Le Mont Saint-Michel 2020 Carnet
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Description

SAINT-MICHEL

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 29
EAN13 9782305040387
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
BIENVENUE AU MONT-SAINT-MICHEL
DÉCOUVERTE
Carte d’identité
Les immanquables
Nature
Économie
Histoire
Patrimoine et traditions
Le Mont-Saint-Michel gourmand
Sports et loisirs
Festivals et manifestations
DE LIEUX EN LIEUX
SUR LE MONT
AUX ENVIRONS
ORGANISER SON SEJOUR
Se rendre au Mont-Saint-Michel
Circuler au Mont-Saint-Michel
Hébergement
S’informer sur le Mont-Saint-Michel
Galerie photos

BIENVENUE AU MONT-SAINT-MICHEL


Le Mont-Saint-Michel - Le Mont-Saint-Michel.
© Jrossphoto – Shutterstock.com

Une venue au Mont-Saint-Michel reste toujours gravée dans les mémoires. Majestueux et mystérieux, celui que certains surnomment "la huitième merveille du monde" est, en effet, un lieu sans égal. Son histoire, riche de plus d'un millénaire, est un condensé de l'histoire de France, dans ce qu'elle a de plus dur et de plus beau. Ni les guerres, ni les convoitises, ni le tourisme de masse, ni les éléments naturels, qui peuvent prendre des aspects spectaculaires ici, n'ont eu raison de la magie de cette roche, sur laquelle l'homme a su édifier des merveilles architecturales. Son abbaye, au pied de laquelle se blottit son village resté à l'identique depuis le Moyen Âge, ses remparts, ses musées : tout, ici, est un exploit. Ces 20 dernières années, des lourds travaux ont, encore davantage, rendu son lustre au Mont : déviant des cours d'eau, édifiant des barrages, détruisant des digues, on a réussi à rendre son caractère maritime à l'endroit. Concrètement, la mer entoure le Mont à environ 40 reprises par an, et on ne peut que vous inviter à venir ici lors de ce spectacle inouï. Ici, l'équipe du Petit Futé a tout testé : restaurants, boutiques, hôtels, musées, sur le Mont comme sur le continent. Il y a évidemment du très bon, et du moins bon : rien de plus normal lorsque l'on passe par une telle merveille. Notre but : vous faire aimer et comprendre le Mont-Saint-Michel en optimisant votre temps, vous permettant de choisir le meilleur, rien que le meilleur. Bienvenue, et profitez de ces moments uniques !
DÉCOUVERTE


Le Mont-Saint-Michel - Le Mont-Saint-Michel.
© Max Topchii – Shutterstock.com

Carte d’identité
Numéro (guide département) : 50 (le Mont-Saint-Michel est bien dans la Manche !)
Population : Le Mont-Saint-Michel est une commune à part entière, ses habitants s'appellent Montoises et Montois.
Démographie : Déclinante depuis les années 1950, passant de 270 habitants à une trentaine aujourd'hui, pour une bonne part issue de la communauté religieuse. On ne compte que 3 à 4 naissances par décennie, et environ autant de décès.
Superficie : Le territoire de la commune s'étend – sable et continent compris – 4 km²
Région d’appartenance : Normandie, bien sûr !
Point culminant : La roche du Mont culmine à 80 mètres, et le sommet de l'Abbaye, avec l'Archange, à 157,10 mètres.
Cours d’eau principal : La Sée, la Sélune et le Couesnon arrosent la baie.


Drapeau – blason

Attention à ne pas confondre le blason du Mont, et celui de l'Abbaye. En effet, le premier est le véritable emblème de la merveille. Sur fond bleu barré de deux vagues vertes, deux saumons argentés se dirigent l'un vers le haut, le second vers le bas. Le second, que vous verrez peut-être sur les hauteurs du Mont, est composé de 10 coquillages surmontés de trois fleurs de lys. Du côté des drapeaux, c'est simple : à l'entrée du Mont, on arbore le drapeau européen, français et normand. Et gare aux confusions ! Ainsi en 2018, expliquant que le drapeau normand avait été arraché par la tempête, le maire de la commune l'a remplacé par un drapeau breton, expliquant « ne rien avoir d'autre ». Bien mal lui en a pris : la bronca immédiatement soulevée l'a amené à rapidement revenir sur cet étrange choix.


Le Mont-Saint-Michel : une commune à part entière

C'est un lieu, c'est aussi une commune à part entière : le Mont-Saint-Michel dispose de son maire, de son conseil municipal, bref, les Montois sont bel et bien des habitants au sens administratif du terme. Concrètement, la commune s'étend sur 4 km 2 , lesquels comprennent la merveille, bien sûr, mais aussi une partie de la bande côtière la plus proche. Résultat : lorsque vous parcourez les derniers hectomètres avant d'arpenter la passerelle menant à l'objet de votre venue ici, vous êtes déjà au Mont-Saint-Michel ! C'est pourquoi on distinguera l'appellation "sur le Mont", qui indique votre présence sur l'île, et "au Mont", qui précise votre présence sur le territoire administratif de la commune. Aujourd'hui, le Mont-Saint-Michel compte seulement 30 habitants – l'une des communes les moins peuplées de France – ce qui signifie qu'une fois retiré son maire et les 6 autres membres du conseil municipal, les Montois sont peu nombreux. Ayant compté plus de 1 0000 habitants au XIX e siècle, les Montois ont progressivement fui les lieux à mesure que le tourisme se développait : 250 habitants dans les années 1930, une centaine dans les années 1970. L'érosion se poursuit, les Montois s'installant petit à petit sur le continent.

Les immanquables

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Le Mont-Saint-Michel - Traversée pour Le Mont-Saint-Michel.
© andre quinou – Shutterstock.Com

L'Abbaye et le cloître
L'Abbaye  : Imaginez : sur la pointe du rocher, à environ 80 mètres d'altitude, est édifiée une plateforme qui elle-même mesure 80 mètres, et repose sur d'immenses piliers de pierres sculptées. En dessous, des salles immenses ; au dessus, l'Abbaye. Et tout ceci édifié il y a plus de mille ans : plus qu'un joyau architectural, l'Abbaye est d'abord une véritable prouesse. C'est en 708, selon les historiens, que tout commence. Sur le rocher, qui s'appelle encore le Mont-Tombe, l'évêque Aubert d'Avranches décide l'édification d'un oratoire. Celui-ci, voulu par l'homme d'église comme une réplique du sanctuaire dédié à Saint-Michel au Monte Gargano en Italie, conjugué aux difficultés éprouvées par les hommes pour se rendre ici (en raison de l'insularité, et des dangereuses traversées), donne ainsi aux lieux le nom de "Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-mer", qui deviendra "Mont-Saint-Michel" au fil de siècles. Pendant plus de deux siècles, le lieu n'est pas habité, et ce n'est qu'en 966 que viendront s'installer les premiers moines bénédictins, l'endroit devenant progressivement un lieu de pèlerinage pour les chrétiens d'Europe occidentale : c'est à ce moment que débutera véritablement l'édification de l'Abbaye, et qui se poursuivra, au gré d'une histoire tumultueuse, jusqu'au XIX e siècle : 900 ans pour faire des lieux le symbole de la merveille. L'abbaye elle-même, chef d’œuvre de l'art gothique normand, devient un haut-lieu de la résistance aux Anglais pendant la guerre de Cent-Ans : trois décennies durant, le Mont, qui s'est doté de remparts, résiste aux assauts réguliers et fréquents de ces derniers. C'est toutefois à cette période que le chœur s'effondre, et ne sera reconstruit dans un style gothique flamboyant, tranchant avec le reste de l'abbaye, qu'un siècle plus tard. Perdant progressivement de sa fonction militaire et religieuse après la guerre de Cent-Ans, le Mont reste habité par de nombreux moines. Il faut attendre la Révolution française pour que la quiétude retrouvée des lieux, qui à cette époque ont pris une apparence quasi-définitive, soit totalement troublée. Ainsi, l'Abbaye, à l'image des autres lieux de culte français, est déclarée "Bien national". Les moines sont chassés, et le lieu devient une prison pour plusieurs décennies afin d'y enfermer les prêtres réfractaires. Triste période pour l'Abbaye, qui n'est plus entretenue, se dégrade rapidement mais qui, paradoxalement, lui permet de subsister : une utilité lui ayant été trouvée, elle n'est pas détruite. En 1874, la prison étant fermée, le lieu est classé Monument Historique, et ce sont les élèves de Viollet-le-Duc (qui avait conçu la flèche de Notre-Dame-de-Paris, disparue dans l'incendie du 15 avril 2019) qui prennent en charge la rénovation complète de l'Abbaye : le clocher et la flèche sont reconstruits et cette dernière, de style néogothique, est couronnée par l'archange Saint-Michel : le Mont adopta dès lors sa forme définitive, l'Abbaye arborant dans sa forme actuelle, et le Mont prenant cet aspect pyramidal si caractéristique. Au même moment, la construction d'une digue-route permet au Mont de connaître un regain d'intérêt, principalement touristique. L'Abbaye, qui retrouve des moines Bénédictins en 1969, sera remplacée en 2001 par les Fraternités monastiques de Jérusalem, lesquels vivent toujours ici, et sont le cœur de l'animation liturgique de l'Abbaye.
Le cloître : c'est lors de votre visite de l'Abbaye que vous découvrirez ce joyau. Et quelle merveille ! Ce cloître est comme suspendu entre mer et ciel, offrant sérénité, calme, et un très beau jardin en plein cœur du Mont. C'est aux environs de 1225 qu'a débuté son édification, laquelle s'est étendue sur plusieurs années. L'idée, ici, a été de trouver le terrain le plus vaste possible, et d'y édifier ce quadrilatère, lequel mord même un peu sur le bâtiment annexe. L'autre intérêt de ce cloître, outre sa localisation, est bien la richesse de sa décoration, et la finesse du travail effectué ici. Des centaines de colonnettes de granit soutiennent la voûte, se terminant en partie haute avec des sculptures en pierre de Caen représentant des écussons, des scènes de la vie à l'époque, des armes, des feuilles et une représentation de Saint-François d'Assise. Les flancs sud et est du cloître s'ouvrent respectivement sur l'Abbatiale et le réfectoire des moines, et les vues sur l'extérieur s'admirent depuis les flancs nord et ouest. Au nord, une vue sur la baie et le rocher de Tombelaine. A l'ouest, notre point de vue favori : une ouverture a été prévue pour une salle jamais réalisée. Résultat, depuis le sol du cloître reste l'emplacement d'une porte, à la place de laquelle une immense vitre a été posée : le panorama proposé va de la vue sur le Mont, en contrebas, vers le ciel, l'ensemble s'embrassant d'un seul coup d’œil, et c'est magique (sous réserve de ne pas avoir le vertige). Pour la petite histoire, le lieu, qui a été totalement rénové ces dernières années, abritait des cachots au XIX e siècle, lorsque le Mont, qui avait momentanément perdu de sa superbe, n'était plus qu'une immense prison.


Les incontournables de l'Abbaye


Les incontournables de l'Abbaye - Intérieur de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
© vvoe – Adobe Stock

Le Réfectoire : comme son nom l'indique, il s'agit de l'espace, immense, dans lequel les moines prenaient leurs repas. Sous une voûte en bois, la magie du lieu tient aussi à sa lumière : les ouvertures, très nombreuses, sont très étroites et très hautes. Résultat : la luminosité est homogène, et l'atmosphère, uniforme, est très calme. Notez que les immenses cheminées gardent encore des traces de suie, que l'on présume être de l'époque !
L'Eglise : sans elle, la silhouette du Mont ne serait pas la même. La première, d'aspect massif, dispose d'une façade rénovée au XVIII e siècle.
Salle des hôtes : vous la trouverez sous le réfectoire. Ici, des illustres, parmi lesquels des rois de France, sont venus. Elle est immense, mesurant pas moins de 35 mètres, et se trouve divisée en deux par une rangée de colonnes. Enfin, diviser n'est probablement pas le meilleur terme : ces dernières sont si fines et aériennes que l'on arrive presque à les oublier – mais on n'oubliera pas de les admirer !
L'Aumônerie : de style gothique, elle est parcourue en son centre par de massives colonnes.
L'Escalier Abbatial : sur la droite de l'église, il est le point de départ des visites. On l'appelle également "Grand Degré". Il mène également à une terrasse méconnue, appelée "Saut Gautier". Il s'agirait du nom d'un prisonnier s'étant jeté d'ici.
Terrasse de l'Ouest : notre dernier passage ici, début 2020, a été marqué par le passage ici. Par temps dégagé, ici, la vue est incroyable, tant sur l'église, toute proche, que sur la baie, immense. Et puis, une quiétude particulière se dégage depuis cet immense espace – sous réserve que la foule ne soit pas trop importante !
Salle des Chevaliers : elle se trouve juste en dessous du cloître, ce qui explique l'épaisseur des colonnes ici présentes et disposées selon trois rangées. Si on ne sait exactement à quel ordre chevaleresque les lieux font allusion, on a la certitude qu'ici, les moines travaillaient et étudiaient. Prenez ici le temps d'admirer les dimensions de cette salle : 26 mètres par 18.
Le promenoir des moines : son nom explique sa fonction. Architecturalement, son intérêt est grand, et réside principalement dans ses voûtes, sublimes.
La Crypte des Gros Piliers : ses dimensions sont relativement modestes (comparativement aux autres ensembles) mais son intérêt est grand. En granit des îles Chausey toutes proches, les piliers en question portent le poids de l'église, expliquant leur taille, de 5 mètres de circonférence !
Notre-Dame-sous-Terre : à proximité de la crypte des Gros Piliers, ce n'est pas à proprement parler une chapelle, mais un autel, dont on pense qu'il se situe au plus près de l'endroit où Aubert, évêque d'Avranches, avait décidé des premiers travaux.
Crypte Saint-Martin : autre crypte remarquable, d'inspiration romane, et dont la portée de la voûte est impressionnante.
Les Jardins : vous les parcourez dans la dernière partie de votre visite. Ils se trouvent sur le flanc nord-ouest, et vous y disposez d'une très belle vue sur la baie.
La Grande Roue : elle est si vaste que cinq personnes marchaient à l'intérieur pour l'activer, et ainsi faire monter jusqu'au sommet du rocher de lourdes pierres. Ici se trouvaient avant sa mise en place, au début du XIX e siècle, un ancien ossuaire.

Les grandes marées


Le Mont-Saint-Michel - Le Mont Saint-Michel.
© bluejayphoto
Elle arrive, majestueuse, et encercle la merveille pendant quelques heures : la marée fait ici son office, et bien davantage, puisqu'elle permet, à partir d'un certain coefficient de marée, de faire du Mont-Saint-Michel une île. Et les travaux de destruction de la digue ont été salvateurs. Ils ont eu pour but de la remplacer par un pont-passerelle qui, à plusieurs dizaines de mètres du Mont, se termine au niveau de la terre ferme pour offrir aux flots la possibilité de rendre totalement son caractère maritime à celui-ci. Certains disent qu'un coefficient de 110 est nécessaire pour que la marée soit considérée comme suffisamment forte pour pousser ses flots jusqu'aux remparts du Mont : dans les faits, c'est à partir de 107. Et c'est à ce moment que l'équipe du Petit Futé a fait ses comptes : au rythme de deux marées hautes quotidiennes, il y en a environ 730 sur l'année. Ainsi en 2020, c'est à 41 reprises que le Mont sera île : en février, mars, mai, août, septembre, octobre et décembre (on vous invite à vous renseigner sur les horaires exacts, mais attention, certaines hautes marées sont plus fortes le matin que le soir). Le spectacle vaut toutes les cartes postales. Si vous restez sur les derniers mètres de la digue (affluence forte garantie), où sur le Mont devenu île (et dans ce cas, prévoyez quelques heures avant de pouvoir regagner la terre ferme, le temps que la Manche se retire), le point de vue sera superbe.
On souffle un peu, mais pendant des années, on a bien cru que le Mont terminerait entouré d'herbus, et que plus jamais la mer ne viendrait l'encercler. Pendant des années, l'imagination de ce spectacle d'apocalypse faisait frémir, sans que personne ne puisse savoir que faire. La solution est venue des travaux de rétablissement du caractère maritime qui au prix de lourdes infrastructures (barrage, destruction de la digue, remodelage de certains cours de fleuves) ont permis de revenir à la situation initiale. Et ça marche, à en juger par la facilité avec laquelle la Manche encercle le Mont.
Au-delà, les grandes marées dans la baie, c'est aussi la vitesse à laquelle remontent les flots. La légende dit que ceux-ci avancent à la vitesse d'un cheval au galop : c'est largement exagéré, même si les marées ici sont les plus fortes d'Europe. La Manche se retire à une distance lointaine, parfois plus de 15 kilomètres du rivage, mais la rapidité de la remontée de la mer ne dépasse jamais les 3 kilomètres par heure, soit la vitesse d'un homme qui marche assez lentement. Prudence néanmoins : si la mer commence à lécher vos pieds, marchez, marchez et marchez encore sans vous arrêtez : une pause de quelques minutes, et vous avez de l'eau jusqu'aux genoux. C'est pourquoi la fréquentation de la baie est vivement déconseillée sans l'accompagnement d'un guide assermenté, et qui sont nombreux sur la côte sud de la Manche. Au-delà du caractère insulaire rendu au Mont, les grandes marées ici, c'est aussi la possibilité de partir pêcher à pied, avec prudence là encore, mais aussi le spectacle de rivage depuis lesquels la mer est si lointaine que l'on ne la voit plus, et qui quelques heures plus tard sont peuplés de baigneurs, trop heureux de barboter dans la mer, qui dans la baie peut atteindre 20 degrés en été. Un conseil enfin : si vous partez sur le sable en période de grandes marées, équipez-vous d'une boussole – où d'un GPS – car en cas de brume, vous êtes perdus. Si le temps est dégagé, gardez des repères visuels lointains : le Mont bien sûr, mais aussi le rocher de Tombelaine, où la côte est de la Manche (vers Genêts principalement). Vous l'aurez compris : les grandes marées, ici, c'est une prudence de chaque instant, mais c'est aussi un spectacle multiple.

La Grande Rue


Le Mont-Saint-Michel - Grande Rue, Le Mont-Saint-Michel.
© Rolf E. Staerk – Shutterstock.Com
Magnifique, c'est l'artère principale du Mont-Saint-Michel. Elle commence dès votre entrée sur l'île : vous passez la cour dite « de l'Avancée », puis la porte du lion, ensuite une seconde petite cour appelée « du boulevard ». Après ces quelques mètres, la Grande-Rue part à l'assaut de l'Abbaye, montant de manière de plus en plus forte avant que les escaliers ne prennent le relais, marquant ici la fin de celle-ci. S'il est parfois difficile d'y marcher en pleine saison estivale, son étroitesse et les milliers de visiteurs quotidiens rendant l'avancée lente, elle est largement moins fréquentée l'hiver – nos derniers passages ici, en début de l'année 2020, en témoignent – et redonnent presque à la rue l'aspect d'un village médiéval paisible. Un peu d'histoire : ici, les Montois habitaient à l'abri des moines, et la vie ici était rude au Moyen Age : le passé mouvementé du Mont, et les assauts réguliers rendaient les conditions d'existence précaires. Il y a trois ans seulement, des travaux de canalisation ont révélé une sacrée surprise : à quelques mètres sous la Grande-Rue se trouvaient les ossements d'une trentaine de personnes. Datant probablement du XIII e ou du XIV e siècle, ceux-ci renferment leur part de mystère – une de plus ici. Les résultats des fouilles qui ont suivi n'ont pas clairement permis de déterminer l'histoire des défunts, certains s'aventurant toutefois à penser que ceux-ci seraient morts pendant l'un des innombrables assauts menés à l'époque. Fort heureusement, aujourd'hui, c'est plus calme ! Ainsi, vous admirerez de superbes maisons, qui datent majoritairement de la fin du XIX e siècle, et qui portent de drôles de noms : Truie-qui-file, Vieux-Logis, Sirène par exemple : colombages et encorbellements se succèdent, même s'ils sont parfois un peu gâchés par les panneaux des boutiques. Car la Grande-Rue, c'est aussi la grande concentration marchande : des restaurants, quelques hôtels, des musées, d'innombrables points de vente de souvenirs ou de sandwichs. On vous conseille donc de lever la tête pour admirer les constructions et, encore une fois, d'éviter la foule autant que possible. En remontant la Grande-Rue, sur votre droite, vous trouverez parfois de petits escaliers qui grimpent (le plus souvent de manière abrupte) vers les remparts. Sur votre gauche, la minuscule ruelle des Cocus (non indiquée, car ici, les rues ne le sont pas, et on se repère avec les maisons et les lieux remarquables) grimpe vers un petit espace villageois moins fréquenté : attention, on n'y passe pas à deux. Longeant les remparts, dont elle ne s'éloigne jamais de plus de quelques dizaines de mètres, la Grande-Rue reste, au-delà du centre spirituel qu'est l'Abbaye, le principal lieu de vie de la merveille.

Le barrage sur le Couesnon


Le Mont-Saint-Michel - Barrage du Couesnon.
© oceane2508 - iStockphoto.com
C'est probablement la pierre angulaire des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont – certains disent encore travaux de "désensablement" : le barrage sur le Couesnon, inauguré en 2009, est une infrastructure que l'on traverse, que l'on observe, mais dont l'utilité apparaît évidente lorsque vous le voyez en fonctionnement. Avant sa mise en service, un constat simple : le cycle des marées, combiné à la présence de la digue-route d'accès à la merveille, entravaient lentement mais sûrement le caractère insulaire du Mont-Saint-Michel. Ainsi, chaque marée amenait des alluvions, qui restaient en bonne partie coincés dans le lit du Couesnon, notamment en raison de la présence d'un premier barrage, dont la seule justification était de protéger Pontorson, à 10 kilomètres, des inondations, sans envisager que ceux-ci allaient dangereusement s'entasser ici. Résultat : années après années, les polders gagnaient du terrain, et les herbus colonisaient chaque années un peu plus la baie, se rapprochant du Mont. Les clichés pris dans les années 1990 sont particulièrement marquants. L'idée ici est simple : en détruisant le barrage actuel, on en a construit un autre, 20 mètres en amont grâce au travail de l'architecte Luc Weizmann, et qui cette fois remplira un office clairement identifié. Equipé de vaste portes activées par de gigantesques vannes (de 20 tonnes chacune), ces dernières s'ouvrent lorsque la marée monte, afin de permettre à la mer de s'engouffrer au plus loin dans les terres. Lorsque la marée est haute, les portes se ferment, retenant des millions de mètres cube d'eau. Lorsque la mer se retire au loin, les portes s'ouvrent : c'est ce que l'on appelle de manière un peu inélégante "l'effet de chasse". La force des flots ainsi relâchés permet aux sédiments arrivés à marée haute de partir loin, très loin, et l'eau file selon un rythme de 100 m 3  par seconde ! Bilan : les polders ne risquent plus de gagner encore du terrain, et le cours du Couesnon, canalisé et légèrement dévié à l'occasion de ces travaux, gagne en puissance, traçant un sillage fort et plus jamais bouché par des agrégats. En 2009 et 2014, ce sont ainsi pas moins de 40 hectares d'espaces maritimes qui ont été regagnés. Enfin depuis le barrage, le Couesnon est divisé en deux : une partie file longer le Mont par l'ouest (d'où sa présence en Normandie), l'autre va passer sous la passerelle, permettant d'irriguer au mieux la baie. Certains estiment que l'on aurait pu y penser plus tôt : facile à dire ! L'incroyable complexité des lieux, et la caractère unique de la baie, ont nécessité des années d'étude et de volonté. Ainsi, annoncés en 1995, les travaux du barrage n'ont débuté qu'en 2006, lequel a été mis en service en 2009 et même inauguré par le Président de la République en 2015 ! Et puis l'avantage d'une structure moderne, c'est qu'elle est mise en valeur, et fait partie de votre venue ici. Vous pouvez en effet franchir le barrage, où vous verrez les systèmes d'actionnement des portes, et d'où vous bénéficierez d'un point de vue splendide sur le Mont, situé à deux kilomètres de là. Lorsque vous marchez vers l'île, il se trouvera sur votre gauche après l'hôtel-restaurant "La Digue", mais rassurez-vous, il est dûment indiqué, et une vaste esplanade permet d'y accéder facilement.

Nature


Arpenter la baie : attention !

Elle est, elle aussi, classée au patrimoine mondial de l'Unesco : vaste de plus de 500 km 2 , la baie du Mont-Saint-Michel s'étire de Granville, au nord, à Cancale, au sud-ouest, formant un ensemble complet sur Manche et Normandie, avec le Mont en son centre. Et on ne vous le dira jamais assez : ne partez jamais seul, ni sans accompagnement de type guide, dans ces lieux. Voici pourquoi :
La visibilité : Ne vous dites surtout pas que la vue est en permanence dégagée ! Certes, par beau temps il est aisé de se repérer, mais le temps peut être vite changeant, et si le brouillard gagne la baie, vous risqueriez de perdre le sens de l'orientation. Dans cette immensité, avec la mer en mouvement perpétuel et jamais très loin, mieux vaut éviter.
Les sables mouvants : Si vous avez peu de chances (pour ne pas dire aucune) d'être engloutis, et si la légende a la peau dure, il convient d'être prudent. Car en effet, des plaques de sable dur peuvent être comme en suspension sur des poches plus liquides, ce qui provoquera un enfoncement rapide, lequel ne forme pas un piège pour autant : on s'en tire relativement facilement, sous réserve de ne pas être seul.
La marée  : Certes, elle ne remonte pas à la vitesse d'un cheval au galop, mais en cas de grand coefficient, sa vitesse varie entre 2 et 4 kilomètres par heure, parfois un peu plus. En bref, elle monte aussi rapidement qu'une personne qui marche. Donc prudence, là aussi.

Géographie

Climat
Le Mont-Saint-Michel bénéficie d'un climat typiquement océanique. Les hivers sont relativement doux, et les étés rarement chauds, avec une amplitude relativement faible des températures. Mais la situation géographique exceptionnelle provoque tout de même quelques phénomènes.
Températures moyennes : Entre 3 et 9 degrés en hiver, et environ 21 degrés l'été en journée. La présence de la mer rafraîchit légèrement l'atmosphère, c'est pourquoi la température monte assez rapidement de 4 à 5 degrés en été lorsque vous entrez dans l'intérieur des terres. Les épisodes caniculaires sont extrêmement rares, même si les étés 2003 et 2019 furent chauds, avec plusieurs jours au-delà de 35 degrés : dans ce cas, la présence de la mer est salvatrice et rafraîchissante. La neige est rare en hiver – alors qu'elle est plus fréquente sur les hauteurs du Sud-Manche, à 40 km d'ici –, mais on vous souhaite vivement de voir un jour le Mont sous un manteau blanc : c'est une splendeur.
Ensoleillement : Faible en hiver, dans la moyenne océanique en été, avec un ensoleillement moyen de sept heures par jour en juillet et août. Il arrive régulièrement que ce ne soient pas les nuages, mais le brouillard matinal qui empêche le soleil de percer. Et pourtant, là encore, voir le Mont émerger depuis ces nappes est un spectacle magique.
Précipitations : Environ 800 mm par an, avec une pointe entre octobre et janvier. Néanmoins les pluies sont régulières, et rares (pour ne pas dire inexistants) sont les mois sans pluie. De manière générale, le Mont ne subit pas plus de précipitations que l'ensemble de l’Ouest français.
Vent : Les tempêtes sont fréquentes en hiver, avec des vents pouvant largement dépasser les 100 km/h. Les derniers épisodes marquants sont la tempête d'octobre 1987, que certains appellent encore ici « ouragan », bien que cette dénomination soit fausse météorologiquement parlant (avec des rafales mesurées à 220 km/h à Granville, à 20 km au nord) et de décembre 1999 (tempête Lothar) avec des rafales supérieures à 170 km/h.
Phénomènes naturels : L'amplitude des marées est le phénomène le plus marquant. On parle ici des « plus fortes marées d'Europe ». Derrière cette dénomination un peu générique se cachent des points spécifiques de la baie. L'amplitude est de 13 m, et la mer se retire parfois jusque 15 km au-delà du Mont, donnant à la baie l'apparence d'un immense champ de sable. La mer remonte vite, très vite même, aussi les traversées de la baie sont vivement conseillées avec un guide. Toutefois, vous pouvez balayer la légende qui veut que, lors des grandes marées, la Manche revienne à la vitesse d'un cheval au galop : le trot suffira. Autre curiosité : le mascaret. Cette vague de plusieurs dizaines de centimètres remonte avec la marée montante en période de vives eaux jusqu'au Couesnon, et est très prisée des kayakistes.

Relief
Paysages caractéristiques : outre la silhouette majestueuse du Mont, les paysages autour du Mont se distinguent selon la version maritime ou terrestre. La première, c'est bien évidemment l'immensité de la mer. Pensez donc : 500 km² envahis par la mer lors des grandes marées et, en basses eaux, du sable à perte de vue, et la baie tout juste traversée par 3 cours d'eau : la Sélune, la Sée et le Couesnon. Sur le continent, ce sont d'abord les polders, ces plates terres qui affleurent de quelques mètres, et sont des herbus qui constituent l'alimentation des agneaux de pré-salé. Toutefois plus loin, la présence de reliefs du nord du Massif armoricain permet la présence d'escarpements : falaises au sud de Granville, Avranches, Saint-Broladre.
Cours d’eau et vallées : trois fleuves se jettent dans la Manche au niveau de la baie du Mont-Saint-Michel. Le plus connu est le Couesnon, qui longe le Mont par l'ouest. Long de 97 kilomètres, celui-ci prend sa source en Ille-et-Vilaine, serpente dans la campagne avant de marquer la limite entre Bretagne et Normandie jusqu'à la mer. La Sée, longue de 78 kilomètres, déboule des hauteurs de la Manche. Son débit est globalement faible et, coincée sur une bonne partie de son chemin entre deux massifs granitiques, elle se fraye un chemin chaotique avec de retrouver la Sélune dans la baie. Cette dernière, enfin, dont le parcours longe celui de la Sée, au nord, présente un visage similaire. Ces trois cours d'eau participent à la complexité du bassin hydrologique de la baie du Mont-Saint-Michel. Notez enfin que ces deux dernières traversent le sud du département de la Manche, particulièrement escarpé, offrant des paysages – et un climat – bien différents de ceux du Mont.
Sommets et cols : Ici, pas de cols, pas de montagne ! Tout juste notera-t-on les escarpements du sud de la Manche, vers Sourdeval et Mortain – à une quarantaine de kilomètres du Mont-Saint-Michel – où le relief tutoie parfois les 400 mètres d'altitude.

Littoral
Mer : la Manche, qui s'engouffre ici dans la vaste baie et présente les plus grandes marées d'Europe.
Côtes : mouvante, la côte immédiate est constituée de polders, ces herbus balayés par les embruns et le vent sur lesquels vivent les fameux moutons de pré-salé. Depuis le Mont, vous constaterez d'ailleurs que la côte la plus proche comprend peu d'arbres.
Plages : il n'existe pas à proprement parler de plage et, même en effectuant les traversées de la baie en marchant, ne tablez pas sur une baignade : le temps presse. L'embouchure du Couesnon et le système hydrologique complexe du Mont font que le littoral immédiat est vaseux. Pour trouver des plages, il vous faudra monter à Genêts, au nord, et à partir du Vivier sur Mer, à l'ouest.
Îles et archipels : situé à quelques centaines du Mont, le rocher de Tombelaine est, lui, totalement désert.
Ports : les ports les plus proches sont Granville, au nord, et Cancale, à l'ouest. Encore plus à l'ouest, Saint-Malo.


Le Mont en photo : où trouver le bon spot ?

Réseaux sociaux, surtout, ou messages contenant des photos : loi de l'époque oblige, beaucoup prennent, reprennent et recommencent encore des clichés des lieux qu'ils visitent pour envoyer, et faire voir, celui qu'ils estimeront le plus efficace, le plus original, celui qui vous mettra le plus en avant. Alors ici aussi, votre Petit Futé vous conseille ! Sur le Mont comme sur la digue, inutile de vous indiquer où, et comment, trouver de beaux panoramas : ils sont là, sous vos yeux. Mais tout autour de la baie, avec le Mont plus ou moins loin, il existe quelques lieux qui vous permettront de prendre des clichés dignes de carte postale. Les voici, d'ouest en est :
Depuis le port de Cancale (il vous faudra un bon zoom, car si la silhouette se détache, elle reste lointaine).
De part et d'autre de l'estuaire de la Sée et de la Sélune  : point de la Roche Torin, au sud ; pointe du Grouin, au nord.
Depuis la plage de Genêts (d'où partent de nombreuses traversées pédestres de la baie).
Depuis le bec d'Andaine , au nord, avec le rocher de Tombelaine au premier plan.
Plus au nord encore , depuis les falaises de Champeaux.

Faune et flore

Faune
Reptiles : sauf quelques minuscules – et rares – lézards en été, les seuls reptiles du coin sont captifs, et vous les trouvez à Alligator Bay, à 2 kilomètres du début de la digue ! Vous aurez donc compris qu'ici, ils se font rares.
Oiseaux : reproduction ou nidification, les oiseaux sont très nombreux dans la baie. Goélands, cormorans, bécasseaux, alouettes ou balbuzards comptent parmi les espèces les plus représentées. Canards et oies passent l'hiver ici. Difficile, en toute saison, si votre vue embrasse la baie, de ne pas en apercevoir.
Poissons : plusieurs dizaines d'espèces de poissons sont présentes dans la baie. Beaucoup disent que c'est une nurserie pour ces derniers, qui s'y reproduisent. Les maquereaux, la sole, la dorade, le tacaud et le saumon sont également présents. En été, la pêche est très pratiquée ici.
Mammifères marins :
- Le phoque est l'incontestable mammifère star de la baie. Dans la Manche, on en trouve également dans la baie des Veys, sur la côte est du Cotentin. Toutefois, ne pensez pas les apercevoir immanquablement depuis la passerelle ou les remparts. Ici, il s'agit du phoque veau marin, dont l'apparence est très proche de celle des otaries, à ceci près que sa robe est généralement de couleur grise. La colonie de la baie du Mont-Saint-Michel est réputée pour être la plus méridionale d'Europe, même si l'on ne peut jamais présager de l'évolution de l'habitat dans le futur. Celui-ci a bien failli disparaître du fait de l'homme : chassé pour sa viande, il ne s'aventurait plus dans la baie (comme dans d'autres territoires), puis est progressivement revenu à partir des années 80. La colonie actuelle compterait une cinquantaine de membres. Le phoque de la baie se nourrit de poisson, et plusieurs kilos sont nécessaires chaque jour pour un adulte. Le cadre ici est idéal : la baie compte d'innombrables chenaux et d'espaces pour se reposer – principalement à marée basse. Tenant à sa tranquillité, il lui arrive de se cacher derrière des herbus pour ne pas être vu. Il a raison : il reste classé « espèce vulnérable », et la saison de reproduction, en plein été, correspond avec la période de forte affluence dans la baie. Le mieux est encore de les admirer de loin, mais surtout ne les dérangez pas. Ils sont globalement inoffensifs, et n'aspirent qu'au repos.
- Le dauphin  : Ne comptez pas les apercevoir, car ils restent au large, mais de petites colonies s'ébrouent dans la baie du Mont-Saint-Michel lors des grandes marées.

Flore
Parler de flore ici, c'est d'abord évoquer la flore maritime. Car oui, la présence de la mer permet l'émergence de tout un panel de plantes, à commencer par la salicorne. Nécessitant des sols très salés (on est servis ici), celle-ci se déguste (bon nombre de restaurateurs du coin l'utilisent, et savent utiliser sa saveur pour réhausser des plats, ce qui n'est pas toujours simple), ou pour produire de la soude. Au sens plus large, les pré-salés (qui comprennent l'emblématique salicorne) constituent la principale réserve en matière de flore : la présence de ceux-ci, souvent dus à homme, qui a souhaité coloniser des espaces hostiles de la baie pour en faire de terres agricoles, a engendré l'émergence d'une flore dédiée : obiones faux-pourpier (dont la densité est très importante ici) ou asters par exemple. Aujourd'hui, ces zones en bordure de la mer sont menacées par la prolifération du chiendent maritime. Inutile de s'étendre sur la nature de ce dernier, son seul nom est évocateur ! C'est pourquoi plusieurs pistes sont évoquées pour préserver les espèces rares sur les polders et les pré-salés, à commencer par le fauchage manuel, et non mécanique, lequel ne fait pas de cadeau ! Le maintien d'une activité agricole, et surtout la réduction des rejets industriels (certes rares, mais tout de même) dans le Couesnon, la Sée et la Sélune sont d'autres nécessités pour maintenir la diversité en la matière.

Économie
Inutile de se le cacher : l'économie ici, c'est le tourisme ! Après 20 000 visiteurs par jour en été, on comprend que tout tourne aujourd'hui autour des services dédiés aux visiteurs : hôtels, restaurants, musées, visites guidées... les salariés se comptent par milliers, et beaucoup de personnes viennent ici travailler en haute saison – si tel est le cas, pensez bien à vérifier qu'un logement est compris avec votre contrat de travail. Pour stimuler le tourisme, plutôt en berne depuis la mise en service du pont-passerelle, les autorités locales ne manquent pas d"initiatives : campagnes marketing, accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, sentiers de vélo un peu partout, on tente ici d'offrir à chacun une bonne raison de venir — en plus de la présence du Mont bien sûr !
Pour trouver d'autres activités, il vous faudra faire quelques kilomètres, vers Pontorson ou Saint-James (dont l'usine de vêtements éponyme) au sud, Avranches à l'est ou Saint-Malo à l'ouest. L'agriculture occupe également une place importante ici : élevage à proximité du Mont, cultures céréalières, également, une fois que les prés sont débarrassés de leur salinité.
Effet du tourisme ? Dynamisme global du département de la Manche ? Toujours est-il que le taux de chômage ici est l'un des plus faibles de France.

Agriculture
Si la Manche dans son ensemble est une terre d'agriculture aux multiples visages (légumes, bovins, lait, produits de la mer), l'immédiate proximité du Mont-Saint-Michel est marquée par un type d'élevage unique : celle des agneaux de prés-salés. Les derniers hectomètres de terre ferme entourant la baie (principalement au sud de celle-ci) sont le lieu privilégié d'élevage d'agneaux qui se nourrissent de la végétation halophyte (c'est-à-dire de plantes adaptées au milieu marin, et donc salé), ce qui leur procure une saveur unique, et très recherchée. Initialement, la légende (qui n'en est peut-être pas une !) raconte que l'on prenait pour habitude de faire réaliser leurs premiers pas aux agneaux dans ces prés, où le sol meuble faisait qu'ils s'enfonçaient un peu, les forçant à de petits efforts pour en sortir, et développant ainsi leurs pattes. Aujourd'hui, deux appellations d'origines existent : l'une en baie de Somme, l'autre ici, dans la baie du Mont-Saint-Michel. Vérifiez bien que cette dernière appellation existe avant de franchir la porte d'un restaurant...

Tourisme


Tourisme spirituel : le regain

Ils avaient totalement disparu au XIX e siècle, la Révolution Française, et ses multiples secousses, passant par là. Et pourtant, les pèlerins avaient pris l'habitude depuis le IX e siècle de se recueillir ici. Il faudra attendre 1969, et le retour des moines, pour que ces venues spirituelles, connaissent un retour en force. Si les personnes qui viennent pour des raisons religieuses restent encore largement minoritaires, il n'est pas rare de voir de longues processions arriver, depuis la baie ou la digue, suivant une haute croix.

Histoire


Histoire - Le Mont-Saint-Michel
© benoitb – iStockphoto.com

Préhistoire
On ne dispose que de peu d'informations sur le Mont à cette époque, qui ne devait être qu'une simple roche. Tout au plus sait-on que les différents cycles interglaciaires ont fait évoluer fortement les variations marines. Ainsi, le Mont devait probablement être en permanence une île pendant une longue période, tandis que d'autres sessions, d'assèchement cette-fois (la dernière se serait terminée il y a environ 10 000 ans), ont rendu la zone totalement désertée de toute présence marine : la Manche n'était qu'un fleuve, et la mer, entre la côte normande et les îles anglo-normandes, n'existait pas. Dès lors, la végétation devait coloniser la baie entière, comme en témoigne la présence de mammouths, dont des traces ont été découvertes au Mont-Dol, une roche d'une cinquantaine de mètres de haut, à Dol-de-Bretagne, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest du Mont. Chassés, ils étaient consommés par de rares groupes d'hommes semi-nomandes, qui devaient utiliser les hauteurs pour repérer les animaux : si cela se faisait au Mont-Dol, cela a bien dû se faire au Mont-Saint-Michel !

Antiquité
Les informations sont là aussi partielles, mais une certitude toutefois : la dernière période de glaciation étant terminée depuis quelques milliers d'années, la roche qui constitue le Mont est entourée de sables et de flots dès l'Antiquité. Néanmoins, aucune trace d'habitation datant de l'Antiquité n'a été mise à jour. Toutefois, on peut supposer que, dans la lignée de son utilisation depuis la Préhistoire, le Mont restait un lieu de repérages pour les chasseurs. Autre possibilité non avérée toutefois : la présence d'un culte païen.

Moyen-âge
Dans le Haut Moyen-Âge, ce qui semble s'appeler le Mont-Tombe reste toujours la même roche, presque nue, de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Selon toute vraisemblance, c'est au début du VI e siècle que l'on commence sérieusement à s'intéresser à cette curiosité géologique, à sa situation et à la signification que l'on peut lui donner : les ermites du coin auraient ici édifiés deux oratoires, auxquels en succède un autre, cette fois clairement daté de 708, et dédié à l'archange Saint-Michel. Christianisme, sanctuaire, piété : les éléments qui feront par la suite du Mont un lieu de pèlerinage sont ainsi posés, l'année 708 (ou 709 selon certaines) étant globalement considérée comme celle qui marquera les débuts du Mont-Saint-Michel. Des chanoines s'installent ici puis, progressivement, les premiers habitants : des ouvriers, chargés d'édifier les premiers sanctuaires, mais aussi des personnes qui fuient les raids vikings, innombrables à l'époque. Les lieux, alors appelés "Mont-Saint-Michel au péril de la mer" (un nom qui restera pendant des siècles) oscille alors entre appartenance bretonne (sous le roi de Bretagne, Salomon) et normande. En 933, lorsque Guillaume I er de Normandie récupère, sur ordre du roi de France, l'Avranchin, cette zone ne comporte par le Mont : toutefois, le territoire normand se rapproche de ce qui devient un lieu spirituel attirant bien des convoitises, et c'est en 1009 que le Mont apparaît définitivement comme normand. Entre temps, les chanoines sont remplacés par des moines bénédictins au milieu du X e siècle, et c'est à ce moment que débute l'édification de l'Abbaye, un chantier fortement soutenu par les ducs de Normandie dans les deux siècles suivants : rien n'est trop grand, rien n'est trop beau. Et puis ceux-ci ont beaucoup à se faire pardonner pour retrouver les bonnes grâces des hommes de foi : leurs ancêtres vikings ont soigneusement détruit et pillé les églises pendant leur conquête des terres normandes. Logiquement, à partir du XII e siècle, le lieu devient un centre de pèlerinage. Mais piété ne vas pas toujours de pair avec quiétude, et les siècles qui suivent sont parsemés de drames : le Mont est brûlé et ses habitants massacrés par les troupes du duc breton Guy de Thouars en 1204, le guerre de Cent-Ans fait du Mont un objectif prioritaire pour les anglais qui, s'ils n'arrivent en rien à la prendre, lui infligèrent d'innombrables blessures et destructions. En parallèle, l'Abbaye poursuit sont édification, et le Mont s'entoure de fortifications, de pont-levis et protections diverses, qui seront bien utiles lors des guerres de religion, à la fin du XVI e siècle. Autre utilité : celle d'être un lieu de détention. Beaucoup pensent que le Mont n'est devenu prison qu'après la Révolution Française : rien n'est plus faux ! Si rien n'atteste du fait que les moines ont commencé à édifier des cachots dès le XI e siècle, on a la certitude que Louis XI (1423-1483) y a fait installer une prison d'Etat. Prison, guerres, bains de sang : l'histoire mouvementée du Mont, en dépit de la magie des lieux, fait que son attirance, et sa réputation, pâlissent à partir du XII e siècle. Il faudra attendre plus de 700 années pour que le Mont retrouve une certaine popularité.

De la Renaissance à la Révolution
Paradoxalement, la période de la Renaissance n'est pas celle d'une évolution phénoménale du Mont : les habitants sont installés, l'Abbaye poursuit son édification. La période est surtout marquée par la guerre de Cent-Ans, qui verra les Anglais se rapprocher au plus près de la merveille, sans pour autant réussir à s'en emparer. Les Anglais s'emparent du rocher de Tombelaine, dont ils feront une base arrière dans leur prise de la merveille, qui ne s'en laisse pas compter : des tours sont dressées, des remparts se montent, faisant du Mont un lieu imprenable. Et pourtant, les assauts sont nombreux, réguliers, sanglants. En 1434 pourtant, il s'en faut de peu : les troupes ennemies créent une brèche dans la défense et arrivent dans la cité, mais la contre-attaque, et probablement les forces du désespoir, donnent au défenseur les moyens de bouter les Anglais au dehors de la ville en quelques heures seulement. A partir de la moitié du XV e siècle, le danger étant repoussé pour de bon, les pèlerins affluent de nouveau, souhaitant remercier Saint-Michel pour sa protection. Rapidement toutefois, les visites se raréfient, et le Mont, faute d'entretien, se dégrade. Si de nouveaux moins bénédictins s'installent ici en 1622, l'intérêt pour le Mont-Saint-Michel se raréfie, et l'approche de la Révolution, le tableau est plutôt triste : l'endroit est autant réputé pour son abbaye que pour ses cachots. 1789 passe par là, et le Mont devient le "Mont Libre", les moins devant quitter prestement les lieux. Son activité de prison devient quasiment la seule. D'ici, on ne s'échappe pas !


Les remparts


Les remparts - Remparts du Mont-Saint-Michel.
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Ce chemin de ronde, car telle était sa vocation première, occupe la partie sud et est du Mont. Edifié du XIII e au XV e siècle, leur utilité a été immense pendant la guerre de Cent-Ans. Pourquoi ne pas l'avoir prolongé davantage ? Tout simplement parce que le reste du rocher présente des reliefs si escarpés qu'il semblait inutile de poursuivre leur construction : la nature dressait une barrière naturelle impossible à franchir pour les agresseurs. Aujourd'hui, c'est un lieu de promenade d'où vous disposez de jolis points de vue sur la baie, et sur le rocher de Tombelaine. Au-dessus, l'archange Saint-Michel reste dans votre champ de vision en permanence.

De la Révolution au XXI e siècle
Triste destin que celui de la bastille des mers, ainsi qu'est surnommé le Mont-Saint-Michel, au lendemain de la Révolution. Saccagée, l'Abbaye est dans un état de délabrement inédit, et sa seule fonction de prison n'est pas pour aider à sa réputation. Ainsi, le nombre de détenus, majoritairement politiques, montera jusque 600 ici. Il faudra attendre 1863 pour que la prison ferme, et qu'une nouvelle vocation naisse : le tourisme. L'Abbaye est classée dès 1874 Monument Historique et l'existence d'une telle beauté architecturale commence à retrouver de la vigueur. En quelques années, le Mont croule sous les visiteurs, tant et si bien qu'une digue-route, que l'on regrettera par la suite, est édifiée à toute vitesse en 1878 : pratique pour arriver sur l'île les pieds secs, mais pas seulement. Un ligne de train est ainsi construite – cela semble tellement incongru aujourd'hui que de nombreuses cartes postales immortalisent l'existence ancienne du chemin de fer – et dès le début du XX e siècle, les voitures stationnent sur la longue langue de terre qui désormais empêche le Mont d'être coupé du continent. Dans la première partie du dernier siècle, l'engouement ne diminue pas : l'Abbaye retrouve petit à petit son lustre, les échoppes ouvrent, la mère Poulard commence à faire parler d'elle. Si la voie ferrée est fermée en 1938, si les pèlerins sont nombreux, les touristes le sont tout autant : les places de stationnement se multiplient au plus près des remparts, et après la Seconde Guerre mondiale, la partie continentale du Mont, ainsi que la commune limitrophe de Beauvoir, au sud, voient s'ériger hôtels, restaurants, commerces. Si l'Archange est hélitreuillé en 1987 pour restauration, donnant à admirer un spectacle inédit (qui s'est reproduit une fois depuis), cela fait plusieurs années que l'on s'interroge : en effet, ayant perdu son statut d'île, le Mont est de plus en plus rarement atteint par les flots. Que diable se passe-t-il ? La réponse arrive rapidement : la digue, mais aussi le barrage construit entre l'embouchure du Couesnon et Pontorson, rendent les flots incapables de venir jusqu'aux remparts, sauf lors de très rares grandes marées. Pire encore, le continent se rapproche de la merveille : les alluvions ne pouvant plus circuler, ils s'entassent, et les pré-salés gagnent du terrain. Dans les années 1980, l'alarme est sonnée, mais face à ce que l'on imagine être des travaux spectaculaires – et coûteux – les hypothèses échafaudées sont pesées, sous-pesées, testées. En 1995 enfin, un programme spectaculaire est mis en chantier : appelé "rétablissement du caractère maritime du Mont", il durera 20 ans, et coûtera des centaines de millions d'euros. Le barrage est détruit, puis reconstruit au plus près de la baie, avec des portes à flots qui permettront à ceux-ci de circuler lorsque nécessaire. La digue est détruite progressivement, remplacée par un pont-passerelle majestueux qui dessine une courbe et termine sa course en s'abaissant au niveau de la mer, à une centaine de mètres de l'entrée du Mont. Le lit du Couesnon est redessiné pour se scinder en deux et laisser une petite partie de son débit enlacer le rocher par l'est. Des milliers de places de stationnement sont installées sur le continent, des navettes effectuant les trajets (que vous pouvez également faire en marchant) jusque la porte principale de ce qui est redevenu une île. Sur le continent, les routes et les trottoirs sont refaites, le nouveau barrage est également le lieu d'un splendide point de vue, et l'accès au Mont est comme scénographié : vous vous en approchez doucement, pendant environ deux kilomètres, et sa silhouette massive et gracieuse s'offre petit à petit à vous, entourée par son environnement maritime en grande partie retrouvé. Depuis 2015, le Mont est enfin de nouveau une île, la mer l'entourant à une quarantaine de reprises par an.

De nos jours
Si le rétablissement du caractère maritime du Mont est un succès du point de vue environnemental, il l'est moins du point de vue de la fréquentation. Si celle-ci a souffert pendant les travaux, elle ne s'est jamais véritablement rétablie jusqu'aux niveaux où elle se trouvait au début des années 1990. Avec environ 2,5 millions de visiteurs par an, elle se redresse néanmoins lentement – et le syndicat mixte de la baie du Mont-Saint-Michel, qui chapeaute l'ensemble, veille au grain. Pourquoi ? Parmi les principales raisons : l'accès au Mont, moins pratique pour beaucoup, et le coût du parking. Ces raisons, compréhensibles, sont-elles pour autant recevables ? On a certes perdu en praticité, mais le Mont est redevenu une île : n'est-ce pas amplement suffisant ? Quant au prix du parking (une dizaine d'euros la journée, selon la saison, les navettes de bus étant gratuites), osera-t-on rappeler que les tarifs pratiques sur les parkings de l'ancienne digue étaient à peu près similaires ? Et que dire, enfin, de ce parcours – qui, certes, est long d'environ deux kilomètres – mais qui vous donne à admirer le Mont-Saint-Michel comme jamais auparavant ? Néanmoins, le Mont reste une destination touristique mondiale par excellence. On y vient depuis partout, et les touristes européens, américains et asiatiques sont les plus nombreux. L'abbaye, qui est à elle seule sur le point de passer la barre symbolique du million et demi de visiteurs annuels, dresse sa silhouette que l'on aperçoit depuis loin, comme un repère. Sur le continent, les hôtels sont en grande partie rénovés et, si le niveau en matière de restauration reste assez inégal, rassurez-vous : on est là pour vous aider.

Patrimoine et traditions


Merveille ou Merveille ?

Beaucoup ont pris l'habitude de surnommer la totalité du Mont-Saint-Michel "la merveille" – et c'est souvent le cas dans le présent guide, car l'équipe du Petit Futé utilise également ce terme, qui définit si bien le Mont. Pour d'autres, la véritable merveille, c'est autre chose : l'ensemble formé, au sein de l'Abbaye, par le cloître, le réfectoire, l'aumônerie et la salle de travail (autant de lieux que vous admirerez lors de votre visite de l'ensemble religieux) sont les seuls bénéficiaires de cette terminologie.

Patrimoine culturel

Littérature
De très nombreux grands noms de la littérature ont pris le Mont-Saint-Michel comme cadre de leurs actions ou récits. Ainsi l'un des plus prolixes est Théophile Gautier, qui publie un long portrait du Mont dans "Quand on voyage" : " Rien n’est plus surprenant que l’aspect de cette roche soudaine qui ne se rattache à aucune chaîne de montagnes et perce comme une pointe d’ossement l’épiderme de la planète " relate l'écrivain. Son contemporain Gustave Flaubert, évoque, lui, l'environnement direct de la merveille : " Des langues de sable, longues, aplaties l'une sur l'autre, se rident comme une onde sous de grandes couches ", une description que ne renie en rien Victor Hugo, qui connaît bien le département et l'évoque dans "Quand on voyage". Initialement réservé sur le Mont, ce dernier termine par admettre que l'ensemble est à la France ce que les pyramides sont à l'Egypte. Si Stendhal dénigre de "petit rocher isolé" (qui, certes, n'était pas en très bon état à son époque), Henry de Montherlant ne manque d'aucun superlatif, affirmant dans "Mémoires d'un touriste" qu'ici, "Tout se ligue pour nous ravir et nous en imposer". Si les auteurs plus contemporains se font plutôt rares, un constat : le Mont-Saint-Michel en impose tant que les auteurs prennent la plume pour livrer leurs sentiments, parfois ambivalents, et non utiliser les lieux comme cadre d'une fiction.

Peinture
Belles, les peintures du Mont-Saint-Michel le présentent très souvent sous le même angle, à savoir à une distance suffisante pour l'illustrer dans son ensemble. Néanmoins, et c'est aussi la magie des lieux, le temps qu'il fait, ou le niveau de la marée sont suffisamment changeant pour qu'aucun tableau ne ressemble à un autre. Sujet évidemment inspirant, le Mont a été peint par Eugène Isabey, Victor Danvin, Edward Cooke ou Guillaume Fouace.

Cinéma
Il y a 20 ans, le blockbuster "Armageddon" tournait l'une de ses scènes dans l'Abbaye du Mont : belle reconnaissance, qui cache un certain nombre de films tournés ici. Toutefois, aucun d'entre eux n'a connu un vif succès (Cherbourg, plus au nord du département, surfe encore allègrement sur sa réputation mondiale issue des "Parapluies", qui ont près de 50 ans !