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Innovations dans le secteur touristique au Mexique

De
192 pages
Le Mexique, réputé pour son tourisme balnéaire et archéologique, fait partie des dix destinations touristiques les plus importantes au monde. Pourtant, une étude approfondie du pays fait apparaître de grandes disparités : le Tabasco, État faisant partie du Monde Maya, riche d'un potentiel naturel et culturel hors-du-commun, attire moins de touristes que le Chiapas ou le Yucatan. Dans cet ouvrage, l'auteur propose une série de stratégies visant à augmenter la demande touristique et pointe les mesures nécessaires pour développer l'attractivité du Tabasco.
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Andrés GUZMÁN-SALA
INNOVATIONS DANS LE SECTEUR TOURISTIQUE AU MEXIQUE
HorizonsLe Tabasco : analyse opérationnelle et perspectives Amériques Latines
Le Mexique, réputé pour son tourisme balnéaire et archéologique,
fait partie des dix destinations touristiques les plus importantes au INNOVATIONS DANS LE SECTEUR
monde. Dans cet extraordinaire pays, il est un État surprenant appelé
« Tabasco ». Celui-ci fait partie du « Monde Maya » et possède TOURISTIQUE AU MEXIQUE
un grand potentiel naturel et culturel favorable au développement
économique. Pourtant il attire moins de touristes que le Chiapas ou
le Yucatán. La forte concurrence de sites mondialement connus se
Le Tabasco : analyse opérationnelle et perspectivestrouvant dans la région en est, certes, la raison principale. Mais le fait
d’obtenir un moindre bénéfice des retombées du tourisme en termes
de recettes conduit à s’interroger sur les ressorts de la dynamique
sectorielle et sur son implication réelle pour la croissance globale
du Tabasco.
Dans cette étude, Andrés GUZMÁN-SALA, après avoir analysé dans
quelle mesure l’offre touristique actuelle est capable de faire face
à la demande touristique, propose une série de stratégies visant à
augmenter la demande touristique et pointe les mesures nécessaires
pour développer l’attractivité touristique du Tabasco.
Andrés GUZMÁN-SALA est professeur en Sciences économiques à
l’Université Juárez Autonome du Tabasco (Mexique). Spécialiste en
management touristique, marketing et gestion internationale, il a cofondé
le groupe de recherche d’études socioéconomiques et financières dans
le secteur productif (ESFIN). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont
Intensification des Exportations dans l’ALENA, Turismo enfoque
global, el Sector Turístico en Tabasco: Perspectiva sobre el sector
hotelero, restaurantero, y transporte, et d’articles scientifiques sur le
tourisme et le commerce international.
Illustration de couverture : La fontaine danseuse dans la lagune des illusions à Villahermosa
Tabasco. Photo de l’auteur.
ISBN : 978-2-343-10390-7 Horizons Horizons
Amériques Latines Amériques Latines21,50
INNOVATIONS DANS LE SECTEUR TOURISTIQUE AU MEXIQUE
Andrés GUZMÁN-SALA
Le Tabasco : analyse opérationnelle et perspectives




INNOVATIONS DANS LE SECTEUR TOURISTIQUE
AU MEXIQUE

Le Tabasco : analyse opérationnelle et perspectives

































Horizons Amériques latines
Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin

La collection Horizons Amériques latines publie des synthèses
thématiques sur l’espace s’étendant du Mexique à la Terre de feu. Les
meilleurs spécialistes mettent à la disposition d’un large public des
connaissances jusqu’alors souvent réduites, sur ce sous-continent, à
quelques stéréotypes.

Dernières parutions

Jean-Jacques FONTAINE, 2016, Rio de Janeiro et les Jeux Olympiques. Une
cité réinventée, 2016.
Luiz Hildebrando PEREIRA DA SILVA, Chroniques subversives d’un
scientifique métèque engagé. Le fil du puzzle, 2016.
Emmanuel DUFOUR, Puebla - 5 mai 1862. Le jour où est née la nation
mexicaine, 2015.
Carlos MONSIVAIS, L’Etat laïc et ses détracteurs. Chronique, 2015.
Bruno SUSANI, Le péronisme de Perón à Kirchner. Une passion argentine,
2014.
Jean-Jacques FONTAINE, L’invention du Brésil. De crises en crises, un géant
qui s’affirme, 2014.
Marie DURAND, Bolivie, la voix de Flora résonne encore. Des femmes et du
développement participatif (1971-1985), 2013.
Pierre Henri GUIGNARD, Lettres colombiennes, Correspondances à l’encre verte,
2012.
Carlo A. CÉLIUS, Le défi haïtien, 2011.
Nicolas PINET, Projets politiques et luttes sociales, 2011.
Manuel PENA MUNOZ, Valparaíso. Chroniques d’un port mythique, 2009.
R. CONTRERAS OSORIO, Les limites du libéralisme latino-américain, 2009.
J. MUÑOZ, Géopolitique de la frontière États-Unis – Mexique, 2009.
A. BERTAGNINI, J. FORTEZA, D. LÓPEZ, F. PEÑA, F. PINOT de
VILLECHENON, C. QUENAN, J. WALTER, L’Argentine, terre
d’investissement ?, 2008.
HOWLET-MARTIN Patrick, Le Brésil du Nord-Est. Richesses culturelles et
disparités sociales, 2008.
CHASSIN J. et ROLLAND D. (coord.), Pour comprendre la Bolivie d’Evo
Morales, 2007.

Andrés GUZMÁN-SALA






INNOVATIONS DANS LE SECTEUR TOURISTIQUE
AU MEXIQUE

Le Tabasco : analyse opérationnelle et perspectives

































































© L’HARMATTAN, 2016
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-10390-7
EAN : 9782343103907




À la mémoire de ma mère madame Venustiana Sala
Pour son dévouement et sa foi en moi

À Verónica García
Mon épouse bien-aimée pour sa patience et sa compréhension

À Angélica et Hugo
Pour leur dévouement. En espérant qu’ils ne me tiendront pas
rigueur du temps passé à la recherche et à l’écriture de ce travail










































REMERCIEMENTS



Je voudrais remercier l’Universidad Juárez Autónoma de Tabasco
(UJAT) et le Consejo Nacional de Ciencia y Tecnología (CONACYT) pour
leur appui et leur soutien, me permettant de réaliser mon doctorat à
l’étranger.
Je tiens à exprimer ma sincère reconnaissance à mon directeur de thèse,
Monsieur Jean-Louis Caccomo, qui a accepté de diriger ce travail. Nos
nombreuses discussions et son approche intuitive et pédagogique de
l’économie touristique m’ont beaucoup influencé dans l’orientation que j’ai
donnée à mes recherches.
Je remercie très chaleureusement Monsieur François Feral, Président de
l’Université de Perpignan pour son appui dans le cadre de mes études de
doctorat.
Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à Monsieur le Professeur
Jean-Michel Hoerner, qui a accepté de participer à ce jury.
J’adresse mes plus sincères remerciements à Monsieur le Professeur Joan
Carles Suari qui a accepté de rapporter ce travail et de se confronter aux
difficultés de la langue française.
J’exprime ma profonde gratitude à Monsieur le Professeur Pierre Dussol
qui m’a fait l’honneur de participer à ce jury.
J’exprime également ma profonde gratitude à Monsieur le Professeur
Philippe Mahenc, Directeur du GEREM, qui m’a accueilli au sein de son
équipe. Je tiens à remercier tout particulièrement Nicolas Peypoch et Laurent
Botti pour nos discussions, leurs conseils précieux et leur soutien amical.
Je remercie les membres du GEREM, et tout spécialement Bernardin
Solonandrasana, Walter Briec pour leurs conseils avisés. Je remercie
également les membres de l’axe de recherche « Économie du Tourisme » du
GEREM ainsi que les membres du département des sciences économiques et
de gestion. Je remercie les secrétaires pour leur gentillesse et leur
disponibilité.
Sur un plan personnel, je voudrais remercier amis et famille qui m’ont
soutenu pendant ce travail, et plus particulièrement Mélina, Maryse, Laurent,
Philipe et Stéphanie pour leurs relectures attentives.
Enfin, je tiens à remercier mes parents, mes frères et sœur, pour leur
patience et leur soutien constant.


7


ACRONYMES



AAV Association des Agences de Voyages
AIDS Almost Ideal Demand System
AMHM Asociación Mexicana de Hoteles y Moteles
ARIMA Auto Regressive Integrated Moving Average
BM Banco de México
BTT Bourse du Travail Touristique
CICOM Centro Internacional de la Cultura Olmeca y Maya
CECATUR Centro de Capacitación Turística
CNDR Comision Nacional de Desarrollo Regional
CSNU Commission de Statistique des Nations Unis
CST compte satellite du tourisme
DMO Destination Management Organization
EXPOTAB Exposición Tabasqueña
FOGATUR Fondo de Garantía y Fomento al Turismo
FONATUR Fondo Nacional de Fomento al Turismo
GC Gouvernement of Canada
GEC Gobierno del Estado de Chiapas
GECAM Estado de Campeche
GET Estado de Tabasco
GEQR] Gobierno del Estado de Quintana Roo
GEY Gobierno del Estado de Yucatán
INFDM Instituto Nacional para el Federalismo y el Dasarrollo Municipal
INEGI Instituto Nacional de Estadística Geografía e Informatica
INFRATUR Fondo de Promoción de Infraestructura Turística
IMIT Instituto Mexicano de Investigaciones Turisticas
ITC Industrie Touristique Caractéristique
ITNC ristique Non Caractéristique
IADB Inter-American development Bank
MAE Moyenne Absolue de l’Erreur
MCO Moindres Carrés Ordinaires
NU Nations Unies
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
OIT Organisation Internationale du Travail
OMM Organización Mundo Maya
PIB Produit intérieur Brut
PEMEX Petróleos Mexicanos
RMSE Root Mean Squared Error
SECTUR Secretaría de Turismo
SECOFI Secretaría de Comercio y Fomento Industrial
9

SANPET Sistema de Áreas Naturales Protegidas del Estado de Tabasco
TEAM Tourism Economic Assessment Model
UIOOT Union internationale des organismes officiels de tourisme
UMSNH Universidad Michoacana de San Nicolás de Hidalgo
VFA Visites de Famille et Amis
UVP Unique Value Proposition
UNESCO United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization
VAR Vectorial Auto Regressions
WTO World Tourism Organization
WTTC World Travel and Tourism Council

10

INTRODUCTION
A L’ÉTUDE DU TOURISME


L'industrie touristique a démontré qu’elle était l’un des secteurs
économiques les plus importants dans le monde. L’année 2002 a d'ailleurs
été historique à ce sujet, puisque la barrière des 700 millions d’arrivées de
touristes internationaux a été franchie au niveau mondial. Le tourisme
mondial a subi des changements cruciaux, la région Asie – Pacifique ayant
fait reculer les Amériques de la deuxième à la troisième place. En effet, la
récession des États-Unis a eu un impact sur cette région, où l'on observe une
diminution du nombre d’arrivées.
Le Mexique, qui appartient à la région des Amériques, fait partie des dix
destinations touristiques les plus importantes au monde, se situant au
aseptième rang mondial [World Tourism Organization [WTO], 2005 ]. Ce
pays, réputé pour son tourisme balnéaire et archéologique, attire les visiteurs
en provenance de différentes régions du monde. Les touristes recherchent au
1Mexique des sites touristiques exceptionnels tels que les pyramides et les
2stations balnéaires .
3Dans l’État de Tabasco, situé dans la région maya mexicaine, les études
empiriques sur l’activité touristique sont pauvres. Le secteur touristique
possède cependant un grand potentiel naturel et culturel favorable au
développement économique régional. Une forte croissance de la
fréquentation touristique a d’ailleurs été observée dans cet État, entre 1995 et
a2004 [Secretaría de Turismo [SECTUR], 2005 ].
Conscient de la rareté des études empiriques sur le secteur touristique
pour l'État de Tabasco, nous essayerons, dans ce travail, de concentrer notre
analyse sur l’ajustement de l’offre et de la demande touristiques. Avant cela,
il nous faut néanmoins dégager une série de concepts concernant la notion de
tourisme.

Les concepts

eAu début du XVIII siècle, certains auteurs pensaient que le mot touriste
venait de la transcription anglaise d’un vocable français : « tour ». Le
« tour » évoquait en ce temps-là un voyage d’études fait en Europe par un

1 Pyramide du Soleil dans l'État de Mexico, Montealban dans l'État d’Oaxaca, Palenque dans
le Chiapas, Uxmal et Chichén Itzá dans le Yucatán, Tulum dans le Quintana Roo.
2 Cancún, Playa del Carmén, Acapulco, Huatulco, Puerto Vallarta, etc.
3 Les États faisant partie du Monde Maya sont : le Campeche, le Chiapas, le Tabasco, le
Yucatán et le Quintana Roo.
11

jeune aristocrate anglais. Un touriste est une personne qui « voyage pour son
plaisir » [Dictionnaire Le Robert, 2007]. Raboteur [2000] souligne que le
tourisme est né bien après le touriste. Suivant McIntosh, Goeldner et Ritchie
[2001], le tourisme est un ensemble de secteurs d’activités tels que le
transport, l’hébergement, la restauration, les loisirs, les spectacles, le sport et
les entreprises de voyages cherchant à satisfaire les besoins et désirs du
touriste. Spizzichino (1991) en donne une définition similaire : pour lui, le
tourisme est l’ensemble des activités destinées à satisfaire les besoins des
touristes et l’industrie touristique peut être définie comme l’ensemble des
entreprises faisant commerce de ces activités. Ces deux définitions nous
permettent de comprendre plus clairement le terme « tourisme ». Jacob
avance cependant une définition plus précise et plus élaborée : « Le tourisme
est une tentative de maîtrise et de traitement des flux de migration par une
offre de produits pouvant comprendre un hébergement, un transport et des
activités ».

Le tourisme est un domaine d’étude relativement récent. En effet, ce n’est
qu’au début des années 80 qu’il a commencé à intéresser quelques
économistes et géographes [Pike, 2004]. Les chercheurs ayant pour objet le
tourisme ont cependant été confrontés à son caractère polymorphe et ont dû
apprendre à concilier les sciences de l’économie, de la gestion, de la
géographie, de la sociologie, de la psychologie et de l’anthropologie pour le
théoriser [Gilbert, 1990]. Chacune de ces disciplines désirant mettre en
valeur une facette différente du tourisme [Leiper, 1995].
En 1991, lors de la Conférence Internationale de Statistiques du Tourisme
et des Voyages, convoquée par l’Organisation Mondiale du Tourisme
4(WTO) à Ottawa (Canada), certaines recommandations sur les définitions
de « tourisme », « voyageurs » et « touristes » ont été apportées. La
Commission de Statistique des Nations Unies (CSNU) a d'ailleurs adopté les
recommandations de la WTO le 4 mars 1993 [McIntosh et al., 2001]. Notons
que la WTO définit le tourisme comme
« l’ensemble des activités déployées par les personnes au cours de leurs
voyages et de leurs séjours dans les lieux situés en dehors de leur
environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une
année, à des fins de loisir, pour affaires et autres motifs non liés à l’exercice
d’une activité rémunérée dans le lieu visité ». [Nations Unies [NU], 1994.
pp. 9, 20].

La conceptualisation du tourisme nous amène au concept de voyageur,
défini comme la personne qui voyage entre deux pays ou plus, entre deux
localités de son pays de résidence habituel ou plus. À ce sujet, McIntosh et
al. [2001] affirment que les motifs de voyage les plus communs sont le

4 Sigles en anglais.
12

5loisir , les affaires et les études. Ainsi, le voyage touristique est considéré
comme un déplacement destiné à satisfaire, ailleurs qu'à son domicile, un
besoin complexe de loisir : visites d’autres pays, rencontres avec d’autres
gens, détente, activités sportives ou autres [Spizzichino, 1991].
Les divers groupes ou acteurs participant à cette importante industrie
sont : le touriste, les entreprises fournissant les biens et les services, les
gouvernements des destinations visitées et la communauté locale. Ajoutons
que le développement des voyages a engendré des touristes expérimentés et
chaque fois plus exigeants. C’est pourquoi la préparation de l’offre
touristique demande une certaine exigence technique concernant
l’hébergement et le transport qui constituent l’infrastructure touristique et les
services touristiques de base d'une destination donnée.
Une destination touristique c’est une « aire géographique qui est en
mesure d’offrir un produit touristique c'est-à-dire un ensemble de services
supports qui gravite autour d’activités ou d’expériences inhabituelles pour le
touriste » [Jensen, Hansen et Metz, 1993 dans Framke, 2002]. Il apparaît
clairement dans cette définition que la destination est un « bien composite »
[Caccomo et Solonandrasana, 2001, p. 17] constitué de l’ensemble des
commodités nécessaires au confort du touriste lors de son séjour et de ce que
la communauté des chercheurs appelle l'attraction touristique.
L’attraction touristique, parce que c’est elle qui tire le touriste hors de son
environnement habituel [Lew, 1987] est considérée par la communauté
scientifique comme la composante principale de la destination [Lundberg,
1985 ; Gunn, 1994 ; Swarbrooke, 1995]. Certains auteurs suggèrent même
que, sans attraction, le tourisme cesserait d’exister [Gunn, 1972, Pigram,
1983]. En effet, tout comme les caractéristiques d'un produit ou d’un service
doivent satisfaire les besoins des consommateurs, les attributs d'une
destination, et notamment ses attractions, doivent répondre aux attentes des
touristes.
Les travaux empiriques sont vastes en ce qui concerne le tourisme. En
effet, les modèles les plus connus concernant l’analyse de la demande
touristique sont ceux du log-linéaire, d’AIDS, d’ARIMA, de co-intégration,
de VAR et gravitationnel. Selon Lim [1997], dans plus de 60 % des cas,
l’estimation repose sur le modèle du log-linéaire. Par ailleurs,
Randriamboarison [2003] note que Quayson et Var [1982], après avoir
comparé les modèles d’estimation de la demande touristique disponible,
6concluent que le modèle du log-linéaire demeure le plus robuste .

5 Nous voulons connaître d'autres endroits ; savoir comment sont les gens, leur culture, la
faune, la flore et le relief ailleurs. La prospérité matérielle (accompagnée de niveaux de vie
supérieurs) a permis à des centaines de millions de personnes dans de nombreux pays
développés de voyager.
6 D’autres modèles sont utilisés comme : le « Linear Expediture System » développé par
Stone [1954], le « Almost Ideal Demand System (AIDS) » de Deaton et Muelbaueur [1980],
le « Rotterdam Demand » de Theil [1976] et Barten [1969].
13

Dans notre travail sur le secteur touristique pour l'État de Tabasco, nous
choisirons le modèle du log-linéaire pour l’estimation de la demande
touristique. Cependant, notre analyse exigera aussi un modèle plus global car
nous voulons ajuster l’offre et la demande touristiques. McIntosh et al.
(2001) soutiennent que la procédure utilisée pour ajuster l’offre et la
demande touristiques s’appelle l’analyse opérationnelle. Il s’agit de trouver
un équilibre entre l’offre et la demande afin d’éviter certains problèmes
comme celui des chambres vides ou du manque de chambres pour accueillir
les touristes.

Histoire et perspectives globales du tourisme

Le tourisme moderne est né à la fin de la Seconde Guerre mondiale. À
cette époque (1945-1958), la situation économique, politique et sociale
favorisait les voyages des touristes américains vers l'Europe et le transport
était considéré comme un facteur déterminant pour le développement du
tourisme. Quelques agents faisant partie du processus fonctionnel du
tourisme sont apparus à ce moment-là, notamment les chaînes hôtelières qui
s’étendent aujourd'hui dans le monde entier [Jiménez-Martínez, 1990].
La période de 1959 à 1973 s’est caractérisée quant à elle par
l'amélioration des conditions socio-économiques des pays ayant participé à
la guerre. L’économie internationale des années 1960 s'est ainsi trouvée dans
une période de développement. Avec l’introduction du jet, le tourisme est
devenu un phénomène de masse contribuant à augmenter son importance
politique et économique. Les pays d'Europe et le Japon s’incorporent à cette
époque au tourisme international. Ce dernier était alors considéré comme un
mécanisme d'aide économique et de coopération internationale. Au même
moment, le processus d'intégration verticale et horizontale de la structure
fonctionnelle du tourisme international se mit en marche et les compagnies
localisées dans les pays industrialisés tentèrent de consolider leur contrôle du
marché touristique [Idem, pp. 63-67].
Une nouvelle étape se dessine à partir de 1973. La crise économique a en
7effet généré une diminution de la croissance du tourisme . De nombreux
pays ont cependant tenté d'attirer les touristes internationaux en leur offrant
de meilleures conditions fiscales, de meilleures conditions de crédits et des
infrastructures favorisant l’implantation d'opérateurs touristiques internationaux
comme celle de groupes financiers et de commerçants. Le contrôle de la structure
du tourisme international reposait donc de plus en plus sur de grandes
compagnies internationales, contrôlant le développement et la destination
des voyages ainsi que l’expansion des hôtels et des routes aériennes [Ibid,
pp. 113-117].

7 Croissance moyenne annuelle du tourisme : 10,9 % en 1950-1960, 8,3 % en 1960-1971 et
4,5 % en 1972-1980. Source : OMT. Estudio Económico del Turismo Mundial, 1980, p. 13.
14

Le secteur touristique a ainsi connu un essor pratiquement sans entrave
tout au long de ces quarante dernières années. La majorité des pays voient
d'ailleurs le tourisme comme une source de revenus, un moyen de se
procurer des devises, un gisement d’emplois, une manne supplémentaire
pour les régions à faible potentiel économique. À ce sujet, il est possible
d’observer trois grandes tendances dans l’évolution du tourisme mondial.
Premièrement, notons que depuis le début des années 1950 ce secteur a
connu une très forte croissance. Ainsi, sur une période de 20 ans, de 1980 à
2000, il est intéressant de constater que les arrivées de touristes
internationaux ont plus que doublé et que les recettes touristiques
internationales ont pour leur part quadruplé. Deuxièmement, nous pouvons
observer que, même si le taux de croissance du tourisme mondial a diminué
dans les années 1990, il demeure important. Troisièmement, on constate que,
durant la période allant de 1990 à 2001, les parts régionales de marché du
tourisme mondial se sont substantiellement modifiées. Par conséquent, la
part de marché d’une destination traditionnelle comme l’Europe a diminué –
même si elle demeure encore importante – au profit d’autres destinations,
principalement les pays d’Asie de l’Est et du Pacifique.
Le tourisme est ainsi considéré comme un phénomène économique et
social des plus remarquables pour le siècle passé. Le nombre d'arrivées
internationales passe de 25 millions en 1950 à environ 763 millions en 2004.
Le taux de croissance annuel moyen durant cette période a été de 6,5 %, le
développement ayant été particulièrement fort en Asie, dans le Pacifique
(13 % en moyenne par année) et dans le Moyen-Orient (10 %) tandis que les
Amériques (5 %) et l'Europe (6 %) se sont développées à un rythme plus lent
et légèrement au-dessous de la croissance moyenne du monde [World
aTourism Organization [WTO], 2006]. Les nouvelles destinations
touristiques ont donc augmenté solidement leur part de marché tandis que
des régions plus développées telles que l'Europe et les Amériques ont connu
une dynamique de croissance moindre. La performance des Amériques a
d'ailleurs été la plus affectée par le déclin de ces dernières années, leur taux
de croissance moyen annuel pour la période 1950-2000 ayant été de 5,8 %,
contre une croissance moyenne de 6,8 % dans le reste du monde [Ibid.].
L'Europe et les Amériques ont pourtant été les principales régions visitées
par les touristes entre 1950 et 2000. Ces deux régions représentaient plus de
95 % du marché en 1950, 82 % du marché quarante ans après et 76 % du
marché en 2000 [Ibid.].
En 2003, les arrivées de touristes internationaux représentaient environ
6 % des exportations mondiales de biens et de services (en dollars US)
b[World Tourism Organization (WTO, 2006 ]. La WTO soutient en effet que
le tourisme a augmenté pratiquement de 30 % par rapport au total des
exportations de services. Notons que la demande touristique dépend aussi
fortement des conditions économiques, lesquelles doivent être favorables
15

8pour générer des marchés . Dans quelques années, quand la croissance
économique mondiale dépassera les 4 %, la croissance du tourisme tendra à
être plus importante. En revanche, quand la croissance du PIB mondial
tombera au-dessous des 2 %, la croissance du tourisme tendra à être encore
inférieure. Notons par exemple qu’avec une croissance du PIB de 3,5 %, le
tourisme s'est développé en moyenne 1,3 fois plus rapidement que le PIB,
notamment durant la période 1975-2000 où le tourisme a augmenté à un taux
moyen de 4,6 %. [Ibid.].
Les arrivées de touristes internationaux ont atteint en 2004 un niveau sans
précédent de 763 millions. Cela correspond en valeur relative à une
progression de presque 11 %, progression la plus élevée et la seule à deux
chiffres enregistrée depuis 1980, date à laquelle a commencé le recueil de
données détaillées. Toutes les régions ont profité de cette croissance, mais
plus particulièrement l'Asie, le Pacifique (+ 28 %) et le Moyen-Orient (+
b18 %) [WTO, 2005 ]. Une croissance à deux chiffres a également été relevée
concernant les Amériques (+ 11 %). L'Afrique (+ 8 %) et l'Europe (+ 5 %) se
situent pour leur part au-dessous de la moyenne mondiale, mais après avoir
déjà affiché des résultats positifs en 2003 et en ayant fait beaucoup mieux
que les années précédentes. De même, au niveau des sous-régions, tous les
résultats sont positifs. En 2004, la majorité des touristes internationaux, soit
395 millions de personnes, voyageait pour le loisir, la détente et les vacances
(52 %). Les voyages d'affaires ont représenté quelque 16 % du total
(120 millions) et une part correspondant à 24 % est revenue aux voyages
obéissant à d'autres motivations, comme les visites de famille et les
déplacements chez des amis (VFA), les excursions religieuses et les
pèlerinages, les cures de santé, etc. (185 millions). Pour les 8 % restants,
9l'objet de la visite n'a pas été précisé . En 2004, les recettes du tourisme
international ont crû légèrement moins vite que le nombre d'arrivées.
Exprimées en devises locales et en prix constants – c'est-à-dire abstraction
faite des effets de variations des taux de change et de l'inflation – les recettes
du tourisme international ont augmenté de 9 %, après avoir diminué pendant
trois années consécutives [Ibid, pp. 2-3].
À l’horizon 2020, selon les prévisions à long terme de la WTO, couvrant
une période de vingt-cinq ans à partir de 1995 avec des projections chiffrées
pour 2010 et 2020, les tendances structurelles sous-jacentes ne devraient pas
sensiblement changer. L’expérience montre que, à court terme, les périodes

8 Quand les économies se développeront, les niveaux de revenus disponibles augmenteront
également. Une grande partie relative au revenu discrétionnaire sera alors dépensée de toute
évidence dans le tourisme, notamment dans le cas des économies émergentes.
9 En 2004, près de la moitié des touristes internationaux se sont rendus sur leurs lieux de
destination par voie terrestre, par la route (45 %) ou en train (4 %). Le transport aérien
correspondant à 43 % des arrivées et le transport maritime à 7 %. Après trois années atones, le
transport aérien a ainsi atteint une progression de 15 % en 2004, contre 9 % pour le transport
maritime et 7 % pour le transport par voie terrestre.
16

de forte croissance (1995, 1996, 2000) alternent avec des périodes de
croissance ralentie (2001 et 2003). Le rythme de croissance observé jusqu’en
2000 ayant dépassé les prédictions émises, l'on s’attend d’une manière
générale à ce que le retard actuel soit rattrapé à moyen ou long terme [WTO,
c2006 ].
En effet, dans le document Tourisme : horizon 2020, la WTO prévoit que
les arrivées de touristes internationaux dépassent le chiffre de 1,56 milliard
d’ici 2020. Parmi ces arrivées, 1,18 milliard correspondra à des voyages
intrarégionaux et 377 millions relèveront du tourisme lointain. Les trois
principales régions réceptrices seront à ce moment-là l’Europe (717
millions), l’Asie de l’Est et le Pacifique (397 millions) et les Amériques (282
10millions), devant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud . Selon ces
prévisions, les régions touristiques confirmées, telles que l’Europe et les
Amériques, connaîtront une croissance inférieure à la moyenne. L’Europe
continuera d’accaparer la plus grande part des arrivées enregistrées dans le
monde, part qui tombera toutefois de 60 % en 1995 à 46 % en 2020. Le
tourisme lointain progressera plus rapidement, à un rythme de 5,4 % par an
entre 1995 et 2020, par rapport au tourisme intra régional (3,8 %) [Ibid.].

Le tourisme au Mexique

Le début de la Seconde Guerre mondiale a représenté une opportunité
pour le Mexique en matière touristique. Le pays a connu à ce moment-là un
11important flux de touristes états-uniens , le tourisme étant encouragé de
façon ouverte, car considéré comme une source importante de recettes
[MacDonald, 1981].
L’évolution du tourisme au Mexique se caractérise par une forte
croissance. De 1930 à 1981, le taux de croissance moyen annuel du nombre
de touristes était de 12,5 % et le budget touristique enregistrait des soldes
favorables, notamment dans les années 1975, 1979 et 1980
[JiménezMartínez, 1990, pp. 212-213]. En 1950, le Mexique pour 3,8 % au tourisme
mondial, soit 950 000 arrivées de touristes, alors qu’en 1999 le nombre
d’arrivées était de plus de 19 millions : le nombre de touristes a donc été
amultiplié par vingt en cinquante ans [SECTUR, 2000 ]. L’infrastructure
hôtelière mexicaine a ainsi connu un développement considérable avec la
création de macro centres touristiques, tandis que le développement de
l’infrastructure routière et aérienne a facilité l’arrivée de touristes
internationaux au Mexique [Jiménez-Martínez, 1990].

10 L’Asie de l’Est et le Pacifique, l’Asie du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique devraient
enregistrer des taux de croissance supérieurs à 5 % par an, pour une moyenne mondiale de
4,1 %.
11 Nous utiliserons le mot « États-uniens » en lieu et place d’« Américains » car tous les
habitants du continent américain sont par définition, des Américains.
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Les recettes ont été stables durant les années 1950. Par la suite, elles ont
connu une légère croissance, jusque dans les années 1970. Nous pouvons
également observer de fortes croissances dans les recettes de 1986 à 1998
a 12[SECTUR, 2000 ] . Aujourd’hui, le Mexique est considéré comme le
septième pays au rang mondial en ce qui concerne les arrivées de touristes
ainternationaux et le quatorzième pour l’entrée de devises [WTO, 2005 ]. En
2005, le nombre de visiteurs s'est élevé à 103,14 millions. 21,91 millions
d'entre eux étaient des touristes internationaux et 81,23 millions des touristes
bnationaux [SECTUR, 2005 ].
Le Mexique possède une infrastructure hôtelière moderne comptant
13parmi les plus importantes du monde. Il se situe au neuvième rang mondial
en ce qui concerne l’offre hôtelière et représente 2,61 % du total de l’offre
hôtelière mondiale [Asociación Mexicana de Hoteles y Moteles [AMHM],
2003]. En 2002, l’infrastructure hôtelière nationale comptait 11 618
établissements d’hébergement et 469 488 chambres dans cinq catégories
différentes. De 1985 à 2002, le taux de croissance moyen annuel pour les
établissements hôteliers était de 3,7 % pour les établissements hôteliers et de
2,48 % pour les chambres. Les États possédant la plupart des établissements
hôteliers sont : le Veracruz, le Jalisco, Oaxaca et le District Fédéral. En
revanche, la majorité des logements (chambres) se trouvent dans les États de
Quintana Roo, Jalisco, District Fédéral, Guerrero et Veracruz [Ibid.].
Le secteur touristique est le troisième secteur par ordre d'importance pour
l'économie mexicaine. L'activité touristique nationale contribue à la
croissance économique et sociale, en élevant la qualité et le niveau de vie de
la population grâce à la création d’emplois, la captation de devises et grâce
aau développement régional [SECTUR, 2001]. Le secteur touristique
mexicain est solide et présente une forte croissance en ce qui concerne ses
recettes touristiques. Et ce, même si durant l’année 2003, le nombre des
visiteurs a diminué, avec une augmentation réduite à 6,8 % de ses recettes
touristiques, soit 5,7 % du total de l’exportation mexicaine. Le PIB
touristique, de 1993 à 2002, quant à lui était à hauteur de 8,3 % par an en
bmoyenne [SECTUR, 2001 ].
Les États-Unis représentent naturellement le plus important marché
émetteur de touristes pour le Mexique, tant pour le nombre de touristes que
14pour le montant de leurs dépenses . L’Europe et le Canada sont aussi des
marchés potentiels pour le Mexique, également en raison de leurs
15dépenses . Cependant, bien que la croissance de ces deux derniers marchés

12 Sauf une chute en 1994 due à la crise et une chute en 1998.
13 Federación Española de Hoteles.
14 Le voisinage avec les États-Unis ainsi que la taille relative de ce pays ont déterminé la
prépondérance de ce marché pour le tourisme au Mexique.
15 En 2002, les États-Unis représentaient le principal émetteur de touristes vers le Mexique
avec un taux de 88,2 %, contre 3,7 % pour le Canada, 4,8 % pour l'Europe, 2,7 % pour
l'Amérique latine et 0,5 % pour le reste du monde.
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