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Porte-bonheur de nos régions

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Description

101 lieux et monuments qui portent chance !
Sophie Dubois-Collet connaît la France sur le bout des doigts. Journaliste, elle a parcouru l'hexagone pour dénicher les monuments et lieux qui portent chance. Au détour d'un clocher, au fond d'une forêt, derrière une stelle, près d'une fontaine... les Français aiment se raconter de belles histoires.

Dans ce livre, elle nous raconte comment ces lieux sont devenus des endroits de pélerinage parfois renommés. Elle remonte le fil de l'histoire pour nous raconter les plus belles légendes de ces bouts de patrimoine qui - d'après la croyance populaire - sont chargés d'une énergie si particulière qu'ils portent bonheur à tous ceux qui les visitent, les touchent ou les contemplent.

Un tour de France passionnant !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 octobre 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782360755585
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


SOPHIE DUBOIS-COLLET




Porte
bonheur
de nos régions














Direction éditoriale : Stéphane Chabenat
Éditrices : Pauline Labbé / Alix Heckendorn (pour l'édition électronique)
Conception graphique et mise en pages : Pinkart Ltd
Conception couverture : MaGwen




Les éditions de l’Opportun
16 rue Dupetit-Thouars
75003 Paris

www.editionsopportun.comS O M M A I R E
Préface
La croix Baslou
La grotte de Saint-Émilion
La tombe de Victor Noir
La fontaine Saint-Jean-Baptiste
La pierre du miracle
La fontaine de Saint-Eutrope
La pierre percée d’Aroz
La Fontaine des célibataires
Le « débredinoire » de Saint-Menoux
Le petit chien de Geiler
La stèle d’Henri Jacob
La clé de saint Pierre
La Vénus de Quinipily
La fontaine Sainte-Quitterie
Isméria, la Vierge noire de Liesse
La chapelle Notre-Dame-des-Œufs
Le dolmen de la Pierre Folle
La statue de Montaigne
Le jardin des amoureux
La tombe du Druide
La fontaine Saint-Jaoua
Le menhir de la cathédrale Saint-Julien
La fontaine Notre-Dame-des-Douleurs
La butte des Élus
La source Saint-Gens
Le font de Saint-Fiacre
Le chêne de la Vierge
L’église Saint-Génitour
Les colonnes de Buren
La fontaine des yeux
Les trois fontaines de Corancy
Le mont Sainte-OdileLa chapelle Sainte-Barbe
Maître Philippe
La fontaine de Jouvence du Val-Suzon
La chapelle et la source Sainte-Godeleine
Le tombeau de saint Léonard
La belle fontaine de Sainte-Montaine
La Vierge de Notre-Dame d’Orcival
Les jardins de la Fontaine
Le puits de Notre-Dame de l’Épine
Les pieds de saint Christophe
La tombe de l’abbé Bruchou
La fontaine de saint Patrocle
Le bas-relief de saint Julien
Les trois bonnes fontaines de Courbefy
Santig Du
La source Saint-Roger
La source Saint-André
L’arbre à loques de saint Claude
La fontaine Sainte-Rodène
La dent de sainte Apollonie
La chouette de Dijon
Notre-Dame de Fresneau
La fontaine Saint-Anastase
La tombe de la Petite Émigrée
La Bénite Fontaine
Sainte Rita, à Vendeville
Le menhir de la Tremblais
L’abbaye Saint-Michel de Frigolet
La fontaine Sainte-Marie
Le chêne à vœux de la forêt de Chaux
La fontaine Notre-Dame-de-Buglose
Le menhir de Rungléo et la fontaine Sainte-Marguerite
La fontaine Sainte-Anne
La robe de Saint-Céneri
Le taureau de Laguiole
La source Saint-AvertinLa tombe à la Fille
Les pieds de saint Christophe et les talons du Christ
La pierre Belle
Les Saintes-Maries- de-la-Mer
La source de saint Méen
Notre-Dame- de-la-Bouzanne
Saint-Mary et la Vierge noire
La fontaine Saint-Sicaire
La statue de Saint-Goussaud et du petit bœuf
La source Sainte-Aubierge
La pierre de saint Gorgolu
La fontaine de Barenton
La Madone de Pancheraccia
La fontaine Saint-Latuin
La pierre à cupules
Le lézard de Montrésor
La fontaine Saint-Quirin
La chapelle du torticolis
Le nez de saint Guirec
Notre-Dame- du-Moucadou
La pierre des fous
La source de saint Sulpice
Sainte Radegonde de Poitiers
Le basset de l’Hôtel de Peyré
La Dame de Valfleury
La chapelle Saint-Gengoulph
La fontaine de la Clarté
Saint-Christophe-le-Jajolet
La chapelle de Montégoutte
Saint Joseph, à Cotignac
La chapelle de Carbec
Le Filaire à larges feuilles du jardin des Plantes de Montpellier
Saint-Antoine, aux Haut-Buttés
Remerciements





À nos pères :
Roger Collet et André-Claude Milliard,
pour cette rencontre miraculeuse.
Où que vous soyez, vous demeurez
en nous, parce que l’amour,
quand il est puissant, défie l’espace,
le temps, et ne meurt jamais.1. La croix Baslou
2. La grotte de Saint-Émilion
3. La tombe de Victor Noir
4. La fontaine Saint-Jean-Baptiste
5. La pierre du miracle
6. La fontaine de Saint-Eutrope
7. La pierre percée d’Aroz
8. La Fontaine des célibataires
9. Le « débredinoire » de Saint-Menoux
10. Le petit chien de Geiler
11. La stèle d’Henri Jacob
12. La clé de saint Pierre
13. La Vénus de Quinipily
14. La fontaine Sainte-Quitterie
15. Isméria, la Vierge noire de Liesse
16. La chapelle Notre-Dame-des-Œufs
17. Le dolmen de la Pierre Folle
18. La statue de Montaigne
19. Le jardin des amoureux
20. La tombe du Druide
21. La fontaine Saint-Jaoua
22. Le menhir de la cathédrale Saint-Julien
23. La fontaine Notre-Dame-des-Douleurs
24. La butte des Élus
25. La source Saint-Gens
26. Le font de Saint-Fiacre
27. Le chêne de la Vierge
28. L’église Saint-Génitour
29. Les colonnes de Buren
30. La fontaine des yeux
31. Les trois fontaines de Corancy
32. Le mont Sainte-Odile
33. La chapelle Sainte-Barbe
34. Maître Philippe
35. La fontaine de Jouvence du Val-Suzon
36. La chapelle et la source Sainte-Godeleine
37. Le tombeau de saint Léonard
38. La belle fontaine de Sainte-Montaine
39. La Vierge de Notre-Dame d’Orcival
40. Les jardins de la Fontaine
41. Le puits de Notre-Dame de l’Épine
42. Les pieds de saint Christophe
43. La tombe de l’abbé Bruchou
44. La fontaine de saint Patrocle
45. Le bas-relief de saint Julien
46. Les trois bonnes fontaines de Courbefy
47. Santig Du
48. La source Saint-Roger
49. La source Saint-André
50. L’arbre aux loques de saint Claude
51. La fontaine Sainte-Rodène
52. La dent de sainte Apollonie
53. La chouette de Dijon
54. Notre-Dame de Fresneau
55. La fontaine Saint-Anastase
56. La tombe de la Petite Émigrée
57. La Bénite Fontaine
58. Sainte Rita, à Vendeville59. Le menhir de la Tremblais
60. L’abbaye Saint-Michel de Frigolet
61. La fontaine Sainte-Marie
62. Le chêne à voeux de la forêt de Chaux
63. La fontaine Notre-Dame-de-Buglose
64. Le menhir de Rungléo et
la fontaine Sainte-Marguerite
65. La fontaine Sainte-Anne
66. La robe de Saint-Céneri
67. Le taureau de Laguiole
68. La source Saint-Avertin
69. La tombe à la Fille
70. Les pieds de saint Christophe et
les talons du Christ
71. La pierre Belle
72. Les Saintes-Maries-de-la-Mer
73. La source de saint Méen
74. Notre-Dame-de-la-Bouzanne
75. Saint-Mary et la Vierge noire
76. La fontaine Saint-Sicaire
77. La statue de Saint-Goussaud et du petit boeuf
78. La source Sainte-Aubierge
79. La pierre de saint Gorgolu
80. La fontaine de Barenton
81. La Madone de Pancheraccia
82. La fontaine Saint-Latuin
83. La pierre à cupules
84. Le lézard de Montrésor
85. La fontaine Saint-Quirin
86. La chapelle du torticolis
87. Le nez de saint Guirec
88. Notre-Dame-du-Moucadou
89. La pierre des fous
90. La source de saint Sulpice
91. Sainte Radegonde de Poitiers
92. Le basset de l’Hôtel de Peyré
93. La Dame de Valfleury
94. La chapelle Saint-Gengoulph
95. La fontaine de la Clarté
96. Saint-Christophe-le-Jajolet
97. La chapelle de Montégoutte
98. Saint-Joseph, à Cotignac
99. La chapelle de Carbec
100. Le Filaire à larges feuilles du jardin
des Plantes de Montpellier
101. Saint-Antoine, aux Haut-ButtésP r é f a c e
Depuis la nuit des temps, les hommes ont eu besoin ou envie de croire en l’existence de
puissances divines. Ils ont rattaché leurs croyances à des pierres, des sources, des statues
représentant des personnes réelles ou inventées.
Les légendes et les récits de ce que l’on avait vu, entendu ou vécu, se sont d’abord transmis
oralement, puis il y a eu les textes dans lesquels tout semblait établi.
Pendant longtemps, on s’est bien gardé de les remettre en question parce que cela ne se
faisait pas ou que l’on pensait, parfois inconsciemment, que le doute, voire l’incroyance,
pouvait apporter le malheur. Il est vrai qu’entre les guerres, les famines et les épidémies
successives, la vie avait été on ne peut plus fragile.
eAu XVIII siècle, sous l’impulsion des philosophes des Lumières, on s’est aperçu que l’on
n’y voyait pas plus clair en fermant les yeux. On a osé, enfin, tout remettre en question.
L ’idée était novatrice et si séduisante qu’on l’a poussée à son paroxysme. Cependant,
l’évidence veut que ne croire en rien, c’est encore croire en quelque chose : au scepticisme,
entre autres.
Le doute est inhérent à l’homme, et l’on ne peut que s’en réjouir. Ce serait, en effet, bien
triste si nous ne laissions pas un peu de mystère à la vie. C’est justement ce mystère qui nous
donne la conviction, ou la curiosité, qu’en faisant certains gestes ou en s’en remettant à des
êtres imaginaires ou qui ont existé, il est possible de donner un petit coup de pouce au destin.
On va, par exemple, comme des milliers de personnes avant nous, caresser la chouette de
l’église de Dijon ou le petit chien de Geiler à la cathédrale de Strasbourg, pour s’attirer la
chance. Quand on est de passage à Marsac, dans la Creuse, on formule un vœu à la source
Saint-André. À l’abbaye d’Élan, dans les Ardennes, on met tous ses espoirs dans les pouvoirs
de la source Saint-Roger qui soulagerait les peines de cœur. À V endeville, dans le Nord, on
confie à sainte Rita une cause que l’on croit désespérée. À Paris, la chaussure droite de la
statue de Montaigne est même patinée, tant les étudiants viennent la toucher avant de passer
un examen. Et à Perros-Guirec, dans les Côtes d’Armor, le nez de la statue de saint Guirec est
plein d’aiguilles piquées par ceux qui aimeraient se marier dans l’année.
Que dire après, quand ce que l’on souhaitait se réalise ? Doit-on finalement chercher à tout
prix une explication ?
Paul V aléry laissait largement la place à ce qui échappe à l’homme, en expliquant que « Le
hasard est la liberté des choses, l’impression que nous avons de la pluralité et de
l’indifférence des solutions ». André Gide, lui, pensait qu’« Il entre dans toutes les actions
humaines plus de hasard que de décision ».
Alors, oublions quelques instants d’être rationnels. Ouvrons-nous au hasard, car cela ne
coûte rien d’essayer de s’attirer la chance…La croix Baslou
La forêt domaniale de Châteauroux, dans l’Indre, est située au sud de la ville. Elle s’étend
sur plus de 5 200 hectares, en bordure de plusieurs communes, dont celles du Poinçonnet,
d’Arthon, d’Étrechet, d’Ardentes et de Jeu-les-Bois.
Les Bituriges, un peuple gaulois établi, entre autres, dans la partie de la Gaule
correspondant à l’actuel Berry, exploitaient déjà ses minerais riches en fer. La qualité du fer,
produit localement, était réputée jusqu’à Rome. Les fours fonctionnaient au bois et en
utilisaient de grandes quantités.
Au Moyen Âge, la forêt fut convoitée par le clergé et des seigneurs qui s’entendirent pour
el’occuper. À l’aube du XII siècle, on y construisit le Chastel de la Mothe au Prince, le château
de la Mothe, dont il ne reste désormais que les deux fossés de la cour basse et de la cour
haute. Bâti par les princes de Déols, il devint quelques décennies plus tard la propriété de la
famille de Chauvigny. Trop isolé, il finit par être abandonné.
eA u XV siècle, des paysans cultivaient des terres autour du château et y faisaient paître
leur bétail. Il s’y déroulait également une foire au bois.
Les moines aménagèrent plusieurs étangs sur le lit du Riau de la Motte, dont ceux de
Berthommiers et des Deux Frères subsistent encore. En revanche, il ne reste plus rien du
eprieuré de Grammont, érigé par Raoul VII, vers la fin du XII siècle, en mémoire de ses
deux fils morts noyés dans l’étang de Grammont.
e eA u XVII siècle et au début du XVIII , l’activité sidérurgique de la forêt était à son
apogée. Les forges de Clavières, à Ardentes, ainsi que celles de l’Isle, au Poinçonnet,
appartenant au prince de Condé, faisaient travailler un millier d’ouvriers. La forêt était
essentiellement traitée en taillis pour alimenter les forges en charbon de bois.
La forêt fut acquise par Louis XV , en 1736, et entra dans le domaine royal. En 1773, Louis
XVI en confia la gestion à son frère, le comte d’Artois. À la Révolution, elle devint propriété
de l’État.
eLa production de charbon de bois commença à décliner vers le milieu du XVIII siècle et
incita l’administration des Eaux et Forêts à laisser vieillir une partie du taillis. Les forges,
concurrencées par celles des grandes usines sidérurgiques nées avec la révolution
industrielle, périclitèrent et fermèrent définitivement en 1874.
Peu à peu, la forêt, composée à plus de 95 % de chênes, fut cultivée en futaie. À la fin du
eXIX siècle, on pouvait y croiser des loups, tandis qu’aujourd’hui la faune se compose de
chevreuils, de cerfs, de biches et de sangliers.
Dans cette région, où la sorcellerie n’est pas une légende, la forêt abrite une croix aux
propriétés magiques, la croix Baslou. Elle se trouve dans une clairière, à proximité de la
echapelle de la Bonne-Dame-du-Chêne, où l’on découvrit, au XII siècle, dans le creux d’un
chêne, une statue en bois de la Vierge.
On raconte qu’autrefois, lorsque leur enfant était malade, les femmes venaient prélever
un copeau de l’immense croix et le ramenaient chez elles en guise de talisman. Quand
l’enfant guérissait, elles enfermaient le morceau de bois dans un chiffon, puis revenaientl’accrocher sur un des bras de la croix.
De nos jours, il se murmure que celle-ci aiderait les célibataires, qui en font sept fois le tour,
à trouver l’âme sœur. On lui confère aussi le pouvoir d’attirer la chance à ceux qui glissent
quelques copeaux dans leur poche ou leur porte-monnaie.
Usée, volée, la croix a été plusieurs fois remplacée, mais il paraîtrait que l’originale a
toujours transmis ses pouvoirs à celles qui lui ont succédé…