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Sciences sociales et sport

118 pages
Au sommaire : Editorial (Catherine Louveau) ; De la réciproque des relations? (Sylvain Ferez, Laurent Solini) ; Le sport - santé, un objet médical, social ou sportif ? Le dispositif strasbourgeois "sport - santé sur ordonnance" comme objet politique transversal (Christelle Marsault) ; Sport et prévention de la délinquance. Représentations et implications des acteurs municipaux de six communes d'Île de France (Coralie Lessard) ; Une nouvelle catégorie des politiques d' "intégration par le sport": les "filles de cités" (Carine Guérandel ; Monde du cirque et monde médico-social : connivences et ambivalences (Elise Lantz) ; Ce que le dialogue fait au sport (Sébastien Fleuriel)
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Couverture

Cover

4e de couverture

4e Image couverture

Titre

Revue

 

SCIENCES

 

SOCIALESet

 

SPORT

 

N° 10 – 2017

 

 

SPORTS ET POLITIQUES PUBLIQUES

 

 

 

 

 

 

 

Copyright

 

© L’Harmattan, 2017

5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris

 

http://www.editions-harmattan.fr

 

EAN Epub : 978-2-336-79122-7

REVUE SCIENCES SOCIALES et SPORT

 

Directeur de la publication : Gildas LOIRAND

Président de la 3SLF

MCU, université de Nantes

UFR STAPS – 25 bis Bd GuyMollet – BP 72206 – 44322 Nantes

 

COMITÉ DE RÉDACTION

 

Rédactrice en chef : Carine ERARD

MCU, université de Bourgogne-Franche-Comté

Rédacteur en chef pour l’histoire : Jean-François LOUDCHER

PU, université de Bordeaux

Rédacteur en chef pour la sociologie : Michel KOEBEL

PU, université de Strasbourg

 

Équipe des rédacteurs

 

Sociologie (3SLF) :

 

Sébastien FLEURIEL,

PU, université Lille 1

 

Ludovic LESTRELIN,

MCU, université de Normandie

 

Manuel SCHOTTÉ,

MCU, université de Lille 2

 

Histoire (SFHS) :

 

Nicolas BANCEL,

PU, université de Lausanne

 

Daphné BOLZ,

MCU, université de Rouen

 

Luc ROBENE,

PU, université de Bordeaux

Gestion des commandes :

Sébastien FLEURIEL : Institut de sociologie et d’anthropologie, université Lille 1 – 59655 Villeneuve-d’Ascq Cedex

sebastien.fleuriel@univ-lille1.fr

Sciences sociales et sportest réalisé avec le soutien logistique du Clersé (UMR CNRS 8019), université Lille 1.

REVUE SCIENCES SOCIALES ET SPORT

 

COMITÉ SCIENTIFIQUE

 

BEAUD Stéphane.Sociologie.Université de Paris 10

BOETSCH Gilles.Anthropologie. CNRS Aix-Marseille II

BROMBERGER Christian.Anthropologie. Université de Provence. IUF

CALLEDE Jean-Paul.Sociologie. CNRS Bordeaux

CLEMENT Jean-Paul.Sciences sociales-STAPS. Toulouse III

CORBIN Alain.Histoire. Université Paris I Panthéon-Sorbonne

DINE Philippe.French Studies. National University of Ireland, Galway. IRL

DURET Pascal.Sciences sociales-STAPS. Université de La Réunion

DURING Bertrand.Sciences sociales-STAPS. Université Paris-R. Descartes

DURU-BELLAT Marie.Sociologie. IEP de Paris. OSC et IREDU

GUTTMANN Allen.English & American Studies. Amherst College MA (USA)

HARVEY Jean.Sciences sociales-Kinésiologie. Université d’Ottawa (CA)

LABERGE Suzanne.Sciences sociales. Université de Montréal (CA)

LAHIRE Bernard.Sociologie. ENS, Lyon

OHL FabienSciences sociales-Sciences du Sport. Université de Lausanne (CH)

ORY Pascal.Histoire contemporaine. Paris I Panthéon-Sorbonne et EHESS

POCIELLO Christian.Sciences sociales-STAPS. Université Paris-Sud Orsay

RASPAUD Michel.Sciences sociales-STAPS. Université J. Fourier, Grenoble

RAUCH André.Sciences sociales-STAPS. Université de Strasbourg

SOHN Anne-Marie.Histoire contemporaine. Université de Rouen

SUAUD Charles.Sciences sociales-STAPS. Université de Nantes

VIGARELLO Georges.Histoire. EHESS et Université Paris-R. Descartes

WAHL Alfred.Histoire. Université de Metz

Éditorial

Catherine LOUVEAU

Professeure émérite, présidente de la SSSLF de 2005 à 2015

 

Fin décembre 2006, Jacques Defrance nous adresse ses vœux pour que « l’année à venir [nous] soit favorable »... On est au terme d’un comité de rédaction faisant le bilan des premiers articles reçus pour notre revue dont la constitution a été approuvée par les conseils d’administration de la 3SLF et de la SFHS en mars 2006. En ce début 2007, le numéro 1 est en construction….

Sciences sociales et sport demeure à ce jour une réalisation collective et pluridisciplinaire animée par une équipe de rédaction où les deux sociétés sont toujours représentées de façon paritaire1.

 

Au début des années 1980, les sciences sociales sont notoirement des disciplines pionnières dans la création des UFR STAPS et dans celle de leurs laboratoires de recherche. Au tournant des années 2000, nombre d’entre nous, sociologues et historiens ainsi que des enseignant-e-s-chercheur-e-s de disciplines connexes, ont éprouvé la nécessité de se rassembler pour « développer la recherche dans ce domaine et en présenter les résultats dans “l’espace adéquat”, échanger et stimuler les réflexions »2. « Visibilité, crédibilité de notre domaine », « publier, faire publier » sont de ces objectifs initiaux ayant présidé au souci de nous regrouper.

Nous désirions que les Sciences sociales du/des sport-s soient plus visibles, plus fortes. La revue Sciences sociales et sport est l’un des outils dont nous avons voulu nous doter. Son existence et ses publications attestent la vitalité et l’assise scientifique de nos travaux. Elle est à ce jour reconnue parmi les publications de référence dans les instances d’évaluation. Un travail exigeant de sélection des articles et ses contenus en fait une revue nécessaire dans le champ actuel de la recherche sur lesport, et l’équipe de rédaction actuelle projette des objectifs ambitieux, publier deux numéros par an et en faire une revue de notoriété internationale.

 

Un autre objectif énoncé initialement visait à ce que le rassemblement des chercheur-e-s en sciences sociales soit un collectif de référence par rapport aux instances et institutions. Cela nous a amené-e-s à affirmer et défendre la spécificité de nos travaux dans des contextes où la question de la légitimité scientifique reste posée de manière récurrente… entre autres au moment des évaluations. Avoir toute sa place comme champ scientifique dans une discipline pluridisciplinaire allant comme on le sait de la physiologie… à l’anthropologie est, à ce jour encore, une réalité fragile, au plan institutionnel et scientifique. Cette discipline, les sciences du mouvement, les femmes et les hommes en mouvement (sport-s, pratiques corporelles, activités physiques, éducation physique…) ne saurait se passer des savoirs produits sur ces objets par les sciences humaines et sociales. L’ensemble des STAPS doit demeurer attentif à la diversité de ses cultures scientifiques, toutes nécessaires à l’intelligence de ce domaine de recherches et de formation. La place des sciences sociales dans l’approche pluridisciplinaire des Staps demeure un enjeu central d’actualité.

 

Notre champ des sciences sociales du sport est aujourd’hui dynamique, nos travaux sont dotés d’une réelle portée sociale, ils sont solides à maints égards et sont justement reconnus par nos collègues de l’ensemble des sciences sociales, avec lesquel-le-s il nous importe d’établir des liens scientifiques, des collaborations. Ouverture qui est encore un de nos principes initiaux.

Partant, nous savons aussi que les activités de nos domaines sont prises dans un enjeu plus grand, alors que, dans la conjoncture nationale et internationale, les recherches (et des formations) en sciences sociales sont particulièrement menacées. Si le pire n’est pas inéluctable, les historiens nous rappellent régulièrement que les acquis sont réversibles… des faits, hélas, en attestent. Les sciences sociales sont souvent dites inutiles au sens de la rentabilité économique. Cette antienne fait florès depuis quelque temps, de façon non virtuelle : ainsi ces dizaines de départements de SHS qui ont commencé à fermer au Japon en 2015 sur injonction gouvernementale.

Elles sont nécessaires pour connaître le monde où tous nous évoluons, elles sont, de fait, critiques, entendons qu’elles questionnent et peuvent contribuer à créer un regard critique. Elles produisent des connaissancesqui éclairent et peuvent étayer des actions et des politiques, en un mot soutenir des changements dans notre monde social.

Je souhaite souligner ici les propos de Bernard Lahire, énoncés lors d’une conférence sur le thème « à quoi servent les sciences sociales ? » : « Filles de la démocratie, les sciences sociales – qui sont assez logiquement mal aimées des régimes conservateurs et éradiquées par les régimes dictatoriaux –, servent (à) la démocratie et sont soucieuses, le plus souvent, de ne pas servir à autre chose qu’à cela. Car la démocratie a partie liée, dans l’histoire, avec les “Lumières”, et notamment avec la production de “vérités sur le monde social” : la vérité des faits, objectivables, mesurables, qui est, malheureusement, la vérité des inégalités, des dominations, des oppressions, des exploitations, des humiliations3 ». Nos travaux sont nécessaires pour rendre intelligible et expliquer/comprendre le social – ce qui ne signifie pas le justifier… précision utile à l’heure du scepticisme voire de la contestation de nos savoirs qui peuvent être renvoyés au rang d’opinions, d’idéologies ou encore de « simple » militantisme. Nous devons soutenir nos travaux et notre revue doit continuer « d’affirmer plus que jamais [la] capacité [des sciences sociales] à apporter des analyses rigoureuses, documentées et critiques4 ».

 

Parvenir au dixième anniversaire de notre revue ne s’est pas fait sans engagement. Comme l’écrivit ici Jacques Defrance dans le numéro 1 daté de septembre 2008, une revue scientifique est « une réalisation collective […]. Elle fonctionne en s’appuyant sur une sorte de militantisme scientifique qui amène certains d’entre nous à sacrifier du temps pour elle ».

La parution de ce numéro 10 atteste la détermination de toutes les générations de chercheur-e-s en sciences sociales du sport à poser des questionnements et produire des analyses, elle témoigne aussi de la persévérance et de l’engagement de collègues qui se sont mis-es au service de notre domaine pour faire vivre Sciences sociales et sport.

Dix ans après les vœux de Jacques Defrance, à l’aube de cette année 2017 dotée d’enjeux sociétaux en France et à l’international, nous devons rester convaincu-e-s de la pertinence sociale de nos travaux et même plus, nous devons défendre les sciences sociales souvent attaquées5.

Souhaitant une belle et longue vie à notre revue, mes vœux vous accompagnent toutes et tous, pour continuer sans relâche à questionner, analyser, diffuser des connaissances, ici sur le fait social sportif plus que jamais « laboratoire privilégié » d’analyse du social et des rapports sociaux.

 

Janvier 2017


1  Voir l’éditorial du numéro 9 par Gildas Loirand, directeur de la publication.

2  PV de l’AG fondatrice de la 3SLF, 29 juin 2001.

3  LAHIRE Bernard. 2012. Conférence « Le savant et les politiques. À quoi servent les sciences sociales ? » Remise du Prix lycéen 2012 du livre d’économie et de science sociales à l’ENS de Lyon le 21 novembre 2012.

4  CALHOUN Craig et WIEVIORKA Michel. 2013.Manifeste pour les sciences sociales,Socio, 1, 5-39https://socio.revues.org/200

5  LAHIRE Bernard. 2016.Pour la sociologie. Et pour en finir avec une prétendue « culture de l’excuse », Paris, La Découverte.

De la réciproque des relations ?

Sylvain FEREZ6, Laurent SOLINI7

 

En France, les années 1980 et 1990, et à plus forte raison les années 2000, marquent une diversification des usages et des finalités de l’activité physique et du sport dans le champ de l’action publique8. Si le recours à ces pratiques gagne progressivement en importance et en régularité, il atteint avant tout des branches nouvelles. Au sein de secteurs tels que ceux de la santé, de l’insertion et du tourisme par exemple, une attention particulière est portée aux activités physiques et sportives ainsi qu’à leurs effets prétendument bénéfiques, là où il y a quelques années encore, ce type de pratiques et les interrogations qu’elles suscitaient notamment en matière de démocratisation9, constituaient la clef de voûte de la scène fédérale autant que de l’éducation physique scolaire. Les pratiques physiques et sportives finissent par excéder les limites du champ dans lequel elles ont initialement émergé (autant qu’été considérées)10, invitant à questionner les relations d’interpénétration entre ces pratiques et les secteurs nouvellement investis11. Comment la migration des pratiques horsdu champ où elles se sont constituées s’opère-t-elle ? Quels sont les acteurs, ou les types d’acteurs, à l’initiative de tels rapprochements ? De quels effets de traduction12est-il question dès lors que les pratiques intègrent de nouveaux domaines de l’action publique ? S’agit-il de perte d’autonomie, d’instrumentalisation, de re-catégorisation ou de re-politisation13 ? Les modulations voire les transformations appréhendées sont-elles à la seule charge des professionnels des activités physiques et sportives ainsi que des populations visées par l’action et les programmes publics ou observe-t-on une réciproque ? Les nouveaux secteurs de tutelle influencent-ils les pratiques qui, en retour, agissent sur le champ sportif lui-même ?

 

L’ensemble de ces interrogations a donné lieu à la tenue du 8econgrès de la Société de sociologie du sport de langue française en 2015, à Montpellier. Organisé par l’équipe « Santé, éducation et situations de handicap », il fut le réservoir de nombreuses réflexions, dont certaines, portées en textes, constituent le sel de ce cahier thématique. Les articles ainsi présentés envisagent les relations entre les politiques de santé publique, sociales ou médico-sociales, les politiques de la Ville et les professionnels qui les proposent, les construisent et/ou les animent sur les territoires, en cherchant parfois à développer des partenariats avec les populations résidentes, les commerces de proximité, les composantes associatives, militantes et/ou politiques. Émerge alors cette thèse centrale et maintenant notoire : le sport, dès lors qu’il investit un espace nouveau, donne lieu à une dualité normative. Avec ses lois, ses règles et ses « fonctions symboliques14 », il est en mesure de s’appliquer, s’adapter, s’articuler et résister au fonctionnement de la structure dite « de tutelle », composée de professionnels, d’intervenants extérieurs et/ou associatifs, de bénévoles, d’occupants, de résidants, d’apprenants, etc. Malléable, modulable, souple, se donnant à voir comme une entité neutre et triviale, le sport possède ainsi la faculté d’être coulé au sein des milieux qui l’accueillent et de reproduire les valeurs, codes et modes de régulation propres aux « formes locales-communautaires » dans lesquelles il se développe.

 

Selon cette perspective, Christelle Marsault montre combien l’ancrage d’un dispositif de « sport-santé sur ordonnance », choisi en tant que terrain premier de l’enquête, est tributaire « de trajectoires personnelles des acteurs du sport dans un contexte de recomposition des politiques locales ». Les représentations, les expériences vécues en matière de pratique et de formation sont pour beaucoup dans les manières dont le sport s’intègre au sein de cette procédure publique de santé. S’ajoutent à cela certains critères de labellisation des acteurs qui leur confèrent des positions différentes, la hiérarchie qui s’ensuit permettant, pour partie, de fixer les règles et les contours de la mise en œuvre. Les statures de certains professionnels, tous ne disposant pas des mêmes marges de manœuvre au sein du dispositif, installent et font prévaloir des idées relatives au sport-santé sur ordonnance qui ne cesseront d’orienter les principes de l’offre autant que les conduites à mener face aux populations ciblées. Par cette démonstration, l’auteure « démonte » le processus d’institutionnalisation du sport dans le registre de la prescription des « bonnes conduites » de santé, et en montre les rouages premiers : des enjeux en termes de trajectoires individuelles et de subordination, rappelant la détermination des politiques procédurales sur les politiques substantielles15.

 

Procédant à une analyse du même ordre, Coralie Lessard cherche à saisir la nature des représentations des acteurs municipaux en matière de sport et ainsi à observer en quoi elles impactent le développement d’actions sociosportives à destination de jeunes publics dits « des quartiers », mais également à comprendre l’effet que peut avoir l’introduction, en 2007, du Fonds interministériel de prévention de la délinquance dans ces dispositifs d’insertion, d’éducation et/ou de rééducation par le sport. Plusieurs mairies forment son terrain d’investigation. L’étude avance alors le fait « qu’il n’existe pas de consensus général établi sur la thématique de la prévention de la délinquance par le sport, mais que la majorité [de ses discutants] considère que l’activité sportive seule n’est pas suffisante puisqu’elle ne comporte pas de valeurs préventives intrinsèques ». Entre une vision par trop générique, voire « magique », de l’État en matière d’éducation par les pratiques sportives et les réservoirs d’expériences des éducateurs, oscillant entre échecs et petites victoires, les négociations prennent rapidement la forme de résistances qui donnent à certaines mairies des allures de pandémonium. Coralie Lessard nous livre ainsi un tableau des plus contrastés laissant supposer la déconstruction locale de l’idéologie du rôlepréventif des actions socio-éducatives et sportives véhiculée par les politiques nationales16.

 

S’agissant de la gestion de ces mêmes populations, celles dites « des quartiers », Carine Guérandel interroge la construction d’une jeune catégorie de l’action publique, « les filles de cités ». L’enquête, portée par « une analyse de contenu des rapports officiels produits à partir de la fin des années 1990 jusqu’à nos jours […], de certains outils pédagogiques mis en ligne par des groupes de travail nationaux et d’appels à projets d’organismes », montre que ce qui en fait la substance est indissociable des représentations sexuées véhiculées par les programmes d’éducation et d’intégration par le sport. Émerge sans conteste le fait que, malgré une démarche politique active de développement du sport féminin dans les quartiers populaires urbains, les filles dites « de cités » s’engagent peu (ou ne s’engagent pas) dans les activités à caractère sportif, contrairement aux garçons. L’auteure impute cette abstention à la permanence autant qu’à la prééminence des inégalités de sexes dans les catégories de pensée qui structurent les orientations politiques. Autrement dit, les programmes de sensibilisation et d’éducation par le sport entrainent la reproduction de stéréotypes sexués déjà présents dans les milieux populaires. Dans ce cadre, « les écarts d’engagement et de performance des deux sexes [sont réfléchis à partir d’une] déficience des filles supposées naturellement moins fortes ou puissantes et socialement moins enclines à la compétition ou à l’effort physique, en raison notamment d’une religion ou d’une culture d’origine qui freinerait leur engagement ». Ce regard quasi essentialiste fonde idéologiquement les mesures prises pour ce qui est de la mise en œuvre des activités sportives à destination des « filles de cités », des activités qui devraient être prétendument conformes à une « condition », celle des jeunes adolescentes plutôt issues des milieux populaires.