//img.uscri.be/pth/f415bd29d14a4894e7c327150d8d4fa365c455ff
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 15,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Regards croisés sur l'itinérance

De
228 pages
Comprendre l’itinérance, c’est dépasser les préjugés et les stéréotypes véhiculant qu’elle serait la conséquence directe des mauvais choix de vie des individus pour appréhender les dynamiques collectives et institutionnelles qui la produisent. C’est réaliser que la rue est la place que la société accorde à la personne en situation d’exclusion. Car il n’y a pas que des facteurs de nature individuelle (problèmes relationnels, conflits familiaux, violence, etc.) qui contribuent à la fragilité sociale des personnes. Les mutations du marché du travail, le désengagement de l’État, la pénurie de logements sont tous des facteurs qui peuvent conduire des personnes à vivre dans la rue.
Cet ouvrage propose plusieurs lectures de l’itinérance qui apportent une aide précieuse à sa compréhension et proposent une critique éclairante des solutions existantes pour y remédier. Les auteurs définissent l’itinérance actuelle, décrivent ses visages, nomment les difficultés associées à la vie des personnes en situation d’itinérance et présentent différentes approches d’intervention. Le phénomène de l’itinérance est ainsi abordé de manière globale dans ses différentes facettes: la santé mentale, la criminalité, la dépendance, l’émergence dans les régions éloignées, sa particularité dans le milieu autochtone, sa croissance chez les femmes, les processus qui amènent les personnes dans la rue et la vie quotidienne dans les refuges.
S’adressant aux chercheurs, aux étudiants et aux intervenants, l’ouvrage montre que l’itinérance recouvre une réalité complexe, résultant d’un ensemble de problématiques, qui nécessite une combinaison de solutions.
Voir plus Voir moins
COLLECTION
PROBLÈMES SOCIAUX
ET INTERVENTIONS SOCIALES
FONDÉE PAR HENRI DORVIL(UQAM) ETROBERT MAYER(UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL)
L’analyse des problèmes sociaux est encore aujourd’hui au cœur de la formation de plusieurs disciplines en sciences humaines, notamment en sociologie et en travail social. Les milieux francophones ont manifesté depuis quelques années un intérêt croissant pour l’analyse des problèmes sociaux, qui présentent maintenant des visages variables compte tenu des mutations des valeurs, des transformations du rôle de l’État, de la précarité de l’emploi et du phénomène de mondialisation. Partant, il devenait impératif de rendre compte, dans une perspective résolument multidisciplinaire, des nouvelles approches théoriques et méthodologiques dans l’analyse des problèmes sociaux ainsi que des diverses modalités d’intervention de l’action sociale, de l’action législative et de l’action institutionnelle à l’égard de ces problèmes. La collectionProblèmes sociaux et interventions sociales veut précisément témoigner de ce renouveau en permettant la diffusion de travaux sur divers problèmes sociaux. Pour ce faire, elle vise un large public comprenant tant les étudiants, les formateurs et les intervenants que les responsables administratifs et politiques. Cette collection était à l’origine codirigée par Robert Mayer, professeur émérite de l’Université de Montréal, qui a signé et cosigné de nombreux ouvrages témoignant de son intérêt pour la recherche et la pratique en intervention sociale.
DIRECTEUR HENRI DORVIL, PH. D. École de Travail social, Université du Québec à Montréal
CODIRECTRICE GUYLAINE RACINE, PH. D. École de Service social, Université de Montréal
Regards croisés sur l’itinérance
Presses de l’Université du Québec Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2 Téléphone:418 657-4399 Courriel:puq@puq.ca Télécopieur:418 657-2096 Internet:www.puq.ca
Diffusion / Distribution: CANADAPrologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Québec) J7H 1N7 Tél.: 450 434-0306 / 1 800 363-2864 FRANCEAFPU-D – Association française des Presses d’université Sodis, 128, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 77403 Lagny, France – Tél.: 01 60 07 82 99 BELGIQUEPatrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique – Tél.: 027366847 SUISSEServidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse – Tél.: 022 960.95.32
La Loi sur le droit d’auteur interdit la reproduction des œuvres sans autorisation des titulaires de droits. Or, la photocopie non autorisée – le «photocopillage» – s’est généralisée, provoquant une baisse des ventes de livres et compromettant la rédaction et la production de nouveaux ouvrages par des professionnels. L’objet du logo apparaissant ci-contre est d’alerter le lecteur sur la menace que représente pour l’avenir de l’écrit le développement massif du «photocopillage».
Regards croisés sur l’itinérance
Sous la direction de Saïd Bergheul
Préface de Christopher McAll
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre: Regards croisés sur l’itinérance (Collection Problèmes sociaux et interventions sociales; 75) Comprend des références bibliographiques. ISBN 978-2-7605-4318-8 ISBN EPUB 978-2-7605-4320-1
1. Itinérance – Québec (Province). 2. Itinérance – Aspect sociologique – Québec (Province). 3. Service social aux sans-abri. 4. Sans-abri – Santé mentale. I. Bergheul, Saïd. II. Collection: Collection Problèmes sociaux & interventions sociales; 75. HV4510.Q8R43 2015 362.5’9209714 C2015-940656-0
Conception graphique Richard Hodgson et Denis Lockquell
Image de couverture Magali Batté Gauthier,Promenade en sous-bois, aquarelle sur papier, extrait, http://www.artmajeur.com/magart>
Mise en pages Interscript
e Dépôt légal: 4 trimestre 2015 › Bibliothèque et Archives nationales du Québec › Bibliothèque et Archives Canada
© 2015 – Presses de l’Université du Québec Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
Imprimé au Canada
Christopher McAll
Reconnaître qui est un «itinérant», un «sans-abri» ou un «sans-domicile fixe (SDF)» ne pose pas trop de problèmes pour le commun des mortels. Non seulement y aurait-il probablement consensus sur les signes extérieurs permettant l’identification des personnes censées appartenir à ces catégories, mais le fait justement de vivre à l’extérieur donne une visibilité accrue à ces signes. Dans un monde où chacun a des «besoins» auxquels l’État doit chercher à répondre, les besoins immédiats de cette population sont aussi manifestes que la population elle-même: besoins d’un abri, de vêtements, de nourriture, de soins. La «réponse» à l’itinérance, qui s’effectue d’abord (et surtout) à ce niveau, prend de multiples formes, étant fournie notamment par une variété d’organismes communautaires et caritatifs. Étant donné l’individualisation croissante des responsabilités, on «sait» aussi pourquoi les itinérants sont là: chaque individu est présumé subir les conséquences de ses mauvais choix de vie, de ses problèmes de comportement ou de son incapacité à suivre les voies «normales» de réussite sur les plans éducatifs, professionnels et familiaux. Ce regard jeté sur l’itinérant dégage, bien sûr, la personne qui regarde de toute responsabilité, confortant par ailleurs sa satisfaction d’avoir elle-même pu vivre une vie «normale». Ce qui n’enlève rien à l’inquiétude qui sous-tend ce regard. Si nous examinons cette inquiétude, nous trouverons de l’inquiétude pour la personne observée (jusqu’à un certain point), mais aussi une inquiétude pour soi-même et pour sa propre sécurité physique et matérielle face à l’itinérance. Cette dernière inquiétude peut e être éclairée par les thèses de Georg Simmel au début du XX siècle, qui voyait l’assistance sociale apportée aux démunis non pas comme la reconnaissance d’un quelconque droit de ces derniers, mais plutôt comme la réponse aux droits des «citoyens» d’être protégés de cette population perçue comme ayant perdu ses droits de citoyenneté en étant obligée d’avoir recours à l’assistance. L’extrême pauvreté finit toujours par menacer ceux qui ne la subissent pas. Ainsi, selon la position de Simmel, ce ne serait pas principalement aux besoins des itinérants qu’on répond en leur fournissant de l’aide, mais aux besoins des autres d’être protégés d’eux. La réponse traditionnelle fournie à l’itinérance refléterait ce dernier «besoin»: satisfaire certains besoins matériels de base des itinérants (pour que les autres ne soient plus importunés par eux) et punir ou réprimer tout comportement jugé dérangeant ou menaçant de leur part dans l’espace public (pour que le «bon citoyen» puisse vaquer à ses occupations en toute sécurité et avec l’esprit tranquille). Voilà le problème résolu: population facilement identifiable, réponses fournies aux besoins matériels de base, système de répression bien rodé. Mais la population itinérante continue d’augmenter et les besoins sont toujours aussi présents de part et d’autre. Dans les faits, si nous nous limitons à ce type de regard et de réponse, la réalité de l’itinérance nous échappe dans ses causes et dans ses conséquences. En ne voyant que l’individu
fautif qui menace l’individu que nous sommes, nous ne voyons pas la société dont nous faisons partie et qui produit l’itinérance. Or, l’itinérance doit être vue non pas comme l’aboutissement de trajectoires individuelles déficientes, mais comme une porte d’entrée privilégiée sur notre société et ses dynamiques inégalitaires. C’est dans cette perspective que ce livre ouvre des brèches. Par exemple, le système d’aide sociale au Québec, avec ses barèmes de base qui ne permettent pas de manger et de se loger en même temps, peut lui-même produire de l’itinérance. L’incarcération qui fait suite au nonpaiement de contraventions données aux personnes itinérantes dans l’espace public peut aussi augmenter les risques pour ces dernières de se retrouver à la rue dans la longue durée après leur sortie de prison. L’appauvrissement des femmes (avec ou sans responsabilités familiales) les rend plus vulnérables à l’exploitation sexuelle et à la violence de la part des hommes tout en les poussant vers l’itinérance. L’histoire montre que la violence dans les rapports sociaux qu’ont subie et que subissent les peuples autochtones entraîne un ensemble de conséquences qui sous-tendent et expliquent leur présence dans la rue. Derrière l’apparente homogénéité de la catégorie stigmatisée des «itinérants», il y a ainsi une multiplicité d’expériences et de parcours relevant de ces rapports sociaux inégalitaires que nous faisons tout pour ne pas voir. Une réponse appropriée à l’itinérance exige la reconnaissance et la compréhension des dynamiques collectives et institutionnelles qui la produisent. Les lectures de l’itinérance que nous donne ce livre apportent une aide précieuse à cette compréhension, tout en faisant une critique éclairante des réponses existantes.
Saïd Bergheul
Nos remerciements vont tout d’abord à tous les auteurs de ce livre, qui se sont engagés pleinement dans la réalisation de ce projet malgré leurs tâches multiples. Un grand merci au professeur Christopher McAll pour avoir accepté de rédiger la préface de cet ouvrage. Ce travail a aussi été possible grâce à une subvention de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Ce budget nous a permis de recruter une assistante qui a assuré le suivi auprès des auteurs. Nous ne pouvons négliger l’apport considérable des directeurs de la collection «Problèmes sociaux et interventions sociales» des Presses de l’Université du Québec, qui ont accepté de publier nos travaux. Il est, de plus, très important de ne pas oublier nos familles. Nos maris, nos épouses et nos enfants qui ont supporté notre absence pendant plusieurs fins de semaine. Merci pour leur compréhension et leur aide précieuse. Sans pouvoir citer tout le monde, nous remercions avec plaisir tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont aidé à la concrétisation de ce projet.
APNQL Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador CAAVD Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or CRI Collectif de recherche sur l’itinérance, la pauvreté et l’exclusion sociale CSSSPNQLCommission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador CSSVO Centre de santé et de services sociaux de la Vallée-de-l’Or FRAPRU Front d’action populaire en réaménagement urbain RAPSIM Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal RCAAQ Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec RSIQ Réseau de Solidarité Itinérance du Québec SCC Service correctionnel du Canada