La défense des intérêts régionaux en Europe

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Français
166 pages
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Description

Fondée à Strasbourg en 1985, l'Assemblée des Régions d'Europe (ARE) est un organisme de revendication et de promotion de la coopération régionale. Elle regroupe plus de 270 régions issus de 33 pays et 16 organisations interrégionales. Tour à tour groupe d'intérêt et lobby de la cause régionale, boîte à idées et agent de médiation vis-à-vis des organisations européennes, comment fait-elle pour mettre en avant un intérêt commun à toutes ces régions, si différentes ?

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Date de parution 01 juillet 2011
Nombre de lectures 103
EAN13 9782296464049
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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LA DÉFENSE DES INTÉRÊTS RÉGIONAUX EN EUROPE :
Le cas de l’assemblée des régions d’Europe
Collection « Inter-National » dirigée par Denis Rolland avec Joëlle Chassin, Françoise Dekowski et Marc Le Dorh Cette collection a pour vocation de présenter les études les plus récentes sur les institutions, les politiques publiques et les forces politiques et culturelles à l’œuvre aujourd’hui. Au croisement des disciplines juridiques, des sciences politiques, des relations internationales, de l’histoire et de l’anthropologie, elle se propose, dans une perspective pluridisciplinaire, d’éclairer les enjeux de la scène mondiale et européenne. Série premières synthèses – jeunes chercheurs (dernières parutions) : Aurélien LLORCA,La France face à la cocaïne. Dispositif et action extérieurs, 2010. Guillaume BREUGNON,Géopolitique de l’Arctique nord-américain : enjeux et pouvoirs,2011. Alicia BRUN-LEONARD, Constance d'EPANNES de BECHILLON, Albert Brun, un reporter insaisissable. Du Cuba Libre d'Hemingway à la capture de Klaus Barbie. 40 ans d'AFP, 2010. Estelle POIDEVIN,L'Union européenne et la politique étrangère. Le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune : moteur réel ou leadership par procuration (1999-2009) ?, 2010. Namie DI RAZZA,L'ONU en Haïti depuis 2004, 2010. M. Hobin, S. Lunet,Le Dragon taiwanais : une chance pour les PME françaises. A. Martín Pérez,Les étrangers en Espagne. A. Ceyrat,Jamaïque. La construction de l’identité noire depuis l’indépendance. D. Cizeron,Les représentations du Brésil lors des Expositions universelles. J. Faure et D. Rolland (dir.),1968 hors de France. A. Purière,Assistance et contrepartie. Actualité d’un débat ancien. G. Brégain,Syriens et Libanais d’Amérique du Sud (1918-1945). A. Bergeret-Cassagne,Les bases américaines en France : impacts matériels et culturels, 1950-1967. C. Birebent,Militants de la paix et de la SDN. Les mouvements de soutien à la Société des nations en France et au Royaume-Uni, 1918 – 1925. P.-O. Pilard,Jorge Ricardo Masetti. Un révolutionnaire guévarien et guévariste de 1958 à 1964. É. Gavalda, L. Rouvin,La Chine face à la mondialisation. F. Le Moal,La France et l’Italie dans les Balkans. J. de La Barre,Identités multiples en Europe ? Le cas des lusodescendants en France.
Marie Neihouser
LA DÉFENSE DES INTÉRÊTS RÉGIONAUX EN EUROPE : le cas de l’assemblée des régions d’Europe
Préface de Paul Alliés
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54739-1 EAN : 9782296547391
PRÉFACE
PLUS DE RÉGIONS, PLUS D’EUROPE
Le travail présenté ici appartient sans doute à ce genre de thèmes rarement conseillés aux étudiants en science politique tant ils apparaissent ingrats aux yeux de la communauté des chercheurs : trop de complexité ; pas assez de résultats. Les « décideurs » du champ considéré seraient sans doute nombreux à les rejoindre tant le sujet semble enfoui dans des pratiques et réseaux peu discernables. Pourtant l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE) appartient à cette galaxie qui aura œuvré depuis déjà un quart de siècle à l’émergence de ces collectivités dans l’espace d’une Union qui ne les a jamais véritablement reçus. Du Traité de Rome à celui de Lisbonne tout s’est passé comme si la Région restait suspecte pour les États-nations quelles que soient leurs structures constitutionnelles. La phase actuelle que traverse l’Union, celle d’une vaste conférence intergouvernementale, accentue cette tendance historique. L’analyse de Marie Neihouser n’en est que plus remarquable. Elle démontre l’efficience de l’ARE dans trois registres : d’abord celui d’une véritable assemblée délibérante qui démultiplie et facilite les échanges selon les investissements variables de ses membres ; ensuite celui d’un groupe de pression dont l’efficacité peut aller jusqu’à tutoyer l’illégalité ; enfin celui d’unthink tankdont les propositions irriguent malgré tout les institutions. Cet organe a-t-il été victime de son succès ? De 47 Régions de sept pays-membres à son origine, il est passé à l’adhésion de 277 d’entre elles pour 33 États. On a donc à faire à un quasi-marché qui ne détient pas pour autant le monopole de la représentation puisqu’une douzaine d’associations spécialisées travaillent en son sein à la promotion de leurs objectifs propres. C’est cette fragmentation qui ordinairement tient à distance le
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chercheur. Pourtant elle est propice à une investigation sur la structuration des intérêts tels qu’ils se réfractent dans les territoires européens. Car de territoire, l’Union n’en a pas vraiment bien à elle ni pour faire exister une citoyenneté active ni pour promouvoir une régionalisation de ses réseaux. La dépolitisation de l’Union a pu logiquement rétroagir sur la nature de l’ARE. Mais l’existence et l’action de celle-ci ont contribué à produire une formalisation pertinente et durable par-delà la diversité juridique considérable des entités : la Région, sous des dénominations variables est à la fois une identité politique distincte, une assemblée représentative, la possibilité de s’organiser. Et la déclinaison de ces propriétés devient un catalogue normatif autant que politique qui prescrit le périmètre d’un « bon régionalisme » européen. L’ARE le formule ainsi : 1. La région est l’entité territoriale et le niveau légal situé immédiatement en-dessous du niveau étatique et pourvu de la capacité de déterminer sa propre organisation politique. Afin d’exercer cette autonomie, il est nécessaire que le gouvernement infra-national soit autorisé à prendre des décisions sur le plan régional relatives aux financements, à la répartition des ressources et à la prestation de services. Il faut qu’il ait dès lors les moyens politiques et financiers pour pouvoir prendre des décisions réelles. 2. Selon les termes de la Déclaration sur le Régionalisme en Europe, le gouvernement infra-national est reconnu comme un gouvernement, et non comme une simple administration locale du gouvernement central. En outre, la distinction entre prise des décisions politiques et la mise en œuvre des politiques doit être claire. 3. L’identification des citoyens avec le gouvernement infra-national est généralement encouragée : vu les formes mouvantes du régionalisme dans les pays d’Europe Centrale et Orientale, en particulier en Hongrie, en Pologne, en Croatie, République Tchèque, en Estonie, Lituanie et Lettonie, cette identification est une sorte de garantie d’appartenance à l’Union. Les Régions ainsi perçues sont une sorte de modélisation construite par l’ARE mais aussi le reflet de la diversité
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politique, sociale et culturelle du continent européen. De plus, elles ont une responsabilité sans cesse accrue en ce qui concerne l’application du droit communautaire, comme, par exemple, la politique agricole ou les normes environnementales. Les Régions peuvent tenir le rôle de médiatrice entre des normes communautaires souvent très abstraites et les citoyens. Il s’agit donc là d’une opportunité pour l’UE et les Régions de gérer ensemble la mise en valeur de la cohésion économique et sociale. Cette opportunité s’est construite à travers des cycles de politiques publiques et institutionnelles assez aisément repérables mais qui mériterait une recherche plus approfondie pour éclairer plus finement et complètement le bilan de l’Assemblée. C’est la voie qu’ouvre le travail de Marie Neihouser autour de l’idée que plus de Régions c’est plus d’Europe. Nul doute qu’elle sera empruntée par elle et par d’autres, fortifiés par ces premiers résultats.
Paul ALLIÉS Professeur de science politique Université de Montpellier I
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