Cicéron, père de la codification du droit civil

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Confronté à la crise subie par la République, Cicéron cherchait une réponse au chaos des lois et aux contradictions du droit civil. Il en élabora une véritable codification. Du "De oratore" au "De officiis", il critiqua la science du droit et la soumit à la loi naturelle, avant d'instituer une méthode de codification protectrice des droits civils, dont se rapprocheront les codes civils français et autrichien. Il faut attendre les réformes du Code civil allemand de 2001 et du Code civil français de 2016 pour rejoindre Cicéron sur le rôle de la bonne foi et de l'imprévision en matière contractuelle.

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Date de parution 01 novembre 2017
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EAN13 9782140049941
Langue Français

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CIcéron, père de la codIicatIon du droIt cIvIl
civil. Jugeant insufIsantes les collections de Scaevola et Sulpicius ou les compilations de Pompée et César, Cicéron élabora au Il de son œuvre une véritable codiIcation du droit civil. Dans le d’Arpinum livrait une introduction critique à la codiIcation du
naturelle aIn d’assurer la refondation du , Cicéron instituait une méthode de codiIcation des
rédacteurs des codes civils français et autrichien. EnIn, dans leDe ofIciis Cicéron proposait bien avant l’heure une codiIcation protectrice des droits
Éric Gilardeau
Cicéron, père de la codIicatIon du droIt cIvIl
CIcéron, père de la codIicatIon du droIt cIvIl  LOGIQUES JURIDIQUES
Cicéron, père de la codification du droit civil
Logiques Juridiques Collection dirigée par Gérard Marcou Le droit n’est pas seulement un savoir, il est d’abord un ensemble de rapports et pratiques que l’on rencontre dans presque toutes les formes de sociétés. C’est pourquoi il a toujours donné lieu à la fois à une littérature de juristes professionnels, produisant le savoir juridique, et à une littérature sur le droit, produite par des philosophes, des sociologues ou des économistes notamment. Parce que le domaine du droit s’étend sans cesse et rend de plus en plus souvent nécessaire le recours au savoir juridique spécialisé, même dans des matières où il n’avait jadis qu’une importance secondaire, les ouvrages juridiques à caractère professionnel ou pédagogique dominent l’édition, et ils tendent à réduire la recherche en droit à sa seule dimension positive. À l’inverse de cette tendance, la collection « Logiques juridiques » des éditions L’Harmattan est ouverte à toutes les approches du droit. Tout en publiant aussi des ouvrages à vocation professionnelle ou pédagogique, elle se fixe avant tout pour but de contribuer à la publication et à la diffusion des recherches en droit, ainsi qu’au dialogue scientifique sur le droit. Comme son nom l’indique, elle se veut plurielle. Dernières parutions Daphne AKOUMIANAKI,rapports entre l’ordre juridique Les constitutionnel et les ordres juridiques européens. Analyse à partir du droit constitutionnel grec, 2016. Boris BARRAUD,La Recherche juridique. Sciences et pensées du droit, 2016. Bolleri PYM,Le statut juridique des établissements de microfinance (EMF) en zone CEMAC, L’encadrement de la « petite finance » du secteur informel vers le secteur formel,2016. Aurore GRANERO,Les personnes publiques spéciales,2016. Khaled MEJRI,Le droit international humanitaire dans la jurisprudence internationale, 2016. Tiphaine THAUVIN,Les services sociaux dans le droit de l’Union européenne, 2016. Louis-Marie LE ROUZIC,Le droit à l’instruction dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme, 2015 Delphine COUVEINHES-MATSUMOTO,Les droits des peuples autochtones et l’exploitation des ressources naturelles en Amérique latine, 2015 Michel LASCOMBE Gilles TOULEMONDE,Le droit constitutionnel de la e V République, 2015.
Éric Gilardeau Cicéron, père de la codification du droit civil
Du même auteurL’ordre public dans la jurisprudence civile d’après les arrêtistes, ANRT, 2004.Au crépuscule de la justice pénale, coll. « Questions contemporaines », L’Harmattan, 2011. A l’aube du droit pénal utilitaire, coll. «Questions contemporaines », L’Harmattan, 2011. Les grands procès politiques de l’Antiquité, L’Harmattan, 2015. Les grands procès criminels de l’Antiquité grecque, L’Harmattan, 2016. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13327-0 EAN : 9782343133270
À la mémoire de mon père Camille Gilardeau
Introduction
Cicéron n’a jamais proposé l’élaboration d’un code civil. Nous fûmes longtemps à croire que le citoyen d’Arpinum n’avait, en effet, livré en ce domaine aucune réalisation effective à l’exception d’un essai, leiure civili in artem redigendo de , dont les anciens lui 1 attribuaient la paternité . Mais, au fil de nos nombreuses lectures du De oratore,duDe legibus, duBrutus,de l’Orator, desTopiqueset du De officiisnous fûmes amenés à réviser notre jugement. Ces ouvrages nous laissaient entrevoir une pensée qui cheminait imperceptiblement parmi les considérations rhétoriques, philosophiques et politiques. Chaque ouvrage apportait une pierre à l’édifice qui s’était élevé lentement au cours des onze années qui séparaient le premier du dernier ouvrage. Frappé par le désordre qui régnait dans la jurisprudence romaine, Cicéron construisait patiemment, à l’aide de rappels méthodiques, une œuvre qui, à l’aune de la métaphysique, 2 prenait la forme d’une véritable codification du droit .
Que Cicéron ait consacré une part essentielle de son œuvre rhétorique et philosophique à l’étude des questions juridiques est aujourd’hui un fait largement admis par nombre d’historiens et de philosophes du droit. Mais, lorsque ceux-ci s’attachent aux travaux de Cicéron, c’est, en général, pour souligner qu’ils sont avant tout
1 Quintilien,Institutions oratoires, traduction Jean Cousin, Les Belles Lettres, Paris, 1980, Tome VII, XII, 3, 10 «Et M. Tullius non modo in agendo nunquam est destitutus scientia iuris, sed etiam componere aliqua de eo coeperat» ; Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, Tome I, Livres I-IV, traduction René Marache, Les Belles Lettres, Paris, 1967, I, 22, 7. 2  Alain Rey,Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, Tome I, Paris, 2000, p.791 « Code n.m. est emprunté (1236) au latincaudex, codex, qui, du sens initial de « tronc d’arbre », a pris par métonymie celui de «tablette (d’écorce ?) pour écrire » et, par extension, « livre ». Il s’est spécialisé dans le sens de « livre de comptes » et, dans la langue du droit, dans celui de « recueil de lois ». Son étymologie est inconnue, bien que le suffixe soit identifié comme celui devertex« cime d’un arbre ». Le mot a été introduit en droit comme nom d’un recueil de lois et de règlements (code pénal;, 1752 code maritime, 1780). (…) La dérivation de codedate des XIXe et XXe s. : d’après le sens juridique, il a donné CODIFIER v. tr. (av. 1831) d’où CODIFICATION n.f. (1819) et, d’après sa valeur scientifique) ». Si le terme codification a été forgé tardivement au XIXe siècle, l’idée et le concept étaient clairement identifiés dès l’Antiquité. La codification duius civilefut la démarche qu’envisageait Cicéron comme le démontre l’ensemble de son œuvre.
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