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Le transport maritime dans l’archipel guadeloupéen depuis 1930

De
476 pages

Cet ouvrage est le résultat d’une étude sur les transports maritimes, les armateurs et entreprises d’armement, leurs navires et leurs équipages dans l’archipel guadeloupéen. Au cours d’une enquête pointilleuse, l’auteur a dépouillé les archives locales de presque tout le siècle écoulé, notamment celles des Affaires maritimes. Il a également recueilli les souvenirs de nombreux professionnels.

C’est non seulement une contribution au patrimoine maritime local, mais aussi une référence et un outil pour les professionnels du secteur, dans un contexte où la Guadeloupe doit faire face à des évolutions mondiales qui lui échappent totalement : mondialisation galopante, concurrence exacerbée, effets d’une crise permanente d’adaptation.
Dans la grande région caraïbe, les économies des différents pays divergent sensiblement. L’agrandissement du canal de Panama va entraîner une réorganisation complète des flux de transport maritime et, faute de pouvoir devenir un des nouveaux points de convergence et d’éclatement du trafic international (les « hubs »), les ports des Antilles françaises doivent rechercher leur niveau d’activité optimal, en améliorant les accès et leurs équipements portuaires. Ils sont contraints de se coordonner entre eux pour éviter à tout prix une concurrence dangereuse.
Présenté par la section de Guadeloupe de la Fédération du Mérite maritime, la série « Histoire maritime des Antilles françaises » éclaire de façon globale les réalités souvent ignorées du transport maritime local des régions de la Caraïbe francophone.


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Roger Jaray
Fédération nationale du Mérite maritime et de la médaille d’honneur des marins Section de la Guadeloupe
Le transport maritime dans l’archipel guadeloupéen depuis 1930
2016
Cet ouvrage est le résultat d’une étude sur les transports maritimes, les armateurs et entreprises d’armement, leurs navires et leurs équipages dans l’archipel guadeloupéen. Au cours d’une enquête pointilleuse, l’auteur a dépouillé les archives locales de presque tout le siècle écoulé, notamment celles des Affaires maritimes. Il a également recueilli les souvenirs de nombreux professionnels. C’est non seulement une contribution au patrimoine maritime local, mais aussi une référence et un outil pour les professionnels du secteur, dans un contexte où la Guadeloupe doit faire face à des évolutions mondiales qui lui échappent totalement : mondialisation galopante, concurrence exacerbée, effets d’une crise permanente d’adaptation. Dans la grande région caraïbe, les économies des différents pays divergent sensiblement. L’agrandissement du canal de Panama va entraîner une réorganisation complète des flux de transport maritime et, faute de pouvoir devenir un des nouveaux points de convergence et d’éclatement du trafic international (les «hubs»), les ports des Antilles françaises doivent rechercher leur niveau d’activité optimal, en améliorant les accès et leurs équipements portuaires. Ils sont contraints de se coordonner entre eux pour éviter à tout prix une concurrence dangereuse. Présenté par la section de Guadeloupe de la Fédérat ion du Mérite maritime, la série «Histoire maritime des Antilles françaises» éclaire de façon globale les réalités souvent ignorées du transport maritime local des régions de la Caraïbe francophone.
à Mireille Jaffray, présente à chaque ligne de chacun de mes ouvrages.
Sommaire
Préface Avant-propos L’armement guadeloupéen de transport maritime à travers les ans Armements de Marie-Galante Armements des Saintes Armements de Désirade et à Petite-Terre Armement traditionnel pointois et basse-terrien Compagnie générale transatlantique Usines sucrières et distilleries Liaisons locales Navires des Îles du Nord Les derniers négriers Armement Guy Jacques Armement Cassin Régie départementale des transports maritimes Entreprise Saint Amand-Daufour Armement Malespine Armements Michel Jacques Armements Lacascade Société de navigation intercaraïbe et Société caraïbe de navigation Brudey Frères Compagnie d’armement pour la recherche et l’armement offshore Trans Antilles Express, Antilles Trans Express, Express des Îles, Jeans Transports récents de passagers Transports maritimes des dépendances Rivages Croisières Armements et projets fugitifs Armements récents de barges Activités professionnelles de loisirs nautiques Armements bananiers des années 1944-1950 Entreprise guadeloupéenne de transports terminaux Compagnie de navigation mixte et VIA Caribia Ferries Groupe Viking Ferrymar Caribbean Ferries, puis Star Ferries Armements Ramaye Compagnies pétrolières Services portuaires
Phares et balises Pilotage Agences maritimes et flottilles de rade Travaux maritimes Extraction de matériaux Épilogue Abréviations Notes Remerciements Sources documentaires Les auteurs Du même auteur
Préface
Les ouvrages sur l’histoire maritime de la Guadeloupe sont encore trop peu nombreux. Les travaux des historiens se sont longtemps focalisés sur l’unité de production sucrière : « l’habitation – plantation », source pour une large part de la prospérité des grands ports de la métropole et instrument du malheur des populations déportées d’Afrique. Ils ont longtemps négligé l’autre volet de cette histoire : l’aventure maritime de nos îles au risque d’une approche incomplète de ce grand commerce atlantique source de la prospérité de notre pays qui tirait des revenus considérables de ces espaces insulaires (1/3 du commerce extérieur avant la révolution française). Certes, les mécanismes du commerce triangulaire sont bien connus. Les démonstrations navales des flottes d’évolution des grandes puissances euro péennes, qui ont eu pour scène interposée nos eaux caribéennes, notamment lors de la guerre de libération des treize colonies américaines, ont fait l’objet d’études savantes, et les enjeux que constituaient les îles des Caraïbes dans le mouvement du grand e commerce atlantique du XVIII siècle ont souvent été considérés comme le moment qui précède et e rend possible la grande révolution industrielle du XIX siècle dont nous recueillons encore aujourd’hui les dividendes. L’impression demeurait cependant que ces activités et ces événements internationaux s’arrêtaient aux portes de nos îles, enjeux, sinon otages, davantage qu’acteurs. Et que dire de notre mémoire maritime de 1815 à 1940 ! Entre ces deux dates que bornent, d’une part, l’épopée des corsaires de la République et, de l’autre, le mauvais souvenir de la Jeanne d’Arc « en temps Sorin », notre mémoire collective honorera certes le nom d’éminents marins comme le capitaine de vaisseau Mortenol, ou l’amiral Gourbeyre, ou le gouverneur Frébault, général d’artillerie de marine, restaurateur du port de Pointe-à-Pitre dans le début de la décennie 1860, mais, ironie de l’histoire, non pas comme tels, mais souvent comme gouverneur puisque les îles relevaient du ministère de la Marine, témoignage a contrario et reconnaissance implicite de l’importance maritime de ces régions outre Atlantique. e C’est dans les dernières décennies du XX siècle que des recherches ont enfin abordé ce volet négligé de notre patrimoine, et d’abord, parmi ceux-ci, un ouvrage qui fait particulièrement référence celui d’Anne Pérotin-Dumont, sur l’histoire des deux villes-ports de la Guadeloupe : Pointe-à-Pitre et Basse-Terre, de l’origine de l’implantation des Français jusqu’en 1820[1]. A ainsi ressurgi du passé, pour prendre leur place dans l’histoire économique et sociale, le « peuple » des quais : avec ses armateurs, ses marins, ses « nègres de quais » ancêtres de nos dockers, les artisans des multiples métiers maritimes, dont les « nègres à talents », les négociants et enfin les corsaires de la flamboyante période révolutionnaire, animée par le très controversé Victor Hugues. Puis Myriam Alamkan jeune chercheuse guadeloupéenne a élargi le sujet et ouvert des pistes avec une « histoire maritime des e e petites Antilles, XVII et XVIII siècle »[2]. Plus récemment, Michel Rodigneaux[3], un érudit soucieux d’illustrer un épisode glorieux auquel avait participé son ancêtre, a fait revivre les corsaires de la République qui dans la tourmente révolutionnaire et les guerres franco – anglaises de 1794 à 1809, permirent à la Guadeloupe, soumise à un véritable blocus de libérer ses esclaves et de demeurer rattachée à la France, au prix d’une déclaration de guerre des Etats-Unis à notre pays. La vision des Guadeloupéens sur leur propre histoire en est non seulement sortie enrichie mais aussi élargie, car enfin le liant essentiel de l’ensemble de ce chapelet des îles Caraïbes posées sur un
vaste océan, n’est-il pas à rechercher – voire à retrouver, car les Amérindiens avaient déjà su créer une véritable thalassocratie grâce à leur admirable navire le Kanoa — dans ce monde ouvert des navigants ? À côté de l’univers fermé, quasi carcéral de l’habitation, les ports, ouvertures sur le monde, offrent aux hommes une plus franche autonomie que confère la géographie des vastes espaces ouverts, ponctués de terres régulièrement échelonnées du nord au sud, et dont la Guadeloupe constitue pratiquement le point central. Voici maintenant, dans la continuité de cette voie essentielle ouverte à tous ceux que l’histoire de nos îles intéresse, chercheurs, acteurs de ce passé et lecteurs avertis, un ouvrage qui enrichit encore le champ des investigations puisqu’il présente au lecteur les armements de transport maritime de l’archipel guadeloupéen (non compris les îles du nord qui font l’objet d’un autre tome) depuis 1930. Ce travail de bénédictin qui aura sauvé d’un probable oubli un pan entier de notre patrimoine, s’inscrit au-delà de ce tome sur la Guadeloupe, dans un espace beaucoup plus large : celui de l’histoire e maritime de la France au XX siècle dans son espace américain. Quatre volumes sont consacrés respectivement à la Guyane, à la Martinique, à Saint-Martin et Saint-Barthélemy et celui que j’ai l’honneur de préfacer ici, à la Guadeloupe. Deux autres respectivement à l’armement Transat-CGM et à une synthèse générale. Il survient sans aucun doute à point nommé au moment où les nouvelles grandes écluses de Panama ouvrent à notre île, mais aussi à l’île sœur la Martinique, les perspectives d’écriture d’une nouvelle page de notre aventure maritime. Une fois encore, comme souvent, l’histoire nous rappelle notre position géographique : dans la décennie des années 1860 le gouverneur Frébault avait œuvré – vainement puisque la Martinique l’avait finalement emporté sur le tapis vert des ministères parisiens – pour convaincre la Compagnie Générale Transatlantique de choisir Pointe-à-Pitre comme escale de transit entre l’Europe et l’Amériqu e du Sud. Pour le marin que je suis qu’il me soit modestement permis après de si grand exemple et à titre personnel de retenir, au premier chef, l’aventure humaine que brosse cette fresque. Derrière les armements et les lignes se profilent des hommes de chair, que le rédacteur de l’ouvrage, l’administrateur des affaires maritimes Roger Jaffray, capitaine au long-cours, a pris soin de placer « à la passerelle ». J’ai connu beaucoup d’entre eux qui sont mes aînés et ont été à la fois souvent mes formateurs et toujours des exemples à suivre. Je voudrais comme ce livre a su le faire, leur rendre ici au nom des marins de notre section de la fédération du mérite maritime et de la médaille d’honneur des marins, l’hommage qui leur est du pour avoir contribué à l’histoire de cet archipel et particulièrement en tissant par-dessus les canaux de ces îles les liens entre les hommes, lien qui constitue en fin de compte le ciment de notre identité française et créole à la fois.
Denis Honoré Brudey président de la section de Guadeloupe de la fédération du Mérite maritime