Normandie 2 - La Normandie du Débarquement

Normandie 2 - La Normandie du Débarquement

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Français
107 pages

Description

Ce chapitre La Normandie du débarquement est issu du guide consacré à la destination Normandie.
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Publié par
Date de parution 25 avril 2013
Nombre de lectures 6
EAN13 9782816136845
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Si l’histoire du débarquement allié de juin 1944 ne vous intéresse pas, si vous cherchez simplement un coin de côte où passer quelques jours légers et agréables, passez votre chemin. Mais si le souvenir de la Seconde Guerre mondiale est votre motivation, bienvenue sur cette côte de la mémoire.

Le littoral des plages du débarquement est chargé de souvenirs terribles et héroïques. Dire qu’il manque de charme serait oublier le sacrifice qui lui a été demandé. La bataille de Normandie semble ici s’être déroulée il y a moins longtemps qu’ailleurs. Au fil de la côte, on croise au quotidien musées, mémoriaux et monuments aux morts. Des blindés sont souvent garés en silence sur les parkings, et presque toutes les villes affichent à leur entrée un panneau indiquant leurs jumelages avec des cités anglaises et allemandes, démontrant que si la région garde la mémoire, elle a aussi su la dépasser.

Les lieux, bien sûr, se chargent ici comme ailleurs du pathos que chacun veut y mettre. Mais rares sont ceux qui, au fil de la visite, n’en viennent pas à être émus ou passionnés par l’aventure humaine, technologique et militaire que constitua le débarquement de Normandie. Ici et là, on sera également agacé pas son exploitation touristique parfois outrancière. Certains tirent parti de cette mémoire comme d’une manne sans faire trop d’efforts.

Cette côte, enfin, ne se limite pas à l’évocation du débarquement. Bayeux et sa tapisserie, Caen et son patrimoine, les plages propices au char à voile sont aussi au programme.

Quand partir

Fin mai-début juin Mois de floraison des rhododendrons et des azalées, c’est la plus belle saison pour visiter l'extraordinaire bois des Moutiers. Début juin, durant dix jours seulement, les champs de lin se parent d’un bleu éclatant.

Mi-septembre Tous les deux ans (année paire), le Festival des cerfs-volants de Dieppe, de renommée internationale, rassemble petits et grands autour d’étonnants spectacles. Une belle façon de profiter aussi de l'été indien.

Début novembre Célébrée dans tous les ports de la région (Saint-Valéry-en-Caux, Etretat, Dieppe, Tréport…), la fête du hareng donne l’occasion de se plonger dans une atmosphère authentiquement populaire.ts d’Arques ou d’Eawy.


À ne pas manquer

Arromanches(Cliquez ici), localité paisible bordée d’une longue plage de sable, présente un passionnant témoignage du débarquement.

Le cimetière américain de Colleville-sur-Mer(Cliquez ici) est l’un des sites les plus emblématiques de la mémoire du jour J.

Ville étudiante, Caen(Cliquez ici) doit son attrait à ses ruelles, à ses abbayes et à son mémorial.

Outre l’ambiance préservée de son centre-ville, Bayeux(Cliquez ici) attire les visiteurs grâce à sa tapisserie.

Port-en-Bessin(Cliquez ici). Ce joli bourg rappelle que le pays du bocage est aussi un pays de pêcheurs.

La plage d’Utah Beach et son musée du Débarquement (Cliquez ici).

La batterie d’Azeville(Cliquez ici) vous fera parcourir un incroyable réseau souterrain.


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CAEN

Bonne base pour visiter les plages du débarquement, la capitale de la Basse-Normandie a grandi à l’ombre de son château médiéval. Ancienne grande ville sidérurgique et industrielle – un bassin d’emploi sinistré – et ancien grand port commercial, Caen se tourne aujourd’hui vers la formation et la recherche : outre ses quelque 20 000 étudiants, elle accueille un millier de chercheurs tournés vers les hautes technologies. Sans oublier tous les fidèles de l’université populaire de Caen, animée par Michel Onfray, aujourd’hui associée à l’image de la cité (voir l’encadré (Cliquez ici). Ce dynamisme se marie bien avec la volonté des Caennais qui rebâtirent une ville en grande partie détruite pendant la guerre. Point important : le patrimoine caennais n’a pas complètement disparu. Nés sous Guillaume Ier le Conquérant, certains édifices, construits dans la pierre blanche régionale (voir l’encadré (Cliquez ici), sont de magnifiques exemples de l’art roman normand, tandis que la vie culturelle contemporaine est bien représentée. La ville voit son avenir en grand par la transformation de la presqu’île, vaste friche industrielle à deux pas du cœur historique, en pôle socio-culturel majeur de la région – à tel point que l’on parle de seconde reconstruction. Quant à l’inventivité gastronomique, vous serez étonné de l’originalité de certaines tables !

Histoire

Le site, occupé dès la préhistoire, est marqué par la présence d’un fleuve, l’Orne, navigable jusqu’à la mer, et de l’Odon, un cours d’eau aujourd’hui recouvert dans le centre. L’actuelle cité a été fondée au Moyen Âge par le duc Richard II (996-1025), mais c’est Guillaume Ier le Conquérant (1027-1087) qui la fait entrer dans l’histoire en la dotant d’un château, d’une enceinte et de deux abbayes (voir l’encadré (Cliquez ici).

Caen poursuit son développement jusqu’à la guerre de Cent Ans qui, du milieu du XIVe siècle au début du siècle suivant, va durement la frapper : prise par les Anglais en 1346, elle subit la peste noire en 1348, puis le passage des troupes en 1356-1360, connaît un nouveau siège en 1417, suivi d’une nouvelle occupation anglaise de plus de 30 ans. Henri VI d’Angleterre fonde une université en 1432, l’une des premières en France, appelée à un grand rayonnement.

Après une période de croissance, où les bourgeois et les nobles caennais construisent de grands hôtels particuliers comme ceux de Thaon et d’Escoville (siège de l’office du tourisme), les guerres de Religion touchent la ville dans les années 1560. Les protestants pillent certaines églises en 1562 et profanent la tombe du Conquérant. Caen se rallie aisément à Henri IV en 1589. C’est le temps des faveurs du poète et grammairien Malherbe (1555-1628), originaire de la ville. L’université acquiert une belle renommée. Plus tard, la Réforme catholique est localement animée par Jean Eudes (1601-1680), futur saint, qui fonde le séminaire et les congrégations des Eudistes et de la Charité. Caen se distingue sous la Révolution en accueillant en 1793 les Girondins chassés de Paris. Après les avoir rencontrés, la jeune Charlotte Corday décide d’assassiner Marat à Paris, le 13 juillet.


SEMAINIER DES MARCHÉS


Au début du XXe siècle, Caen devient le seul grand centre sidérurgique de l’ouest de la France, dont l’industrie déclinera dans les années 1960 avant sa complète disparition dans les années 1980-1990.

La Seconde Guerre mondiale marqua à jamais la ville : occupée dès le 18 juin 1940 par les Allemands, elle subit un siège très long pour sa libération (voir l’encadré (Cliquez ici) et se réveille détruite à près de 65% en juin-juillet 1944. Désastre au milieu du désastre, un événement a marqué la conscience collective : le massacre de 80 résistants dans la prison de Caen par les Allemands, au matin du 6 juin 1944.


AVEC DES ENFANTS


Aujourd’hui, la ville a fait de ces destructions une force : elle est internationalement connue pour son Mémorial, cité de l’histoire pour la paix.

Orientation

Caen est parcourue par de grands axes, comme l’avenue du 6-Juin, où passe le tramway et qui mène au château. La forteresse médiévale domine le cœur de ville, largement piétonnier et accessible aux vélos, qui se poursuit à l’ouest jusqu’à l’Abbaye-aux-Hommes ; à l’est du château s’étend l’îlot du Vaugueux, l’Abbaye-aux-Dames plus haut, ainsi que le bassin Saint-Pierre (port de plaisance) et le début du canal de Caen à la mer qui découpent avec l’Orne la presqu’île, quartier en plein développement économique et culturel. La gare SNCF se trouve au sud du fleuve. Au nord du château, on découvre le Jardin des plantes et, plus éloigné du centre-ville, le Mémorial de Caen.

Renseignements

Office du tourisme (02 31 27 14 14 ; www.tourisme.caen.fr ; pl. Saint-Pierre ; oct-fév lun-sam 9h30-13h et 14h-18h, mars-sept 9h30-18h30 aussi dim 10h-13h, juil-août aussi 14h-17h dim ; Saint-Pierre). Installé dans le bel hôtel d’Escoville. Organise les visites guidées de la ville et des monuments, en haute saison uniquement (6 €/pers, tarif réduit 4,50 €, -6 ans gratuit).

Fêtes et festivals

Caen est renommée pour accueillir plusieurs concerts de musique baroque des Arts Florissants (voir (Cliquez ici). Dans un autre registre, son hippodrome en centre-ville, dans l’immense espace vert qu’est la Prairie, en fait aussi une cité dédiée aux courses de renom (Grand Prix des ducs de Normandie en mai, Grand Prix de la ville de Caen ou Jumping international en octobre) : elle se prépare à accueillir les Jeux équestres mondiaux en 2014. Renseignez-vous auprès de l’office du tourisme pour les dates précises des événements suivants :

Concours international des plaidoiries (fin janvier). Au Mémorial.

Danse d’ailleurs (mars). Biennale de danse contemporaine, théâtre de Caen (années impaires).

Tour de Normandie cycliste (mars). Arrivée dans la Prairie.

Printemps balkanique (avril-juin). Festival des arts et cultures des Balkans.

Fête du Nautisme (mai). Port.

Nördik Impakt (octobre). Festival des cultures électroniques.


LE SIÈGE DE CAEN

Après le débarquement, libérer Caen, nœud de communication et tête de pont de la route vers Paris, est l’objectif premier des Alliés. Il leur faudra en fait six semaines pour y parvenir. Côté allemand, les chars de la 21e Panzerdivision, ceux de la 12e SS Hitlerjugend et les troupes de Rommel font barrage aux armées britannique et canadienne, commandées par Montgomery. La ville sera lourdement bombardée, avec deux pics les 6-7 juin et les 7-9 juillet 1944. Après l’échec des opérations Perch (7 juin), un assaut frontal, et Epsom (25 juin), qui tentait de contourner la ville, l’opération Charnwood (7-9 juillet) visant à pénétrer dans Caen reçoit des moyens gigantesques : l’aviation vient appuyer l’assaut terrestre de trois divisions britanniques et canadiennes ; Carpiquet est attaqué le 4 juillet, tandis que les raids aériens sur Caen recommencent le 6 juillet ; le 7 au soir, 407 bombardiers lourds lâchent plus de 2 500 tonnes d’explosif sur la ville. L’assaut terrestre est lancé le 8 juillet. Si les Allemands reculent, les pertes alliées sont terribles (supérieures, dit-on, à celles du débarquement) et le général britannique Dempsey stoppe l’offensive, d’autant que la destruction des ponts sur l’Orne interdit de franchir le fleuve. Le 9 juillet, la moitié de Caen est entre les mains des Britanniques. Il faut attendre les opérations Goodwood et Atlantic, les 18 et 20 juillet, pour que toute la ville soit libérée.

SOUS LES DéCOMBRES…

Durant le siège, les habitants se réfugient dans l’Abbaye-aux-Hommes, signalée comme îlot sanitaire aux avions alliés, ou dans les carrières proches de la ville, mais près de 3 000 Caennais perdent la vie. Le cœur historique de la ville est quasiment détruit, tout comme 70% des logements, les installations portuaires, les chantiers navals ou les infrastructures de la SMN. Une réalité si terrible que se pose la question de la reconstruction sur le même site. La majorité des habitants de la ville a tout perdu. Les uns habitent dans des baraques préfabriquées (venues de Suède ou d’Angleterre), d’autres dans les ruines. Yves Guillou, maire en 1945, va batailler pour faire entendre sa voix, et celle des habitants, lors de la reconstruction, et il y parvient : une ville neuve, aérée, percée de larges avenues et d’immeubles modernes, va sortir de terre sur les plans de Marc Brillaud de Laujardière, l’urbaniste en chef de cette reconstruction. On voit même grand puisqu’elle est prévue pour accueillir 100 000 habitants. Commencée en 1948-1949, la reconstruction s’achève au début des années 1960.


BLONDE ET GRENADINE

Comme d’autres villes normandes, Caen a sa dentelle : tout d’abord “blonde”, en soie naturelle écrue, aux motifs de feuilles et de fleurs, elle est très à la mode au milieu du XVIIIe siècle. Elle se fait ici au fuseau (et non à l’aiguille) et fournit un métier aux jeunes filles des familles ouvrières. Avec l’arrivée du métier mécanique, la dentelle noire, ou grenadine, prend son essor : elle devient si célèbre qu’elle orne les mantilles des belles Espagnoles. La confection s’arrête aux alentours de la Première Guerre mondiale.


Les Boréales (novembre). Festival des arts et cultures scandinaves et des pays proches de la Baltique.

À voir

LE MÉMORIAL ET SES ALENTOURS

Mémorial de Caen, Cité de l’histoire pour la paix    DE LA GUERRE À LA PAIX

(02 31 06 06 45 ; www.memorial-caen.fr ; esplanade du Général-Eisenhower ; 18,80/16,30 € tarif plein/réduit mars-oct, 18,30/15,80 € oct-fév, 5 € tarif Caennais, gratuit -10 ans, forfait famille 48 €, audioguide 4 € ; tlj sauf lun nov-déc 9h30-18h, tlj 9h-19h reste de l’année, fermé 6 jan-10 fév ; 2, La-Folie-Mémorial ; ). Loin de se limiter à la Seconde Guerre mondiale, le Mémorial cherche à mener une réflexion sur le temps présent, à la lumière des événements traumatiques du XXe siècle – le nazisme et les meurtres de masse, la guerre froide, le mur de Berlin… Surtout, le Mémorial souligne le rôle crucial de la défense des droits de l’homme pour le maintien de la paix.

C’est d’abord pour honorer la mémoire des victimes des bombardements sur Caen que ce musée a été fondé. Inauguré en 1988, sur un terrain où était installé le QG du général allemand Richter, le Mémorial prône aussi l’esprit de réconciliation. Sur le parvis, les drapeaux et les “pierres” des treize nations ayant participé à la bataille de Normandie, y compris l’Allemagne, le rappellent.

La scénographie, très impressionnante, allie photographies, films d’époque, bandes sonores, témoignages écrits et oraux, maquettes, objets et vêtements, chronologies, etc. Le premier parcours (à déconseiller aux jeunes enfants) commence par la montée des périls (l’Allemagne hitlérienne) et enchaîne avec les débuts du conflit, la résistance en Normandie, la violence de masse et le concept de guerre totale, le débarquement et la bataille de Normandie. Un second parcours évoque le monde après 1945, celui de la guerre froide : une place importante est accordée à Berlin et à la chute du mur, le 9 novembre 1989. Enfin, un espace dédié aux dessins de presse internationaux, Taches d’opinions, évoque les enjeux des conflits contemporains.

Des films (Jour J et bataille de Normandie, Espérance) sont diffusés à intervalles réguliers dans les auditoriums.

Le parc    PROMENADE DU SOUVENIR

Autour du Mémorial, la galerie des Prix Nobel de la Paix (accès par le hall central ou le parc) présente les personnalités primées pour leur action. Trois jardins commémorent le souvenir des soldats morts lors du débarquement et de la bataille de Normandie : les jardins américain, canadien (très émouvant, de part et d’autre du vallon) et britannique.

Un monument salue la mémoire des résistants de la prison de Caen, fusillés au matin du 6 juin 1944.

Colline aux Oiseaux

(02 31 30 48 38 ; av. de l’Amiral-Mountbatten ; visite guidée gratuite sur rendez-vous). Proche du Mémorial, ce parc floral de 17 ha est l’un des rares en France à faire pousser une roseraie (plus de 15 000 plants) et plusieurs jardins sur une ancienne décharge !


LE MÉMORIAL EN PRATIQUE

Comptez au moins 3 h de visite, voire une journée entière si vous prenez le temps de regarder tous les films et de parcourir les jardins.

Certaines images peuvent choquer les enfants. Soyez attentif. Une halte-garderie, gratuite, dans le hall, peut accueillir les bambins.

Sur place, une cafétéria et un restaurant (menus 14,10-24,20 €, menu enfant 8,70 €) permettent de reprendre des forces.

Le Mémorial peut organiser une visite guidée comprenant les plages du débarquement.



GUILLAUME LE CONQUÉRANT, BIENFAITEUR DE CAEN