Le Souvenir Français
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Description


Fondé en 1887, le Souvenir français s'attache à transmettre, génération après génération, le maintien du souvenir, le sens du devoir, l'amour de la patrie, ainsi que le respect de ses valeurs. Cette association est également chargée de conserver la mémoire de ceux et celles qui sont morts pour la France, notamment en entretenant leurs tombes et les monuments élevés à leur gloire, aussi bien en France qu’à l’étranger. Cet ouvrage est principalement destiné aux plus jeunes, afin de leur expliquer l'association et ses missions, mais peut s'adresser sans problème à toutes les tranches d'âge.

En images et en mots, cet ouvrage permet de découvrir et comprendre l'importance du souvenir, de la mémoire collective, tout en gardant à l'esprit le combat mené par nos aînés.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782843682223
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0041€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les collections du citoyen Histoire
Le Souvenir Français

Le Souvenir Français / Nane Éditions / Ouvrage collectif

16, rue de Marignan – 75008 Paris Téléphone 01 53 83 95 78 – Fax 01 53 75 36 80 contact@nane-editions.fr www.nane-editions.fr
 
Parole du Président
L e Souvenir Français est la principale association mémorielle française. Créée en 1887, elle est une des plus anciennes associations du paysage associatif français. Son objectif est la sauvegarde de la mémoire de la France au combat, à travers l’hommage aux combattants « Morts pour la France » et aux Français auxquels, pour services rendus, le pays doit sa reconnaissance.
130 ans de sauvegarde mémorielle !
Que peut apporter aujourd’hui Le Souvenir Français à la « nation France » ?
La réponse à cette question nécessite la présentation de la politique mémorielle dans laquelle s’inscrit l’action quotidienne du Souvenir Français.
Cette politique, nous en devons la conceptualisation à Ernest Renan.
À l'origine il y eut Renan
D e ce grand philosophe breton, un seul texte aujourd’hui est cité : la conférence qu’il prononça le 26 mai 1882 à la Sorbonne sous le titre « Qu’est-ce qu’une Nation ? » Ce texte fut publié en 1887, année de la création du Souvenir Français. Il définit avec une extrême précision l’exemplarité de la nation française.
Pour Ernest Renan la nation française se définit d’abord par ce qu’elle n’est pas : elle n’est ni un espace géographique, ni un espace économique, ni une langue, ni une dynastie, ni une religion, ni une race.
La « nation France » repose sur deux piliers.
D’abord celui du vivre ensemble. Être français, c’est avoir envie de partager un présent et un avenir. Être français, c’est un « plébiscite de tous les jours », c’est regarder ensemble vers le même avenir, c’est construire ensemble le futur. Être Français, c’est d’abord partager une volonté.
Cette volonté s’enracine dans la Mémoire et cela constitue le second pilier du concept. Car être Français, c’est aussi partager un passé commun. « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en sont qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »
La France est une « nation mémoire ». C’est ce passé qui donne sa force à notre présent et qui engage notre futur. Ce passé est d’abord celui des grands hommes, ceux qui ont apporté la gloire à la Nation. « Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire, voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. » Mais ce passé est aussi et surtout celui du deuil collectif. Trente ans avant que débute la Première Guerre mondiale, Ernest Renan esquisse ce que sera la mémoire de la Grande Guerre. « La Souffrance en commun unit plus que la joie ! En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triom­phes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l’effort en commun. »
Le sentiment d’appartenance à la nation française, et cela est vrai pour toutes les nations, s’enracine dans les grands moments de deuil partagé. Merveilleuse intuition au regard des cérémonies nationales qui ont rendu hommage aux victimes des attentats qui ont récemment endeuillé la France.
Mais la mémoire impose le tri, l’oubli. Tout ne doit pas être partagé. Que serait, nous dit Ernest Renan, une nation qui se rappellerait chaque jour la Saint-Barthélemy, ce temps où la France catholique et la France protestante se combattaient ? « L’essence d’une nation est que tous les individus partagent beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses ». Une phrase qui souligne la différence entre l’histoire et la mémoire. Une histoire qui d’ailleurs peut être dramatique pour la Nation, car l’histoire peut détruire la mémoire. Trop d’histoire tue la mémoire. « L’oubli, et je dirais même l’erreur historique, sont un facteur essentiel de la création d’une nation, et c’est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger. »
 

Cérémonie de ravivage de la flamme en présence du président général du Souvenir Français, de la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées et du président du comité de la flamme (26 novembre 2018).
L'enracinement d'une politique
L' inscription dans la vie mémorielle de ce concept s’est réalisée après la victoire de 1918. Cette mise en œuvre est fondée sur quatre piliers.
Des Morts pour la France
La mémoire d’un deuil collectif se traduit d’abord par l’hommage rendu aux victimes de ce deuil. Les victimes de guerres furent héroïsées à partir de 1915 par l’attribution de la mention « Morts pour la France ». Le poilu de la Grande Guerre, comme le résistant de la Seconde Guerre mondiale et comme le combattant des opérations extérieures de la France n’est pas une victime, il est un Morts pour la France.
Des héros
Les héros des guerres sont d’abord les chefs militaires, ceux qui commandent, les Foch, les Gallieni, les Joffre, les de Lattre, les Leclerc, les Juin… Mais ce sont aussi ceux qui ré­­sis­tent, les Denfert-Rochereau, les Raynal, les combattants de Bazeilles , les Jean Moulin… Ce sont enfin, dans notre République, les chefs politiques, les Clemenceau, les de Gaulle, les Poincaré…
Des outils
Trois types d’outils sont utilisés pour enraciner la mémoire :
– les outils commémoratifs, les cérémonies qui permettent de rappeler au plus grand nombre de citoyens à date régulière une page d’histoire ;
– les outils patrimoniaux qui matérialisent un lieu à travers une tombe, un monument, une stèle ou une plaque ;
– les outils de transmission qui permettent de donner aux nouvelles générations la connaissance de l’histoire (les musées, les expositions, les concours scolaires et l’enseignement de l’histoire).
Des acteurs
Pour qu’une mémoire s’enracine dans un pays démocratique, il est nécessaire que des acteurs de la société civile la prennent en charge. Ce fut le rôle des associations d’anciens combattants. Ce fut et demeure plus fort aujourd’hui qu’hier le rôle du Souvenir Français et des associations mémorielles.
Les trois temps mémoriels
L' évolution des acteurs de mémoire que sont les associations d’anciens combattants est conditionnée par la démographie. La disparition progressive des générations du feu structure la politique mémorielle en trois temps.
D’abord, le Temps du souvenir. Les acteurs nombreux imposent le souvenir qu’ils souhaitent faire partager à la Nation. Ce Temps du souvenir, c’est celui du sacré, des cérémonies sobres où le silence est de rigueur, du patrimoine funéraire où le recueillement s’impose, du...