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Le droit public

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248 pages
Cet ouvrage présente étape après étape l’intégralité du programme de droit public aux concours administratifs. Il comporte les quatre matières fondamentales à connaître :
- Droit constitutionnel : fondé sur la Constitution, il définit les règles relatives à l’organisation et au fonctionnement de l’État ;
- Droit administratif : il traite des droits et obligations des autorités administratives (gouvernement, administration, collectivités locales, établissements publics), de leurs moyens d’action ainsi que des moyens de contrôle à leur égard ;
- Finances publiques : cette partie étudie le budget de l’Etat tel que l’organise la LOLF et les règles relatives à la fiscalité ;
- Institutions européennes : ici sont présentés, l'organisation, le fonctionnement et les missions des institutions de l'Union européenne avec leurs évolutions récentes.
Cette édition 2017 prend en compte l'actualité récente du droit public (état d'urgence prolongé, carte des nouvelles régions de France, etc.). L'atout des titres de cette collection étant la clarté avec laquelle sont présentées des notions parfois complexes.
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1. Quelques mots d’histoire sur le droit
Le droît est aussî ancîen que a vîe en socîété : à partîr du moment où es hommes sont entrés dans ’ère de ’exîs-tence coectîve, îs ont éprouvé e besoîn de réger eurs rapports� Maîs depuîs ’époque prîmîtîve, es sources, es domaînes d’înterventîon et e contenu du droît ont subî de profondes mutatîons, dues aussî bîen à ’évoutîon des tech-nîques qu’à cee des îdées : a dîversîicatîon des règes suît en effet a compexîté croîssante de ’organîsatîon socîae�
1. Une démocratisation progressive
À ’orîgîne, î s’agîssaît prîncîpaement de faîre régner ’ordre au seîn de a communauté et d’assurer a cohésîon de cee-cî� Les règes à respecter émanaîent de dîrîgeants que ’on croyaît învestîs d’une mîssîon quasî dîvîne : es sorcîers des trîbus ancîennes commandaîent grâce aux pouvoîrs magîques qu’îs revendîquaîent et cette référence au sur-nature s’est perpétuée jusqu’aux monarques de ’Ancîen Régîme, quî étaîent consîdérés comme es « îeutenants de Dîeu» sur a terre à partîr et en vertu de a cérémonîe du sacre�
Dès ’Antîquîté, toutefoîs, d’autres socîétés s’étaîent déga-gées de ’emprîse reîgîeuse : a Grèce, puîs Rome, îns-taurèrent arépublique, forme de gouvernement où es dîrîgeants ne tîennent pus eurs pouvoîrs de a voonté dîvîne maîs du choîx popuaîre� Au cours de eur hîstoîre, a pupart des pays ont connu des pérîpétîes quî es ont faît oscîer de ’un à ’autre de ces modèes d’organîsa-tîon; maîs presque partout, aujourd’huî, e droît s’est a-1 cîsé et, sauf queques exceptîons , î ne se récame pus de a reîgîon�
Cea ne sîgnîie pas que esconsidérations moralesen sont absentes : on peut y rattacher des prîncîpes tes que ’égaîté de tous devant a oî, a protectîon socîae, ’aîde aux personnes démunîes, quî fondent en grande partîe es systèmes jurîdîques� Maîs cette morae repose désormaîs e sur a notîon de droîts de ’homme, dégagée au sîèce XVIII par es « phîosophes des Lumîères », tes Montesquîeu et Rousseau, quî ont înspîré a Révoutîon de 1789 aînsî que a Décaratîon des droîts de ’homme et du cîtoyen adoptée à cette époque et dont es prîncîpes sont toujours en vîgueur�
D’autres pays, notamment es États-Unîs, ont partîcîpé au même moment à ce mouvement d’îdées en adoptant e une Décaratîon d’înspîratîon anaogue� Et auXXsîèce, a communauté înternatîonae s’y est égaement raîée : une Décaratîon unîversee des droîts de ’homme a été votée par ’ONU (Organîsatîon des natîons unîes) en 1948, c’est-à-dîre au endemaîn de a Seconde Guerre mondîae et de a chute du nazîsme� Ee a été suîvîe deux ans pus tard par une Conventîon européenne, puîs compétée ensuîte par des pactes reatîfs aux droîts cîvîs et poîtîques et aux droîts économîques et socîaux� Tous ces textes énoncent
1� Prîncîpaement dans ceux des pays quî appîquent a oî îsa-mîque(charia)
une sérîe de droîts consîdérés comme înhérents à a dîgnîté de a personne humaîne et à a utte contre ’oppressîon : îbertés îndîvîduees et coectîves, înterdîctîon des dîscrî-mînatîons racîaes, suffrage unîverse, caractère démocra-tîque des înstîtutîons; es gouvernants sont tenus de es respecter et es cîtoyens peuvent en exîger e respect� Aînsî, au i des temps, ’absoutîsme roya de ’Ancîen Régîme a-t-î cédé e pas à a souveraîneté popuaîre�
2. Un domaine en extension
La compexîté de a vîe socîae est aujourd’huî sans com-mune mesure avec ce qu’ee étaît avant a révoutîon îndus-trîee� Les rapports économîques se sont mutîpîés, tandîs que se faîsaît jour a nécessîté de protéger es travaîeurs : esdroits des contrats, du commerce et du travailsont aors apparus et ont connu un déveoppement consîdérabe� L’expansîon de a cîrcuatîon automobîe a engendré eCode de la routeet edroit des assurances� L’apparîtîon de nouvees technoogîes a égaement dû être encadrée par e droît : î faaît aînsî protéger es îndîvîdus contre ’utîîsa-tîon abusîve des ichîers înformatîsés� I a fau aussî rége-menter e recours aux nouvees substances pouantes, de même que prévenîr es dangers des manîpuatîons géné-tîques� Et ’on pourraît cîter bîen d’autres exempes de cet accroîssement du domaîne du droît�
Paraèement, e rôe des pouvoîrs pubîcs s’est modîié : aux tâches tradîtîonnees de maîntîen de ’ordre s’est ajou-tée a mîssîon pus arge et pus ambîtîeuse d’assurer de bonnes condîtîons de vîe à a coectîvîté, voîre de favorî-ser e progrès économîque et socîa� Ce que ’on appee 2 ’înterventîonnîsme s’est consîdérabement accru avec es deux guerres mondîaes successîves et a grande crîse éco-nomîque de 1929 : es servîces pubîcs se sont mutîpîés, aînsî que es prestatîons de toutes sortes et a régemen-tatîon de secteurs auparavant consîdérés comme reevant excusîvement de ’înîtîatîve prîvée� Peu à peu, ’admînîs-tratîon a prîs en charge a fournîture de ’eau, du gaz et de ’éectrîcîté, ’organîsatîon des transports en commun, e fonctîonnement d’étabîssements scoaîres ou hospîtaîers; ee octroîe aussî des aîdes économîques ou socîaes et réaîse des équîpements� Toutes ces actîvîtés ont înévîta-bement entraïné ’édîctîon d’uncorps de règlesencadrant es înterventîons pubîques et précîsant es condîtîons dans esquees es partîcuîers peuvent en bénéicîer : ces règes sont prîncîpaement contenues dans edroit administra tif� Maîs comme ’înterventîonnîsme suppose des crédîts et des învestîssements, edroit des finances publiques, quî engobe es prescrîptîons reatîves au budget de ’État et à a iscaîté, s’est déveoppé sîmutanément�
Enin, î faut tenîr compte de ’extensîon des reatîons înter-natîonaes et surtout de a constructîon européenne� D’une part, es traîtés et accords de toutes sortes, aînsî que es organîsatîons mutînatîonaes dont a France faît partîe (par exempe, ’Organîsatîon înternatîonae du travaî) devîennent
2� Par opposîtîon à a doctrîne îbérae du «aîssez-faîre» es acteurs e prîvés, quî a prévau jusqu’à a in duXIXsîèce� Cette doctrîne trouve un proongement aujourd’huî avec e mouvement favorabe à a dérégementatîon, quî împîque notamment ’ouverture à a concurrence de domaînes réservés aux servîces pubîcs et înspîre en grande partîe a poîtîque économîque de ’Unîon européenne�
Introduction générale 7
pus nombreux et sont à a source de normes spécîiques� Pus împortante encore par ses conséquences sur ’ordre jurîdîque est ’Unîon européenne, grande productrîce de règes quî sont appîcabes dans es pays membres et constîtuent désormaîs une branche spécîique du droît, edroit européen
Au tota, e droît actue ne ressembe pus guère à ceuî du e XIXsîèce� D’une part, î est devenu sî fournî que de nom-breux auteurs, maîs aussî des magîstrats, dénoncent ce qu’îs dénomment «’înlatîon normatîve» : tous es ans, par exempe, a France adopte près d’une centaîne de oîs et 1800 décrets quî vîennent s’ajouter au stock des textes en vîgueur et auxques î faut ajouter a régementatîon euro-péenne, quî représente un voume annue équîvaent� D’autre part, en raîson de a mutîpîcîté de ses domaînes d’înter-ventîon, e droît s’est spécîaîsé en dîverses branches dont e nombre peut être îustré par ceuî des enseîgnements dîspensés dans es unîversîtés : aors qu’on en comptaît une vîngtaîne dans es années 1950, î y en a pus de quarante aujourd’huî, dont e droît des assurances, de a proprîété îttéraîre et artîstîque, de ’urbanîsme, de a santé… La sub-dîvîsîon prîncîpae, toutefoîs, n’a pas changé : on dîstîngue toujours e droît pubîc du droît prîvé, es dîverses branches spécîiques s’însérant dans ’une ou ’autre de ces caté-gorîes – avec parfoîs, on e verra, queques zones mîxtes�
2. Droit public et droit privé
En théorîe, a dîstînctîon est nette� Maîs sî e domaîne du droît pubîc est bîen déîmîté, ceuî du droît prîvé connaït queques încursîons�
– Ledroit privéest ceuî quî régît es rapports entre es partîcuîers� I comprend tout d’abord edroit civil, dont une grande partîe concerne a famîe : aînsî en est-î des règes reatîves au marîage, à a iîatîon, au dîvorce, maîs aussî de cees quî ont traît aux patrîmoînes (régîmes matrî-monîaux, successîons, donatîons)� C’est égaement e droît cîvî quî régemente a proprîété prîvée des bîens et a res-ponsabîîté quî peut încomber aux partîcuîers s’îs sont à ’orîgîne d’un dommage, par exempe à ’occasîon d’un accîdent de a cîrcuatîon�
Vîent ensuîte e droît commercîa, putôt dénommé aujourd’huîdroit des affaires: î s’appîque, par exempe, aux contrats de vente, à a constîtutîon et à a vîe des entre-prîses, aux assurances� Comme ’est de son côté e droît cîvî, î est contenu dans un code�
– Ledroit public, au contraîre, régît ’organîsatîon et e fonctîonnement des pouvoîrs pubîcs, aînsî que eurs rap-ports avec es cîtoyens� I régemente aussî bîen ’éectîon du présîdent de a Répubîque que es compétences attrî-buées aux coectîvîtés terrîtorîaes (communes, dépar-tements et régîons), e recouvrement des împôts et es contrôes quî s’exercent sur ’admînîstratîon� C’est égae-ment uî quî déinît et protège es îbertés îndîvîduees et coectîves dont bénéicîent es cîtoyens�
Le droit public 8
I exîste cependant queques secteurs du droît que ’on pourraît quaîier de mîxtes : c’est par exempe e cas du droit pénal, quî s’apparente au droît prîvé dans a mesure où î déinît es reatîons înterdîtes entre partîcuîers (par exempe, e vo ou es mauvaîs traîtements înlîgés par des parents à eurs enfants), maîs reève aussî du droît pubîc puîsqu’î détermîne es poursuîtes et es peînes qu’en-courent es auteurs d’înfractîons� On ne ’abordera pas dans e cadre de cet ouvrage, quî est consacré au droît excusîvement pubîc�
3. Les composantes du droit public
Ce droît comprend quatre branches prîncîpaes�
1. Le droit constitutionnel
Ceuî-cî déinît es règes reatîves à ’organisation et au fonctionnement de l’État� I précîse aînsî e mode de désî-gnatîon et es compétences respectîves des autorîtés poî-tîques (prîncîpaement e présîdent de a Répubîque, e Parement et e gouvernement), aînsî que es rapports quî s’étabîssent entre eux : par exempe, es condîtîons dans esquees ’Assembée natîonae peut renverser e gouver-nement� Suîvant a manîère dont î organîse ces rapports et es pouvoîrs qu’î accorde respectîvement au Parement et au présîdent de a Répubîque (ou à toute autre per-sonne exerçant es fonctîons de chef de ’exécutîf, comme e Premîer mînîstre en Grande-Bretagne), î détermîne a nature du régîme poîtîque : ceuî-cî sera quaîié deparle mentairesî es Assembées peuvent renverser e gouver-nement, deprésidentielsî es pouvoîrs égîsatîf et exécutîf sont îndépendants ’un de ’autre�
Le droît constîtutîonne détermîne aussî edomaine réservé à la loi, consîdérée comme une norme de rang supérîeur à ceuî des actes dîts « admînîstratîfs » (en partîcuîer es décrets prîs par e gouvernement) parce qu’ee émane de parementaîres dîrectement îssus du suffrage unîver-se� Et î ixe égaement e statut et es prîncîpaes attrî-butîons d’autres organes jouant un rôe împortant dans a vîe pubîque, comme e pouvoîr judîcîaîre ou e Conseî constîtutîonne�
Ce droît est prîncîpaement înscrît dans aConstitution, quî est a norme suprême et que es normes înférîeures doîvent respecter� Les textes constîtutîonnes commencent en généra par un Préambue, quî pose des prîncîpes géné-raux tes que e caractère démocratîque des înstîtutîons ou es îbertés fondamentaes reconnues aux cîtoyens et se réfère aux Décaratîons des droîts mentîonnées cî-dessus� Dans de nombreux pays, e respect de cet ensembe de dîsposîtîons est assuré par une Cour constîtutîonnee (en France, e Conseî constîtutîonne) quî peut décarer înap-pîcabes es textes partîcuîers, y comprîs es oîs, quî uî seraîent contraîres�