Excursions sur les bords du Rhin – suivi d'annexes

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Nouvelle édition 2019 sans DRM de Excursions sur les bords du Rhin de Alexandre Dumas augmentée d'annexes (Dumas, sa vie, son temps, son œuvre par de Bury).

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EAN13 9791027302611
Langue Français

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LISTE DES TITRES
EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN
ALEXANDRE DUMAS – SA VIE, SON TEMPS, SON ŒUVRE
Alexandre Dumas : Œuvres complètes Retour à la liste des œuvres
EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN
Impressions de voyage Pour toutes remarques ou suggestions : editions@arvensa.com Ou rendez-vous sur : www.arvensa.com
Edition de référence : Michel Lévy frères 1854
EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN Liste des titres Table des matières du titre
Table des matières
IBruxelles II Waterloo III Anvers IV Gand V Bruges VI Le jubilé de 850 ans VII Hôtel d’Albion VIII Liège vue en déjeunant IX Le banquet de Warfusée X Aix-la-Chapelle XI Les petites et les grandes reliques XII Les deux bossus – Le Frankenberg– La rue des lutins XIII Cologne XIV Le dôme XV Le père Clément XVI Les sept péchés capitaux XVII Le Rhin XVIII Le Drachenfelds – Coblentz XIX Marceau XX Saint-Goar XXI La Lore-Lei XXII Monsieur de Metternich et Charlemagne XXIII Francfort XXIV La rue des Juifs XXV Excursion XXVI Manheim XXVII Karl-Ludwig Sand XXVIII La maison de force XXIX L’exécution XXX Le docteur Widemann XXXI Heidelberg XXXII Carlsruhe XXXIII Pierre de Stauffenberg XXXIV Baden-Baden XXXV Turenne XXXVI Le général Garnison
EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN Liste des titres Table des matières du titre
I Bruxelles
J’arrivai à Bruxelles le 20 août 1838, avec l’intention de visiter toute la Belgique, et de revenir en France par les bords du Rhin. J’avais une lettre de recommandation pour Sa Majest é le roi Léopold. Je m’empressai de me rendre au palais, où j’entrai avec plus de facilité que je n’eusse fait à Paris chez un de nos banquiers de second ordre : je demandai monsieur Van Praet, secrétaire particulier du roi, et je fus à l’instant même introduit près de lui. Le nom m’avait déjà prévenu en faveur de celui que j’allais voir : il éveillait chez moi un souvenir de reconnaissance, il me rappelait ce bon et respectable monsieur Van Praet, que j’avais toujours trouvé à la bibliothèque royale si bourru et si obligeant, et qui avait classé dans les vastes casiers de sa tête branlante les six cent mille vol umes de la bibliothèque royale, si bien que, sans quitter sa place, sans avoir recours au catalogue, il indiquait du premier coup la chambre, le rayon, le format et le numéro du livre qu’on lui demandait ; c’était merveille. Je m’attendais à trouver quelque bon vieillard comme lui, son frère sans doute, lorsque je vis venir à moi un jeune homme de 28 à 30 ans, qui s’excusa de m’avoir fait faire antichambre le temps qu’on avait mis à m’annoncer. C’était le neveu au lieu d’être le frère ; au reste, parent au plus proche degré de mon Van Praet, au moins sous le rapport de l’obligeance et de la gracieuseté. Le roi n’était point à Bruxelles, mais à Laeken, sa résidence d’été. Je demandai à monsieur Van Praet de quelle manière il fallait s’y prendre pour obtenir une audience de lui ; il me dit qu’il fallait louer à l’heure une voiture de place, au coin de la première rue venue, si mieux je n’aimais toutefois faire la route à pied ; m’en aller à Laeken, faire parvenir ma lettre au roi, et qu’aussitôt il me recevrait. C’était la marche à suivre : comme on le voit elle n’était rien moins que compliquée. Le souvenir de son excellent oncle avait servi de l ien entre monsieur Van Praet et moi ; nous nous quittâmes amis, et j’espère que, malgré le temps et la distance, il me garde un souvenir aussi bon que celui que je lui conserve. La route qui conduit au palais de Laeken est charmante, et je ne m’étonnai plus que monsieur Van Praet m’eût parlé de la faire à pied ; quant au palais, c’est une jolie bâtisse moderne, qui m’a paru dater de la fin du XVIIIe siècle. Il est entou ré de jardins anglais qui se mirent dans une large nappe d’eau, et dominent les délicieuses perspectives de Bruxelles et de ses environs. Ce fut à Laeken que Napoléon résolut la campagne de Russie. Malgré ce que m’avait dit monsieur Van Praet, j’entrai avec une certaine défiance ; je n’en suivis pas moins ses instructions ; je remis ma lettre à u n huissier, en disant de quelle part elle venait ; l’huissier me fit entrer dans un salon d’attente et alla porter la missive. Un instant après, une porte opposée à celle par laquelle il était sorti s’ouvri t, et un aide de camp m’annonça que le roi m’attendait. J’entrai et je trouvai effectivement le roi en négligé militaire. Au bout d’un quart d’heure de conversation, que Sa Majesté voulut bien mettre tout d’abord sur le pied de la causerie, j’étais convaincu que je parlais au roi le plus philosophe qui eût jamais existé, sans en excepter Frédéric. Le roi était en grand gala à l’occasion du chemin d e fer de Gand, qu’il devait inaugurer le lendemain, et du jubilé de Malines, qui devait avoi r lieu dans quelques jours. Il eut la bonté de m’inviter à ces deux fêtes ; puis, comme il vit, à ma réponse embarrassée, que son invitation, toute gracieuse qu’elle était, contrariait mes projets : « Faites mieux, me dit-il, allez de votre côté tandis que j’irai du mien, et si nous nous rencontrons, venez me demander à dîner. » J’acceptai avec une reconnaissance d’autant plus grande, que je trouvais une certaine différence entre la manière dont me recevait le roi Léopold et celle dont m’avait reçu le roi de Naples ; il est vrai
que le grand-père du roi de Naples a fait empoisonner mon père, et que je n’ai pas trop encore à me plaindre du petit-fils, qui s’est contenté de me faire reconduire hors du royaume par la gendarmerie. Tout est relatif. Je quittai le roi Léopold fort enchanté de son hospitalité, et je revins à Bruxelles, où j’entrai dans un café pour déjeuner. Tout en mangeant mon bifteck, je tombai sur un journal. Il y avait aux nouvelles du jour, que le cadavre d’une femme avait été trouvé la veille dans le canal de Laeken ; le journaliste ajoutait, en forme de réflexion, qu’on assurait que c’était une ancienne maîtresse du roi, qu’il avait fait jeter à l’eau. Si habitué que je fusse aux licences de notre presse parisienne, celle-ci me parut un peu forte. Je me retournai vers mon voisin pour lui demander ce qu’il pensait de cela ? Mon voisin était justement monsieur Van Praet que je n’avais pas vu en entrant, et qui mangeait modestement ses deux œufs à la coque. — Avez-vous vu cela ? lui demandai-je en lui tendant le journal. — Non, me dit-il, qu’est-ce ? — Lisez. Il prit le journal et lut, puis le reposa près de lui avec un air de parfaite indifférence. — Est-ce qu’on ne poursuivra pas ce monsieur ? demandai-je étonné de ce stoïcisme. — Pourquoi faire ? me répondit-il. — Mais pour lui apprendre à imprimer de pareilles choses. — Bah ! me répondit monsieur Van Praet, il faut bien qu’il vive, et de quoi vivrait-il si nous lui enlevions la calomnie ? — Et le roi, que dira-t-il s’il lit cela ? — Le roi ! il en haussera les épaules. À propos, comment vous a-t-il reçu ? — À merveille. Je lui racontai alors les détails de notre entrevue , et comment le roi, s’étant aperçu que son invitation dérangeait mes projets, avait eu la bonté de lui donner une autre forme. Comme un de ces projets était de visiter Bruxelles, monsieur Van Praet, à qui le séjour du roi à Laeken donnait quelque liberté, offrit de me servir de cicerone. On devine que j’acceptai. Bruxelles remonte au VIe siècle ; l’étymologie de son nom remonte, disent les uns, àBrocksel, qui veut dire marécage, et àBruck-Senne, disent les autres. Ce dernier mot peut se traduire par Pont-sur-Senne. En attendant, les savans discutent là-dessus ; cela les occupe. Saint-Vindician, évêque du diocèse de Cambrai, y mo urut en 709 ; ceci est constaté par une chronique contemporaine, qui est le plus ancien monument historique où il soit parlé de Bruxelles, nommée en latinBrossella. Pendant les deux siècles qui suivirent cette mort , la ville dut acquérir quelque importance, puisque l’empereur Othon data u n de ses diplômesapud Brussolam, en l’année 976 ; ce nom primitif avait déjà, comme on le voit subi quelques altérations. Quatre ans plus tard, Charles, fils de Louis d’Outremer, qui obtint en partage le duché de Basse-Lotharingie, choisit Bruxelles pour sa capitale, construisit un palais entre les deux bras de la Senne, et fit transporter dans une chapelle le corps de saint e Gudule, qui avait été déposé, au temps de Charlemagne, dans le monastère de Moorsel. Depuis lors, sainte Gudule fut adoptée comme patronne par les Bruxellois, et il paraît qu’ils n’ont point eu à s’en plaindre, puisqu’au milieu de tous leurs bouleversements religieux, ils lui ont conservé sa suprématie religieuse. En 1044, Lambert Balderic, comte de Louvain et de B ruxelles, fit bâtir autour de la ville un rempart percé de sept portes. Deux ou trois archéol ogues me montrèrent des débris qu’ils m’assurèrent être ceux de ce rempart. Je fis semblant de les croire, et cela parut leur faire plaisir. Ferrand, comte de Flandres, et Salisbury, frère du roi d’Angleterre, sous prétexte de forcer Henri Ier, duc de Brabant, à quitter l’alliance de la France, s’emparèrent de Bruxelles en 1213 ; puis, pour rendre l’enseignement plus efficace, ils la pillèrent. Les malheurs vont par troupe, dit un proverbe russe qui mérite par sa justesse d’être naturalisé français : en 1314, il y eut à Bruxelles peste et famine ; en 1405, incendie, et en 1549, tremblement de terre : 25,000 individus et 3,000 maisons disparurent dans ces divers accidents. Malgré ces calamités, Bruxelles n’en devint pas moi ns, sous la domination des ducs de Bourgogne, une des villes les plus florissantes du moyen âge. Ses manufactures d’armes, de tapisseries, de draps et de dentelles, étaient reno mmées à la fois en Allemagne, en France, en Angleterre et en Espagne ; de sorte que, lorsque la maison d’Autriche succéda à celle de Bourgogne, Charles-Quint, qui était né à Gand, l’adopta comme siège ordinaire du gouvernement des Pays-Bas, et