Plus jamais ça !

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Description

Qu'ont en commun une nuit de camping sauvage au Québec, un hamam à Istanbul, le trajet Montpellier-Toulouse en moto ou une visite chez l'esthéticienne? 
Ce sont des expériences vécues. Ou plutôt : subies.
Avec beaucoup de mauvaise foi, et une bonne dose d'humour noir. Neuf expériences, et autant de textes inédits.  

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Date de parution 30 juillet 2018
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EAN13 9791026221807
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Marie Urdiales Plus jamais ça ! Neufs récits authentiques
© Marie Urdiales, 2018 ISBN numérique : 979-10-262-2180-7
Courriel : contact@librinova.com Internet :www.librinova.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Petit préambule sans conséquence Qu'ont en commun une nuit de camping sauvage au Qué bec, un hamam à Istanbul, le trajet Montpellier-Toulouse en moto ou une visite chez l'esthéticienne ? Ce sont des expériences vécues. Ou plutôt: subies. Avec beaucoup de mauvaise foi et – c'est du moins l'idée — une bonne dose d'humour noir. Neuf expériences du quotidien et autant de textes inédits. Parce qu'après tout, la vie, c'est ce qu'on en fait... Quelque part, en 2018 Marie Urdiales
Montpellier-Toulouse en moto C’est comme ça, vous n’y pouvez rien et d’ailleurs, c’est même pas votre faute, mais des fois, dans la vie, on tombe sur de ces trucs ! Là par exemple, vous êtes tombée sur un motard. Si vous avez un peu d'expérience des choses de la vie,vous savez que ce n’est pas parce qu’on P ENSE qu’une chose est comme ci ou comme ça que la Chose en question est VRAIMENT comme ci ou comme ça. Par exemple, vous, vous avez toujou rs pensé que la moto, c’était sexy. Vous voyez le genre ? Un univers où la bravoure se mesure en c entimètre cubes, et où l’image de deux corps collés l’un contre l’autre évoque quelque chose de terriblement sensuel bien que gentiment archaïque : la vision d’une Femelle plaquée contre son Mâle, partageant avec lui l’ivresse de la vitesse et le frisson du danger. Un monde où vous, féministe, goûteriez au péché de la soumission à celui qui dompte le bolide comme feu nos aïeux les mammouths. D’ailleurs, récemment, une copine vous a confortée dans cette vision idyllique. Évoquant un site de sorties bien connu, elle vous racontait, je cite, que lors de virées en moto, «les lionnes défendent leur selle comme d’autres leur progéniture ». À savoir que, contrairement au monde réel, où approximativement sept mecs se disputent une nana, dans le monde des motards, les proportions sont inversées. Vous, petite veinarde, vous faites désor mais partie des Lionnes qui ont une selle à défendre. Yeap. Sauf qu'à l'heure qu'il est, vous préféreriez nettement que ce soit votre progéniture qui soit en danger. Petit cours de « biking » en accéléré. Leçon n° 1 : s’accrocher C’est la première chose que vous explique votre mot ard : en moto, la femelle, elle s’accroche. Oui, bon, bien sûr, si c’est la femelle qui conduit , c’est l’inverse. Sauf que jusqu’à preuve du contraire, dans le monde des motards, on voit rarem ent des mâles cramponnés aux femelles. Bref, vous, pas chiante et aussi passablement pétocharde, quand on vous dit « accroche-toi », ben, vous vous accrochez. Après, pour les autres « lionnes » , vous ne savez pas, mais pour vous, les choses se présentent de façon presque mathématique : vous, vo us mesurez 177 cm. Votre motard, environ 20 de moins. Et la selle de sa moto, pardon, la selle de sa bécane côté Lionne est plus haute que côté Mâle d’environ, allez, 15 cm. Ce qui,a visto de nas, vous fait en tout un dénivelé d’à peu près 35 cm. Dans l’absolu, les dénivelés entre vous et votre concentré de testostérones, vous vous en foutez à peu près autant que de la consommation au 100 litre s de sa 750. Sauf que, assise derrière lui, la perspective change. Là, si vous vous accrochez en vous tenant assise bien droite comme votre mère vous l’a seriné pendant des lustres, c’est plus juste une nana derrière un mec sur une moto qu’on voit. C’est une hystérique en train d’essayer d’étrangler un motard. Qu’a cela ne tienne, vous optez finalement pour l’option « une devant une derrière » : une main plaquée sur l’estomac de votre motard, l’autre cramponnée derrière à cette chose qui sert à… à se cramponner, dans le doute. Ah oui, parce qu’il faut aussi savoir que, contrairement à d’autres Lionnes qui font leur maligne bien calées entre leur mec et sontop caserembourré, vous, petite veinarde, vous êtes tombée sur un vrai de vrai. Un motard pur jus pour qui untop case est à peu près l’équivalent moto du canapé d’angle avec trou dans l’accoudoir pour mettre la canette de bière. Autant dire le top du top de la beaufitude. D’ailleurs, c’est bien simple : depuis que P vit en couple avec H et qu’elle lui a offert un top case(pas folle, la Lionne !) on ne les voit plus. Untop casequ’on offre à un motard, c’est un peu comme une bague au doigt. Une corde au cou. Autant dire un truc qu’un motard vrai de vrai ne vous
laissera jamais lui offrir… sauf à être à deux doigts du canapé d’angle. Une devant une derrière, donc, et ça marche, vous arrivez à peu près à tenir en équilibre sur la Chose. Vous pouvez par conséquent préserver cette fière allure qui est la vôtre, bien droite derrière votre mec jusqu’au moment où… … jusqu’au moment où vous expérimentez en pratique ce que vous avez déjà souvent vécu en théorie, à savoir : le faufilage. Autrement dit, cet espace-temps qui n’appartient qu’aux deux roues motorisées, pendant lequel lesdites deux roues moto risées se faufilent entre les quatre roues motorisées pour arriver en début de file. Ça fait c arrément partie des avantages de la moto, ce faufilage. Ça permet entre autre de griller tout le monde aux feux rouges. Vous, qui croyez avoir déjà tout compris alors que vous avez fait à peine trois kilomètres en moto, vous trouvez ça génial, ce faufilage. Jusqu’au moment où votre motard et ses 3 5 cm de dénivelé se faufilent sous le rétroviseur transgénique d’un poids lourd. Lui passe de justesse. Et vous… Vous voulez un dessin ? Rappelez-vous : votre tête est 35 cm plus haute que la sienne. Ben oui : oups. Heureusement, vous avez vu plusieurs fois l’intégrale de « Rocky », l’esquive est votre deuxième nature. Sinon, à l’heure qu’il est, vous ressembleriez à Sleepy Hollow, pour rester dans le cinéphile. Leçon n° 2 : s’accrocher (bis) Vous passez donc les 10 premiers kilomètres accrochée avec environ autant d’élégance qu’une moule à sa frite à cet individu qui, pour l’instant , respecte à peu de chose près les limitations de vitesse en agglomération. C’est à dire que vous rou lez approximativement à 75 km/h, autant dire au ralenti, pour un motard, n’importe quel radar vous le confirmera. Du coup, vous vous enhardissez, et décidez de tester différents « accrochements ». Bon, faut dire aussi qu’à force, vous commencez à avoir mal à l’épaule. La gauche. Celle du bras avec lequel vous vous cramponnez, plus ou moins détendue, à une sorte de barre qui court derrière la selle. Derrière, pas devant, ce serait trop simple. Bref, vous avez beau être souple, au bout d’une dem i-heure, vous commencez à avoir des crampes dans l’omoplate. Alors vous testez une autre versio n de « l’Accrochage de la Lionne à son Mâââââle » et vous enroulez vos deux bras autour de son torse. C’est rigolo (quoique passablement stupide) mais soudain, vous avez l’impression d’êtr e beaucoup plus crédible, en passagère. Vous vous « ventousez » gentiment contre le dos de votre motard, et vous vous sentiriez presque aussi confortablement installée que sur votre canapé si… , si… … si à cet instant très précis, vous ne sortiez pas de l’agglomération sus-dite. Ce qui implique une accélération aussi soudaine que puissante de la part de celui qui, à l’heure qu’il est (et vous allez bientôt le regretter) détient tout pouvoir sur votre vie. Surprise par le mouvement, vous lui filez un grand coup de boule, à votre mec. Mais quand je dis un grand coup de boule, c’est vraiment un grand coup de boule. Casque contre casque à 120 km/h, ça résonne dans les neurones. Vous vous promettez de ne plus jamais jamais recommencer. Résolution qu i dure deux secondes, le temps pour votre ème motard de faire un truc qui transmet une grosse secousse à toute la moto (2 coup de boule) avant ème ème d’accélérer de nouveau (3 coup de boule). Au début, ça fait bizarre, mais au 25 coup de boule, et dans la mesure où votre motard n’a toujou rs pas réagi, votre naturel optimiste reprend le dessus. Vous êtes du genre à toujours voir le bon côté des choses, alors vous vous dites que a) les casques, c’est là pour protéger la tête en cas de chute, donc ce n’est pas un petit coup de boule qui va faire mal au Mâle ; b) il n’a qu’à conduire sa moto comme il vous serine de conduire votre voiture, c’est à dire en souplesse ; c) au pire, si vous vou s emmerdez au bout de 200 bornes, vous pourrez toujours compter les coups de boules comme d’autres comptent les moutons, pour vous endormir sur la moto. Vous, vous pensez à ça un peu comme à une blagounette un peu cucul, histoire de meubler, sauf que d’un coup, ça vous rappelle l’histoire de votre bonne copine : Lolli.