NOIRMOUTIER 2019 (avec cartes et photos)
450 pages
Français

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NOIRMOUTIER 2019 (avec cartes et photos)

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Description

Cordons dunaires et plages bordées de pins, l’île de Noirmoutier vous ouvrira les portes d’un havre de paix ressourçant à l'écart de la vie citadine. Les lecteurs découvriront ici un patrimoine riche et des traditions : la récolte du sel, la culture de la pomme de terre, les huîtres et les poissons issus de la pêche locale. Autant de produits que l’on retrouvera d’ailleurs dans les meilleures tables de l’île. Ce carnet de voyage est destiné à tous les voyageurs qui partent pour un court séjour et qui recherchent un guide complet au meilleur prix sur l’Île de Noirmoutier !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 avril 2019
Nombre de lectures 3
EAN13 9782305011462
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0200€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
EDITORIAL
DECOUVERTE
Les Immanquables
Nature
Economie
Histoire
Patrimoine, traditions et artisanat
L’île de Noirmoutier gourmande
Sports, Loisirs et Bien-être
Festivals et manifestations
DE LIEUX EN LIEUX
BARBÂTRE
LA GUERINIERE
L’EPINE
NOIRMOUTIER-EN-L’ILE
ORGANISER SON SEJOUR
Se rendre sur l’île de Noirmoutier
CIRCULER SUR L’île
LOGEMENT
S’INFORMER SUR L’ILE
Galerie photos
Galerie cartes
© Petit Futé


© Linda CASTAGNIE
EDITORIAL


Noirmoutier-en-l'Ile - Port de l'Herbaudière.
© Linda CASTAGNIE

L'île de Noirmoutier a le charme de son authenticité... Je ne connais personne qui ne succombe au charme de cette île à fleur d'eau, baptisée "l'île aux mimosas". Elle a su séduire le peintre Renoir, qui écrivait dans une lettre à un ami : « Je viens à Noirmoutier, c’est un coin admirable, beau comme le Midi avec une mer autrement belle que la Méditerranée ». Après lui de nombreux artistes dont la réalisatrice Agnès Varda, Mathieu Chedid, Laurent Boyer et d'autres en ont fait leur lieu de villégiature, havre de paix ressourçant à l'écart d'une vie citadine trépidante. Cordons dunaires et plages bordées de pins, dont le Bois de la Chaize abritant de magnifiques villas. Les plages des Souzeaux et des Dames ont gardé ce charme rétro des stations balnéaires du début du XIX e siècle. Les moulins et les cabanons de plage renforcent cette impression de douceur. C'est aussi un patrimoine riche, et des traditions. On y récolte le sel, on y cultive la pomme de terre, produits phares de l'île au même titre que les huîtres, les moules de bouchot, les poissons issus de la pêche locale et on peut rajouter les biscuits Les Petits Cagnottes. Des produits que vous retrouverez dans les meilleures tables de l'île dont la plus renommée, la Marine. Noirmoutier est aussi riche de monuments issus d’un passé mouvementé. Pour la découvrir, oubliez le pont, munissez-vous des horaires de marées et empruntez le Gois. Le voyage commence ici, sur ce gué reliant l'île au continent...
Linda Castagnié
DECOUVERTE


Noirmoutier-en-l'Ile - Port de l'Herbaudière, île de Noirmoutier.
© Linda CASTAGNIE


Carte d'identité

Numéro département : 85 (Vendée)
Population : environ 4600 habitants (en 2019).
Superficie : 49 km²
Préfecture – sous-préfecture : La Roche-sur-Yon
Nombre de communes : 4 (Noirmoutier-en-Île, Barbâtre, La Guérinière, L'Epine).
Région d’appartenance : Pays de la Loire.

Les Immanquables

Le Gois


Le Gois - Le Gois à marée basse.
© Linda CASTAGNIE

Le passage du Gois fait partie des sites d'intérêt national et patrimonial reconnu par l’Unesco ! Le Gois est un site naturel, protégé, unique en Europe, une route sous la mer qui date du XVIII e siècle, un gué qu’il faut emprunter uniquement à marée basse et qui relie l’île de Noirmoutier au continent par la commune de Beauvoir-sur-Mer. Le lent envasement de la baie de Bourgneuf a créé ce gué long de 4,20 km qui fut aménagé par l’homme. Si le passage actuel est relativement récent, il y a des siècles que les communications entre l'île et la terre ferme sont possibles. Il fut probablement emprunté dès le VIII e  siècle par quelques aventuriers lors des plus basses marées, mais l’histoire n’est certaine que d’une retraite de pillards normands en 843. Vauban le cite ensuite en 1689 : « Un petit bras qui s’assèche quelquefois à basse mer jusqu’à pouvoir y passer à pied. ». Son usage devient courant au XVIII e  siècle, il est emprunté pendant les guerres de Vendée aussi bien par Charette que par les Républicains. Les premières balises, au nombre de 18, furent installées en 1786. Il a aujourd’hui l’aspect de ses aménagements du XIX e  siècle, hormis à quelques endroits où les pavés sont remplacés par du bitume. Respectez les horaires de marées indiqués à chaque accès – environ 1 heure et demie avant et 1 heure après la basse mer. Chaque année, quelques optimistes invétérés arrivent trop tard, voient la mer encore découverte et se disent « ça va passer ». Mais après l’heure c’est plus l’heure et cela ne passe pas ! Il ne reste plus qu’à aller passer 6 heures en haut d’une balise et à perdre sa voiture. Rincez votre voiture avec de l’eau douce dans les jours qui suivent le passage, le sel étant l’ennemi des carrosseries. Le Gois a vécu de multiples anecdotes, parfois tragiques d’ailleurs. La dernière en date : en 1999, c’est, selon les spécialistes, sur le Gois que s’est jouée la victoire du Tour de France, après la chute d’une grande partie du peloton dont de nombreux vainqueurs potentiels de la Grande Boucle furent victimes.
Traversée à marée basse uniquement. Se conformer aux horaires de marée.

Noirmoutier-en-l'Île


Noirmoutier-en-l'Île - Marais salant.
© OT île de Noirmoutier – V Joncheray

Positionnée au nord de l'île, Noirmoutier-en-l'Île est le cœur névralgique de l'île. Le centre-ville est parsemé de ruelles, de bâtisses et de lieux chargés d'histoire comme le château , l'Hôtel Jacobsen ou l'Hôtel du Général d'Elbée , l'église Saint-Philbert , qui servit de prison aux 1 500 Vendéens qui furent massacrés lors des guerres de Vendée. Quant à l’ hôtel de ville , il fut reconstruit en 1884 à l'identique des maisons de marchands du XVIII e siècle, il a seulement perdu son beffroi. C'est à Noirmoutier-en-l'Île que se concentrent la majeure partie des commerces et de l'animation créée par les nombreux restaurants et bars avec terrasse. Le port est également source d'animation et conduit à la jetée Jacobsen. La Grande-Rue (piétonne) concentre tous les commerces. Flânez dans le quartier de Banzeau, l'un des plus anciens de l'île. Occupé au XI e siècle par les personnes au service de l’abbaye, il a ensuite abrité les marins au XVII e siècle. Baladez-vous dans ses ruelles bordées de roses trémières et de coquettes maisons blanches aux volets colorés. Prolongez la balade jusqu'au Bois de la Chaize et ses criques abritées. En longeant la côte, vous arriverez au charmant petit village du Vieil. Là, vous pourrez profiter du calme ambiant pour vous ressourcer en vous baladant à vélo ou en bouquinant sur la plage. Passé la plaine agricole, découvrez le port de pêche et de plaisance de L'Herbaudière  : un lieu de promenade agréable, avec des boutiques de souvenirs et des restaurants.

Le Château-Musée de Noirmoutier


Noirmoutier-en-l'Ile - Château de Noirmoutier.
© OT île de Noirmoutier – JS Evrard


CHÂTEAU-MUSÉE DE NOIRMOUTIER
Place d’Armes
✆  02 51 39 10 42
www.ville-noirmoutier.fr/le-chateau/
Du 16 février 2019 au 10 novembre 2019 ; fermé le mardi. Ouvert du 1 er septembre au 11 novembre ; fermé le mardi. Basse saison : ouvert du mercredi au lundi de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h. Haute saison : tous les jours de 10h à 19h. Du 11 mars au 5 avril et du 1 er au 18 octobre : de 14h à 18 h (sauf mardi). Gratuit jusqu'à 5 ans. Adulte : 4,80 €. Enfant (jusqu'à 18 ans) : 2,60 €. Groupe (15 personnes) : 3,10 €. Dernier accès : 45 avant la clôture du site. Site non accessible aux personnes à mobilité réduite. Visite guidée (en juillet et août).

Véritable emblème de la ville, le château de Noirmoutier, constitue un point d’ancrage fort du paysage noirmoutrin, intimement lié à l’histoire de l’île. Construit à la fin du XII e siècle par Pierre V, seigneur de La Garnache, ce château médiéval est l’un des mieux conservés dans le grand Ouest. Vers 1690, Josse Hertsfelt, gouverneur de l’île, fait construire le logis du gouverneur et ouvre l’entrée actuelle, face au port. Au XVIII e siècle, le château est utilisé pour stocker le matériel militaire, puis il devient une forteresse militaire jusqu’en 1895, lorsqu’il est démilitarisé. Aujourd’hui, le musée s’articule autour de deux espaces d’exposition : au premier étage du donjon, les premières traces de peuplement dans l’île et l’histoire du château, aux étages supérieurs, une exposition thématique pour découvrir le musée en s’amusant. En 2019, le musée propose de découvrir le château et son histoire à travers un espace entièrement revu et corrigé. L’exposition « À musée-vous ! » propose de nouveaux jeux en perspective et une salle consacrée au sauvetage en mer. La visite se termine au sommet du donjon avec une remarquable vue panoramique. Le château de Noirmoutier est classé Monument historique et son musée est labellisé Musée de France.

Bois de la Chaise


Noirmoutier-en-l'Ile - Le Bois de la Chaise.
© Thomas Pajot – stock.adobe.com

En opposition à Yeu, Noirmoutier est une île à fleur d’eau. Du nord au sud, face au grand large atlantique, ce ne sont que dunes, plages de sable fin et criques tranquilles bordées d’immenses pins. Les bois sont la fierté de l’île. Le plus connu : le bois de la Chaize. Sa notoriété tient en partie à sa forêt de chênes verts, ses pins maritimes, ses arbousiers, mais surtout aux mimosas qui y fleurissent en hiver : un spectacle de toute beauté qui a contribué à la renommée de l’île. Le bois de la Chaize est rasé une première fois par les Espagnols en 1524. En 1674, il est coupé une seconde fois par les Hollandais. En 1793 les armées vendéennes et républicaines se servent du bois pour se chauffer et faire face à l'hiver très rigoureux. Les Jacobsen, propriétaires de la plus grande partie du bois, planteront ensuite des pins avant d'y construire des villas. Au siècle dernier, il constituait l’embryon d’une station balnéaire où quelques rares maisons de villégiature s’élevaient. Bien des années après, jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le vapeur Saint-Philbert assurait la liaison entre le continent et le bois de la Chaize. Classé depuis 1936, le bois de la Chaize est un lieu propice à la balade. Il s'étend sur 110 hectares et borde des plages de plus de 2 km. Sa limite est formée par une falaise découpée en une succession de pointes rocheuses et d’anses sablonneuses. Aujourd’hui, c’est certainement sur cette partie de l’île, dans cet écrin de verdure que sont installées les plus belles demeures de Noirmoutier. Une centaine de villas construites à la fin du XIX e siècle, ayant pour la plupart appartenu à la bourgeoisie nantaise, avec leurs toits sophistiqués et leurs façades travaillées. Un art balnéaire ancien subsiste qu’il est difficile de retrouver ailleurs sur la côte. Les points incontournables du bois de la Chaize sont : la plage des Dames, son estacade et ses cabines de bains blanches, la pointe de Saint-Pierre, le phare de l’Anse Rouge, les Souzeaux et la plage des Sableaux. Le bois de la Chaize a notamment inspiré des peintres dont l'illustre Auguste Renoir.

L'Estacade de la plage des Dames


Noirmoutier-en-l'Ile - Estacade de la plage des Dames.
© Linda CASTAGNIE
Face à la baie de Bourgneuf, l’estacade de la plage des Dames sur l’île de Noirmoutier est une curiosité incontournable et emblématique du bois de la Chaize et surtout un lieu de promenade très fréquenté. Elle est située à gauche de la plage et fut édifiée en 1889, afin de servir de débarcadère pour les bateaux, notamment pour assurer la liaison maritime avec le port de Pornic sur le continent, permettant aux visiteurs de rejoindre plus rapidement le continent par ce mode de transport que par la route. L’estacade fut intégralement reconstruite en 1955 et entièrement reconstruite pour mise aux normes, en 2014, créant un front d’accostage avec 4 paliers de débarquement et 3 ducs-d’Albe (des pilotis d’amarrage) pour les bateaux de passagers. Au pied de l'estacade, la mythique plage des Dames. Les cabines de la plage des Dames, de la plage des Sableaux et de l'Anse Rouge marquent le début du tourisme balnéaire. Les dames y enfilaient leur maillot de bain à une époque où la mode était aux bains de mer et la pudeur encore très présente.

Le Vieil


Noirmoutier-en-l'Ile - Ruelle du Vieil, plage du Mardi-Gras.
© Linda CASTAGNIE

Bordé par l'océan, Le Vieil est un village typique et pittoresque, paisible, aux ruelles peuplées de petites maisons blanches et volets colorées (des maisons de pêcheurs), bordés de murets, fleuries d'hortensias, de roses trémières et de vignes vierges. Loin de l'agitation de Noirmoutier-en-l'Île, de petits hameaux se succèdent : La Claire, Le Vieil, La Madeleine, puis, au-delà de l’abbaye de la Blanche, La Linière. Déambulez à pied ou à vélo dans les petites ruelles étroites du Vieil, dont beaucoup mènent à la charmante plage du Mardi-Gras prolongée par la plage de la Clère. Le saviez-vous ? Le Vieil fut le tournage du film sortie en 1972  César et Rosalie qui réunissait dans une maison posée sur la plage du mardi gras, le couple Romy Schneider-Yves Montand, entourés de Samy Frey et Isabelle Huppert. Il règne dans ce petit village comme resté hors du temps, une véritable douceur de vivre.

Les marais salants


La Guérinière - Marais salant.
© Linda CASTAGNIE

Les marais salants occupent un vaste espace au centre de l’île de Noirmoutier, principalement sur les communes de L’Épine et de Noirmoutier-en-l’Île. Le promeneur pourra admirer ce dédale d’étiers et d’œillets. Il faut garder à l’esprit que les hommes ont dû batailler ferme pour conquérir les terres et se protéger de la mer. L’œuvre des moines, comme ailleurs, mais aussi les remarquables travaux entrepris par la famille hollandaise des Jacobsen au XIX e siècle ont permis l’assèchement des terres, la constitution des marais salants, mais également la création d’un port praticable. En effet, au V e siècle, les moines bénédictins transforment les marais humides en marais salants, par d’importants travaux de drainage. Au XVIII e siècle, le commerce du sel est florissant, un tiers de l’île est consacré à l’exploitation des marais. En 1900, on récolte encore 30 000 tonnes de sel, mais le métier de saunier n’est souvent qu’une activité de complément, et en 1985 la production annuelle chute à 600 tonnes. De 34 sauniers en 1990, ils sont aujourd’hui environ une centaine, sur un potentiel d’environ 3 000 œillets. On récolte environ 1 500 tonnes de sel marin dans une année moyenne. Cet or blanc est récolté artisanalement, dans le respect de 1 600 ans de tradition. Des visites de marais salants sont proposées par les sauniers sur leur propre exploitation de juin à septembre.


Marais salant, mode d’emploi

L’eau de mer circule dans un réseau de canaux et de bassins minutieusement entretenus, jusqu’à l’œillet (petit bassin d’eau de mer créé par le saunier, à fond argileux, lisse et légèrement bombé en son centre, où se dépose le sel). Grâce à l’évaporation, la concentration en sel s’intensifie tout au long d’un lent parcours de 48h, elle passe de 35 g/litre à 300 g/litre. Sous l’action du soleil et du vent, l’eau arrive à saturation. Le sel se cristallise et tapisse le fond argileux de l’œillet. D’un geste régulier et précis, le saunier le tire alors doucement vers le bord de l’œillet, à l’aide de son ételle : planchette de bois au bout d’un long manche. Les petits tas ainsi formés sont appelés mulons, ils ponctuent de leur blancheur le bleu des marais salants. Au plus chaud de l’été, lorsque le vent d’Est s’y prête, de fins cristaux miroitent à la surface des œillets. Cueillie délicatement avec la lousse (sorte d’écumoire), c’est la fleur de sel. Elle est ensuite déposée dans des paniers, pour sécher naturellement au soleil. Cristallisée à la surface de l’eau, elle est d’une blancheur et d’une saveur unique.

Les Moulins de l'Île


La Guérinière - Moulins de La Guérinière.
© OT île de Noirmoutier – JS Evrard
Une nouvelle particularité de l'île, les moulins ! Ils font partie intégrante des paysages de l’île de Noirmoutier. Disséminés un peu partout on les retrouve néanmoins principalement sur la côte sud (sur la commune de La Guérinière) le long du cordon dunaire. Les premiers moulins de Noirmoutier, édifiés sur des étiers (ce sont des chenaux étroits), furent construits au VII e siècle à l'époque de saint Philibert, ils utilisaient alors la force des marées pour fonctionner. A partir du XIII e siècle, les moulins à vent prirent peu à peu leur place. Pour profiter au maximum des vents, ces moulins étaient utilisés pour broyer le blé qui servait à faire le pain. En 1862 il y en avait 34, perchés sur les dunes. Le dernier qui fonctionna fut celui de La Cornette, près du passage du Gois, il cessa son activité dans les années 1950. Il n’en reste que 23.

La réserve naturelle de Mullembourg
La jetée Jacobsen est un site idéal pour observer les oiseaux. Ce promontoire s'ouvre d'un côté sur les marais salants de la réserve naturelle de Müllembourg et, de l'autre, sur le port. Gagnés sur la mer, ces 48 hectares de marais sont le refuge de nombreuses espèces végétales et animales. On distingue deux espaces : sur le Grand Müllembourg, les années d’abandon ont créé des îlots propices à certaines espèces d’oiseaux, à condition que l’eau de mer continue de circuler grâce aux ouvrages hydrauliques, amenant avec elle de nombreux invertébrés marins. Le Petit Müllembourg est quant à lui constitué de marais salants encore en activité. En hiver, à marée haute, ces marais représentent un important reposoir à limicoles, canards et bernaches, qui hivernent autour de l’île. Au printemps, certains migrateurs de retour d’Afrique font simplement une étape, tandis que d’autres comme le tadorne de Belon, la sterne pierregarin et l’avocette élégante, profitent des levées de terre pour dissimuler leur nid. Depuis 1955, les marais de Müllembourg sont gérés par la Ligue Protectrice des Oiseaux (LPO) en concertation avec la commune de Noirmoutier-en-l’Île. Ils constituent un milieu exceptionnel pour observer la vie dans les marais, sur les vasières, et découvrir la gestion d’un milieu naturel sensible. Les réserves naturelles de l'île de Noirmoutier, reconnues pour être des lieux de balades aux paysages et ambiances somptueux, n'en sont pas moins des milieux sensibles avec des intérêts écologiques et patrimoniaux forts qu'il faut préserver et respecter.

Le Port de l'Herbaudière


Noirmoutier-en-l'Ile - Port de l'Herbaudière.
© Linda CASTAGNIE
Située à l’extrême pointe nord-ouest de l’île de Noirmoutier, l’anse de L’Herbaudière servait d’abri pour les bateaux-pilotes de l’entrée de la Loire dès le XVII e siècle. À la demande de la chambre de commerce de Nantes, une première grande jetée est aménagée à partir de 1869, suivie d’une deuxième en 1950, qui constituera un bassin protégé : le port de L’Herbaudière est né ! Au début du siècle, le port de pêche de L'Herbaudière est un port sardinier. De nombreuses pinasses (petites barques), barrées par des équipages noirmoutrins, assurent une pêche importante. L'île comptait alors 4 conserveries qui absorbent presque la totalité des apports de sardines. Lorsque la dernière conserverie ferme en 1965, l'activité perdure grâce au crabe et à l'araignée. Est venu s’y adjoindre un vaste port de plaisance en 1973 : ce sera le premier construit en Vendée ! Le cimetière marin, derrière l’église, offre un point de vue intéressant.

Nature


Nature - Plage des Dames à Noirmoutier-en-l'île.
© Office de tourisme de Noirmoutier
Entre la forêt de grands pins maritimes, le cordon de dunes longeant les plages de sable fin, la réserve naturelle du Polder de Sébastopol, ou la réserve de Müllembourg, entre l’océan et la baie de Bourgneuf, du bois des Eloux au Bois de la Chaize, en passant par le marais sauvage, la nature est partout présente sur l’île de Noirmoutier, offrant au visiteur une faune et une flore riches.

Faune


Noirmoutier-en-l'Ile - Baudet dans les marais salants.
© Linda CASTAGNIE

L'île de Noirmoutier est un site naturel majeur de la façade atlantique, par ses zones humides, lieu de reproduction, de nourrissage et d'hivernage de nombreuses espèces d'oiseaux rares ou menacés. D'ailleurs, l'île englobe plusieurs zones naturelles protégées, à commencer par le Polder de Sébastopol qui recense 650  espèces d' invertébrés , dont plus de  250  espèces de  papillons  et  220 araignées, 20  espèces de  poissons dont le syngnathe aiguille et , 3  espèces de  batraciens  et de  reptiles et plus de  210  espèces d' oiseaux  dont une quarantaine nicheuses. La Réserve accueille une colonie mixte de plus de 3 500 couples nicheurs de mouettes et sternes, ce qui en fait un site d'importance nationale pour la sterne caugek et la mouette mélanocéphale, 23  espèces de  mammifères dont la très rare loutre et le campagnol amphibie. Au printemps les amoureux de la nature pourront observer l'avocette élégante, l'échasse blanche, le chevalier gambette, les sternes pierragarin et caugek, les mouettes rieuses et mélanocéphales ainsi que la sous-espèce « namnetum » du gorge-bleue à miroir blanc (taxon endémique) . Les limicoles, bécasseaux, pluviers, barges et courlis prennent le relais en période migratoire et hivernale.

Flore


Barbâtre - Flore du bord de mer, île de Noirmoutier.
© Linda CASTAGNIE
L'île de Noirmoutier est dotée d’un climat doux et d’une luminosité particulière, sans doute propices à la végétation de type méditerranéen que l’on y trouve. Mais c’est surtout le mimosa, dont la floraison a lieu en hiver, qui a fait la réputation de l’île. Le mimosa fait totalement corps avec l’image de l’île, surnommée «  l’île aux mimosas  » (le cinéma porte également son nom). L’arbre, originaire d’Australie, aurait été introduit au milieu du XIX e  siècle afin de promouvoir les villas du Bois-de-la-Chaise qui ne bénéficiaient pas de la vue sur la mer. Les forêts de l’île sont en grande partie artificielles. Elles sont, en effet, composées le plus souvent de résineux plantés pour préserver les dunes de l’érosion. Le plus réputé de l'île est sans doute le Bois de la Chaize, un site classé. C'est sans aucun doute sur le polder de Sébastopol, site protégé et classé Réserve naturelle régionale, que se concentrent la plus grande variété d'espèces. Plus de 230 espèces végétales y sont répertoriées : les plantes schorre, ( salicorne , obione) le long des fossés d'eau salée, les tamaris, les graminées, les saules et frênes.

Economie


Noirmoutier-en-l'Ile - Cabane à sel sur l'île de Noirmoutier.
© Linda Castagnié
Le tourisme est véritablement la principale activité économique de l'île ! La capacité d'accueil est de 18 000 lits, avec 20 hôtels et 10 campings. En juillet-août, on dénombre 1,2 million de passages sur le pont et 200 000 passages sur le Gois. L'économie locale est relativement dynamique puisqu'on compte 1 389 entreprises. Elles se répartissent dans les secteurs suivants : l'agriculture représente 15 %, l'industrie  : 12 %, la construction et le BTP : 9 %, l'administration : 8 %, mais c'est le commerce , qui remporte la palme avec 56 % des entreprises dans ce secteur d'activité ( source : INSEE ). L'île de Noirmoutier est un terroir d'exception. Avec 2 000 tonnes de produits de la pêche débarqués chaque année au port de L’Herbaudière, cela en fait le 2 e port vendéen ! Autres produits de la mer très présents dans l'économie locale, les huîtres avec 1 800 tonnes d’huîtres fines ramassées chaque année, et 500 tonnes de moules de bouchots produites à l’année. Produit sur l'île, le turbot label Rouge est aussi, dans une moindre mesure que ceux précédemment cités, un produit d’aquaculture d’excellence. Autre valeur économique importante, celle générée par le sel, faisant de l'île de Noirmoutier le 3 e site de production français pour le sel de mer, avec 2 700 tonnes produites chaque année et 140 tonnes de fleur de sel. Enfin, la pomme de terre affiche 12 000 tonnes récoltées chaque année, dont la célèbre bonnotte.


L'île de Noirmoutier en quelques chiffres

En 2015 la population totale de l'île était de 9 630 habitants (en 2016). L'île possède 4 communes : Noirmoutier-en-l'Île, Barbâtre, L'Épine et La Guérinière. La superficie de l'île est de 48 km 2 , dont presque 20 km 2  juste pour la commune de Noirmoutier-en-l'Île ; avec une densité de 200 habitants/km 2 . On dénombre 15 046 logements, avec une part de résidences secondaires de 66 % (la moyenne nationale est de 10 %) ! En 2010, le taux de chômage était de 9 % en hiver contre 2 % en été (moyenne nationale : 9,2%).

Histoire
Remontons les siècles pour conter l'histoire de l'île.... Des monuments mégalithiques en assez grand nombre, dont quelques-uns sont actuellement submergés, attestent que l'île de Noirmoutier était déjà habitée à l'époque préhistorique.
Les premiers faits historiques remontent à la fin du VII e siècle ; l'île s'appelait alors l'île d'Her ( insula Heri ). L'évêque de Poitiers, Ansoald, la concéda vers 677 à Philibert pour y établir un nouveau monastère qui fut dénommé la dénomination de Noirmoutier ( Nigrum monasterium ) dérive par corruption de  Her-Moutier puis Nermoutier , d'où est tiré le nom moderne.
Au début du IX e siècle, les pirates vikings commencèrent à menacer l'île ; leurs incursions étaient devenues si fréquentes en 836 que les moines durent abandonner l'île, qui demeura aux mains des Vikings pendant un siècle environ. Ils en furent chassés au début du X e siècle. C'est alors qu'elle devint une dépendance de la seigneurie de la Garnache. Un autre couvent, Notre-Dame de la Blanche, de l’ordre de Cîteaux, fut établi, en 1172, dans l’îlot du Pilier, par Pierre de la Garnache, puis transféré, en 1205, à la pointe septentrionale de l’île, en face de l’embouchure de la Loire. L’abbé Jean Cahuau y introduisit les protestants, en 1562 ; ce fut la seule incursion qui troubla la paix de Noirmoutier, jusqu’à 1674.
Au XV e siècle, l'île passa sous l'égide de la maison de La Trémoille et fut érigée en marquisat en octobre 1584 en faveur de François de La Trémoille, puis en duché-pairie est mars 1630 en faveur de Louis Il de La Trémoille, mais les lettres patentes ne furent pas enregistrées, et le titulaire, obtint la translation da titre de duché-pairie de Noirmoutier sur la baronnie de Montmirail (février 1659).
En 1676, l'île de Noirmoutier fut prise par les Hollandais sous les ordres de Tromp et du comte de Horn. En 1767, le prince de Condé, marquis de Noirmoutier, vendit sa seigneurie à Louis XV. Un tiers appartenait au roi, un tiers aux ecclésiastiques et bénéficiers, un dernier tiers aux habitants. Ceux-ci étaient exempts de capitation et de presque tous les impôts ; leurs privilèges avaient été confirmés par arrêt du conseil du 21 février 1774 ; mais l’abbé Terray, contrôleur général des finances, parvint à soumettre Noirmoutier aux taxes ordinaires.
Dès les premiers troubles de la Vendée, Charette s'en empara le 11 octobre 1793 ; mais, le 3 janvier 1794, le général Haxo, appuyé par la flotte de Villaret-Joyeuse, y fit capituler 2 000 Vendéens, dont le général d'Elbée qui fut fusillé.


Noirmoutier durant la Guerre de Vendée

Durant la guerre civile qui oppose les Républicains (les bleus) aux « blancs », l'armée catho et royale, pendant la Révolution française, début 1793, le général Henri François Maurille de Boulard reçoit ordre de reprendre l’île de Noirmoutier que François Athanase Charette de La Contrie occupe. Charette reprend Noirmoutier, le 12 octobre. Le 29 octobre 1793, Maurice Joseph Louis Gigost d’Elbée, élu généralissime des armées catholiques en juillet 1793, blessé à la bataille de Cholet (14 blessures dont il réchappera) , rejoint Charette qui lui propose alors de se réfugier à Noirmoutier.   D’Elbée sera arrêté en décembre 1793. Le général Haxo reçoit l’ordre de poursuivre Charette, qui se réfugie sur Bouin et réussit à s'échapper avec une centaine d'hommes. Le 8 décembre, il prend le camp retranché des Quatre Chemins de l’Oie aux 2 000 républicains qui le défendent ; le 9 décembre il est élu général en chef de l’Armée catholique et royale du Bas-Poitou puis démarre une tournée de recrutement dans tout le bocage. Le 30 décembre, l’offensive d’Haxo contre Noirmoutier débute. Le 3 janvier 1794, le général Haxo et ses troupes pénètrent sur l’île à la pointe de La Fosse, et prennent à la baïonnette les villages de L’Épine et Barbâtre. Le général en chef Turreau de Lignières « souhaite faire de la Vendée un cimetière national » ! Le 4 janvier 1794, les Vendéens prisonniers sont parqués dans l'église Saint-Philbert, et le lendemain, sont fusillés par groupe de 60. Le général d’Elbée sera fusillé ce même jour, dans son fauteuil rouge, au milieu de la place d’Armes, avec les autres victimes. Environ 2 000 victimes succombèrent sous les balles des républicains dans les dunes de Banzeaux. Apprenant les fusillades de Noirmoutier, en représailles, Charette prend Saint-Fulgent le 9 janvier 1794 et massacre la garnison. Il tombera à Nantes, fusillé sur la place Viarmes, le 29 mars 1796.

Patrimoine, traditions et artisanat

Patrimoine
Le patrimoine noirmoutrin est assez riche, avec en figure de proue, le château de Noirmoutier , dont les premières traces apparaissent en 830. Il sert à défendre les moines et la population de l'île contre les Vikings. Durant la Révolution, le château sert de prison militaire : le général d'Elbée y est incarcéré. Il est un des rares châteaux forts à être resté identique depuis sa construction. A côté, l’ église paroissiale Saint-Philbert , construite à la fin du XI e siècle sur les fondations de l'ancienne abbatiale bénédictine, de style roman dans le chœur, et gothique dans la nef. Ne manquez pas la crypte (classée à l’inventaire des Monuments historiques), située sous le chœur. C’est le seul vestige du monastère fondé par le moine saint Philbert vers 674. Au centre, un impressionnant tombeau vide, construit après le déplacement du corps de saint Philbert à Tournus lors des invasions normandes au IX e siècle. Une châsse sur l'autel contient quelques reliques du saint. L’abbaye Notre-Dame La Blanche (ou abbaye de l'Isle-Dieu, anciennement nommée abbaye de l'Île du Pilier) est une ancienne abbaye cistercienne, fondée au XII e siècle par les moines de l'abbaye de Buzay. La situation isolée de l'abbaye sur l'île la met à l'abri des destructions de la guerre de Cent Ans. Elle tombera en commende au XVI e siècle, à la faveur du Concordat de Bologne permettant au roi de France de nommer parmi des nobles les abbés commendataires des abbayes, qui ne relèvent plus du domaine religieux mais se contentent de percevoir les revenus du monastère. À la Révolution, l'abbaye est fermée, vendue comme bien national à M. Jacobsen, fermier général, et à M. Hocquart, parlementaire de Paris. Elle servit d'hôpital militaire durant la Guerre de Vendée et de manufacture de soude au début du XIX e siècle, puis est revendue. La chapelle de la Pitié , ou Notre-Dame-de-la-Pitié, est construite en 1950 par l’abbé Raimond, à l'entrée de la chaussée, au lieu-dit La Vache. Cette petite chapelle toute blanche marqua l’endroit où, le 3 janvier 1794, les troupes républicaines fusillèrent près de 2 000 prisonniers vendéens, après leur reprise de l’île et une promesse de vie sauve. Situé sur la place d'Armes, l'hôtel Jacobsen , construit entre 1761 et 1766 par Cornil Guislain Jacobsen, demeure l'un l'un des joyaux du patrimoine insulaire de Noirmoutier. Des travaux de rénovation sont toujours en cours à l’heure où nous écrivons. Autre trésor du patrimoine, l'hôtel particulier Lebreton des Grapillières ( qui est actuellement l’hôtel du Général d’Elbée, sur le port et la place d’Armes). Le généralissime n’y a jamais résidé mais y a été jugé après son arrestation avant d’être exécuté sur la place d’Armes (construite en 1760). L’ancienne salorge seigneuriale en pierre est devenue le centre culturel de l’île. Autre site patrimonial, la chaussée Jacobsen   est construite en 1812 par Jean Corneille Jacobsen de la Crosnière. Cette digue a permis l'aménagement des marais salants. La Tour Plantier qui s’élance derrière la petite plage de l’Anse Rouge, mérite également le détour. Vous en profiterez pour passer par le Bois de la Chaize et ses magnifiques villas et vous pourrez pousser jusqu’à l’ estacade , qui fait aussi partie du patrimoine de l’île, au même titre que les marais salants . Ils recouvrent 1/3 de l'île, et se répartissent sur les communes de Noirmoutier-en-l'Île et de L'Épine. Cela s'explique par l'essor du commerce de l'or blanc du XVI e au XVIII e siècle, atout majeur pour l'économie insulaire jusque dans les années 1970. Après une période de déclin (34 sauniers en 1990), on dénombre aujourd'hui une centaine de sauniers, grâce à l'arrivée de plusieurs jeunes. Toujours côté nature, on ne peut pas oublier la r éserve naturelle nationale des marais de Müllembourg si l'on parle du patrimoine noirmoutrins. Enfin, dernier élément du patrimoine : son pont  ! L'île perdait ainsi son insularité en 1971. Ce pont de 583 m, d'une hauteur de 33,5 m, était payant jusqu'en 1994.


Le Martroger III, ambassadeur de l'île !

Classé monument historique, le Martroger III est devenu bien plus qu'un emblème de l'île de Noirmoutier... Amarré au port patrimoine de Noirmoutier-en-l’Île, devant l’hôtel d’Elbée, le Martroger III est un très beau bateau en bois. A la fois sobre et élégant, avec sa coque blanche rehaussée d’un liséré bleu, c'est un ancien bateau de travail construit en 1933 aux Sables-d’Olonne. Jusqu'en 1991, il servait à entretenir les bouées et à veiller sur le balisage entre les îles de Noirmoutier et d’Yeu, jouant un rôle majeur pour sécuriser la navigation des pêcheurs et des plaisanciers. Les balises relevées pouvant cogner contre la coque, il devait être construit avec une structure robuste, et c'est en cela qu'il est assez unique. Réformé en 1991, il fut donc le dernier bateau à voiles des phares et balises. Grâce aux Amis du Martroger, qui le bichonnent et l'entretiennent, il a été nommé ambassadeur de l’île, et est évidemment présent lors rassemblements de vieux gréements, comme les célèbres Régates du Bois de la Chaize. Mais sa vocation ne s'arrête pas à de la simple parade ! En effet, d’avril à octobre, il embarque des collégiens noirmoutrins ou des enfants malades pour des croisières et des stages de voile, ainsi que des résidents de maisons de retraite ou souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Traditions
La saliculture et l’agriculture font partie des traditions populaires de l'île. Le sel est lié à l'histoire de l'île. Au Moyen Âge les marchands de la Hanse venaient y charger le sel de la baie. Exercée dans une vaste zone de marais salants qui couvre un quart de la surface de l'île, l'activité de saunier redevient après une période de crise, une activité importante grâce à la remise en eau des marais et à l'installation de nouveaux sauniers. Le métier de saunier est l'essence même de l'artisanat de l'île. On parle de saliculture . La récolte du gros sel et de la fleur de sel rythme la journée du saunier. Il faut les récolter tous les jours tant qu'il fait beau. Tributaire de la météo qui rythme la saison de récolte, le saunier doit veiller à ce que les bassin soient toujours pourvus en eau. Chaque période de l'année du saunier est rythmée par des activités bien précises : entretenir les réserves d'eau quand le marais est en jachère en hiver ; au printemps il devra préparer son marais en nettoyant chacun des bassins du marais car le marais s'envase en hiver.
La pêche sardinière s'inscrivit également dans les traditions populaires entre 1880 et 1967. Les marins déchargeaient les cagettes de sardines dans des barques, puis elles étaient amenées jusqu'au rivage où les attendaient des chevaux attelés à une charrette. L'Herbaudière se développe à la fin du XIX e siècle avec l’essor de la pêche à la sardine. Le port aménagé entre 1869 et 1880, puis transformé par la suite. Il abrite aujourd’hui bateaux de plaisance et bateaux de pêche. De nombreuses conserveries et chantiers navals sont construits autour du port à partir du milieu du XIX e siècle. La voile traditionnelle aussi, avec son point d'orgue à l'occasion des régates du Bois de la Chaize qui se déroulent chaque année en août sur la plage des Dames, demeure une tradition de l'île.


Les petites curiosités de l'île

Les calorges sont des petites cabanes ne dépassant pas 20 m 2  servant à entreposer les outils des sauniers et éventuellement à s'abriter de la pluie, mais servant aussi au saunier pour se reposer aux heures les plus chaudes. Dans un premier temps ces cabanes étaient constituées des restes de bateaux échoués.
Les salorges . A ne pas confondre avec les calorges, il s'agit là d'un bâtiment beaucoup plus grand, en bois ou en pierre, et qui sert à protéger le sel pendant l'hiver.
Les esseppes sont des pierres plates plantées verticalement que l’on trouve à l’entrée des prés. Elles sont en général trouées de 3 trous ronds, dans lesquels on enfonçait des barres de bois pour servir de portail.

Artisanat
Figure de proue de l'artisanat noirmoutrin, la saliculture. Une centaine de sauniers (adhérents de la coopérative ou non d'ailleurs) exploitent 3 000 œillets, récoltant le sel pur de façon artisanale. Près de 3 000 tonnes de sel marin sont récoltés dans une année normale, mais les récoltes sont totalement liées aux conditions climatiques et à l'ensoleillement. Allez à la rencontre des sauniers et observez les gestes ancestraux de ce magnifique métier.
L'ostréiculture est une activité bicentenaire sur l'île de Noirmoutier. Elle a connu un développement particulier depuis cinquante ans. Les huîtres ont trouvé un terrain très favorable à leur croissance dans la Baie de Bourgneuf.
La culture de la pomme de terre . Un savoir-faire unique des producteurs noirmoutrins garantissant la qualité et la saveur exceptionnelle de la primeur de Noirmoutier. Les producteurs de la pomme de terre primeur de Noirmoutier respectent un cahier des charges stricte, selon une méthode issue des techniques traditionnelles de culture. Ils respectent une technique de profilage du sol singulière : le billon, qui consiste à rassembler la terre disponible en buttes parallèles de 70 cm de large. Ce procédé permet au sol de se réchauffer et de se drainer rapidement. Les tubercules connaissent ainsi une aération maximale. La Bonnotte est ensuite récoltée à la main la première semaine du mois de mai, avant maturation. Compte tenu de sa fragilité, et restant attachée à sa tige, elle doit être cueillie et non arrachée. Elle est récoltée et expédiée le jour même pour en conserver toute sa fraîcheur.
Autre savoir-faire sur l'île, celui de la voilerie . Il ne s'agit pas là du bateau, mais de fabrication des voiles marines. Et en la matière la Voilerie Burgaud a un véritable savoir-faire depuis plus de 100 ans ! Maître voilier depuis 1910, la Voilerie Burgaud est une véritable institution du monde de la voile. Entièrement fabriquée à la main avant la Seconde Guerre mondiale, les voiles bénéficient depuis la fin des années 1950 d’innovations importantes. L’association de la tradition et des tissus synthétiques, nylon ou encore dacron, est venue enrichir les savoir-faire de la voilerie. La Voilerie Burgaud est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, décerné par le ministère de l’Économie, des Finances et de l'Industrie.


Noirmoutier en tête d'affiche chez les VIP et au cinéma

Si vous vous baladez dans les rues de l'île, vous pourrez croiser plusieurs personnalités, à commencer par Laurent Boyer, figure emblématique de l'île. La journaliste Catherine Matausch est également une grande amoureuse de l'île et partage même de magnifiques photos sur son compte instagram. Plus discrets mais fidèles de l'île, le chanteur Matthieu Chedid et la réalisatrice Agnès Varda.
Et puisqu'on aborde le cinéma, sachez que la belle île vendéenne fut choisie à plusieurs reprises pour s'inscrire sur la pellicule de plusieurs films dont certains demeurent incontournables comme :
1956 : La Foire aux femmes  de Jean Stelli (au Passage du Gois) 1962 : Maléfices  d’Henri Decoin 1972 : César et Rosalie  de Claude Sautet 1983 : Garçon ! de Claude Sautet 2014 : Les Vacances du Petit Nicolas  de Laurent Tirard (tournage en 2013) 2015 : Boomerang  de François Favrat, d'après un roman de Tatiana de Rosnay (tournage en 2014).

L’île de Noirmoutier gourmande

Le sel


Noirmoutier-en-l'Ile - Le sel de Noirmoutier.
© chanelle – stock.adobe.com
Avec la pomme de terre, la bonnette, le sel est véritablement l’emblème gastronomique de l’île de Noirmoutier ! La récolte du sel sur l'île de Noirmoutier est un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. Pour faire du sel, en plus du talent du saunier, il faut du soleil et du vent. L’eau de mer circule dans un réseau de canaux et de bassins minutieusement entretenus, jusqu’à l’œillet (petit bassin d’eau de mer créé par le saunier, à fond argileux, lisse et légèrement bombé en son centre, où se dépose le sel). Grâce à l’évaporation, la concentration en sel s’intensifie tout au long d’un lent parcours de 48 heures, elle passe de 35 grammes au litre à 300. Sous l’action du soleil et du vent, l’eau arrive à saturation. Le gros sel se cristallise et se dépose sur le fond argileux de l’œillet. D’un geste régulier et précis, le saunier le tire alors doucement vers le bord de l’œillet, à l’aide de son ételle (planchette de bois au bout d’un long manche). Cueillie délicatement avec la lousse (sorte d’écumoire), c’est la fleur de sel. Au plus chaud de l’été, lorsque le vent d’est s’y prête, de fins cristaux miroitent à la surface des œillets. Cristallisée à la surface de l’eau, elle est d’une blancheur et d’une saveur unique. Les petits tas ainsi formés sont appelés mulons, ils ponctuent de leur blancheur le bleu des marais salants. Elle est ensuite déposée dans des paniers, pour sécher naturellement au soleil. Le sel marin récolté traditionnellement est non lavé et non traité. Il est naturellement riche en sels minéraux (magnésium, sodium, potassium, calcium) et en oligoéléments (manganèse, fer, zinc…). Il possède à ce titre des qualités diététiques exceptionnelles. Le sel de Noirmoutier vous sera proposé partout. Achetez-le chez les petits producteurs de l'île qui vous proposeront également la visite de leur marais.
Les différents sels :
Le gros sel ou gros sel gris  : sel marin tiré de l’œillet, qui s’utilise pour l’eau de cuisson, les salaisons, les recettes en « croûte de sel ».
Le sel fin  : gros sel séché et broyé, il sert de sel de table, assaisonne et relève les goûts des plats.
La fleur de sel  : nectar du marais, c’est le sel des grands chefs. Elle trône sur la table, on la saupoudre, en pincée, sur les légumes, viandes et poissons.

La pomme de terre


Noirmoutier-en-l'Ile - Les bonnottes de Noirmoutier.
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Sur l'île de Noirmoutier, la pomme de terre bénéficie d'un climat particulièrement doux et d'un air salé. Elle pousse dans une terre sablonneuse, enrichie par le goémon. C'est de là que viendrait son goût si particulier. C'est dans les années 1920 qu'un agriculteur rapporta de Barfleur, dans la Manche, une nouvelle variété de pomme de terre. Elle fait ses premiers pas sur l’île indifféremment sous les noms de « bounotte », « bonnette » ou encore « bonnet », mais s’imposera pourtant très vite sur l’île et à l’exportation sous le nom de « bonnotte ». Dans les années 1960, elle disparaît avec l'arrivée de l'ère de la mécanisation, car trop fragile, elle ne peut qu'être plantée et ramassée à la main. Elle revient sur le devant de la scène en 1995 sous l'influence des cultivateurs noirmoutrins. Avec l'aide de l'INRA qui, dans ses laboratoires, a recréé de manière identique ce prestigieux tubercule du passé, ils ont ont ainsi pu planter les semences comme dans le passé, et le récolter à la main. C'est ainsi qu’il est revenu sur le marché en 1996.
C'est un rare délice, un plaisir renouvelé chaque printemps pour l’émerveillement de nos papilles gustatives. La pomme de terre est cultivée dans la vaste plaine nord de l'île, dans un triangle compris entre Noirmoutier, le Vieil et l’Herbaudière, sur des terrains situés à l'abri des vents d'ouest et des gelées, qui offrent une terre sablonneuse et légère. À l'automne, les agriculteurs vont ramasser sur les plages du goémon et ils s'en servent pour fumer leurs champs. Le goût si particulier de la pomme de terre de Noirmoutier viendrait de l’iode des algues. La tradition veut que la pommes de terre soit plantée à la chandeleur, à la main, pour être récoltée quatre-vingt-dix jours plus tard, début mai, en « grenaille », c'est-à-dire grosse comme le pouce, arrachée depuis peu. En 2014, la primeur de l’île de Noirmoutier devient « la noirmoutier ».
Pour la déguster, il ne faut surtout pas l'éplucher, il faut juste la frotter sous l'eau. Elle peut se manger au beurre et en toute simplicité bien sûr, mais peut également être cuite au four dans une pâte à sel la recouvrant de façon homogène – un verre d’eau de 20 cl, 200 g de farine et un bon kilo de sel pour 1 kg de pommes de terre. Le poisson et les viandes blanches s’accommodent très bien de cette préparation. Elle est cuisinée sur les meilleures tables de France et d’ailleurs.