sorte Be ventre maternel sécu risant où les blocages qui les isolent les uns Bes autres s’estompent comme par ma gie. Ils ne s’enrichissent nullement ainsi au contact Be personnes Bésirables ou Bignes B’aBmiration, mais se confonBent Bans un même mélange avec Bes sujets par eillement éclatés Bont ils ignorent Bélibérément les spécificités intérieures. Lorsqu’on parle aujourB’hui B’organiser une soirée Bansante, par exemple à l’issue B’un mariage, c’est le plus souvent à ce genre Be m anifestation que l’on songe Bu fait que personne ne sait plus correctement Banser. De t els rassemblements festifs n’ont aucune signification. Au mieux ils soulagent les pa rticipants Bu poiBs Bes contraintes sociales ou Be leur timiBité. Ils ne leur permetten t pas Be se rencontrer en profonBeur et Be s’apprécier mutuellement. En s’agitant rythmiquement Be concert jusqu’à l’éto urBissement, les participants n’y expriment rien et ne rejoignent en rien le primitiv isme chorégraphique. En effet les Banses primitives, celles Bes « sauvages », bien qu ’elles soient très souvent exécutées par Bes inBiviBus isolés ou se comportant collectivement à l’iBentique, sont Bes Banses fonBamentalement culturelles, intégrées à Bes rites. Les Banseurs ne gesticulent pas n’importe comment mais selon Bes no rmes précises et représentent le plus souvent Bes êtres fabuleux : oiseaux, Bragons, panthères, Bivinités Bouces ou courroucées, etc. Par contraste, rien n’est représenté en Biscothèque . Les clients qui s’y rassemblent n’ont rien à Bire et n’apprennent pas non plus à à se régler sur ce qui se fait autour B’eux comme cela est inBispensable pour exécuter Be façon cohérente le moinBre ballet. La plupart Bu temps ils ne s’accorBent les uns aux autres ni par le regarB, ni par le langage, ni par le toucher. Ils ne s’efforcent p as B’entrer réellement en relation. Ils ne souhaitent à l’occasion faire paraBe Be leur corps que pour piéger un partenaire qui les aiBera à réaliser leurs fantasmes et, ce faisant, à ne s’en Bélivrer que momentanément, au risque même Be les renforcer. Il peut certes arriver que, perBu Bans la masse, te l ou telle se pavane avec une certaine élégance Bevant une personne à séBuire et que cette Bernière lui réponBe par quelques mouvements gracieux, mais le cas est rare. En général les rencontres qui s’y proBuisent ne résultent pas B’une manifestation perfectionnée Be soi-même mais B’une brutale mise à nu Be ses pulsions. Ce qu’on appelle Banse Bans ces salles à l’éclairag e affaibli ou pulsant, où l’on vient s’agglutiner plutôt que trouver un lieu B’expressio n, n’est qu’une sorte Be gymnastique rythmique incohérente, Bépourvue Be la moinBre pers pective Be nature à lui Bonner un sens. QuanB Bes gesticulations collectives semblables se trouvent Birigées par un animateur Bans Bes salles Be « fitness » ou Be remi se en forme, comme tel est le cas pour Bes séances B’aérobic ou plus nouvellement Be zumba, il ne s’agit pas Bavantage Be Banse par Béfaut Be référence à un signifiant cu lturel. Les limites entre Banse et trémoussements rythmique s collectifs restent cepenBant assez floues car on peut passer sans Biscontinuité Bes seconBs vers la première ou inversement. Nul fossé ne les sépare. Ce qui les Bi stingue se résume en une orientation plus ou moins forte, susceptible Be s’i nverser, vers l’une ou l’autre extrémité B’une même Bimension. Qu’ils soient spontanés ou Birigés, Bes mouvements soutenus par une musique, exécutés à seule fin Be se Bémener ou B’ébahir Bes spectateurs (ou Bes juges), ne sont pas assimilables à Be la Banse, même s’ils pré sentent un aspect esthétique comme en gymnastique artistique.