Passions sous les Tropiques

Passions sous les Tropiques

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Français
160 pages

Description

Sur le petit atoll de Vanalu, perdu en plein Pacifique, Alli mène une vie paisible qu’elle partage entre ses amis, les moments passés à la plage, et son travail au sein du palace local. Mais cette existence paradisiaque est bouleversée par l’arrivée de Slade Hawkings, le nouveau propriétaire de l’hôtel, résolu à fermer cet établissement trop luxueux pour être rentable. Pour la jeune femme, il n’est pas question de le laisser faire. Au-delà de son emploi, c’est tout l’équilibre économique de l’île qui serait en péril ! Forçant son courage, Alli se décide à affronter Slade. Un homme qui, d’après la rumeur, serait aussi impitoyable… que follement séduisant.

Informations

Publié par
Date de parution 01 août 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782280388245
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Couverture : Robyn Donald, Passion sous les Tropiques, Harlequin
Page de titre : Robyn Donald, Passion sous les Tropiques, Harlequin

1.

Alli Pierce ajouta une fleur parfumée de frangipanier au collier qu’elle était en train de confectionner et leva la tête vers le lagon.

Les eaux turquoise scintillaient sous le soleil de plomb. De l’autre côté du récif, les vagues couleur outremer frangées d’écume s’abattaient avec fracas sur les coraux.

— D’accord, dit-elle avec véhémence, je suis décidée à aller en Nouvelle-Zélande. Mais quant à me vendre au plus offrant pour un billet d’avion, il n’en est pas question !

Son amie Sisilu, assise à son côté à l’ombre des palmes, haussa une épaule.

— Je le sais bien ! dit-elle de sa voix chantante, dans la variante locale de la langue polynésienne. Calme-toi, c’était juste une pique de Fili.

— Elle est impossible en ce moment. Quelle peste ! Que lui arrive-t-il ?

— Parce que tu ne le sais pas, peut-être ? Ce que tu peux être naïve !

Sisilu, qui adorait les ragots, expliqua complaisamment :

— Elle est amoureuse de Tama. Or, Tama n’a d’yeux que pour toi. Alors, évidemment, elle t’en veut.

— Est-ce ma faute si Tama est amoureux de moi ? On ne peut pas dire que je l’aie encouragé !

— Et puis elle trouve injuste que Barry te paie un salaire au tarif néo-zélandais et pas au tarif de l’île. D’accord, tu as un passeport néo-zélandais, mais tu as passé toute ta vie à Valanu.

— Rien n’est plus vrai, murmura Alli. Quand mon père m’a amenée ici, je n’avais que deux mois.

Pensivement, elle releva à l’aide d’un peigne en écaille la longue mèche couleur feu qui lui glissait devant les yeux.

— Fili n’a pas tort, tu sais, reprit-elle. Je trouve injuste de gagner plus que les autres, même si Barry assure que c’est le règlement de la société.

— As-tu vu M. Hawkings, le nouveau propriétaire de l’hôtel ? demanda Sisilu, changeant soudain de sujet selon son habitude.

Alli ouvrit de grands yeux.

— Le nouveau propriétaire du Sea Winds, à Valanu ?

— Hé oui ! Curieux qu’un grand ponte comme lui s’intéresse à notre petite île, non ?

— Plutôt. Quand est-il arrivé ?

— Hier soir. En jet privé, ma chère.

— Le Sea Winds a été vendu à une multinationale, observa Alli. Ça m’étonnerait que le grand directeur ait fait le déplacement jusqu’ici. Il a dû envoyer un sous-fifre.

— Non non, coupa Sisilu, catégorique. C’est bien Hawkings. Il a passé la journée enfermé avec Barry à étudier les comptes.

— Alors tu n’as pas pu le voir !

— Si. Quand nous répétions, ce matin, il a fait le tour de l’hôtel.

— Comment est-il ? interrogea Alli sans réel intérêt, en ajoutant avec habileté quelques fleurs à son lei. Je parie, pouffa-t-elle, que c’est un quinquagénaire chauve et bedonnant.

— Oh, là, là ! Non, alors !

Avec un soupir plein de langueur, Sisilu déclara :

— Slade Hawkings est un homme superbe. Grand, beau, avec un ventre aussi plat que le tien ou le mien. Il parle comme un chef, il marche comme un chef… Toutes les filles sont déjà folles de lui.

— Hawkings ? répéta Alli avec étonnement.

Etrange coïncidence…

— Que ce soit vraiment le directeur ou seulement un cadre de la société, il ne s’intéressera pas aux filles de Valanu, déclara-t-elle, sûre de son fait. Un type de ce genre, qui vit probablement aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Suisse, doit sortir avec des femmes super-sophistiquées. Les petites Polynésiennes de Valanu n’ont aucune chance.

Sisilu poursuivait son rêve éveillé.

— A mon avis, il n’a pas plus de trente ans…

Puis elle lança à Alli un coup d’œil critique de côté.

— Tu veux un conseil ? Ne te moque pas des quinquagénaires chauves. Ils peuvent se montrer très généreux.

Avec indulgence, elle enchaîna :

— Quel bébé tu fais ! Tu ne sais encore rien de la vie. Si tu étais un peu plus futée, tu serais gentille avec Barry. Il n’est pas gros, lui, en tout cas.

— Barry Simcox ? Le gérant de l’hôtel ?

— Evidemment. Tu connais d’autres Barry à Valanu ? Le pauvre homme ! Toujours tout seul, ce n’est pas une vie.

Alli hocha la tête.

— Il a reçu un choc le jour où sa femme lui a annoncé qu’elle repartait pour l’Australie avec leur petit garçon, sous prétexte qu’elle ne pouvait plus supporter de vivre sur cet atoll perdu. Il est inconsolable.

— Inconsolable… pas si sûr ! Il n’arrête pas de te regarder en poussant des soupirs gros comme ça.

— Quoi ?

— Tu n’as peut-être rien remarqué, mais les autres, si.

— Peuh !

— En tout cas, te voilà prévenue.

Avec son naturel de fille des îles, Sisilu poursuivit :

— Remarque, comme amant, le nouveau propriétaire me plairait plus que Barry. Crois-moi, pour faire l’amour, on ne doit pas trouver mieux que Slade Hawkings. Il possède cette espèce d’aura, tu vois ce que je veux dire ?

— Pas du tout.

— Mais si !

Sisilu examina une fleur d’hibiscus d’un air critique avant de la laisser choir sur le sable et d’affirmer :

— Tama, lui aussi, possède cette aura qui attire les femmes.

Tama, le second fils du chef de l’île, était un beau parti pour Valanu.

En rougissant, Alli marmonna :

— Si tu crois que ça m’amuse qu’il soit tombé amoureux de moi.

— Plains-toi ! Toutes les autres filles seraient ravies de prendre Tama comme amant. Mais toi…

Sisilu haussa les épaules.

— Ton père t’a élevée d’une manière vraiment bizarre. Pourquoi faire une telle histoire au sujet de la virginité ?

— Bof, ne t’inquiète pas pour Tama. Une fois que je serai partie, il m’oubliera.

Sans cesser de travailler à la confection des colliers de fleurs, Sisilu déclara :

— A propos, le nouveau propriétaire ne vient ni des Etats-Unis, ni d’Angleterre, ni de Suisse. C’est un Néo-Zélandais…

Alli ne se laissa pas impressionner.

— Un de plus, un de moins ! Il n’y a que quelques centaines d’habitants à Valanu, mais ils sont quatre millions en Nouvelle-Zélande, Sisilu.

— … Et quand tu as traversé le hall ce matin, il a paru frappé par la foudre. Les yeux lui sortaient de la tête.

Alli pouffa.

— C’était sûrement toi qu’il regardait. Tu es la plus jolie fille de Valanu.

— Moi ? Il ne m’a même pas remarquée. J’aurais pu être transparente.

— Patience !

— C’est toi qu’il a choisie. Je connais ce genre de regard, tu lui plais, Alli. Si, c’est évident, insista-t-elle. Ecoute, tu veux un conseil ? Profite de la situation. Il sera sûrement content de rendre service à une compatriote.

Alli fixa quelques feuilles pointues au lei de manière à donner plus de relief aux fleurs.

— S’il veut m’aider, il n’a qu’à s’arranger pour que le Sea Winds marche mieux ! jeta-t-elle.

Travailler. Elle n’envisageait pas d’autre solution pour s’offrir son voyage en Nouvelle-Zélande. Quant aux petits arrangements dont parlaient Sisilu, Fili et les autres, ils l’écœuraient.

Sisilu se remit à rêver tout haut.

— Il doit être incroyablement sensuel. Je ne sais pas ce que je donnerais pour faire l’amour avec lui… Ah, si seulement il pouvait s’apercevoir de mon existence !

Alli contempla le lagon avec philosophie.

Les Polynésiennes avec lesquelles elle avait grandi menaient une existence très libre, multipliant les expériences sans le moindre scrupule. Mais une fois mariées, elles devenaient les plus fidèles des femmes. C’était ainsi à Valanu.

Elle-même avait été élevée d’une manière différente. Son père avait veillé à ce qu’elle n’emprunte pas le chemin facile où toutes ses amies s’engouffraient.

— Pourquoi veux-tu partir ? demanda Sisilu. Tu ne te sens pas chez toi, ici ?

— Je veux savoir pourquoi ma mère nous a abandonnés, et aussi pourquoi mon père est venu se réfugier ici.

Elle laissa échapper un rire sans joie avant d’ajouter :

— «Sur ce minuscule atoll perdu au milieu du Pacifique », comme disait la femme de Barry.

— Pour ton père, ce n’était pas un endroit perdu, puisqu’il était l’ami du chef du village. Et depuis longtemps ! N’ont-ils pas fait leurs études ensemble à Auckland ? Aussi, quand les sages de l’île ont cherché un homme responsable pour mener les affaires, ils ont tout naturellement fait appel à lui.

— Soit. Il n’empêche que je me pose des questions. Mon père ne parlait jamais de sa famille, j’ignore tout de mes grands-parents…

Sisilu fit entendre un rire étonné : cela lui semblait visiblement une situation extraordinaire. A Valanu où tout le monde était plus ou moins cousin, chacun savait qui était sa grand-mère ou son grand-oncle !

Elle reprit bien vite son sérieux.

— Ton père était un homme très bien, lui assura-t-elle.

Deux ans auparavant, à la mort de Ian Pierce, Alli avait pu enfin consulter les papiers de famille. Ce qui lui avait permis de connaître le nom de remariage de sa mère : Marian Hawkings. Elle avait alors commencé à mettre de côté tout ce qu’elle pouvait, jusqu’à ce qu’elle puisse se payer les services d’un détective privé.

Les recherches de ce dernier avaient été couronnées de succès. Il lui avait récemment envoyé un dossier concernant Marian Hawkings, et Alli s’était remise à faire des économies.

Elle voulait aller à Auckland afin d’y rencontrer celle qui l’avait mise au monde pour l’abandonner presque aussitôt.

— Ma mère est anglaise, dit-elle à mi-voix, comme pour elle-même, en ajoutant une dernière fleur au collier. Elle a fait la connaissance de mon père en Grande-Bretagne, l’a épousé et l’a accompagné en Nouvelle-Zélande. Ils ont très vite divorcé. Elle s’est remariée, mais elle est maintenant veuve. Et elle vit toujours à Auckland.

Regardant son amie, elle ajouta :

— Je n’ai pas l’intention de mettre son existence sens dessus dessous. Je désire seulement lui poser quelques questions. Qu’elle me réponde franchement, je n’en demande pas davantage. Ensuite, je la laisserai tranquille, le sujet sera clos.

— Et tu reviendras ? Tu as une grande famille ici : tous les habitants de Valanu.

Alli sourit.

— La plus gentille de toutes les familles du monde. Mais j’ai vraiment besoin de connaître certaines choses, tu comprends ?

— Oui.

En riant, Sisilu prédit :

— Tu vas détester la Nouvelle-Zélande. C’est une grande contrée froide et triste. Toi qui aimes tant Valanu, tu ne pourras jamais t’adapter. Et puis…

Elle s’interrompit brusquement en voyant la responsable de l’animation du Sea Winds s’approcher d’elles d’un pas pressé.

— Oh, là, là ! Tu as vu l’expression d’Irena ? Il y a un problème, je parie.

Sans préambule, la jeune femme qui venait de les rejoindre déclara :

— Alli, Fili est malade, tu vas devoir danser ce soir. Et il faut faire bonne impression, parce que nous sommes sur le fil du rasoir. Le nouveau propriétaire est en train de se demander s’il ne va pas fermer l’hôtel.