La gestion des risques, un objet frontière

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La gestion des risques est un enjeu stratégique contribuant à la sauvegarde de la valeur pour les organisations. Il s'agit d'un "objet frontière" car gérer le risque consiste à faire le lien entre les différentes parties prenantes au sein des entreprises. Une partie met en exergue les notions et enjeux liés à la gestion des risques, une autre vise à apporter un éclairage complémentaire sur des enjeux précis auxquels la gestion des risques peut apporter des solutions.

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Date de parution 01 mai 2013
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EAN13 9782336665719
Langue Français

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Gilles Teneau & Nicolas Dufour
LA GESTION DES RISQUES, UN OBJET FRONTIÈRE
PERSPECTIVES
ORGANISATIONNELLES
Préface de Bernard Guillon
LA GESTION DES RISQUES, UN OBJET FRONTIÈRE
Des mêmes auteurs : Gilles Teneau,La résistance au changement organisationnel, Préface Yvon e Pesqueux, 2 édition, L’Harmattan, 2012. Gilles Teneau et All,Le conseil en organisation, évolutions et perspectives, L’Harmattan, 2011. Gilles Teneau et Guy Koninckx,Résilience Organisationnelle, rebondir face aux turbulences, éd. Deboeck, 2010. Gilles Teneau et Jean-Guy Ahanda,Le guide commenté des normes et référentiels, éd. Organisation, 2009. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00318-4 EAN : 9782343003184
Gilles Teneau & Nicolas Dufour
LA GESTION DES RISQUES, UN OBJET FRONTIÈRE
Préface de Bernard Guillon
Perspectives organisationnelles Collection dirigée par Yvon Pesqueux et Gilles Teneau C’est depuis l’apparition de la grande organisation comme phénomène social suffisamment important que se pose la question de la construction d’un champ de savoir qui lui soit spécifique, celui des sciences des organisations, la grande entreprise en étant la manifestation concrète majeure. C’est l’action organisée dans cet endroit spécifique qui constitue le matériau empirique et conceptuel et l’enjeu de la création de savoir, ceci venant justifier l’existence de la collection « Perspectives organisationnelles ». L’organisation est à la fois organisée et organisante c’est-à-dire qu’elle cherche à maintenir la socialisation qui lui est inhérente ce qui lui permet en même temps de se maintenir ; elle cherche à relier les agents organisationnels et à se relier, c’est-à-dire à relier les agents organisationnels avec les autres ; elle cherche à produire des biens et des liens ce qui lui vaut d’assurer sa pérennité. L’organisation matérialise l’existence d’un « équilibre » entre des logiques structurelles et celles des agents qui les animent. L’organisation est donc une construction sociale contingente qui prend en compte des objectifs, des conditions d’environnement et la mentalité des agents qui s’y trouvent. Dernières parutions Emmanuel CASTILLE (coord.),Une autre image de l’organisation. Mises en perspective analytiques, 2013 Isabelle PLOND-MORAND, L’employabilité. Ambiguïtés d’un concept, 2012. Lucile MAERTENS,Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) face aux catastrophes naturelles, Ce que le tsunami a changé, 2012. Andrée PIECQ,De la pensée systémique à la pratique de l’organisation. Le giroscope, 2011. Jean BRINGER, Denis MEERT, Michel RAQUIN et Gilles TENEAU,Le conseil en organisation. Evolutions et perspectives, 2011.
Préface Après l’ouvrage de Jérôme Méric, Yvon Pesqueux et André Solé en 2009 (La société du risque : analyse et critique, Paris, Economica, coll. Gestion) et celui de Seddik Larkèche en 2011 (Epistémologie du risque, Paris, l’Harmattan, coll. Défense, stratégie et relations internationales ), le livre de Gilles Teneau et de Nicolas Dufour sur :La gestion des risques : un objet frontièreest donc le troisième ouvrage spécifiquement consacré au risque et réalisé par des congressistes du colloque francophone sur le risque Oriane. Ils proposent une articulation en deux parties permettant d’aborder successivement une approche conceptuelle de la gestion des risques, puis une ventilation thématique portant sur ce domaine. Après avoir développé des notions de base portant sur la réduction des risques et ses enjeux, sur l’historique du risque (via le secteur de l’assurance) et la prise en compte progressive du phénomène à la fin du siècle dernier à la lumière des différents accidents industriels, Gilles Teneau et Nicolas Dufour s’attardent, dans le second volet de cet écrit, sur la « palette » des risques qui semblent être l’actualité du moment.xLeur apport concerne d’abord les risques jugés émergents à l’image de ce que l’on aobservé en matière de biologie, de nanotechnologies, de logistique, de politique sans oublier les risques financiers. xIls procèdent ensuite à une étude du risque humain, des biais motivationnels et de la santé mentale avant de porter leur attention sur le stress, les effets de groupe et les normes actuelles et en cours d’évolution.xLes risques industriels font l’objetd’une analyse particulière vu l’importance de la technologie et de ses interrelations avec le genre humain. Les accidents sont mis en exergue en parallèle avec les outils que sont les arbres de défaillances, de causes et d’événements… ou les méthodes probabilistes. L’influence du concept de résilience est également de la partie. xCe qui permet de s’intéresser aux conséquences environnementales et donc naturelles avec des notions comme les inégalités et les difficultés de réparation des atteintes à l’environnement, ou la cyndinique et ses liens avec les plans de réduction des risques. xest uL’univers de l’informatique et des systèmes d’information n domaine ou le traitement du risque est par définition récent : ce
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qui n’empêche pas l’élaboration de méthodes et de normes spécifiques. xParler de « Risques projet » peut paraître étrange, mais c’est ici aussi l’occasion d’identifier des méthodes liées aux projets et des normes adéquates en vue de la prévention comme de la correction. xEnfin les risques, qualifiés par ces auteurs, d’opérationnels permettent de conclure sur les liens entre risque et incertitude. Leur objectivation, la réponse collaborative, la vigilance, le contrôle et la limite des risques opérationnels sont alors approfondis. L’éventail pour le moins étendu des notions évoquées ici est propice à l’enrichissement des travaux déjà diffusés. Il est source de débats et plus encore de questionnements avec le lecteur qui peut lui aussi se positionner sur le sujet : autant d’interrogations qui peuvent, elles aussi, déboucher sur de nouveaux écrits à la lumière d’applications récentes ou de refus d’une réelle prise en considération de la gestion des risques. B e rnard GUILLON Co-créateur et administrateur du colloque francophone sur le risque Oriane (colloque pluridisciplinaire soutenu par 13 associations et ayant permis l’édition de seize publications collectives à ce jour).
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IntroductionLe s ris ques au centre de s attentions Notre époque dite moderne est décrite, notamment depuis U. Beck (1986),danger se cristallisent pourcomme celle d’une société où peur et accorder au risque une place prépondérante. Ce monde où l’erreur et la défaillance humaine ne sont désormais plus exclues fait face à une modernité technique prégnante et a fait de son corollaire le risque une variable clé, lui attribuant une valeur normative. Le risque apparaîtalors comme la formulation d’une nouvelle pensée du social. D’aucuns parlent à cet égard d’ère de la vulnérabilité, de société du risque voire de société assurantielle (Kessler, 2006). Le risque prend sa source dans une dimension sociologique clairement marquée (la sociologie de Giddens et de Beck). Cela correspond à l’entrée dans la sphère publique d’enjeux technico-scientifiques. Il s’agit encore de mettre au centre des attentions le rapport entre risque et société. A cet égard Luhmann (1993) appelait à distinguer entre le décideur, le preneur de risque et ceux qui dans la société subissent les conséquences de cette prise de risque. La question de la manière dont est pris ce risque apparaît très rapidement comme centrale. L’actualité de ces dernières années en atteste: Seveso, Three Miles Island, Tchernobyl, AZF, plus récemment British Petroleum, Enron, Worldcom, Société Générale, AIG, JP Morgan, UBS. Ces différents exemples ont de commun qu’une prise de risque mal gérée s’est traduite par un potentiel d’accumulation catastrophique allant au-delà du simple cadre des organisations concernées. Cette complexité peut être qualifiée de hors cadre à deux égardssurvenance de risquehabituel de : l’évènement sort du cadre (débordement), des risques jusqu’alors invraisemblables (hors échelle) se matérialisent et ces derniers dépassent leur simple lieu de survenance pour affecterou de leur cadredes biens ou personnes hors de l’organisation d’apparition.Comme le relèvent certains auteurs,«le risque zéro n’existe pas» et malgré l’importance de notre savoir technique, il persiste toujours une part d’incertitudeLagadec,les individus et les organisations (Guilhou,  pour 2002, p.7). Cette impossibilité de mettre le monde en équation, cette limite de la technè au sens de Jonas, se retrouve particulièrement dans la thématique des risques où la combinatoire de menaces externes et de défaillances internes à l’organisation engendre un nombre exporisques potentiels ; faisantnentiel de évoluer l’individu dans un axiome de vulnérabilitédont il n’a pas forcément toujours conscienceex ante(Jonas, 1979).
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