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Description


"Vous voyez ce que je veux dire... ?"



Qui n'a jamais vécu ce moment de flottement où l'idée est là mais où les mots ne suffisent pas à la faire comprendre aux autres ? Combien de fois avez-vous eu, seul ou à plusieurs, une vision précise sans pouvoir pleinement la partager, la rendre tangible et accessible à tous ?



Savoir représenter visuellement ses idées et faire parler l'information n'est pas un don réservé aux dessinateurs mais bien le fruit de l'apprentissage d'une technique qui a fait ses preuves : celle de la Facilitation Graphique. Pouvoir matérialiser les trésors d'idées, exprimés ou non, qui se promènent dans l'inconscient collectif est un atout majeur pour faire avancer les échanges au sein d'un groupe.



L'objectif de ce livre est de vous rendre capable de visualiser et d'analyser une situation en quelques coups de crayons et de trouver, grâce à vos croquis, les solutions aux problèmes rencontrés.



Bernard Lebelle et Guillaume Lagane vous proposent de découvrir cette pratique, son fonctionnement et les bases pour la mettre en oeuvre.



Dessins, graphiques, modèles, trucs et astuces de pro, ils mettent à votre disposition une boîte à outils complète pour développer facilement cette nouvelle compétence.



Oubliez les études supérieures de dessin et entrez dans le monde merveilleux de la Facilitation Graphique !




  • Qu'est-ce que la facilitation graphique ?


  • Pourquoi ça marche ?


  • Quels bénéfices en tirer et dans quelles circonstances ?


  • Par où commencer ?


  • Comment apprendre à dessiner ?


  • Quelle boîte à outils ?


  • Exercices pratiques

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 avril 2013
Nombre de lectures 310
EAN13 9782212233391
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

R sum
« Vous voyez ce que je veux dire… ? »
Qui n’a jamais vécu ce moment de flottement où l’idée est là mais où les mots ne suffisent pas à la faire comprendre aux autres ? Combien de fois avez-vous eu, seul ou à plusieurs, une vision précise sans pouvoir pleinement la partager, la rendre tangible et accessible à tous ?
Savoir représenter visuellement ses idées et faire parler l’information n’est pas un don réservé aux dessinateurs mais bien le fruit de l’apprentissage d’une technique qui a fait ses preuves : celle de la Facilitation Graphique . Pouvoir matérialiser les trésors d’idées, exprimés ou non, qui se promènent dans l’inconscient collectif est un atout majeur pour faire avancer les échanges au sein d’un groupe. L’objectif de ce livre est de vous rendre capable de visualiser et d’analyser une situation en quelques coups de crayons et de trouver, grâce à vos croquis, les solutions aux problèmes rencontrés.
Bernard Lebelle et Guillaume Lagane vous proposent de découvrir cette pratique, son fonctionnement et les bases pour la mettre en œuvre. Dessins, graphiques, modèles, trucs et astuces de pro, ils mettent à votre disposition une boîte à outils complète pour développer facilement cette nouvelle compétence.
Oubliez les études supérieures de dessin et entrez dans le monde merveilleux de la Facilitation Graphique !
Biographie auteur
Guillaume LAGANE est fondateur de la société Facilitation Graphique ( www.facilitationgraphique.com ). Facilitateur graphique professionnel, il a été formé à l’ASE (Accelerated Solution Environment) chez Capgemini.
Bernard LEBELLE , diplômé de l’EDHEC, est le fondateur du cabinet Bleu Cobalt ( www.bleu-cobalt.fr ). Catalyseur de performance, mêlant Visual Thinking et Consulting, il accompagne ses clients dans le design et l’exécution de leurs stratégies. Il est auteur de Construire un tableau de bord pertinent sous Excel, Convaincre avec des graphiques efficaces et L’art des présentations PowerPoint.
www.editions-eyrolles.com
Bernard Lebelle & Guillaume Lagane
Des idées ? Un crayon !
DITES-LE EN IMAGES
Groupe Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
De Bernard Lebelle, chez le même éditeur :
Construire un tableau de bord pertinent sous Excel™
L’Art des présentations PowerPoint™
Convaincre avec des graphiques efficaces sous Excel™, PowerPoint™, Tableau™…
Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2013
ISBN : 978-2-212-55568-4
REMERCIEMENTS
Écrire un livre est chaque fois une nouvelle expérience, un nouveau chemin que l’on parcourt, mais jamais seul. Un grand merci à mon épouse Lila et nos fils : Max, Félix, Oscar et Alexandre qui m’ont toujours soutenu dans ces aventures. Ils ont été les témoins de mes premiers pas en facilitation graphique et ont toujours eu une grande bienveillance pour mes croquis explicatifs.
Bernard
Merci Audrey, patiente, courageuse, amoureuse d’un scriber passionné et bienvenue Marin (né pendant l’écriture de ce livre) ! Ce métier ne vient que rarement s’installer dans vos tripes par hasard. Merci à ceux qui ont grandement contribué à développer ma passion pour les rencontres et les crayons de couleur : Philippe Coullomb et le réseau ASE™ France ; Bruno Luirard, Pierre Smilovici, Jérôme Maroni et le réseau LVDH.
Guillaume
PRÉAMBULE
Alors, faute de patience, comme j’avais hâte de commencer le démontage de mon moteur, je griffonnai ce dessin-ci. Et je lançai : – Ça, c’est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans. Mais je fus bien surpris de voir s’illuminer le visage de mon jeune juge : – C’est tout à fait comme ça que je le voulais ! „ Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry
À tous ceux qui illustrent graphiquement leurs propos.
À tous ceux pour qui le dessin est un langage.
À tous ceux qui n’ont pas peur d’une page blanche.
Et à ceux qui ont oublié qu’ils ont fait des dessins avant de savoir écrire…
Enfin, à tous ceux pour qui ces lignes d’Antoine de Saint-Exupéry représentent le plus beau cadeau, celui de l’imagination.
Bienvenue dans le monde merveilleux de la facilitation graphique !
SOMMAIRE
Remerciements
Préambule
Introduction
Chapitre 1
QU’EST-CE QUE LA FACILITATION GRAPHIQUE ?
En quoi cela consiste ?
Quel est l’objectif du facilitateur graphique ?
Facilitation et facilitation graphique sont-elles sœurs ?
D’où vient cette discipline ?
Qui sont les pères fondateurs ?
Quels sont les utilisateurs ?
Quels bénéfices peut-on en tirer ?
Chapitre 2
POURQUOI ÇA MARCHE ?
L’image est tangible
Le dessin se passe de mots
La puissance du dessin dans la mémorisation et l’assimilation
Un langage universel
Le don bienveillant d’une base de départ pour le groupe
Une cartographie structurante des échanges
Un vecteur de dynamique de groupe
Chapitre 3
QUELS BÉNÉFICES EN TIRER ET DANS QUELLES CIRCONSTANCES ?
Les contextes d’utilisation
Quel format pour quelle audience ?

Quels bénéfices personnels ? (par Bernard Lebelle)
Quels bénéfices pour l’entreprise ?
Quels bénéfices pour le dirigeant ?
Chapitre 4
PAR OÙ COMMENCER ?
Augmenter la qualité de ce que je sais déjà faire
Structurer et concevoir de nouveaux types d’interaction en groupe
Établir le canevas d’analyse collaboratif ©
Instaurer les trois mécanismes d’un acte de facilitation graphique
Obtenir l’accord de méthode
Chapitre 5
COMMENT APPRENDRE À DESSINER ?
La naissance d’un facilitateur graphique (par Guillaume Lagane)
Vaincre ses barrières mentales
Les quatre étapes de la création graphique
La mise en œuvre
Chapitre 6
QUELLE BOÎTE À OUTILS ?
Iconothèque et outils graphiques de base
Le matériel
Check-list de préparation à la mise en œuvre
Chapitre 7
EXERCICES PRATIQUES
Pour définir l’ordre du jour d’une réunion
Pour dessiner quelque chose de nouveau
Pour faire une introspection/un état des lieux
Pour illustrer le message principal d’un séminaire
Bibliographie
Ressources universitaires
Livres étrangers
Table des illustrations
Index
INTRODUCTION
L’exactitude n’est pas la vérité. „ Henri Matisse
La facilitation graphique est une technique utilisée tant par les plus grands groupes internationaux (Google, Disney, Microsoft, EADS, la Nasa…) que par les plus grands rassemblements politico-économiques (World Economic Forum…).
Ces groupes l’ont adoptée car c’est une puissante technique de travail collaboratif, y compris en environnement multiculturel. Mais cette pratique n’est pas réservée aux grandes entreprises. Elle n’est tout simplement pas encore assez répandue parmi les autres acteurs économiques, sociétaux et politiques.
Notre ambition, au travers de cet ouvrage, est de vous permettre de mieux la comprendre et d’acquérir les compétences requises pour la mettre en œuvre dans votre milieu professionnel ou personnel.
De par nos propres parcours et expériences, nous sommes convaincus que la facilitation graphique et les techniques qui en constituent la boîte à outils sont des mécanismes qui s’apprennent facilement.
De plus, vous disposez déjà d’une solide base qui, comme le vélo, ne s’oublie pas : votre capacité à dessiner. Même si certains d’entre vous sont sûrement persuadés qu’ils ont oublié comment on faisait depuis leur classe de CE2, il n’en est pas moins vrai que vous SAVEZ dessiner ! Si, si… admettez-le !
La facilitation graphique ne nécessite pas d’avoir fait des études supérieures de dessin – ce ne fut pas notre cas. L’objectif n’est pas de créer une œuvre d’art visuelle au sens académique du terme. L’enjeu est de mettre la représentation visuelle au service de l’intelligence collective.

En quoi cela consiste ?
La facilitation graphique est à la discussion ce que le cinéma est au roman. „
Le paléontologue Jack Horner, dans son allocution du TEDxVancouver, indiquait à propos des chercheurs : « Les scientifiques ont de l’ego… Ils adorent donner des noms aux choses qu’ils trouvent. » Afin de perpétuer cette élégante tradition, et surtout de donner un cadre académique à ce livre, nous vous proposons de démarrer par une définition.
Facilitation graphique (n. f.) : action de rendre les éléments de réflexion, de discussion visuellement intelligibles à l’aide de dessins, de graphiques et de modèles conceptuels.
La visualisation au service des interactions. „

Délimiter l’aire de jeu Modèle créé par Nicolas Gros et Guillaume Lagane
La facilitation graphique est donc une action physique qui vise à rendre tangibles, à l’aide d’illustrations, les échanges et les idées constituant le cœur des débats entre les membres d’un groupe.
Quelle est donc cette action ? En quoi est-elle remarquable ? Qu’apportent ces illustrations à la dynamique des échanges entre les membres d’un groupe ?
Pour y répondre, nous pouvons compléter cette définition en nous référant au site facilitationgraphique.com , où elle est décrite plus largement comme « l’art d’aider un groupe de personnes, avec des outils graphiques, à partager et à construire une vision collective, à faire émerger des idées, à transformer des situations, par le choix d’outils et de techniques de visualisation adaptés » .
La facilitation graphique est une proposition qui tente de répondre à une vraie question du XXI e siècle : notre capacité à récolter et à produire de l’information et des données a, de loin, dépassé notre capacité à les comprendre ou à les faire parler ; comment rétablir l’équilibre ?
La création de bases de données, le graphisme, la visualisation de données sont des armes utilisées au quotidien et sont indispensables pour faire parler l’information et faciliter son appropriation, mais uniquement une fois que les données existent. Alors que l’un des grands paris de la facilitation graphique est de travailler sur la compréhension de l’information par le plus grand nombre, au moment même où elle est créée.
Avant que les ordinateurs fassent travailler les données, ce sont les hommes qui, lorsqu’ils se rencontrent, créent l’information et tentent de l’expliquer, de la définir. C’est à ce moment-là qu’intervient la facilitation graphique : au cœur de la rencontre, de la discussion, à la naissance de l’information, avant sa diffusion.
C’est sur le terrain de jeu des réunions, des séminaires, des rencontres de toutes sortes que l’homme fait, que se pratique la facilitation graphique.
La photo, le dessin, la modélisation, le mindmap , l’illustration, la vidéo, la sculpture, la peinture, l’infographie, la bande dessinée, les matrices, les cartes, les gribouillages et les arbres généalogiques constituent la visualisation . Diable, que cet ensemble est vaste !
La facilitation graphique , c’est la visualisation au service des interactions. A priori , toutes les techniques de visualisation peuvent être employées au service des interactions. Certaines sont, bien sûr, plus simples à mettre en œuvre que d’autres.
Au cœur de la facilitation graphique se trouve le scribing : c’est la prise de notes en direct, la synthèse organisée, illustrée. C’est la seule pratique que la facilitation graphique ne partage pas avec le reste du monde de la visualisation.
Nous avons donc, au sein de la facilitation graphique, deux compétences distinctes , qui constituent, une fois réunies, l’ADN de ce métier : la capacité de faciliter les échanges, d’une part, et celle de construire des représentations visuelles, d’autre part.
Ne vous y trompez pas : la facilitation graphique n’est pas un passe-temps permettant à ceux qui se sont sentis, enfants, une âme de dessinateur de conduire des réunions plus amusantes…
La facilitation graphique est un véritable métier , reconnu depuis plusieurs années par le monde professionnel anglo-saxon et fort d’une communauté internationale regroupée au sein de l’ IFVP (International Forum of Visual Practitioners), lequel compte près de mille professionnels intervenant dans des instances aussi prestigieuses et à forts enjeux que le World Economic Forum.

Quel est l’objectif du facilitateur graphique ?
Le facilitateur graphique va chercher à construire une représentation visuelle à l’aide de dessins, de schémas, de mots. Cette représentation peut prendre beaucoup de formes, depuis les plus humbles (sur une feuille A4) jusqu’aux plus imposantes (les fresques murales).
Cette représentation matérialise visuellement le fruit des échanges d’un groupe. Elle constitue donc une matérialisation de la pensée visuelle du groupe .
En effet, lorsque chaque membre du groupe s’exprime, évoque un thème ou présente ses arguments, il ne fait que verbaliser sa propre pensée visuelle intérieure.
Si nous nous bornons à des échanges verbaux, c’est-à-dire si nous passons sous silence les effets de distorsion des filtres du langage, des filtres personnels de l’émetteur et des récepteurs, nous demandons aux autres de se faire leur propre idée visuelle intérieure de nos propos.
Dessiner, c’est tracer une ligne autour d’une idée. „ Henri Matisse
À l’aide d’illustrations, le facilitateur graphique permet de transformer cette vision intérieure en une représentation visuelle au service de l’intelligence collective . Le dessin ayant levé une grande part d’ambiguïté potentielle, le groupe peut donc sereinement s’approprier ce matériau et construire son œuvre collective.

Parce qu’elle est au service du groupe, la facilitation graphique permet de catalyser les échanges et d’explorer plus efficacement la thématique de travail. Par son effet démultiplicateur (tant en termes de qualité des échanges que de cohésion des travaux), elle s’inscrit pleinement dans la mise en application du sage proverbe africain : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. »
Les créations graphiques obtenues donnent un point d’ancrage à des échanges qui, lorsqu’ils restent au stade d’idée verbale, peinent souvent dans la phase de mise en œuvre concrète.
Facilitation et facilitation graphique sont-elles sœurs ?
En substance, non. Elles seraient plutôt cousines.
Certes, toutes deux ont pour terrain de jeu la réunion de participants en groupes de travail, en atelier ou, dans des versions à plus grande échelle, en séminaire.
Certes, toutes deux ont pour vocation de fluidifier les échanges, et d’offrir aux participants des moyens et des techniques innovantes pour approfondir le sujet du jour.
Certes, toutes deux ont besoin d’un acteur extérieur au groupe (le facilitateur) pour jouer le rôle de catalyseur et de régulateur des échanges.
Toutefois, le rôle de facilitateur ne peut être pleinement exercé sans que plusieurs conditions soient réunies :
l’événement doit avoir un sponsor fort, clairement identifié et non contesté ;
les participants doivent être suffisamment nombreux et complémentaires ;
le facilitateur dispose du mandat du sponsor pour concevoir, proposer et mettre en œuvre des modalités d’animation des réflexions du groupe.
À ce titre, un bon facilitateur possède une large palette d’outils, de techniques, de jeux et de leviers d’interaction pour faire avancer le groupe de travail qui lui est confié. À charge pour lui d’assembler ces éléments en fonction du contexte.
Parmi les différents leviers d’interaction, le facilitateur peut opter pour la facilitation graphique. Celle-ci constitue l’un des plus puissants leviers d’interaction, mais, pour être pleinement efficace, elle requiert un second acteur externe : le facilitateur graphique .
Il est déconseillé de vouloir concentrer ces deux rôles sur une seule personne, de par la nature des compétences mobilisées et des degrés d’interaction avec le groupe, pour conduire et guider les travaux.
Le facilitateur a pour mission de fluidifier les échanges : il joue un triple rôle d’animateur de réunion, de diplomate et de Casque Bleu. Pour exercer ce rôle très actif, il peut avoir recours à des modèles visuels élaborés par lui-même et alimentés par les participants. L’échange avec le groupe est principalement oral, même s’il peut utiliser le visuel pour clarifier et coordonner les discussions.
Étant en très forte exposition et interaction avec le groupe, il doit sans cesse permettre aux échanges de se faire dans la plus grande sérénité possible. De par ses reformulations, il vise à lever toutes les ambiguïtés des différentes contributions fournies par les participants. Gardien du temps et de l’agenda, il a un rôle de « guide » vis-à-vis des participants dont il a la charge.
Le facilitateur graphique , quant à lui, va construire à partir du matériau obtenu de la part du groupe par le facilitateur. Dans une posture plus en retrait, facilitant l’écoute, la synthèse et la modélisation, il va chercher à rendre visuels les échanges et les idées . Son rôle ne nécessite pas obligatoirement autant d’interactions verbales avec le groupe que le facilitateur .
L’échange avec le groupe se réalise au travers des dessins qu’il aura élaborés et qui, souvent, sont présentés en fin de séquence d’échange entre les participants.
En se plongeant dans l’imaginaire associé aux propos des participants, à l’intensité du non-verbal et aux sentiments exprimés par le groupe, le facilitateur graphique va pouvoir élaborer une œuvre visuelle visant à lever les freins au travail collectif .
D’où vient cette discipline ?
La facilitation graphique a des origines un peu floues, et on pourrait légitimement remonter aux peintres des cavernes préhistoriques.
Dans sa forme moderne, c’est-à-dire au service de l’efficacité d’un groupe, elle apparaît dans l’Ouest des États-Unis dans les années 1960-1970, lorsque les environs de San Francisco voient surgir une vague intellectuelle autour de l’architecture, du cinéma, des grands débuts de l’ordinateur, etc.
Deux architectes férus de pédagogie et de développement social, Michael Doyle et Peter Strauss , créent une société de conseil, Interaction Associates , fondée sur de nouveaux principes de facilitation. Ils font partie des premiers à utiliser la visualisation en direct en tant que mémoire du groupe.
David Sibbet , jeune diplômé de journalisme aux « papilles artistiques », croise le chemin d’ Interaction Associates dans les années 1970. Consultant en organisation et information designer , il est devenu, au fil du temps, l’un des prophètes de la facilitation graphique et aura, depuis, largement participé au développement de cette pratique. Il y contribue en innovant, tant dans le format des supports que dans la place de ces derniers dans le processus collaboratif.
Sur la côte Est des États-Unis, naît en 1979 la MG Taylor Corporation et, avec elle, un deuxième courant fort de la facilitation et du développement de l’intelligence collective, qui a également beaucoup contribué à l’émergence de notre pratique. Elle est fondée par Matt Taylor , architecte de formation, et sa femme Gail , enseignante pionnière de l’ « accelerated learning » . Ils développent une approche innovante dans la gestion des interactions d’un groupe. La spécificité de leur projet réside dans le fait, d’une part, de considérer l’apprentissage du travail en groupe comme un levier du génie collectif et, d’autre part, de consacrer une place centrale à l’environnement dans lequel se déroulent les interactions.
La mémoire collective est le matériel que vous affichez sur les murs ou à un endroit où tout le monde peut le voir. C’est là que vous gardez tous les commentaires, les idées, les pensées, les votes et les décisions, pour que tout le monde voie ce dont il est question à un moment donné. „ Group Memory : How to Make Meetings Work, Michael Doyle et Peter Strauss

Prendre des notes visuelles en mindmap

Le mindmap est antilinéaire et suggère une prise de notes qui ne commence pas en haut à gauche de la page : il s’agit de placer le sujet de conversation au centre et les idées/chapitres sur des branches autour.
Cette méthode ne tardera pas à être importée aux États-Unis et à devenir l’un des outils de base des facilitateurs graphiques. On compte aujourd’hui de plus en plus de praticiens.
Dans les années 1980 aux États-Unis, on assiste à un développement sans précédent des mondes de la publicité et du conseil ; conseil en communication, en stratégie, en management… Le besoin grandit chez les entreprises de réunir de plus en plus leurs sujets de préoccupation au cœur de moments collaboratifs de plus en plus performants. Les séminaires se multiplient, les environnements de travail se métamorphosent.
Au cours de ces deux décennies, 1970-1980, de l’autre côté de l’Atlantique, en Angleterre, Tony Buzan développe le mindmapping ou carte heuristique.
Ernst & Young acquiert les droits d’utilisation de la méthode MG Taylor Corporation dans les années 1990 et fait construire des centres baptisés ASE™ (Accelerated Solutions Environment) par ses filiales dans le monde.
Ces centres deviennent des relais de la méthode et accueillent les clients et leurs projets pour des sessions d’accélération où l’on fait la part belle à l’intelligence collective. L’ensemble des principes rassemblés par Matt et Gail Taylor y sont mis en œuvre.
En 2001, après le scandale de l’affaire Enron, la partie « conseil » d’Ernst & Young est accueillie par le Groupe français Capgemini, qui mesure rapidement la valeur de l’ASE™ et continue d’investir massivement dans le développement des centres ASE™.
En 2012, on compte 25 centres ASE™ répartis entre les États-Unis, le Canada, l’Europe et l’Australie. En France, il en existe quatre – à Paris, Toulouse, Nantes et Lyon –, armés d’un réseau de soixante-dix indépendants, dont une vingtaine de facilitateurs graphiques.

Qui sont les pères fondateurs ?
Aujourd’hui, la pratique et les praticiens se diffusent de plus en plus

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