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Les Montmorency

De
343 pages
Quelle famille ! Avec six connétables, treize maréchaux de France, cette illustre lignée s’honore de noms aussi prestigieux qu’Anne de Montmorency, le prince de Condé, Turenne ou encore le maréchal de Luxembourg. Ministres, grands capitaines, ducs et pairs de France, ces fidèles serviteurs de la Couronne ont joué un rôle de premier plan dans l’histoire de France. Daniel Dessert raconte ici l’étonnante destinée de ce lignage hors norme qui parvient à se maintenir au pouvoir près de mille ans, mu par un véritable instinct politique combiné à des mariages toujours plus habiles et consanguins. Chaque union apporte son lustre, assoit la puissance Montmorency. Témoins de leur splendeur à son apogée, les somptueuses demeures d’Écouen et de Chantilly…
Mais comme toute famille, elle est traversée de profondes disputes et nourrit en son sein de mauvais éléments, à l’instar de Gilles de Rais. Parfois même, l’orgueil de l’un des membres les couvre d’opprobre. Ainsi Henri II est condamné à mort pour avoir défié Richelieu. Mais à chaque fois, après chaque défaite, le sursaut. C’est leur force qui les rend unique. Leur chute n’est plus loin à la veille de la Révolution. La fin des Montmorency concordera avec l’avènement du pouvoir républicain, comme si leur lignage ne pouvait survivre à un régime qu’ils avaient soutenu depuis des temps immémoriaux.
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Les Montmorency
Mille ans au service des rois de France
DANSLAMÊMECOLLECTION
Götz ALY,Les Anormaux. Alessandro BARBERO,La Bataille des trois empires. Lépante, 1571. Divin MoyenÂge. Histoire de Salimbene de Parme et autres destins édifiants. Michaël BARRY,Le Royaume de l’insolence. L’Afghanistan 1504 2011. Jean-Paul BERTAUD,Les Royalistes et Napoléon. au 23 L’Abdication. 21 juin 1815. Jerry BROTTON,Une histoire du monde en 12 cartes. Olivier CHALINE,L’Année des quatre dauphins. – Le Règne de Louis XIV. Christopher CLARK,Les Somnambules. Liliane CRÉTÉ,Les Tudors. Ray M. DOUGLAS,Les Expulsés. Jean-Marc DREYFUS,L’impossible Réparation. Christopher DUGAN,Ils y ont cru. Une histoire intime de l’Italie de Mussolini. Richard EVANS,Le Troisième Reich(3 volumes). Victor Davis HANSON,La Guerre du Péloponnèse. Lauric HENNETON,Histoire religieuse des ÉtatsUnis. Françoise HILDESHEIMER,La Double Mort du roi Louis XIII. Paulin ISMARD,L’Événement Socrate. Julian JACKSON,La France sous l’Occupation. Eric JAGER,Le Dernier Duel. Ian KERSHAW,La Chance du diable. Le récit de l’opération Walkyrie. Richard OVERY,Sous les bombes. Nouvelle histoire de la guerre aérienne (19391945). Paul PAYAN,Entre Rome et Avignon. Une histoire du Grand Schisme (13781417). Jonathan PHILLIPS,Une histoire moderne des croisades. Marie-Pierre REY,L’Effroyable Tragédie. Une nouvelle histoire de la campagne de Russie. 1814, un tsar à Paris. Graham ROBB,Sur les sentiers ignorés du monde celte. Constance SERENIPierre-François S et OUYRI,Kamikazes. Bertrand VANRUYMBEKE,L’Amérique avant les ÉtatsUnis. Une his toire de l’Amérique anglaise (14971776). Laurent VIDAL,Ils ont rêvé d’un autre monde. Guy WALTERS,La Traque du mal.
Daniel Dessert
Les Montmorency
Mille ans au service des rois de France
Flammarion
DUMÊMEAUTEUR
Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Fayard, 1984. Fouquet, Fayard, 1986. Louis XIV prend le pouvoir, Bruxelles, Éditions Complexes, 1989. La Royale, vaisseaux et marins du Roi Soleil, Fayard, 1996. Colbert ou le serpent venimeux, Bruxelles, Éditions Complexes, 2000. Tourville, Fayard, 2002. Les Daliès, une dynastie protestante de la finance sous l’Ancien Régime, Perrin, 2005. Le Royaume de Monsieur Colbert, Perrin, 2007. L’Argent du sel, Le Sel de l’argent, Fayard, 2012.
© Flammarion, 2015 ISBN : 978-2-0813-6097-6
LESANGDES MONTMORENCY
Février 1922, avec l’exécution d’Henri Landru, pittoresque étrangleur de malheureuses créatures en mal d’époux, se termine l’une des plus célèbres affaires des annales criminelles françaises qui défrayait la chro-nique judiciaire depuis près de deux ans. Mais c’est surtout la conclusion de la conférence internationale de Washington, visant à ralentir la course aux arme-ments navals, qu’on espère une prometteuse étape dans le désarmement mondial et l’instauration d’un esprit pacifiste durable, attendus avec ferveur dans un monde traumatisé par la terrible boucherie de 1914-1918. Aussi, dans ce contexte, la disparition de la vicomtesse de Durfort-Civrac le 10 février 1922 passe-t-elle inaperçue auprès du grand public, les faire-part de décès relevant uniquement du Bottin mondain : la défunte appartenait en effet à cette société distinguée qui mêlait la noblesse ancienne aux élites impériales et républicaines, microcosme immorta-lisé par Marcel Proust dansÀ la recherche du Temps perdu.Les Boniface de Castellane, les Robert de
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Montesquiou, les duchesses d’Uzès démontraient la place qu’y tenaient encore les noms illustres de la vieille France. Les Durfort-Civrac étaient de ceux-là. Mai-son féodale de Guyenne et de Languedoc, connue e depuis la seconde moitié duXIsiècle et régulière-ment suivie depuis 1262, n’avait-elle pas fourni un grand nombre de militaires, de diplomates et de pré-lats ? Comme les Gontaut-Biron, les d’Harcourt ou les Noailles, n’avait-elle pas donné cinq maréchaux au pays, dont les ducs de Duras et de Lorge, neveux de Turenne, et Emmanuel Félicité de Durfort, élevé à cette dignité l’année même, 1775, de son élection à l’Académie française… La chose l’émerveillait, lui qui avouait avec candeur et humour avoir reçu la consécration militaire sans avoir jamais commandé une armée et la consécration littéraire sans avoir jamais rien écrit ! Cependant, la disparition de Madame de Durfort-Civrac allait bien au-delà des commentaires circons-tanciés en raison de sa personnalité. Elle était née Anne-Marie Eugénie Justine de Montmorency-Luxembourg, fille du duc de Beaumont, prince de Tingry, dernier mâle Montmorency décédé en 1878. Elle-même était la dernière du nom. Son enterrement fut donc celui d’un lignage qui remontait au milieu e duXsiècle et qui avait embrassé près d’un millénaire. Cette ancienneté était inséparable de sa continuité, les Montmorency ayant participé à la construction monarchique depuis l’élection capétienne : leur Mai-son était donc la plus illustre du royaume après celle de France, son histoire se confondant avec la sienne.
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Son ancienneté était inséparable aussi de sa fidélité et de son dévouement à la Couronne par les services insignes que lui rendirent nombre de ses membres, ce qui explique l’importance singulière des Montmo-e rency tant en France qu’en Europe. AuXVIIIsiècle, le très redouté car très intègre généalogiste Chérin a exposé les fondements de cette renommée : « Le sen-timent général de la Nation et même de toute l’Europe, de concert avec les monuments de notre Histoire, place la Maison de Montmorency dans un tel degré de considération que son nom seul fait son éloge : une grandeur toujours plus sensible à mesure qu’elle se rapproche des temps où elle commence à être connue ; le titre depremier baron de Francelui est qui affecté de temps immémorial ; des alliances contractées avec la plupart des souverains de l’Europe ; la posses-sion des premières dignités de l’État ; une suite de services signalés rendus à la Couronne de France depuis plus de sept cents ans – tels sont les titres qui lui assignent un rang des plus illustres dans le premier ordre de la noblesse. » Elle avait donc col-lectionné les honneurs et les dignités militaires avec ses connétables, ses maréchaux, ses amiraux de France et autres officiers généraux, mais également les charges auliques avec ses grands maîtres, ses grands chambellans, ses grands bouteillers et ses grands panetiers de France. Elle affectait même, aux dires de l’une de ses plus grandes gloires, le connétable Anne de Montmorency, de n’avoir compté aucun des siens au service de Dieu, assertion controuvée
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puisque la famille avait donné moult prélats, dont un bienheureux… Dans ces conditions, la mort de la vicomtesse conduit à réexaminer une histoire familiale dont le fonctionnement multiséculaire éclaire les mécanismes qui régissaient l’Ancien Régime. Au fil des siècles, le soutien du roi ou, à l’inverse, la lutte contre lui, a dessiné une trajectoire conditionnée par des impéra-tifs sociopolitiques incontournables. De fait, la réus-site des Montmorency résulte davantage de pratiques familiales, strictement exercées, que d’actions d’éclat individuelles. C’est donc à tort dans leur cas que l’observation généalogique semblerait désuète ; elle est d’autant plus utile que les Montmorency ne se comprennent et ne se justifient que par le maintien de leur nom, soutenu par l’observation multiséculaire de quelques règles de conduite intangibles. C’est ce constat qui a poussé leur premier biographe, André Duchesne, à rédiger en 1625 une histoire de la famille, qui passait alors pour le chef-d’œuvre du genre historico-généalogique. Ce modèle, esquissé dans les Histoires des Maisons de Châtillon-sur-Marne (1621), de La Rochefoucauld (1622), de Vergy (1625), devait se perpétuer avec celles des Maisons du Plessis-Richelieu (1631), de Guines, de Coucy, de Dreux (1631), de Chasteigners (1634) et enfin de Béthune (1639). Notre historien avait utilisé une documentation où les filiations et les alliances apportaient un matériel qui ne relevait pas seulement du domaine généa-logique, mais éclairaient tout le fonctionnement de la société d’Ancien Régime. Cette démarche a été
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