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Seconds voyages

De
344 pages

En écrivant ce « parcours littéraire », l'auteur se replonge dans le souvenir de ses voyages, de l'Espagne au Sénégal en passant par le Maroc. Puisant dans ses carnets noircis au fil des jours pour garder précieusement une trace de ses impressions, il découvre avec émerveillement que ses émotions sont demeurées intactes, enfouies au creux de sa mémoire. Malgré quelques déboires qui viennent parfois assombrir ses séjours en terre étrangère, son goût de l'aventure n'est pas émoussé. Le baroudeur cultivé dérive là où son cœur le porte, au gré des rencontres, s'enivre de l'effervescence des villes et de la beauté des paysages. Curieux de caractère et la sensibilité à fleur de peau, il offre de fines observations sur les us et coutumes des pays qu'il traverse. Au terme de ses aventures en solitaire, le besoin de partir est indissociable de celui des retrouvailles avec son foyer et ses proches.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-06463-2

 

© Edilivre, 2017

(1)
Invitation

L’incipit est ce premier mot que j’ose apostiller comme point de départ au voyage…

L’encre d’un soir d’automne calfeutré m’incite à entamer ce parcours littéraire. Las de sédentarité, l’oisiveté de cette journée de crachin me fait doucement couler vers des souvenirs ensoleillés. Le vagabondage des pensées dépoussière de vieux parcours. En même temps, une nouvelle destination m’attend. Je m’aventure déjà vers un nouveau feuilleton. Il est temps d’encrer les souvenirs. De diluer des idées. De tracer des azimuts. Il est temps de mettre de l’espace entre les mots. Mes anciens compagnons d’écriture, mes supports de parcours, ont été longtemps oubliés, mais ils restent prêts à se livrer. Après être sortis des sacs poussiéreux, Ils ont longtemps traîné au fond des tiroirs. A présent, ils sont là, posés sur le bureau, ouverts. Ils sont prêts à délivrer leur contenu. Ils n’ont jamais été secrets mais restent encore à revisiter. Je savais qu’un jour je retournerai dans les petits carnets des chemins parcourus. Une mise en ordre s’impose pour une nouvelle mise en forme. Un grand ménage se prépare dans la maison. Je me laisse aller à jouer du plumeau dépoussiéreur. Je retrouve des tas de caractères égarés sous des tapis de feuilles. Les anciens textes, griffonnés à la va-vite autrefois en cours de route, méritent une nouvelle visite. Au dehors, les arbres à palabres se préparent à l’hiver. La verdure des limbes va prendre de nouvelles teintes. Ces feuilles-là n’auront plus rien à dire. Leurs souvenirs de belles saisons vont s’envoler comme des paroles. Devant le bureau, les petits feuillets sont prêts à donner un peu de couleur à la grisaille. Ils ont à dévoiler certaines histoires de route. La verdeur innocente des premiers traits est maintenant le jus acide qu’il faut édulcorer. Les ramifications de textes finissent parfois en filigranes ou encre séchée. Je reviens pour sauver quelques mots, avant que les feuilles ne flétrissent. Ce grand ménage d’automne est là pour redonner un peu de sève à ces nervures de livre. Une sève noire comme de l’encre, mais qui met de la lumière. Ce flux nourricier va m’aider à passer quelques hivers bien au chaud, nous éclairer, et nous rassasier. Les provisions de ce jus nutritif et brillant sont suffisantes pour s’aventurer sans crainte. Quoi qu’il en soit, je me contenterai de cette lumière. Otage de la mauvaise saison, le corps transi a suspendu sa course. Je deviens casanier pour mieux me libérer. Les jambes se reposent du long chemin parcouru. Mais de nouvelles courbatures risquent d’apparaître. La nuque se raidit, le corps entier se prépare à affronter le défi. Il n’y a que mes doigts pour s’agripper au crayon, s’agiter sur le clavier et reprendre le parcours. Le reste du corps semble statufié alors qu’il est en pleine action. Chaussée de ses pantoufles, bien au chaud et confortablement installé derrière la table d’écriture, la statue va être redorée. Tout va redevenir plus clair. Ça y est ! Le flux de l’encre noire commence à réveiller des êtres et des lieux. Les sueurs passées vont se mélanger au liquide mat. Le marchepied se relève. Le train commence à glisser. Les chaussures sont lassées. Le navire lève l’ancre. Stylo et doigts s’agitent. La dissertation pointe son nez. Une fusée s’élève. Ma rampe de lancement est une pile de papier. De là, je passe au clavier et mon siège devient éjectable. Me voilà catapulté par l’élan littéraire. Je pars. Si le transport se résume à une émotion vive, c’est que nous sommes bien dans le sujet. J’ai à présent droit à toutes les destinations. Le parcours est initiatique ; à moi de m’y adapter. J’espère partir pour une chevauchée fantastique dans mon vécu. Les temps et les lieux vont se confondre pour animer ces aventures en les reliant. Cette promenade débute à la mauvaise saison, celle des premiers frimas. Elle risque de parfois s’égarer hors des sentiers battus, maintes fois piétinés. Je retrouve le plaisir enfantin de mettre de grands coups de pieds dans les tas de feuilles mortes. Les pages vont onduler entre les parcours terrestres et l’élaboration de belles-lettres. Les petits feuillets gribouillés se mettent à scintiller sur l’écran. Avec le retour, les pages sont tournées et les idées défilent.

Mais avant de me transformer en voyageur immobile et solitaire, j’ai commencé à marcher parmi les hommes. Pour qu’il y ait des histoires, il faut des hommes. Marcher, c’est se réaccorder du temps. Les lieux semblent demeurer, alors que le temps s’esquive. C’est lui qui est venu et c’est lui qui passe. Les horloges se mêlent aux conjugaisons. Le passé rappelle le révolu, la position des aiguilles des montres et boussoles. Le futur n’existe pas. Tout est lié au présent, qui instantanément n’est plus. Le temps n’existe pas : il passe. Pourtant, il remplit l’espace et forge les êtres. Il érode les lieux connus jadis rutilants. C’est lui qui met des rides aux déplacements. C’est pourtant lui qu’on utilise pour se déplacer d’un lieu à un autre. Entre le temps et l’espace existe le déplacement. Le déplacement est du temps gagné sur l’espace. Et les lieux s’érodent seulement à cause de ce temps qui passe. Étant donné que rien n’est immuable, que tout se transforme, que les chemins s’effacent, que les eaux se tarissent, les pierres se changent en sable, les êtres en poussière, que les paroles s’envolent, il ne faudrait écrire qu’au présent, écrire que le présent. C’est le temps de l’action, de la situation, de la construction et des accords faciles. Le présent fige la vie tout en l’animant. Seule l’écriture est capable de freiner la folle dégradation, l’oubli et l’ignorance. Elle a un pouvoir supérieur aux dieux. C’est même grâce à elle qu’ils existent. L’écriture est la grande mère créatrice qui se fiche de ce que l’on peut dire et du temps qui passe. Elle préfère se répandre partout. Il n’y a qu’elle pour accompagner les dérives de la pensée. Les lieux deviennent alors pittoresques et le temps n’est consacré qu’au déplacement. Mais la grande horloge tourne avec la terre et il est impossible de faire demi-tour. Nous sommes pris dans ce grand tourbillon, pour un instant. Nous passons. C’est cet intermède furtif que l’on nomme voyage. Voyage ! Le grand mot est lâché ! Il trône en pleine page. Je veux oublier le temps unique et écrire un livre qui invite à voyager dans les mots. Je veux combler les espaces, sans perte de temps, et les remplir de mes contrepèteries de voyages. D’ailleurs, en liant le temps aux lieux et les mots à l’espace, vous venez directement à l’esprit l’idée de voyage. Mais voyager est-il lié uniquement à la notion de déplacement ? Mes amis, le petit Robert et le grand Larousse sembleraient s’en tenir timidement à cette unique définition. Larousse ne se mouille pas : pour lui, voyager c’est simplement « Partir ailleurs. » Quant à mon ami Robert, il se hasarde à y apporter une petite nuance : « Aller en différents lieux pour voir du pays. » Je me demande si cette nuance n’est finalement pas une limite à tout ce que les gens pensent du voyage. Ce mot mérite d’autres lignes et même des pages. Il ne peut se contenter des regards restreints des Robert et Larousse, qui ne lui accordent que l’insuffisance vague des verbes aller et partir. Il y a tant de facettes qui brillent sous le mot voyage et tant de façons de bourlinguer ! On peut voyager sur les mers, sur la terre, dans l’espace, le temps, les rêves, les mots, les arts. On commence par une petite visite de proximité, puis on est amené à franchir des fuseaux horaires. Le voyage perturbe notre horloge biologique. Il nous flanque le jet-lag et fait perdre tout repère. Les voyages, qu’ils soient visuels, sonores, ou odorants, sont toujours impalpables. D’autres, plus respectables, se fait sous les semelles de chaussures ou sous la bille du stylo. Voyages : choc des civilisations, choc des langues, choc des visages ! Ils peuvent mener au-delà des espérances, et aux livres. Tiens, cette rédaction ne serait-elle pas une sorte de voyage ? Nous y sommes. Une introduction se met en place. Le texte se développe pour aller jusqu’à une conclusion. Le trajet rédactionnel s’oriente. Il saute des petits carnets accumulés et vient se poser sur d’autres supports. Cette œuvre est une odyssée hasardeuse. C’est sans me poser de question qu’en ce début de saison des longues nuits, l’incipit a été placé. Au départ, il n’était question que de retranscrire méticuleusement mes carnets rédigés en voyage. Mais, pensant qu’une petite mise en bouche introductive m’amènerait jusqu’à écrire une conclusion, autant s’embarquer pour un bouquin entier ! Je connais toutes les destinations de cet essai, mais sans toutefois savoir quelles seront les meilleures routes pour arriver au bout. Le chemin risque d’être plein d’imprévus grammaticaux, de pièges linguistiques, de difficultés de tournures, de syntaxe et de ponctuation. Je vais me frotter à la rhétorique de mes virelangues plus ou moins poétiques. Je vais me perdre dans des hyperboles, avec des anaphores et une pléthore de doubles sens. Je me risque tout de même à suggérer quelques métonymies et synecdoques. Elles peuvent tout aussi bien simplifier le texte comme le rendre complètement mystérieux. Suivra qui pourra. Je promets d’éviter les antithèses, les oxymores, et de n’utiliser d’antonomases que si elles concernent d’illustres personnages. Sans être un palindrome, et si un seul sens de lecture est préférable, cet ouvrage va dans plusieurs directions. J’espère éviter trop d’euphémismes et rester franc. Le sang de la plume plombe les mots, étrangle les idées, et ma mémoire grave des tablettes. Ceci est une métaphore, au passage, pour saluer la langue de Molière ! Mais n’affolons pas l’éventuel lecteur, qui à ce stade s’inquièterait pour la compréhension générale de cet écrit. Il va falloir conjuguer avec une nouvelle discipline et sélectionner son vocabulaire. Les lignes serrées et désordonnées de mes anciens supports rédactionnels nécessitent une remise en forme. Je repars en voyage, un coussin sous les fesses et pantoufles aux pieds. Un moyen comme un autre… Le voyage ! Vaste sujet ! A chacun son trajet, ses pistes et ses embûches. Il me faut aborder mes élans littéraires comme un jour de départ. Un voyage assis sur un coussin, coudes posés, dos droit et yeux écarquillés. Cette entreprise peut sembler passive, mais elle est, au contraire, animée par le présent. Comme toute nouvelle aventure, elle a demandé un minimum de préparatifs. Tout comme un voyage, elle a un début et une fin espérée.

Déjà quelques pages sont tournées, quelques pas sont faits. Ce qui rend ce voyage passionnant est d’entrevoir une issue au loin. La route sera longue. Après quelques méandres, les zigzags vont converger vers un point final. Drôle de voyage ! Nous ne sommes plus dans la fantaisie des notes du jour, la rigueur s’impose pour ne point se perdre dans les chemins tortueux de la langue. Me voilà conquérant des espaces vierges. Mais revenons sur la terre. Voyons un peu ce qu’elle nous propose. Le grand voyage n’est-il pas plutôt de la parcourir ? Qui n’a pas rêvé de faire le tour de la planète ? Qui n’a jamais eu envie de tout plaquer pour aller au-delà de sa rotondité ? Qui n’a jamais bavé devant les destinations aux allures de paradis ? Mais, combien hésitent encore à faire de leur vie un voyage ? Combien osent franchir les marges ? Mêmes étroites, en bord de page, les marges laissent encore un espace. Ces marges-là, celles des livres, ne se mesurent pas. Elles laissent toute la place à un trafic de liberté légal. Elles entourent les textes pour leur laisser le champ libre. Elles sont semblables aux frontières sur terre. Ce livre va suivre des rectilignes ou louvoyer en marge des conventions. Étrange voyageur (celui qui voyage, comme moi, est-il un marginal ?). Quand on arrive en terre inconnue, on endosse l’habit de l’étranger. Pourtant, quel métissage sur terre ! Les destinations sont de plus en plus lointaines, on les atteint de plus en plus vite. De nouvelles technologies rendent le voyage moins hasardeux. L’aventure est-elle encore aventureuse ? On peut même tracer son bonhomme de chemin, avec œil et oreille restés à la maison. Faire des milliers de kilomètres ne fait pas la beauté du voyage. La banalisation d’un transport limite le rêve. La notion même de ce qu’est le véritable voyage a tendance à se modifier, voire à se perdre. Autrefois, les gens devaient beaucoup voyager pour échanger. Maintenant, tout est proche, les aspects aléatoires du voyage ont disparu. Les GPS remplacent les constellations qu’il fallait savoir déchiffrer. Les raisons de départ sont futiles. Le voyage est une récréation, il est Banal. Il est balisé et en devient insipide. Quand l’idée en est perdue, les hommes se déplacent sans changer de décor. Certains restent enfermés entre les murs de leur sédentarité pour n’en jamais sortir. Ils sont submergés de tâches, amassent de l’argent, tout ça sans bouger. Ce n’est pas l’oisiveté qui les clôt, c’est le temps passé à toutes ces fredaines qui les empoisonne. Course à la gloire ou à l’argent ne mène pas loin. Les artistes seuls peuvent voyager par leurs œuvres. Ils se transportent au-delà du conformisme et des lieux communs. Les autres restent dans leur monde. Leurs voyages se font par procuration. Ils se construisent des frontières qu’ils n’osent franchir. Le monde leur est ouvert, mais ils préfèrent le réduire. Les temps géologiques et les bulldozers déforment les sites. Les lacunes des cartes sont comblées par de nouveaux tracés. La planète entière est malaxée. Les cours d’eau sont déviés, les plaines asséchées. Les villes déploient leurs grands tentacules poisseux. Des projets de cités vont transformer déserts et steppes en oasis de vie conditionnée. Des paysages disparaissent, d’autres deviennent parcs ou réserves. On rase des montagnes, des forêts, on monte des buildings de plus en plus hauts. On installe des pistes de ski dans les Emirats et on recouvre la banquise. On relie tous les points du globe. Tout est remodelé, transformé. Le monde change insidieusement de carapace. Il se recroqueville en raccourcissant les distances. Toutes les parties du monde interagissent et feignent de s’homogénéiser. On a les yeux ouverts sur tout et en direct, quitte à ne plus les fermer. Inutile de se déplacer pour découvrir n’importe quel coin de la planète. La grande toile d’araignée couvre le globe et les insectes s’y agitent. Sans bouger, toutes ces bestioles sont connectées entre elles. Elles sont partout à la fois malgré leurs pattes collées à leur sol. Formidable moyen de limiter les risques, sauf celui de se perdre ! L’énergie coûte cher et limite les envies de destinations lointaines. On voyage par procuration. Restent les idées pour voyager ! Le nomadisme, ancré dans nos gènes, est devenu suspect. Il nous faut à tout moment savoir où on en est, au lieu de chercher à savoir d’où l’on vient et où l’on va. On connaît l’adresse des gens, et c’est rassurant. Chacun doit rester à sa place. On se méfie des gens du voyage alors que nous en sommes tous. Notre monde hyper sécurisé est à l’opposé des véritables valeurs du voyage. Il est interdit de rêvasser. Il faut avoir un but et s’y tenir. Il faut éviter les surprises et rester en terrain connu. Quelle tristesse ! Plus de charme dans des voyages au gré des vents ou des humeurs ! Plus de temps pour s’arrêter et contempler ! Il faut prévoir, anticiper, tout en fonçant. Il faut aller vite ! La maraude n’est plus de mise, flâner est interdit. Il faut suivre, sur l’air du « marche ou crève ». On a peur de rester sur le bord de la route ! On a peur de s’éteindre sur place. Comment trouver un sens à sa vie si on ne va nulle part ? Où se trouve l’aventure si le droit au rêve est mort ? Comment voyager assis à un bureau avec des tonnes de tâches à accomplir ? Comment être sans savoir ? Une des meilleures façons d’exister est d’aller ailleurs pour apprendre. La progression est jubilatoire. C’est elle qui donne un sens à l’existence. Elle mène de découverte en découverte. L’apprentissage est le voyage de la vie. Le bonheur n’est pas forcément au bout du chemin. Le bonheur, c’est quand on fait le chemin ! Arrêter le temps en vivant le présent. J’écris ce présent qui me fuit. Comme l’aiguille de la boussole, chacun cherche, sans perdre son nord, à donner une orientation à sa vie. Avancer. Progresser. Découvrir. Trouver ou se perdre. Aller toujours plus loin. Christophe Colomb, le navigateur, a dit : « On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va. » Le voyageur cherche ce qu’il ne connaît pas. Il aime partir inexpérimenté, avide d’inédit. La nouveauté et les découvertes réorientent son regard. Il met ses pas dans ce qu’il ne sait pas. Il aime prendre son temps pour cela. Avancer sur des chemins vagues, oser des locutions, chercher des tournures. Homme parmi les hommes, il prend plaisir à se perdre, à tourner, retourner, rebrousser, continuer. Il transforme les mystères en connaissance. Le voyage est besoin, nécessité. A chacun d’avancer dans sa vie. A chacun de choisir son parcours. A chacun de remplir ses pages. La vie se découpe comme les chapitres d’un livre, en étapes successives. Avec des parcours inconnus, des avancées, des trajets communs… Chacun s’affaire à sa manière. Chacun tâche d’occuper son temps dans l’espace. Chacun a sa façon de partir en voyage. Certains font du macramé ou dressent des tours en allumettes, érigent de monstrueux barrages. Certain feront des faux pas, ou trébucheront. Quelques-uns se perdront, d’autres tourneront en rond, indéfiniment. Certains se contenteront de tout petits trajets, d’autres ne rêveront que de grands espaces. Les plus téméraires sauteront des étapes, cherchant à toujours être en tête. D’autres attendront trop longtemps le moment d’y aller. Recherche de la différence, de la nouveauté, de l’inconnu, trouver son compte dans l’évasion, dans la recherche du choc. Les rencontres avec les autres. Le fameux choc des cultures ! La découverte d’une autre façon de nourrir corps et esprits. Les chocs digestifs et les chocs cérébraux. Bien des baroudeurs se nourrissent de la parole des étrangers. Des rencontres qui peuvent perturber comme éclairer. Certains les redoutent. Quand l’incompréhension s’en mêle, la méfiance naît et amène la peur de voyager. La crainte de l’inconnu est un frein puissant. Certains ne voyageront que dans leurs rêves, d’autres marcheront sans trêve. Il y a les rêveurs, ceux qui ouvrent des livres, ou les écrivent. Il y a les marcheurs, ceux qui pourront, un jour peut-être, écrire des livres. Tous, finalement, quittent l’ici pour l’ailleurs, laissent une pensée pour une autre. Tous se préparent à un long voyage… Nul besoin de moyens onéreux, de bagnole ou de billet d’avion. Le souvenir est le plus beau mode de transport. Et il suffit de s’arrêter dans un lieu inconnu, le temps d’une méditation, pour se l’accaparer, l’habiter. Mais surtout, ne pas en revendiquer le monopole et la propriété ! Se sentir chez soi en terra incognita : ici commence la liberté. Quel est le plus fort, l’instinct sédentaire ou l’appel du large ? Lequel des deux ouvre le mieux vers la fuite ? Tout un chacun est soumis à cette addiction, l’esprit a soif de voyages ! A quand remontent nos premiers envols lointains, guidés par les rêves ou la folie ? Qui n’a jamais été transporté par la musique ou la lecture ? Qui n’a jamais plongé instantanément dans un voyage passé, stimulé par le parfum de suaves souvenirs ? Qui n’a jamais poussé la porte de la chambre et vu revenir à lui d’intimes voyages ? Qui n’a jamais rêvé de se perdre dans le jardin d’Eden atteint au bout d’une longue marche ? Je veux sortir de mes trajets quotidiens et de mes propres traces. Oser laisser tourbillonner les panneaux multidirectionnels jusqu’à ne plus savoir où est le nord. Il faut savoir s’accommoder de chaque instant pour en faire un voyage. Il y faut de la souplesse d’esprit plus que de la capacité à courir le cent mètres en dix secondes. Qu’on soit démuni ou impotent, le voyage est toujours possible. Serait-il même inévitable ? L’attrait en est inné, tout simplement. Le voyage est vital. Ne parle-t-on pas de voyage pour la vie ? Et dans ce mot, j’y vois âge. Qui prend le large est parti pour un long voyage. Au bout de leur voyage, les vieillards sont des hommes sages. La vie est faite pour tourner des pages.

Dès l’enfance, nous trouvons des moyens d’évasion. Du fond du berceau, quand le regard saute au-dessus des orteils, on découvre le monde. On y glisse très vite pour d’étonnants voyages. Une ombre sur un coin de mur sera le premier chemin de l’imaginaire. Et toute la vie, on ne pourra s’empêcher d’y retourner et désirer aller plus loin. La maîtrise de l’écriture acquise, les chemins des possibles s’ouvrent. Les destinées rêvées peuvent se réaliser. Tous nos sens invitent au voyage. Une odeur de lavande nous transporte dans le Luberon. Les parfums, comme aussi les odeurs désagréables, ressuscitent des souvenirs. Une mélodie peut renvoyer à l’exotisme d’un voyage rêvé. Tout peut se mélanger, se renforcer. Si j’entends un son similaire aux tintements des clarines des belles Abondances dans les alpages de mon enfance, la douce odeur des étables savoyardes m’envahit. Le mot Aix m’évoque aussi bien les eaux calmes du lac du Bourget que celles jaillissant de la Rotonde, là où Albert Camus fut pris en otage. Alphonse Daudet ne peut qu’évoquer la Provence et ses senteurs, les écrits du fond de son moulin. Le livre parfumé de Patrick Süskin s’effeuille dans un formidable voyage olfactif. Je me complais dans ces éclairs aussi brefs que subits. Les sons et les aromes m’emmènent au loin. Un simple coup d’œil suffit. Les lumières changeantes de la journée transforment les lieux. Un détail d’ici peut transporter là-bas. Tous nos sens le font. Le silence et la contemplation nous aident. D’un regard, l’esprit glisse dans de sidérantes odyssées. Avec les aspects du le ciel, les transports oniriques changent leur course. Quand il est d’un bleu des plus purs, l’immensité céleste s’offre, large et insondable. On peut y nager à l’infini. Mais les plus beaux cheminements me viennent quand les cieux se découvrent et que se forment les majestueux cumulus. Au détour des vallées cotonneuses s’envolent d’éphémères chimères et des continents incertains se dessinent. On y gravit de fabuleuses montagnes, on y surfe au plus profond des ravins, on se laisse envelopper dans la ouate. Ou on reste le spectateur terrestre de la grande course des géants du ciel. L’appel des nues est irrésistible. Quand vient la nuit, le voyage devient sidéral. On est précipité sur des distances sans cesse repoussées, où se mélangent l’infini et l’intemporel. Des destinées inatteignables où l’on rencontre pourtant fantasmes et mystères. On côtoie Pégase et Cassiopée. Et la musique, cette étonnante autoroute de fuite… Tout comme les livres ordonnent des mots, les mélodies ordonnent des notes. Les grandes œuvres ont d’abord été des notes, écrites dans la tête ou sur des partitions. Que les yeux soient ouverts ou clos, la navigation est portée par la musique ; les harmonies se collent aux images. Combien d’allers-retours ai-je fait au cœur du Brésil, ou vers des pays remplis d’amazones, avec Bernard Lavilliers ? J’ai visité le Texas avec ZZ Top, le Nigéria avec le docteur Féla, les jeux de mots avec Boby Lapointe. Je suis passé d’Oasis à Nirvana, de l’ombre à la lumière. La musique transporte, mais elle peut être un but, Antoine ne chantait que pour voguer. Et que dire, lorsque les musiques fusionnent avec le vrai voyage ? Voyages dans le voyage. A l’ère du walkman, je me suis plongé au plus profond du ‘‘grand bleu’’ avec Éric Sierra, alors que je nageais dans les sables du désert algérien, dans la nuit rectiligne du Tanezrouft. Il n’y avait plus alors que le ciel consteller, le billard immense du sol, et les mélodies venues des abysses qui transcendaient la petitesse de mon existence. Rien d’autre. Je flottais dans les sons, entre minéral et astral, dans les trois dimensions. Je n’oublierai jamais cet enchevêtrement de sensations. Accompagner tout le périple de mes morceaux préférés, quelle merveille ! J’ai toutes les musiques du monde dans une simple clef. Bien sûr ces petites barrettes USB n’ont pas le même charme que les vielles cassettes qui enguirlandaient autrefois les fossés, jetées de la voiture, après s’être emmêlées dans l’autoradio. Les longues heures de conduite prennent une autre tournure quand la musique s’en mêle. « On the road again ! » disait Canned Head. Blades en balade. Et pour moi, des notes. La musique est indissociable du voyage : flamenco ici et mélopées berbères là-bas… Qu’elles vibrent de la corde d’un musicien local, où qu’elles nasillent par les portières, elles accompagnent ou détournent le chemin. Quoi de plus étrange qu’écouter Deep-Purple dans la clarté d’un matin de bivouac ? En voyageant du nord au sud, comme je le ferai dans ces pages, les guitares deviennent des joujs, le muezzin remplace Sid Vicious, les clefs USB laissent place au live. On peut choisir son ambiance dans le stock infini de musique niché dans l’appareil, ou mieux encore, se laisser surprendre par les rythmes des pays où l’on s’arrête. Les musiques sont partout ; elles sortent des taxis, des bars, des maisons, vibrent dans l’air, se perdent en échos. Elles improvisent avec le vent dans les buissons, le roulis du train ou les graviers retournés par la marche. Elles ensorcellent les nuits de transes, électrisent les quartiers. Elles identifient les peuples. Elles les rapprochent et les métissent. Dans chaque musique se découvre un voyage unique. A toi, ami, de trouver dans le ciel étoilé ta voie lactée. Tu peux préférer Andromède à Cassiopée, peu importe, si tu trouves tes accords pour un voyage harmonieux. A toi de choisir ton moyen de transport, le voyage est à ta portée, et tu y as droit.

Chaque grand rêveur a le meilleur des bagages pour partir. Le boiteux, l’impotent, l’aveugle, le prisonnier, le peuvent aussi. Une tête, posée sur les mains, suffit. Le décollage est aisé. Tout être doté de quelque paire de pattes et d’une tête, s’en va un jour. Par commodité, par plaisir, ou par nécessité. Chacun y va de sa méthode et de son rythme : les jeunes trépignent, les vieux trébuchent. Certains ont le pas léger, d’autres se meuvent mollement, ondulent dans l’eau, s’élèvent dans le ciel, ou creusent des galeries. Il y en a qui courent, il y en a qui nagent. Il y en a qui stagnent ou décollent. Certains courent en tous sens mais ne font que du sur place. Certains flottent longtemps, d’autres coulent rapidement. Chaque espèce s’adapte. Les manchots glissent sur la glace. Les crabes de la mangrove avancent… en crabe. Les pachydermes font trembler le sol. Les lézards rampent dans chaque anfractuosité. Les puces sautent sur les voyageurs de passage. Les arthropodes géophiles n’emmêlent pas leurs mille pattes. Tout le monde use ses écailles, ses plumes ou se corne les pieds à force d’avancer. Attention à ne pas se brûler les ailes en voulant monter trop haut, d’autres, dit-on, en ont été punis ! Nous autres humains rêvons tous d’avoir mille pattes et cinq cents paires de chaussures. Frustrés par la bipédie, nous avons décidé de marcher au-delà de nos rêves. Nous ne nous sommes pas contentés de nos jambes, nous avons inventé des machines pour aller plus loin, plus vite, plus haut ! Les arthropodes géophiles peuvent aller se rhabiller ! Et l’humanité s’asphyxie à trop se mouvoir. Nous sommes désormais condamnés à voyager. Le train de la vie nous met sur des rails et il faut rouler sa bosse. Le monde tourne et va de l’avant. Les peuples marchent, roulent, voguent, surfent. Ça tourne. Dès les premières sorties, à quatre pattes, ça tourne. Dans les têtes, ça tourne ! Depuis l’invention de la roue, ça roule. Quand ça roule, tout le monde est content ! Avec la roue, on ne se contente plus de son petit balluchon à l’épaule, on transporte sans peine de lourds bagages. Avec les navires, c’est par quintaux que les charges sont transportées. Rien n’arrête la course folle. On peut contrer la pesanteur. Voyager dans l’intersidéral tient-il à présent du rêve ou de la réalité ? Nos esprits nous emportent à la dérive. Avons-nous droit au laisser aller ? La simple pensée nous catapulte instantanément dans des lieux interplanétaires, tout comme dans de petits coins secrets et interdits. On peut se construire des pays qui n’existent pas, y planter des jardins élyséens, les parcourir à notre guise, les peupler de gens charmants. Certains s’égarent à tout jamais dans le confort de ces voyages modulables. Il se trouvera toujours quelqu’un pour vous ramener sur terre. Avoir la tête dans la lune n’est pas toujours bien accepté. Autrefois, le Glenn Miller Orchestra me transporta ‘‘in the moon’’. Rien qu’en laissant le microsillon tourner, je suis monté sur le manège des voies célestes. Au cours d’une nuit d’amour, c’est en posant ma joue sur Vénus que j’ai encore flâné sur l’astre argenté. Chaque nuit est une balade vers des contrées improbables. L’extase amoureuse d’un soir nous entraîne au-delà des sentiers balisés. Viennent ensuite les voyages de noces, à gondoler sous des ponts. Les rêves sont confortables pour glisser en douceur vers d’autres horizons. On prend de grandes bouffées d’air en ronflant devant des paysages à couper le souffle. Ces contemplations oniriques occupent un bon tiers de la vie.

Il y a tant de façons de se laisser aller en croisière. Méditer, se téléporter, et mille destinations fantaisistes s’ouvrent. Il suffit de s’endormir, de lire, écouter, aller ou se laisser aller, regarder le ciel, et c’est parti pour un tour. Les psychotropes mènent vers des étendues oscillantes. Un joystick fait accéder à des mondes parallèles et écarquiller les yeux au point d’oublier de battre des paupières. Ce n’est pas mon aventure. Et ce n’est pas la cybernétique qui me catapultera sur d’autres planètes, et fera de moi un héros. Les illusions du web filent sur une autoroute glissante. Mieux vaut prendre le stylo et jeter l’encre, se risquer à une vie de bohème, faite de poèmes. Le verbe téléporte les pensées plus vite que la lumière. Pas de prise de tête avec les épithètes. D’un jeu de mot je peux être héliporté, de là-bas à Issy-les-Moulineaux. Si la fantaisie m’en prend, je peux sortir des sentiers tracés en inversant quelques adjectifs. D’une virgule je reprends respiration. Un point suffit à se poser un instant. L’envie peut vous prendre à tout moment. Sans rien sous la main, sans carnet et ni bout de crayon au fond de la poche, comment ne laisser rien échapper ? C’est en taillant mes vignes, principale occupation de l’hiver au fin-fond du Minervois, que j’ai appris à voyager. Les pensées vagabondes, dans la monotonie du labeur, m’ont ouvert tant de destinations ! J’interrompais parfois la tâche pour griffonner. Sauvegarder l’idée qui jaillit avant qu’elle n’explose dans toutes les directions. Les mots s’entrechoquent. Leur cabale me transporte. Ils rapprochent les destinations au galop. Ils se jettent à ma figure ou caressent ma sensibilité. Ils se prêtent volontiers aux jeux. Il faut prendre bien soin de les figer dans le carnet avant qu’ils se déguisent. Au-delà des vignes laborieuses et des pages noircies, l’appel au voyage gagne du terrain. Écrire ne me suffit pas. Je ressens le besoin de fouler d’autres terres, quitter mon habit de cultivateur. Sans terre à entretenir, il est plus simple de s’en aller. Il faut que je me décide à laisser arpents et carnets, pour tracer la route. L’appel me déracine. Une force me pousse à aller voir ailleurs. D’où vient-elle ? D’un nomadisme inné ? De l’envie de connaître l’inconnu ? De se trouver ? De se perdre ? Le voyage est-il une addiction ? Une fuite ? De la pure curiosité ? Est-il une fatalité dès qu’on a pris ce chemin une fois ? Un fantasme d’horizons inatteignables, ou prétextes à l’écriture ? Est-il là pour dévier une vie trop rectiligne ? Est-il là pour donner des leçons ?

L’inertie est frustrante. Quand je reste sans trouver le bon terme pour exprimer ma pensée, quand je n’ai pas les mots pour communiquer, je reste pétrifié. Il ne reste plus que les poings pour revendiquer. C’est peut-être la peur de l’ignorance qui me pousse au voyage, au long cours ou littéraire. J’ajouterai des pages à mon encyclopédie de découvertes, je l’étofferai de vocables, et le voyage sera aisé. En laissant dériver ma plume vers d’autres latitudes, avec plein de mots pour bagages, je vais tracer vers l’inconnu sans appréhension. La barrière des langues oscille quand le bagage s’enrichit de mots. Un stylo a davantage de pouvoir que tous les canons du monde. Me lancer dans cette rédaction ne changera certainement pas le cours des choses, mais va m’offrir le monde en toute liberté. L’écrivain, c’est bien connu, est un voyageur immobile, assis sur son coussin. Et sa plume, dans le louvoiement des directions, lui offre la plus belle des navigations. A lui d’ajuster les voiles, de tirer les bonnes drisses. A lui de tracer un beau sillon, d’ajuster des lignes. Après de hasardeux cabotages, il est temps pour moi de tenter le long cours. Transformer « Le loup des steppes » en vieux loup de mer. A mon tour de chercher « L’île mystérieuse ». A mon tour d’aller « Sur la route ». Ce voyage en solitaire doit être partagé. Il ne peut y avoir de voyage sans rencontres et sans partages. Merci au bédouin que j’ai rencontré ! Merci à toi qui t’aventures dans cette lecture ! Que le voyage soit terrestre, maritime, ou littéraire, le navigateur solitaire éprouve toujours le besoin de partager ses plus belles émotions. C’est un besoin essentiel. Qui du marin solitaire ou de l’écrivain prend le plus de temps à se livrer ? Les longs périples mènent à la rencontre. La navigation guide vers un port, vers des bars où les gens se côtoient. Des histoires naissent. Les rencontres mènent au partage. Il suffit de plonger dans les yeux du marin solitaire pour lire ses aventures. Il suffit de se laisser guider par celui qui écrit pour découvrir ses contrées. Je suis derrière un castelet avec mes marionnettes en mains pour jouer la vie. J’arrive sur scène, plein de trac et d’appréhension. C’est toi qui ouvres le livre, mais c’est moi qui me livre. Comme avant d’entrer, côté jardin, sur les planches du théâtre, il y a des moments du voyage où on se demande : « qu’est-ce que je fous là ? » Mais une fois sur scène, au milieu du décor, au milieu du périple, apparaît une nouvelle intensité. Bonheur du partage ! Bonheur de créer ! L’improvisation est un voyage vers l’inconnu : on ne sait pas où on va, mais on y va. Les hasards et la nouveauté ravivent les sens. Un proverbe chinois dit : « L’expérience est une lanterne qui n’éclaire que le chemin parcouru. » Je sais, tout a déjà été écrit à propos du voyage. Qu’il a modelé le monde, transformé l’histoire, ouvert et fermé des frontières, que sais-je encore. Je sais, on va me dire que l’on est déjà allé partout. Mais pour une même croisière mille odyssées sont possibles et mille visions différentes. Je tiens à allumer de nouvelles lanternes. A chaque lieu, un nom ; à chaque nom, des adjectifs, porte-bagages des mots. A chaque entreprise, virgule après virgule, par petites touches, un parcours sera peint. Toi qui t’es embarqué dans ces pages, accroche-toi, tu vas être entraîné dans tous les sens, dans tous mes sens. Alors, à toi d’y trouver une place, depuis le fond du canapé, au gré de la lecture. Un voyage facile...