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Les enjeux du sport en Afrique

De
244 pages
Depuis que le sport est devenu un enjeu politique, économique, social, diplomatique, géopolitique et géostratégique, des comportements qui n'ont rien à voir avec l'esprit olympique ou le fair-play se sont développés autour de cette discipline, la mettant même en danger. Ce livre est une analyse systémique de la violence dans le champ sportif.
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LES ENJEUX Jean-Jacques Aziza Antoine Hongnyo
DU SPORT EN AFRIQUE
Dopage, hooliganisme... et terrorisme
Depuis que le sport est devenu un enjeu politique, économique, social,
diplomatique, géopolitique, et géostratégique, des comportements LES ENJEUX qui n’ont rien à voir avec l’esprit olympique ou le fair-play se sont
développés autour de cette discipline, la mettant même en danger.
DU SPORT EN AFRIQUE Ce livre est une analyse systémique de la violence dans le champ
sportif. Cette violence suit une chaîne, qui commence par l’activité
sportive elle-même, qui est de nature violente. Cependant, cette Dopage, hooliganisme... et terrorisme
violence est dichotomique à la tricherie pharmaceutique (dopage),
à la haine, à la cruauté et au carnage des hooligans, aux attentats
spectaculaires et propagandistes du terrorisme. Cette violence difère
également de la violence médiatique, du pouvoir nocif de l’argent.
Et l’Afrique dans tout ça ? Réservoir de matières premières,
de talents sportifs, elle est aussi malheureusement un réservoir
de terroristes. Pourtant, cette Afrique-là n’a pas les moyens de sa
sécurité, donc elle court le risque de s’auto-exclure de l’organisation
des événements sportifs mondiaux. La parité homme-femme est
aussi respectée dans notre essai.
Dans cette montée en puissance des comportements qui ne
cadrent pas avec les idéaux de solidarité, du vouloir « vivre ensemble »,
les institutions sportives internationales ont une grosse part de
responsabilité… Sinon, après Boston, à qui le tour ?
erJean-Jacques Aziza Antoine Hongnyo est né le 1 juillet 1972
à Yaoundé. Originaire du village Mandjap 1, arrondissement
de Ngambè, dans la Sanaga-Maritime, région du Littoral,
c’est un ancien élève du collège de Mazenod à Ngaoundéré,
du lycée général Leclerc, du lycée de Nkol-Eton, via le collège
Johnston et du CES de Dibang. Diplômé de l’enseignement
supérieur, professeur certifé d’EPS, il est formateur des Préface de Mathias Éric Owona Nguini
formateurs depuis sa sortie de l’INJS en 2001. D’abord afecté au Cenajes de Postface de Joseph Tchatchoua
Dschang, où il enseigne la psychologie, depuis 2007, il est en service à l’INJS.
Photographie de couverture © alobayd.
ISBN : 978-2-343-04024-0
24 €
Jean-Jacques
LES ENJEUX DU SPORT EN AFRIQUE
Dopage, hooliganisme... et terrorisme Aziza Antoine Hongnyo






Les enjeux du sport
en Afrique


Jean-Jacques Aziza Antoine Hongnyo



Les enjeux du sport
en Afrique



Dopage, hooliganisme… et terrorisme






Préface de Mathias Éric Owona Nguini
Postface de Joseph Tchatchoua





































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04024-0
EAN : 9782343040240
REMERCIEMENTS
En Afrique, un nouveau-né est l’enfant de la communauté. Pour
la sortie de cet ouvrage, c’est à Paul TEDGA, universitaire,
Directeur de publication du journal Afrique éducation que revient
le mérite. C’est la personne à qui lorsque j’ai exprimé mes
difficultés pour la publication de ce livre, sans hésité m’a apporté
spontanément son soutien. Qu’il me soit permis de lui signifier ma
reconnaissance infinie. Sinon, ce livre serait toujours sous le
boisseau ou dans un manteau.
Ma gratitude à :
- Eric Mathias Owona Nguini, universitaire, chercheur à la
Fondation Paul Ango Ela, Socio-politiste, préfacier de cet ouvrage
qui, malgré ses occupations, a bien voulu m’accompagner dans ma
réflexion. Merci « Zidane » pour la passe.
- Tchatchoua joseph, professeur certifié d’EPS hors échelle,
ainé dans la profession et postfacier de l’ouvrage qui m’a plutôt dit
se sentir honoré de l’avoir sollicité.
- Maître Ekollo Régine épouse Dooh Colins, notaire et Bonga
Jonas egyptologue, des aînés qui m’ont prêté une oreille attentive.
- Merci à madame Abena Apolline sociologue, professeure
certifiée d’EPS
- Merci à monsieur NDONGO MINSOKO pour ses conseils.
Pour leur soutien moral, je remercie mes amis et camarades
d’enfance :
- Gweha désiré, maître Nkollo Noah Médard avocat, Sidonie
Domché, Chantal Ngo Mahop, Dipenda Eric, Jean-Paul Mpondo
journaliste à la CRTV, Mbongo Marie-antoinette, Sobzé Manetsop.
- Mes promotionnaires de l’INJS du G.30.
- La famille Mazenod. - À tous mes étudiants du CENAJES de Dschang et de l’INJS
aujourd’hui collègues.
- À mes enfants : Ryanne Créscence, Jack Dave, Evelyne Reine.
- Une pensée pieuse pour Indang Christine Rosalie, Ngo Ntyam
Angéline, Mabé ma Honyo Bénoît Francis.
Que tous ceux qui m’ont encouragé de près ou de loin reçoivent
ici, mes remerciements sincères.

6PRÉFACE
À propos d’une lecture critique et pragmatique des liens
entre le sport et terrorisme : comprendre une chaîne de
violence.
L’auteur étudie en s’appuyant sur des matériaux descriptifs et
interprétatifs, comment se structure et s’organise « le phénomène
de la violence dans le sport », comment s’établit « la chaîne de la
violence dans l’environnement sportif ». Dans sa démarche,
l’auteur ne se contente pas de démontrer de manière documentée
que le spectacle sportif est lui-même un fondement de la violence,
mais indique aussi comment les spectateurs, téléspectateurs se
nourrissent du spectacle examiné, rejoignent les sportifs au rang
des « acteurs principaux de la violence ». Par la suite, l’auteur
envisage les puissances sportives (institutions sportives
internationales, dirigeants sportifs, médias, sponsors) comme des
« prédateurs ». Enfin, l’auteur entend cerner la place des
« terroristes de tous bords » qui entretiennent « la violence dans le
sport ».
L’auteur entreprend de mettre en forme et en œuvre une
réflexion ressortissant de l’écologie du sport afin de penser à la fois
les dynamiques observées de dégradation de la « niche
écologique » occupée par les pratiques sportives et les dynamiques
envisagées de réhabilitation de ladite niche. Ce faisant, l’auteur
engage une démarche non seulement intellectuelle, mais aussi
professionnelle sur l’exposition du spectacle sportif à des
dynamiques de violence qui implique une multiplicité d’« actants
de la chaîne de la violence en sport ».
L’essai rédigé par Jean-Jacques Aziza Antoine Hongnyo est
intitulé : « Les enjeux du sport en Afrique : Dopage,
hooliganisme... et terrorisme ».
D’emblée l’auteur situe sa réflexion dans le cadre d’une
sociologie critique du sport, s’inscrivant dans le sillage des
conceptions et travaux de Jean-Marie Bröhm. À partir de ce socle sociologico-critique, l’auteur veut construire une trame
multidisciplinaire et multi-référentielle d’analyse des rapports entre
la pratique du sport, la réalité de la violence et la factualité de
l’illicite. C’est un objet polysémique et pluriel dont l’analyse doit
prendre la mesure de la complicité des phénomènes sportifs.
La sociologie critique du sport engagée dans l’ouvrage ici
présenté travaille essentiellement à cerner la dérive éthique à
laquelle le sport est confronté en raison des pratiques irrégulières et
illicites de violence physique ou symbolique qui pénètrent dans ce
champ des conduites et des pratiques. Il est alors question
d’explorer d’un point de vue aussi bien philosophico-critique que
socio-critique les dangers et les périls auxquels le sport doit faire
face ; lesquels sources d’incertitudes et de risques sont à même de
déstructurer, déréguler et délégitimer le système sportif.
Si l’auteur se range derrière la bannière de la sociologie du
sport de Jean-Marie Bröhm qui mobilise elle-même les schémas de
la critique socioculturelle et sociopolitique de l’École de Frankfort,
sa démarche qui entreprend de cerner les rapports entre sport,
violence et terrorisme peut aussi être pensée dans une perspective
freudo-elasienne en termes de « civilisation des mœurs » et
« d’économie psychique ou pulsionnelle ». Au fond, en
envisageant de déconstruire la chaîne de la violence dans le sport,
l’auteur ne procède pas seulement à une analyse descriptive, mais
entend conduire un travail de recherche et de réflexion qui « se
veut prédictif, éducatif et interpellatif ».
La réflexion conduite par l’auteur ne s’inscrit pas seulement
dans une approche critique, mais correspond également à une
approche pragmatique et thérapeutique qui vise notamment à
« aider les décideurs à se prémunir contre l’insécurité mondiale »
et à « intégrer le sport dans les stratégies sécuritaires ». En opérant
de la sorte, l’auteur s’engage dans l’exploration de l’ensemble des
sources de civilisation des mœurs sportives comme le dopage, la
tricherie, la corruption, le hooliganisme ou le terrorisme,
phénomènes qu’il définit comme des « nouvelles menaces ».
L’essai rédigé par Monsieur Jean-Jacques Aziza Antoine
Hongnyo est une réflexion originale sur le sport et son rapport à la
violence en général et à la violence terroriste en particulier. Dans
8ce travail articulé autour de trois parties respectivement constituées
de 4 chapitres (première partie), 3 chapitres (deuxième partie) et 3
chapitres (troisième partie) qui viennent étayer une introduction et
sont complétés par une conclusion, l’auteur développe une
réflexion d’envergure didactique sur les liens entre sport et
violence terroriste.
Au final, ce travail s’avère être une synthèse de grands intérêts
qui attire l’attention sur l’exposition des pratiques sportives aux
nouvelles menaces. L’auteur nous propose alors une réflexion
édifiante et captivante sur le thème qu’il a entrepris d’explorer.

MATHIAS ERIC OWONA NGUINI
SOCIOPOLITISTE
F.P.A.E (FONDATION PAUL ANGO ELA)




9 AVANT-PROPOS
Le besoin d’écrire sur Les enjeux du sport en Afrique : Dopage,
hooliganisme... et terrorisme n’est ni anodin ni sibyllin. Il s’inscrit
dans la conception du sociologue de sport français, enseignant
d’EPS, Jean-Marie Bröhm qui, dans ses multiples travaux de
sociologie politique du sport, fait une critique du sport tel qu’il est
considéré de nos jours. Notre livre peut être perçu sous le prisme
de la sociologie parce que le dopage, le hooliganisme … et le
terrorisme ont pour dénominateur commun un fait social : la
violence. Sous le prisme de la psychologie aussi, dans la mesure où
ce sont les comportements, les actes et les processus mentaux que
nous observons autour de ces phénomènes sociaux. Nous pouvons
également avoir une lecture anthropologique, car c’est un discours
sur l’Homme. On peut aussi avoir une interprétation sous l’angle
économique, pédagogique, stratégique et sécuritaire… Donc, c’est
un livre tentaculaire et pluridisciplinaire d’une seule et même
réalité qui tourne autour de l’objet sport, objet polysémique et
pluriel. Parlant du sport, tout le monde est porté de façon simpliste
à dire qu’il joue un excellent rôle sur la santé physique de
l’Homme et par ricochet, sur la société. Ce qui est vrai. Soit !
Toutefois, le sport tel qu’il est présenté, servi et pratiqué dans les
médias, sur les surfaces de jeu et ailleurs, montre plutôt la face
hideuse d’une grosse maffia, une maffia des milliards, de la
violence et la tricherie dans toutes les postures. Par conséquent, il
ne s’agit plus alors de dire que le sport rapproche les peuples et les
cultures, promeut la paix et la tolérance pour que cela soit effectif.
Encore faut-il œuvrer par cela et proprement pour cela. Par ailleurs,
le sport, dit-on souvent, est « L’opium du peuple », donc une
drogue. Et Dieu seul sait comment les cartels de la drogue en
Colombie et ailleurs sont combattus énergiquement. Dieu seul sait
comment en Afghanistan, premier producteur mondial de pavots,
les cultivateurs sont découragés. Cependant, le sport, bien qu’étant
une drogue, est encensé, loué, dorloté, chouchouté, protégé,
béatifié. Pourtant, si nous sommes d’accord que le sport est une
drogue, il est tout aussi logique de penser qu’il cause les mêmes dégâts et a les mêmes effets secondaires que la cocaïne, l’héroïne,
le cannabis, le pavot… Que savons-nous encore ? Le sport a pour
viatique la violence. Or, le terrorisme est une violence. Tous trois
se nourrissent du nerf de la guerre qui est l’argent.
Si selon Bröhm, « Le sport international… traverse une crise
idéologique grave, illustrée par les évènements de Munich… cette
crise de confiance explique (ou appelle) la possibilité d’une
1investigation critique du système sportif… » . Si les dirigeants du
monde à quelque échelle qu’ils soient ne l’ont pas encore compris,
nous, nous n’attendons pas l’escalade ou que les enchères montent
pour le faire savoir et le faire connaître.
Nous ne saurions être des médecins après la mort ou des
analystes consultants après que les drames sont commis, pour
expliquer, expliciter, éclairer sur les dangers qui menacent le sport.
Savoir c’est prévoir. La sonnette d’alarme est donc tirée… Ceux
qui le savent sont rares et peu nombreux… Que le sport soit ce qui
n’aurait jamais cessé d’être, c'est-à-dire essentiellement éducatif.
On s’est longtemps servi du sport. Pour l’instant, c’est un fonds de
commerce pour le marché politique, économique… un lieu de
blanchiment d’argent, de lutte pour le pouvoir, de positionnement
et de blanchiment de l’image de soi. Il faut à présent servir le sport,
le protéger éthiquement et l’utiliser à des fins pédagogiques si nous
l’aimons. Ceci, pour le bien de l’humanité, surtout que jusqu’à
présent, il n’y a aucune réponse pour éradiquer le terrorisme. Et si
le terrorisme doit faire son lit dans le champ sportif, l’heure n’est
donc pas au divertissement ou à la distraction, mais à la vigilance
maximum.


1 e Jean Marie Bröhm,(1992) , Sociologie politique du sport, p.56, 7 édition,
Presses Universitaires de Nancy.
12CONTEXTE DE L’OUVRAGE
En ignorant sur le plan politique, économique l’ensemble des
événements qui entourent notre ouvrage, nous avons relevé
d’autres faits plus significatifs pour nous, en allant des plus récents
aux plus anciens. Par ailleurs, sur le plan de la recherche ou de la
réflexion, à notre connaissance, aucune littérature sur le sport et la
violence n’a analysé le lien significatif ou l’interrelation mieux,
l’interaction dans une sorte de poursuite-poursuivante entre le
dopage, le hooliganisme,…le terrorisme. C’est ce manque que
notre réflexion veut combler. Ainsi donc :
EN EUROPE
En ce qui concerne le dopage dans le sport, le 30 avril 2013, le
tribunal de Madrid condamne le docteur Eufemiano Fuentès, connu
sous le nom de Dr Fuentès, à 1 an de prison avec sursis et à 4 ans
d’interdiction d’exercer la médecine sportive. Il est poursuivi pour
délit contre la « santé publique » en raison de son implication dans
un vaste réseau de dopage démantelé en 2006 lors de l’opération
dite « puerto ».
L’affaire dite « puerto » est un scandale de dopage qui touche
non seulement le cyclisme professionnel, mais aussi le monde du
football et du tennis. Les équipes emblématiques du championnat
espagnol et le n°1 du tennis espagnol seraient concernés, même la
« Roja », l’équipe nationale espagnole. Bref, c’est tout le sport
espagnol, voire européen, qui est ébranlé par cette affaire dite
« puerto », nom de code donné de l’opération organisée par le
docteur Fuentès. En 2006, 211 poches de sang furent été saisies
dans son domicile. Lors de son arrestation, le Dr Fuentès dira, « si
je parle, tout le football espagnol va trembler. On retirerait
immédiatement le titre du mondial 2010 et le titre européen 2008 à
l’équipe nationale ».
Soutenant son époux, Cristina Perez, la femme du Dr Fuentès
n’ira pas de main morte en déclarant : « je sais ce qui s’est passé
aux J.O. de Barcelone 1992 et je suis une boîte de pandore qui, lorsqu’elle s’ouvrira un jour, fera trembler le sport…je me tairais,
mais je parlerais bien pour couler tous ceux qui sont mêlés à ce
petit monde. Le sport en général est une hypocrisie. Condamner un
médecin qui s’est dédié à la médecine sportive et qui n’a tué
personne me paraît honteux ». Cette affaire démontre à suffisance
que le sport occidental et même asiatique a rafistolé son image sur
la tricherie.


AUX ÉTATS-UNIS
En dehors du Dr Fuentès, il y a le cas du Texan, cycliste de
renommée internationale, sept fois vainqueur du Tour de France,
félicité à chaque victoire par le président américain, Lance
Armstrong. Il est aujourd’hui considéré comme un pestiféré
« wanted » live or died. Convaincu de dopage, Lance Armstrong a
été déchu de ses 7 titres de champion du Tour de France. Un
malheur ne venant jamais seul, une compagnie d’assurance la SCA
Promotion lui réclame 12 millions de dollars, soit près de 6
milliards de francs CFA versés au coureur à titre de primes lors des
victoires au Tour de France.
Last but not least, le 19 février 2013, le département de la
justice américaine a porté plainte contre Lance Armstrong pour
fraude. Le sextuple champion du Tour de France est soupçonné
d’avoir trompé le gouvernement en utilisant l’argent du
contribuable américain (40 millions de dollars) via le sponsoring
de son équipe US Postal services (U.S.P.S.). Nous pouvons nous
dire : à quelle heure ?
Le 15 avril 2013, deux frères d’origine tchétchène, Tarmalan et
Djokhar Tsarnaev font exploser deux bombes lors du Marathon de
Boston. Bilan : 4 morts, dont un policier.
Lors de la cérémonie d’hommage, le président américain, dans
un style métaphorique dira en substance : « Nous avons peut-être
momentanément perdu l’équilibre, mais, nous allons nous relever
et nous repartirons. Nous finirons la course ».
14À quelque mois des J.O. de Sotchi, ce furent deux coups de
esommation adressés à la Russie, 2 puissance militaire mondiale.

EN AFRIQUE
En février 2012 en Égypte, le match opposant Al-Masry à
AlAhly dégénère en émeute, laissant ainsi sur le carreau 79 morts et
1000 blessés. La ligue égyptienne de football sera dissoute, le
gouverneur de Port-Saïd sera limogé. Le 21 janvier 2013, 21
personnes reconnues coupables de ces émeutes seront condamnées
à mort par le tribunal du Caire.
En mars 2013 au Cameroun, lors d’un match de football, dans
la ville de Pouma, ville natale d’Omam et Kana Biyick, certains
individus armés de couteaux, de machettes et d’armes à feu
menacent de décapiter les anciens joueurs des Lions indomptables
à savoir Eugène Ekéké, Benjamin Massing, David Mayebi, Lucien
Mettomo…
EN ASIE DU SUD -EST
Nous ne pouvons oublier la mort du « coach », le maître
penseur d’Al-Qaïda en la personne d’Ussama Ben Laden le 2 mai
2012 à Abbotabad. Cependant, son idéologie reste vivante, vivace.
AU PROCHE-ORIENT
Sur le plan de la gouvernance mondiale ou de la politique
internationale, après l’holocauste juif de 1939, après la guerre de
Yougoslavie avec les massacres de Srebreniça de 1995, après le
génocide du Rwanda de 1994, comment rester coi sur le massacre
de Syrie ? Un véritable problème de conscience mondiale.
Comment justifier que lors des Jeux olympiques 2000 à Sydney,
2004 à Athènes, 2008 à Beijing, 2012 à Londres, sans compter les
autres grands évènements sportifs mondiaux, les armes les plus
sophistiquées que ce soit en mer, sur les plans terrestre et aérien
aient été déployées par l’OTAN ou les différents pays pour
protéger les jeux, qu’ en même temps le monde assiste en
spectateur au massacre du peuple syrien ? Pendant ce temps, l’euro
2013 des moins de 21 ans se déroule en Israël dans une sérénité
étonnante des décideurs du G8.
15 SUR LE RACISME DANS LES STADES
En ce qui concerne le racisme dans les stades, du 30 au 31 mai
e2013 s’est tenu le 63 congrès de la FIFA à Port-Louis en Île
Maurice. Lors de ce congrès, une résolution contre le racisme a été
prise par l’instance faîtière du football mondial. Au rang des
infractions, pour les clubs coupables, les sanctions sont :
l’avertissement, l’amende, le huis clos. En cas de récidive, le club
encourt une réduction de points, l’exclusion d’une compétition, ou
la relégation en division inférieure. Certains acteurs ont été ciblés
principalement les joueurs, les entraîneurs, les arbitres, les
ramasseurs de balles ou les stadiers. Cela suffira-t-il pour éradiquer
le mal ? Pour une instance comme la FIFA, ne pas penser à
l’éducation des supporters nous paraît curieux.
Tel est le contexte non moins exhaustif qui entoure notre
ouvrage.

INTÉRÊTS
Notre réflexion présente trois intérêts principaux : pratique,
professionnel et sportif.
1) L’intérêt pratique
Notre étude apporte sa contribution pour une meilleure
intelligibilité des phénomènes presque éternels de la violence qui
sévit à tous les niveaux du champ sportif, selon qu’on est
spectateur, acteur, administrateur, politique, homme de média,
sponsor…
Pourquoi le phénomène de violence dans le sport résiste-t-il au
temps et à l’espace ? En dehors des théories qui expliquent le
phénomène de la violence dans le sport, nous nous sommes inspiré
de la théorie de la chaîne alimentaire d’Arthur George Tansley qui
date de 1935 pour établir la chaîne de la violence dans le champ
sportif. Cette chaîne est définie comme étant un réseau, au sein de
la communauté ou de notre société, par lequel l’énergie de haine
multiforme circule. Contrairement à la chaîne alimentaire qui a
pour but le maintien et le développement de la vie, la chaîne de la
16violence dans l’environnement sportif vise la destruction et le rejet
d’autrui.
À chaque acteur de cette chaîne correspond un niveau de
destruction. Comme dans la destruction de notre environnement en
général, chacun de nous participe à la dégradation de
l’environnement sportif, un bien commun à nous tous. Nous avons
alors dégagé quatre niveaux de cette chaîne de la violence en sport.
Premier niveau : il y a l’activité sportive ou le spectacle sportif
lui-même. C’est le niveau primaire. Il est à la base de cette chaîne.
À ce niveau, il y a les infrastructures sportives qui sont devenues
des espaces de tueries, d’assassinats, d’émeutes, de violence, de
protestations multiformes…d’insulte, de haine, de racisme.
Deuxième niveau ou niveau secondaire : ce sont les
consommateurs qui se nourrissent du spectacle sportif. Ici, nous
avons également les sportifs, les spectateurs et les téléspectateurs
qui se transforment en acteurs principaux de la violence.
Troisième niveau ou niveau tertiaire : ce sont les prédateurs
qui manipulent les consciences. Ce sont ceux qui font et défont les
niveaux secondaire et primaire. Nous faisons allusion aux
institutions sportives internationales, aux politiques, aux dirigeants
sportifs, aux médias, aux sponsors.
Quatrième niveau : composé de ceux dont le rêve est de
détruire ce que les acteurs du niveau tertiaire ont commencé. Ce
niveau est celui des terroristes de tous bords.
Toutes choses étant égales par ailleurs, la violence dans le sport,
de l’activité physique et sportive au terrorisme, n’est plus une
question de nature, mais de degré.
Comme dans une niche écologique, tous les individus qui
consomment le sport ou le spectacle sportif (régime alimentaire)
sont en destruction permanente par la violence politique,
économique, xénophobe, raciste et religieuse,… que l’on enregistre
autour du sport. En mettant en pratique les exigences de l’écologie
du sport, nous pensons que le sport peut encore être sauvé. En
effet, Jean Jacques Gouguet est le pionnier de « l’écologie du
sport » dans son article "Exigences écologiques" paru dans
17 Manière de voir, une revue du journal français Le Monde
Diplomatique de mai 98. Pour lui, le sport doit prendre en compte
les exigences environnementales dans la recherche du bien-être de
l’Humanité. Autrement dit, le sport, avec ses infrastructures et ses
industries, participe à la dégradation de l’environnement. Nous
allons au-delà des infrastructures sportives. Nous nous intéressons
aux comportements qui dégradent l’environnement sportif.
C’est dans ce sens que Christian Brie avec "Sortir de la
1jungle" montre avec pertinence que la niche écologique, en ce qui
concerne le sport, est en danger. Danger causé par les actions de
l’Homme. Alors, nous pensons que nous ne nous sommes pas
fourvoyé dans notre réflexion.
2) L’intérêt professionnel
En tant que pédagogue, nous jouons notre rôle d’éducateur, de
conseiller, de guide, d’éclaireur. Nous le savons très bien, la
répétition est la mère de l’Éducation. À travers cet ouvrage, cela va
sans dire, nous voulons éduquer. Or, éduquer suppose la mise en
valeur des qualités et l’inhibition des défauts. De nos jours, tout ce
qui se passe autour du sport fait l’apologie du laid, du faux, du mal.
En tant qu’enseignant, nous ne pouvions demeurer « les bras
croisés en qualité de spectateur stérile », comme le dit Aimé
Césaire dans Cahier d’un retour au pays natal. Comme si le
spectacle sportif et les principaux actants de la chaîne de la
violence en sport nous offraient un spectacle qui mérite d’être
applaudi ou recherché.
Qui mieux qu’un enseignant d’éducation physique et sportive
doit réfléchir sur les objectifs du sport pour l’éducation de
l’Homme en tant qu’Être de valeur ? La valeur, c’est ce qui mérite
d’être recherché, encouragé, inculqué dans les consciences des
individus, de génération en génération. Lorsqu’on se dit éduqué et
qu’on insulte, triche, vole, tue, il y a contradiction, parce qu’on
éduque au bien, au beau et au vrai. Ce sont des valeurs universelles
qui transcendent les aires géographiques, religieuses, idéologiques,
politiques, culturelles… Bien que multiple, l’Homme est UN.

1 Christian Brie, « Sortir de la jungle », in Le sport c’est la guerre (mai-juin
1998), Manière de voir n°30, Le monde diplomatique, p.9.
18Lorsque la société tombe en décrépitude, l’enseignant tel
l’oiseau de Minerve, doit prendre son envol à la tombée de la nuit,
pour trouver des solutions et montrer le chemin à suivre. C’est un
devoir, un impératif catégorique et non hypothétique selon
Emmanuel Kant.
L’enseignant d’éducation physique et sportive, malgré la
portion congrue qu’il occupe dans le système éducatif, malgré les
services ingrats qu’il rend à la société, ne doit pas rester aphone
face aux dérives sociales et à l’immoralité qui phagocytent notre
société en général et le monde sportif en particulier. L’enseignant
d’EPS a son mot à dire, qu’on le veuille ou non ; surtout lorsque
les comportements relèvent du manque d’éducation de base et
lorsqu’ils frisent l’animalité. De même, pour justifier sa raison
d’être, une profession ne survit que par les réflexions sur les
problématiques professionnelles qu’elle soulève et analyse.
Cet ouvrage est enfin une bouteille jetée à la mer pour les
générations futures qui ont embrassé le même métier que nous.
Attrapera qui pourra.
3) Intérêt sportif
Si l’on veut prendre à bras le corps le phénomène de la violence
dans le sport pour protéger la jeunesse, il est nécessaire de
maîtriser sa chaîne et y apporter des solutions. Ne pas le faire serait
une gesticulation, mieux une prestidigitation en trompe-l’œil pour
berner les naïfs. Que les athlètes se respectent, qu’on leur accorde
le respect qu’ils méritent. Les athlètes ne diront jamais aux autres
comment faire leur métier. Ayons aussi l’humilité de les laisser
faire le leur. Au-delà du respect, il y a la remise des valeurs
éthiques au centre des activités sportives.

19 INTRODUCTION
Depuis le 25 août 2012, les lampions se sont éteints sur les 30e
Jeux olympiques de Londres. Beaucoup ont sûrement oublié que
c’était le 7 juillet 2005 et que le lendemain de sa désignation
comme pays organisateur des Jeux olympiques 2012, l’Angleterre
a été frappée par une série d’attentats. C’est dire si c’est avec une
grande peur et une appréhension certaine que les JO 2012 se sont
déroulés. S'il y a des personnes qui peuvent pousser un ouf de
soulagement, ce sont les responsables des services de sécurité
londoniens et même européens. En Russie, à la veille des Jeux
olympiques de Sotchi, il y a un attentat dans une gare ferroviaire.
Sur le carreau, plusieurs morts et blessés. De même, c’est en pleine
CAN 2012 que le Mali a été coupé en deux par une rébellion
touareg. Le sport n’est plus le sport, il est devenu non seulement
une tribune, mais un véritable casting où les acteurs de la violence
sous toutes ses formes rivalisent d’adresse : violence politique,
violence économique, violence sociale, violence raciste et
antisémite, violence physique, violence pharmaceutique (dopage),
violence médiatique, violence terroriste… Alors, de ce qui précède,
nous pouvons dire que la littérature sur le concept sport comme
« phénomène social total » met généralement en exergue deux
approches.
La première, c’est celle d’un discours angélique et
thérapeutique du sport pour l’Humanité. Un sport qui, selon la
philosophie de l’olympisme, promeut les valeurs de paix, de
rapprochement entre les peuples, de fraternité, de tolérance,
d’éthique, d’amitié, de respect d’autrui, d’excellence… D’autre
part, le sport est présenté comme une panacée universelle à tous les
maux de la société que ce soit sur le plan physique, psychologique,
social… Vous avez le diabète, la tension le médecin dit : « faites le
sport ». D’ailleurs, dans presque toutes les publicités, le leitmotiv
est : pour votre "santé bougez", « pratiquez une activité physique
régulière"… C’est le sport médicament. Les éloges sur le sport ne
sont pas exhaustifs. La deuxième approche sur le sport se veut critique. Elle montre
que le sport « c’est la guerre », c’est "l’opium" du peuple, c’est une
aliénation. C’est par ailleurs pourquoi les événements sportifs sur
le plan national ou international sont souvent considérés par
certains comme des moments d’insécurité, de déstabilisation ou de
perturbations sociopolitiques. C’est aussi une occasion pour
d’autres d’afficher des comportements déviants ou de faire des
otages ; en un mot, d’être violents.
Les théories sur la violence essayent de donner des explications
sur l’origine de la violence dans le sport. Il s’agit de : la théorie
marxiste, la théorie de l’agression ritualisée, la théorie historique
ou développementale… Toutefois, le sport de nos jours ne peut
échapper aux contextes politiques, économiques, sociaux tant
nationaux qu’internationaux. Autrement dit, le sport participe à la
structuration, à la déstructuration et à la restructuration de
l’environnement national et international ; à la construction, la
déconstruction des politiques sécuritaires nationales ou
internationales. C’est la raison pour laquelle, dans ce qu’il appelle
1les nouvelles valeurs , Pascal Boniface montre que le sport occupe
une place de choix pour ne pas dire privilégiée dans la vie des
hommes de nos jours.
Dans cette atmosphère, le sport est dans le viseur des tireurs
embusqués ou des terroristes.
erEn effet, le 1 janvier 2010, les terroristes d’Al-Qaïda ont, dans
un attentat à la voiture piégée, explosé un stade de volley-ball au
Pakistan dans la région de Lakki Marwat. Bilan : plus de 100 morts
et de nombreux blessés.
Une semaine plus tard, le 8 janvier 2010, lors de la coupe
d’Afrique des nations de football en Angola, le bus de la délégation
togolaise est mitraillé par des rebelles se réclamant du Flec-P.M ou
Flec-FAC. Bilan : 2 morts et 1 blessé grave.
Le 17 juillet 2009, les attentats meurtriers de Jakarta qui ont fait
9 morts à l’hôtel Marriot obligent l’équipe anglaise de Manchester
2United à annuler l’étape indonésienne de sa tournée asiatique .

1 Pascal Boniface, 2001, Le monde contemporain : Les valeurs en partage, PUF.
2 Journal Infosport du 17 juillet 2009.
22Le 17 juillet 2009, lors de la 13e étape du Tour de France, au
65e km, l’Espagnol Oscar Friere de l’équipe Rabobank et le
Néozelandais Julian Dean de l’équipe Garmin sont victimes de
coups de feu.
Le 15 juillet 2009 en Angleterre, le verdict à l’encontre du
Britannique Neil Lewington tombe. Il est reconnu coupable d’avoir
perpétré des attentats racistes. En perquisitionnant chez lui, la
police découvre un arsenal militaire dont : des bombes, des
détonateurs et surtout des carnets de notes où il explique comment
il comptait utiliser des balles de tennis transformées en bombes à
éclats.
Le 3 août 2008 en Chine, à la veille des Jeux olympiques, un
attentat est perpétré contre un poste de police dans l’ouest. Bilan :
16 morts. Sur la même lancée, la police chinoise affirme avoir
déjoué un attentat à l’occasion des Jeux olympiques.
Le 24 décembre 2007 en Mauritanie, une famille française est
décimée par des terroristes et cela a entraîné l’annulation du Paris
Dakar 2008 qui a été transféré en Argentine, en Amérique du Sud.
Le 5 septembre 1972 à Munich, en Allemagne, lors des Jeux
olympiques, le commando palestinien "septembre noir » tue 9
athlètes israéliens.
Personne de nos jours ne peut plus remettre en question la
capacité des terroristes à ébranler les grandes puissances de la
planète. De New York à Madrid, de Paris à Londres, de Nairobi à
Tunis, de Dar es-Salaam à Jakarta, d’Islamabad à Brisbane, dans
les airs, à terre, sur la mer, sur les rails, avec ce "pressing tout
1terrain" , la guerre est alors totale. Qui va craquer mentalement le
premier dans ce "match" sans fin et « sans temps additionnel » ?
Désormais, aucune frontière n’est plus infranchissable pour les
terroristes. Au contraire, ils sont à l’assaut des forteresses dites
imprenables. De même, là où les mesures de sécurité sont les plus
sophistiquées, c’est là où frappent les assoiffés inextinguibles du
sang et de la mort.

1 Jargon du sport, notamment le sport collectif comme en basket-ball, football,
handball…
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