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Chine 10 - Sichuan

De
138 pages

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Pourquoi y aller

Comme les spectacles magiques de biànliǎn, ou “changement de visage”, originaires de la province, le Sìchuān (四川) possède de multiples facettes. Si Chéngdū, la capitale, affiche le côté ostentatoire de la Chine moderne, il ne faut guère s’en éloigner pour découvrir une campagne parsemée de villages anciens aux ruelles et maisons de thé intemporelles et des monastères en bois jalonnant des montagnes enveloppées de brume. Le centre du Sìchuān est l’habitat du panda géant, l’animal emblématique du pays.

Au nord, vous découvrirez une région de vallées alpines et de collines boisées, ponctuées de lacs bleu-vert et sillonnées de superbes chemins de randonnée. Les paysages sont de plus en plus spectaculaires à mesure qu’on avance dans l’ouest du Sìchuān : vous arrivez dans le Kham, l’une des trois provinces traditionnelles de l’ancien Tibet – une contrée de hauts plateaux et de montagnes glaciaires où perdure la culture tibétaine. Votre voyage ne fait que commencer !

Quand partir


Mars-mai La période la plus propice pour visiter Chéngdū, avant les pluies estivales, à la floraison des pêchers.

Juillet-août Les meilleurs mois pour visiter les régions tibétaines, il fait chaud et les fêtes équestres se multiplient.

Juin-octobre Partez pour les lacs turquoise du Nord, avec la jolie forêt automnale et un temps clément pour le camping.


Histoire

Berceau de plusieurs royaumes dissidents, en perpétuel conflit avec l’autorité centrale, le Sìchuān connut des débuts turbulents. Il fut finalement soumis et l’empire Qin y établit sa capitale au IIIe siècle av. J.-C. La province devint le royaume de Shu (nom toujours usité), un État indépendant, durant la période des Trois Royaumes (220-280).

À l’époque des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.), le gouverneur et ingénieur réputé Li Bing réussit à contrôler les crues de la Mín (岷江 ; Mín Jiāng) dans la plaine du Chuānxī grâce à un système de barrage révolutionnaire ; 2 200 ans après sa construction, le projet d’irrigation de Dūjiāngyàn alimente toujours Chéngdū en eau et protège la population des inondations. Il explique en partie la fertilité de la région.

Plus récemment, les efforts de Zhao Ziyang, gouverneur du Sìchuān en 1975 et premier secrétaire du Parti communiste de la province, ont aussi contribué à la prospérité de la région. Après les erreurs tragiques du Grand Bond en avant (Cliquez ici), quand un dixième de la population locale mourut de faim, Ziyang fit appliquer les réformes économiques et agraires qui remirent la province sur pied. Son “système de responsabilité”, qui octroyait des parcelles de terre aux paysans contre l’engagement de vendre une partie des récoltes au gouvernement, eut un tel succès qu’il devint le modèle national. Cette terre fertile continue de produire plus de 10% des céréales, du soja, de la viande de porc et d’autres denrées de la nation.

Le 12 mai 2008, un séisme de magnitude 7,9 sur l’échelle de Richter, a dévasté le centre du Sìchuān, faisant plus de 87 000 morts, dont beaucoup d’écoliers, et des millions de blessés et de sans-abri. L’effort de reconstruction dans cette région montagneuse et isolée a duré des années. Il a fallu attendre 2012 pour que rouvre la route principale reliant Chéngdū à la région touristique de Jiǔzhàigōu, mais désormais la région compte de nombreuses villes et villages fraîchement reconstruits.

Le 20 avril 2013, un autre séisme majeur, de magnitude 7, a eu lieu au Sichuan. L'épicentre a été localisé à Ya’an, dans le district de Lushan (à 100 km de Chéngdū). Là encore, on a dénombré de nombreuses victimes et des milliers de personnes démunies.

Langue

Le sichuanais est un dialecte mandarin ; la différence de prononciation le rend difficile à comprendre pour ceux qui parlent le chinois standard. Les visiteurs entendront souvent les mots yàodé (“oui” ou “d’accord”) et méidé (“non”).


INDICATEURS DE PRIX

Vous trouverez dans ce chapitre les indicateurs de prix suivants :

Hébergement

$         moins de 200 ¥

$$       200-600 ¥

$$$     plus de 600 ¥

Restauration

$         moins de 30 ¥

$$       30-50 ¥

$$$     plus de 50 ¥


Outre le mandarin, les autres langues majeures du Sìchuān appartiennent à la famille tibéto-birmane ; elles sont parlées par les Tibétains et les Yi.

Renseignements

Au moment de nos recherches, presque tous les cybercafés (网吧 ;wǎngbā) de la province du Sìchuān se pliaient à un nouveau règlement obligeant tout client à présenter une carte d’identité chinoise, ce qui exclut de fait tout étranger. Nous avons néanmoins indiqué quelques adresses pour chaque ville et sur les cartes de ce guide, au cas où ce dispositif serait levé. Vous pouvez toujours tenter votre chance en demandant : néng shàngwǎng ma ? (est-ce que je peux utiliser lnternet ?).

La plupart des hôtels et auberges de jeunesse listés dans ce chapitre ont un accès Internet.

Comment s’y rendre et circuler

AVION L’aéroport de Chéngdū est le plus grand du sud-ouest de la Chine. Plus petits, les aéroports de Jiǔzhàigōu, au nord, et de Kāngdìng, à l’ouest, sont également utiles pour les touristes.

BUS Dans l’est et le sud du Sìchuān, des autoroutes raccourcissent les trajets entre Chéngdū et de nombreuses destinations.

Au nord de Chéngdū et à l’ouest de Kāngdìng, les routes et le climat se détériorent rapidement et les glissements de terrain bloquent régulièrement la circulation. En revanche, le paysage est souvent spectaculaire.

TRAIN Chéngdū constitue le principal carrefour ferroviaire du sud-ouest de la Chine. Des trains desservent pratiquement toutes les destinations, y compris Lhassa.

Plan rapproché sur les pages suivantes


À ne pas manquer

Un pèlerinage avec les Tibétains autour de l'impressionnante montagne sacrée au cœur de la réserve naturelle de Yàdīng

Une nuit dans un monastère sur les beaux versants boisés de l’Éméi Shān

La découverte du plus charmant emblème de la Chine au Centre de recherche et d’élevage du panda géant, à Chéngdū

Le camping dans les vallées alpines du parc national de Jiǔzhàigōu, dans le cadre d’un programme d’écotourisme

Un séjour chez les nomades tibétains dans les pâturages des hauts plateaux aux abords de gōng

L'un des plus grands bouddhas au monde, à Lèshān

D’anciennes mines de sel, des fossiles de dinosaures et de remarquables maisons de thé à Zìgòng

Une randonnée à cheval dans les bois et les montagnes qui entourent le paisible village de Sōngpān

Les maisons Qing et les ruelles de la vieille ville de Lángzhōng


CENTRE DU SÌCHUĀN

Capitale provinciale détendue, mais moderne, Chéngdū constitue le point de départ de l’exploration du Sìchuān pour la plupart des voyageurs. La région est émaillée de villes et de villages séculaires, telle Lángzhōng, la cité la plus vaste et la mieux préservée, et des montagnes boisées comme l’Éméi Shān offrent de superbes randonnées. Non loin, Lèshān possède l'une des plus grandes statues de Bouddha au monde. Enfin, d’excellentes réserves animalières permettent d’admirer des pandas, très difficiles à observer à l’état sauvage.

Chéngdū        成都

028 / 4.1 MILLIONS D’HABITANTS

Ville plate sans éléments naturels particuliers, grise et pluvieuse la majeure partie de l’année et affligée d’une circulation dantesque, Chéngdū parvient nénamoins à séduire les visiteurs. Sans doute grâce aux merveilleuses maisons de thé des nombreux parcs et temples qu’elle abrite, à sa succulente cuisine, à sa vie nocturne relativement animée, ou encore à ses pandas. Carrefour des transports de la région, cette cité en pleine expansion reste étonnamment décontractée.

Histoire

Fondée en 316 av. J.-C., Chéngdū, la “Cité parfaite”, vit l’essor et la chute d’une dizaine de dynasties et de royaumes indépendants ; son potentiel agricole et sa situation stratégique furent les clés de sa puissance politique. Tout au long de son histoire, la ville a été réputée pour sa culture ; Du Fu, le poète de la dynastie Tang, ne s’y établit pas par hasard.

Durant la dynastie Qin (221-206 av. J.-C.), deux murs furent édifiés pour créer deux quartiers contigus au nord de la rivière de Brocart (锦江 ; Jǐn Jiāng). Malheureusement, il n’en reste rien après qu’ils eurent été rasés en 1644 par Zhang Xianzhong, un rebelle qui occupa la cité, massacra la plupart de ses habitants, puis fonda son propre royaume.

Il ne reste pas plus de vestiges du vaste palais impérial construit sous la dynastie Ming (1368-1644) à l’endroit où se trouvent aujourd’hui la place Tianfu et la statue de Mao. Il couvrait 380 000 m2, soit plus de la moitié de la Cité interdite de Běijīng et un cinquième de la superficie totale de Chéngdū à cette époque. Il a été détruit pendant la Révolution culturelle et la dernière de ses portes splendides a disparu en 1979.

Aujourd’hui, la ville est divisée par la rivière de Brocart (Jǐn Jiāng), dont le nom évoque l’industrie locale du brocart de soie, florissante durant la dynastie des Han orientaux (25-220). De Chéngdū, les caravanes partaient vers l’ouest le long de la route de la Soie méridionale.

À l’époque de la dynastie Tang (618-907), la cité était devenue une pierre angulaire de la société chinoise. Trois siècles plus tard, pendant la dynastie Song, la première monnaie de papier du monde fut émise ici.

À voir

Centre de recherche et d’élevage du panda géant      RÉSERVE ANIMALIÈRE

(大熊猫繁育基地 ; Dàxióngmāo Fányù Jīdì ; www.panda.org.cn ; tarif plein/étudiant 58/28 ¥ ; 8h-18h). L’une des attractions touristiques les plus fréquentées de Chéngdū, cette réserve, à 18 km au nord du centre-ville, constitue le moyen le plus commode d’apercevoir les vedettes du Sìchuān sans avoir à aller dans un zoo. Ils vivent dans de vastes enclos bien entretenus.

Abritant une cinquantaine de pensionnaires (pandas géants et petits pandas rouges), le centre s’évertue à encourager la reproduction de ces animaux peu actifs sexuellement ; la saison des amours s’étend de mars à mai. Si vous venez en automne ou en hiver, vous verrez peut-être des nouveau-nés à la “nurserie”.

Venez de préférence le matin, quand les pandas sont le plus actifs. Le nourrissage a lieu vers 9h30, ainsi qu’en fin d’après-midi. En milieu de journée, ils passent la majeure partie du temps à dormir, surtout en plein été, quand ils se réfugient dans leurs abris (climatisés).

Devant le Traffic Inn, le bus n°60 (2 ¥, 1 heure, départs fréquents, 7h-18h), petit bus touristique à l’ancienne en bois, dessert l’arrêt de bus Shulong Lu Longqing Lukou (蜀龙路龙青路口), à 400 m du Centre du panda (revenez sur vos pas et tournez à droite). Vous pouvez aussi prendre à la gare ferroviaire Nord le bus n°69 (2 ¥, 20 min, 6h-20h) pour la gare routière de Zhāojué Sì (昭觉寺公交站 ; Zhāojué Sì Gōngjiāozhàn), d’où le bus n°87 (2 ¥, 20 min, 6h30-20h30) rejoint la porte du Centre du panda. Par ailleurs, toutes les auberges de jeunesse y proposent des excursions.

Temple Wénshū      TEMPLE BOUDDHIQUE

(文殊院 ; Wénshū Yuàn ; Renmin Zhonglu ; 5 ¥ ; 6h-21h). Ce monastère de la dynastie Tang, dédié à Wenshu (Manjushri), le bodhisattva de la Sagesse, est le temple bouddhique le plus grand et le mieux préservé de Chéngdū. Les effluves d’encens et le murmure des psalmodies contribuent à la sérénité des lieux malgré l’afflux de fidèles. Son excellent restaurant végétarien (文殊院素宴厅 ; Wénshūyuàn Sùyàn Tīng ; plats 8-48 ¥ ; 10h30-20h30) possède des tables dans un jardin et une carte en anglais. Il jouxte une charmante maison de thé.

À l’extérieur du temple, vous pourrez flânez dans l’un des trois “anciens” quartiers reconstruits de Chéngdū, aux étroites ruelles bordées de maisons de thé, de stands d’en-cas et de boutiques.

Musée du site de Jīnshā      MUSÉE

(金沙遗址博物馆; Jīnshā Yízhǐ Bówùguǎn ; www.jinshasitemuseum.com ; 227 Qingyang Dadao ; 青羊达到 227 号 ; 80 ¥ ; 8h-18h). En 2001, des archéologues ont fait une découverte historique dans les faubourgs ouest de Chéngdū : ils ont mis au jour un site majeur de vestiges du royaume de Shu, vieux de 3 000 ans.