Développer les entreprises patrimoniales

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Si leur résilience en période de crise est régulièrement soulignée, les entreprises patrimoniales souffrent d'un déficit de considération. Pourtant, entre sagas industrielles, héritiers parfois aux ambitions démesurées et mythe des 200 familles, leur réussite ou leur chute (souvent spectaculaire) fascinent.



Attachement émotionnel, vision de long terme, volonté de conserver le contrôle, fiscalité, cession et transmission, création de richesse et d'emploi : quelle est la réalité de ces entreprises souvent méconnues qui constituent pourtant la face immergée de l'iceberg industriel français ? Insistant sur l'importance des deux catégories de population directement concernées (héritiers, "in-law", et managers, "outlaw"), les auteurs lèvent le voile sur ces dirigeants mal connus. Ils proposent des solutions pratiques pour sortir les entreprises patrimoniales de leur anonymat et leur (re)donner une place à part entière dans l'économie française.




  • Sylvestre Vieuxchênes s'interroge : que faire de son entreprise ? Une fiction réaliste


  • Les entreprises patrimoniales, poumon de l'économie


  • La France et les entreprises patrimoniales : "The Elephant in the room"


  • Le grand imbroglio fiscal


  • Entreprises patrimoniales en quête de capital humain


  • Un trésor caché en péril


  • Les entreprises patrimoniales ont besoin de vous !


  • Conclusion - L'heureuse alliance de l'héritier et du manager


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Informations

Publié par
Date de parution 22 mai 2014
Nombre de visites sur la page 54
EAN13 9782212257441
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0127 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Sylvain Gariel

Gauthier Lherbier

Développer
les entreprises
patrimoniales

Un défi pour les héritiers et les managers

Développer
les entreprises
patrimoniales

Si leur résilience en période de crise est régulièrement
soulignée, les entreprises patrimoniales souffrent d’un
déficit de considération. Pourtant, entre sagas
industrielles, héritiers parfois aux ambitions démesurées et
mythe des 200 familles, leur réussite ou leur chute
(souvent spectaculaire) fascinent.
Attachement émotionnel, vision de long terme, volonté de
conserver le contrôle, fiscalité, cession et transmission,
création de richesse et d’emploi : quelle est la réalité
de ces entreprises souvent méconnues qui constituent
pourtant la face immergée de l’iceberg industriel français ?
Insistant sur l’importance des deux catégories de
population directement concernées (héritiers, « in-law »,
et managers, « outlaw »), les auteurs lèvent le voile sur
ces dirigeants mal connus. Ils proposent des solutions
pratiques pour sortir les entreprises patrimoniales de leur
anonymat et leur (re)donner une place à part entière dans
l’économie française.
Sylvain Gariel, diplômé de Mines Paristech, Corps des
Mines, a travaillé pour Vivasanté à São Paulo, où il a vécu de
l’intérieur la vie des ETI patrimoniales. Il a rejoint l’Agence
des participations de l’État (APE), où il suit les entreprises
du secteur énergétique et minier dont l’État est actionnaire
et administrateur.
Gauthier Lherbier, diplômé de Telecom Paristech et de
l’université d’Oxford, intègre le Corps des Mines en 2010. Il est
chef de service Compétitivité en région Champagne-Ardenne.

PRIX DE L’AFFO 2013

Code éditeur : G55916
ISBN : 9C7o8-Iul2lv-ue2sr1t nedtaoire : Stud curi2-55916-3 oselurevEe rtloryu /:©skcotsettuhSyr EleolitÉdnsio

DÉVELOPPER LES ENTREPRISES PATRIMONIALES

Sylvain Gariel
Gauthier Lherbier

DÉVELOPPER LES ENTREPRISES
PATRIMONIALES

Un défi pour les héritiers
et les managers

Groupe Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 PARIS Cedex 05

www.editions-eyrolles.com

Mise en page : Florian Hue

En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire
intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support
que ce soit, sans l’autorisation de l’Éditeur ou du Centre français
d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.

© Groupe Eyrolles, 2014
ISBN : 978-2-212-55916-3

Les auteurs

Diplômé de l’école d’ingénieur Telecom Paristech et de
l’université d’Oxford,Gauthier Lherbierle Corps intègre
des Mines en 2010. Il effectue sa première expérience
professionnelle au sein d’une usine de production chez Thales,
qu’il complète ensuite par une année en tant qu’analyste
en inancement de projets et d’acquisitions dans la banque
BNP Paribas à Londres. Très tôt sensibilisé à la
problématique des entreprises patrimoniales par son
environnement familial, Gauthier Lherbier a pris en septembre 2013
ses fonctions de chef de service Compétitivité auprès du
préfet de Région Champagne-Ardenne.

Diplômé de Mines Paristech,Sylvain Gariellui aussi a
intégré le Corps des Mines en 2010. Après une première
expérience de terrain chez Carrefour, il a travaillé pour
Vivasanté (marques Juvamine, Mercurochrome et Urgo
notamment) à São Paolo, où il a découvert de l’intérieur
la vie des ETI patrimoniales. En juillet 2013, il a rejoint
l’Agence des participations de l’État (APE) où il suit les
entreprises du secteur énergétique et minier dont l’État est
actionnaire et administrateur.

© Groupe Eyrolles

V

Les faits et opinions exprimés dans cet ouvrage restent de
l’entière responsabilité des deux auteurs, sont exprimés à
titre strictement personnel et ne sauraient en aucun cas
engager les structures qui les emploient.

© Groupe Eyrolles

Remerciements

Nous souhaitons en premier lieu adresser nos
remerciements à notre tuteur de mémoire, Michel Berry, directeur
de l’École de Paris du Management, dont le soutien sans
faille et la pertinence des remarques furent précieux dans
le cheminement de notre rélexion.
Pour son regard critique et acéré qui nous a permis de
reconsidérer nos propos à des phases cruciales de leur
genèse, nous tenons à remercier également Thierry Weil,
délégué général de la Fabrique de l’Industrie.
Pour la qualité des multiples échanges que nous avons pu
partager, nous adressons nos remerciements tout
particuliers à Jean-Louis Beffa, président d’honneur de la
compagnie de Saint-Gobain etchairmande la banque Lazard.
Pour la richesse des discussions et leur confrontation avec
l’analyse d’une ETI devenue en 20 ans un leuron du CAC
40, nous remercions vivement Pierre Pringuet, DG du
groupe Pernod Ricard depuis 2000 et président de l’AFEP.
Pour son appui et l’excellence de ses propositions, nous
tenons à remercier très sincèrement Grégoire Postel-Vinay,
chef de la mission Stratégie de la Direction Générale de la
Compétitivité, de l’Industrie et des Services.
Pour la rédaction du présent ouvrage, nous tenons à
remercier l’ensemble des dirigeants d’entreprises, experts
des entreprises patrimoniales et représentants de la
puissance publique avec qui nous avons pu échanger :
JeanMarc Béguin, ancien directeur des statistiques
d’entreprise de l’INSEE ; Gérard Biolley, conseiller patrimonial ;
Christine Blondel, professeur à l’INSEAD ; Nicolas Boël,
président du groupe Solvay-Rhodia ; Michel Bon, ancien
© Groupe Eyrolles

VII

P-DG de Carrefour et de France Telecom ; Luc Darbonne,
président du groupe Darôme et du FBN France ;
Pierre Deschamps, élu à la CCI de Paris ; Marianne Faucheux,
chargée de mission Pôles de Compétitivité à la Caisse des
Dépôts ; Diane de Ferron, ancienne déléguée générale
du FBN France ; Jean-Martin Folz, ancien DG de PSA,
administrateur du groupe Solvay ; Yvon Gattaz,
président de l’ASMEP-ETI ; Jean-Yves Gilet, directeur exécutif
investissement ETI/GE, Bpi France ; Gérard Hirigoyen,
professeur à l’Université de Bordeaux ; Dorothée Kohler,
P-DG de Kohler Consulting & Coaching ; Patrick Kron,
P-DG d’Alstom ; Henri Lagarde, ancien P-DG du groupe
Thomson Électroménager ; Rémi Lesage, P-DG de
l’entreprise Rector ; Caroline Mathieu, déléguée générale du
FBN France ; Olivier Mellerio, dirigeant de l’entreprise
Mellerio dits Meller ; Alain Minc, dirigeant d’AM Conseil ;
Jean-Claude Palu, médiateur du crédit à la Banque
de France ; Jean-Marie Paluel-Marmont, président de
l’AFFO ; Sophie Quancard, déléguée générale de l’AFFO ;
Alexandre Ricard, directeur général délégué du groupe
Pernod Ricard ; Claude Riveline, professeur à l’école de
Mines Paristech ; Michel Rouger, président honoraire du
tribunal de commerce de Paris ; Jean-Daniel Weisz, associé
du cabinet Kohler Consulting & Coaching.

Nous remercions enin l’administration du corps des Mines
pour leur suivi, de même que les membres de la
commission des travaux personnels.

VIII

Développer les entreprisespatrimoniales

© Groupe Eyrolles

Sommaire

Les auteurs............................................................................V

Remerciements..................................................................... VII

Préface ............................................................................... XIII

Avant-propos....................................................................... XV

Introduction ......................................................................... 1

Chapitre 1 - Sylvestre Vieuxchênes s’interroge : que faire
de son entreprise ? Une fiction réaliste...........5

Textiles Vieuxchênes, une entreprise patrimoniale
parmi d’autres...........................................................................6
Acte I : Où les diférences de traitement entre actionnaires
nuisent à l’afectio societatis. ...................................................9.
Acte II : Où l’on découvre la simplicité du pacte Dutreil .......14
Acte III : Où l’on découvre que la France n’est pas une île ....18
Épilogues.................................................................................24

Chapitre 2 - Les entreprises patrimoniales,
poumon de l’économie .....................................33

Une majorité d’entreprises françaises sont... patrimoniales ! ...33
Les entreprises patrimoniales sont cruciales
pour les recettes fiscales et la souveraineté économique .......44
La performance des entreprises patrimoniales,
© Groupe Eyruolnl essujet d’actualité .................................................................51

I

X

Chapitre 3 - La France et les entreprises patrimoniales :
«the elephant in the room»........................... 67

Ce lait sur le feu que l’on ne surveille pas...............................68
L’héritier : un sujet tabou ?.....................................................73
L’antagonisme entre héritier et manager externe...................80

Chapitre 4 - Le grand imbroglio fiscal ...............................85

Une fiscalité des entreprises et du capital complexe
et peu lisible............................................................................86
La fiscalité et ses niches entretiennent le fossé
entrein-lawetoutlaw..........................................................104
Une fiscalité du capital qui pénalise la trésorerie
et l’investissement dans l’entreprise ? ..................................110

Chapitre 5 - Entreprises patrimoniales
en quête de capital humain ............................ 117

Un rendement sur capital diférencié
qui peut fragiliser l’actionnariat ...........................................118
À l’intérieur des familles actionnariales,
des héritiers qui rêvent d’ailleurs..........................................119
En externe, une forme d’entreprise
qui peine à attirer des jeunes talents....................................127

Chapitre 6 - Un trésor caché en péril................................141

X

Les entreprises patrimoniales moins transmises
qu’à l’étranger.......................................................................141
Un patrimoine économique en péril ?..................................150
«In-laws» et «outlaws», la racine du mal : le fossé
entre la population et les entreprises patrimoniales.............155

Développer les entreprisespatrimoniales

© Groupe Eyrolles

Chapitre 7 - Les entreprises patrimoniales
ont besoin de vous ! .......................................161

Des vœux pieux fiscaux pour seul salut ? .............................162
À la rencontre du patrimoine productif................................169
Rassembler «in-laws» et «outlaws»
au sein de l’entreprise patrimoniale......................................176

Conclusion - L’heureuse alliance
de l’héritier et du manager ?........................181

Bibliographie......................................................................182

Index...................................................................................191

© Groupe Eyrolles

Sommaire

X

I

Préface

La création d’entreprises et la capacité de celles-ci à
prospérer sont le signe le plus évident de la vitalité d’un pays.
Constatons que les Français n’ont aucun handicap à ce
sujet, comme en témoignent les chiffres de création
d’entreprises en France, ou le succès de la communauté
française dans la Silicon Valley.
Constatons également qu’une entreprise est
nécessairement patrimoniale à son origine. Elle devrait pouvoir le
rester au cours de sa croissance, passant de PMI à ETI,
puis devenant même grande entreprise. Ceci d’autant plus
qu’il est très généralement admis qu’une détention
familiale, fut-elle partielle et même avec un management
extérieur à la famille, est un facteur positif pour la longévité de
l’entreprise. C’est en effet le gage d’une vision stratégique
à long terme et donc du succès de celle-ci : cette
conviction s’est forgée au travers de ma propre expérience chez
Pernod Ricard.
Mais l’idéologie collective française (droite et gauche
réunies), traduite en particulier dans la iscalité, crée un
véritable obstacle au maintien de ce statut d’entreprise
patrimoniale : en particulier le cumul de la iscalité des revenus
et du capital devient dirimant, dès lors que la détention du
capital et la direction de la société ne se recouvrent plus,
ce qui est souvent le cas lors du passage de PME à ETI.
C’est ce que démontre de manière éclatante l’étude réalisée
par Sylvain Gariel et Gauthier Lherbier à la fois concrète et
bien documentée. La parabole de Monsieur Vieuxchênes
et de sa famille, utilisée par les auteurs, est eficace et très
pédagogique.
© Groupe Eyrolles

XIII

Cette étude vient à point au moment où la puissance
publique s’interroge sur l’essence même de sa relation
avec le monde des entreprises. Le premier signe du
rétablissement d’une relation normale sera la coniance. Elle
aussi ne se gagnera que sur la durée, ce qui justement
importe aux entreprises patrimoniales.
Je salue le travail de Gauthier et de Sylvain qui peut
contribuer à cette prise de conscience et souhaitons-le à une
coniance retrouvée.
Pierre Pringuet
Directeur Général de Pernod Ricard
Président de l’AFEP

XIV

Développer les entreprisespatrimoniales

© Groupe Eyrolles

Avant-propos

À la source de toute rélexion sur les entreprises
patrimoniales et familiales et leur prolongement naturel que
sont les Family Ofices, il y a un travail de recherche
académique.

Et comment mieux encourager et remercier ceux qui
consacrent leur temps et leurs savoirs à ces sujets, que de
distinguer les étudiants qui, sur leurs conseils, réalisent
des mémoires de qualité qui contribuent à une meilleure
connaissance de nos métiers ? C’est ainsi que l’AFFO a
décidé de créer un prix — le prix de l’AFFO — destiné
aux étudiants de troisième cycle universitaire, remis pour
la première fois en 2013.

Le premier prix de l’AFFO a été attribué à Gauthier Lherbier
et Sylvain Gariel, qui ont eu pour tuteur Michel Berry. Leur
travail original constitue une excellente analyse des
différentes situations que peut traverser une entreprise
patrimoniale, et notamment le chef d’entreprise, au moment
toujours délicat de sa succession. Les enjeux humains
transparaissent, et tous ceux qui ont vécu ces situations
retrouveront des typologies de comportement bien connues.

Ce sujet est si cher au FBN qu’il nous a semblé évident, à
Luc Darbonne et moi-même, de nous associer pour
introduire ce livre et en recommander chaudement la lecture
à tous ceux qui veulent comprendre les enjeux, souvent
complexes, d’une entreprise patrimoniale.

© Groupe Eyrolles

Jean-Marie Paluel-Marmont, Président de l’AFFO
Luc Darbonne, Président du FBN France

X

V

L’AFFO et le FBN
Créée en 2001, l’Association Française du Family Office (AFFO)
a pour mission de participer au développement et à la
reconnaissance du Family Office, métier de conseil et de prestations
de services dédié à une ou plusieurs familles, dont
l’objectif est de favoriser l’harmonie et l’intérêt économique de ces
dernières, dans une vision transgénérationnelle. L’AFFO fédère
les acteurs de ce métier et offre un lieu d’échanges,
d’expertises et de connaissances. L’association élabore des contenus
pédagogiques, techniques, ainsi que des règles éthiques et
déontologiques.
Créé en 1989, le FBN (Family Business Network) est le premier
réseau mondial de dirigeants et d’actionnaires d’entreprises
familiales. Présent dans vingt-neuf pays, il regroupe sept mille
cinq cents familles dans le monde. Sa mission est de faire
connaître et défendre le modèle de l’entreprise familiale, de
diffuser et favoriser le partage d’expériences et les bonnes
pratiques de gouvernance familiale à travers ses ateliers de
travail, conférences, séminaires, rencontres, visites d’entreprises
et les publications de son conseil scientifique composé
d’universitaires, d’experts et d’entrepreneurs.

XVI

Développer les entreprisespatrimoniales

© Groupe Eyrolles

Introduction

Voyage au coeur du patrimoine
économique français

Si leur résilience en période de crise est régulièrement
soulignée, les entreprises patrimoniales, en particulier celles
de taille moyenne, souffrent en France d’un déicit de
considération. Pourtant, entre sagas industrielles, héritiers
parfois porphyrogénètes aux ambitions prométhéennes et
mythe des deux cents familles, leur réussite ou leur chute
souvent spectaculaire fascine.

Nous proposons au lecteur de plonger dans la vie d’une
entreprise patrimoniale comme il en existe des milliers sur
nos territoires. Attachement émotionnel, vision de long
terme, volonté de conserver le contrôle, iscalité, cession
et transmission, création de richesse et d’emploi : quelle
est la réalité de ce tissu d’entreprises souvent méconnues,
qui constituent pourtant la face immergée de l’iceberg
industriel français ?

Le point commun de ces entreprises :
leur actionnariat

Les entreprises patrimoniales sont représentées au sein
de multiples secteurs d’activités, et peuvent être de
© GroupetEayirlollleess diverses (en termes de chiffre d’affaires, nombre

1

d’employés, etc.). Le domaine d’activité ou les métriques
de tailles d’entreprise ne sont ainsi pas adaptés pour
caractériser ce tissu d’entreprises protéiformes.

Leur point commun réside en fait dans leur forme
d’actionnariat, constitué de personnes physiques, contrairement
aux entreprises possédées par des fonds d’autres
entreprises ou encore contrôlées par un actionnariat diffus/
lottant. En effet, par déinition, chaque entreprise
patrimoniale est liée à des actionnaires qui sont des personnes
physiques. Celles-ci possèdent de fait des capitaux
investis dans un patrimoine productif, et ont développé une
stratégie patrimoniale de fructiication de ces capitaux.
Appréhender le rôle de l’actionnaire, ses objectifs et ses
contraintes, nous semble ainsi primordial dans la
compréhension de l’entreprise patrimoniale.

Deux catégories de population, au cœur de l’entreprise
patrimoniales, sont étudiées tout au long de l’ouvrage :
l’héritier, ou «in-law», dépositaire de la propriété du
capital, et le manager externe à l’actionnariat, ou «outlaw ».
Ces deux tribus sont fréquemment opposées. Cependant,
bien qu’il soit légitime de se demander laquelle est la
mieux placée pour exercer le pouvoir décisionnel et
servir les intérêts de l’entreprise, nous pensons qu’elles sont
aujourd’hui plus que jamais complémentaires.

À la découverte de ces entreprises
patrimoniales

L’entreprise patrimoniale est, en France, mal connue. Le
suivi statistique (par l’INSEE) ou académique
(laboratoires en sciences de gestion) de ces entreprises et de leur
actionnariat reste faible, comparativement à d’autres pays
comme les États-Unis ou l’Allemagne. Les déis auxquels

2

Développer les entreprisespatrimoniales

© Groupe Eyrolles

elles sont confrontées en France sont inalement peu
connus. Si une part minime de ces entreprises attise les
convoitises et est à la source de récits fantasmatiques
(cas des familles Arnault, Lagardère, Pinault ou encore
Bettencourt), la grande majorité évolue dans la
quasi-indifférence générale. Une étude préliminaire nous a pourtant
convaincus de l’importance cruciale de cette catégorie
d’acteurs dans l’économie. Nous vous proposons donc
d’apprendre à connaître et à comprendre ces entreprises
et leurs actionnaires.
Ain de rendre le plus concret possible cet exercice, nous
avons choisi dans le chapitre 1 de présenter un dialogue
ictif entre Sylvestre Vieuxchênes, P-DG de l’entreprise
ictive Textiles Vieuxchênes, et son notaire, Maître Renard. Ce
dialogue a pour but d’exposer la logique du chef
d’entreprise confronté à la transmission du pouvoir décisionnel.
L’exploration des différentes possibilités de transmission
(interne, externe, cession) permet d’illustrer les questions
et les dificultés à la fois rationnelles et émotionnelles qui
se posent aux actionnaires d’entreprises patrimoniales.
Les chapitres suivants sont consacrés à une analyse des
enjeux, contraintes et risques qui pèsent aujourd’hui sur
cette forme d’entreprise représentant un emploi sur deux,
à la lumière du cas de l’entreprise Vieuxchênes.
Le chapitre 2 propose une quantiication de l’inluence des
entreprises patrimoniales sur l’économie française. Dans
le chapitre 3, nous nous intéressons à la relation entre les
Français et leurs entreprises patrimoniales, en soulignant
son caractère distendu. Les chapitres 4, 5 et 6 analysent les
conséquences de la relation entre la France et ces
entreprises patrimoniales, respectivement sur le thème de la
iscalité, des relations humaines et de la pérennisation du
tissu productif. Enin, à travers le chapitre 7, nous
proposons quelques pistes permettant de renforcer ce lien au
bénéice de tous.
© Groupe Eyrolles

Introduction

3