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Lettre à tous ceux qui persistent à vouloir faire leur droit

De
206 pages
Le droit court derrière la "révolution numérique". Les algorithmes nous espionnent et restreignent les libertés publiques, ils calculent les indemnités au service des compagnies d'assurances. La diminution lente et continue des services chargés de veiller à l'application du droit affaiblit et parfois anéantit l'efficacité de ces lois. L'échec de la loi Hadopi est significatif à cet égard. Le mal est en fait bien plus profond et ne date pas d'hier. Nous vivons une époque de démolition des codes établis. Si le droit est partout, en définitive il n'est nulle part...
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Thierry Charles
LETTRE À TOUS CEUX QUI PERSISTENT À VOULOIR FAIRE LEUR DROIT
LETTRE À TOUS CEUX QUI PERSISTENTÀ VOULOIR FAIRE LEUR DROIT
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12343-1 EAN : 9782343123431
Thierry Charles Lettre à tous ceux qui persistent à vouloir faire leur droit
Ouvrages du même auteur : Réforme des délais de paiement et modernisation de l'économie, de l'intention aux actes ?de Repères, Lignes 2009. Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle, L’Harmattan, 2011. L’Industrie en cale sèche. Matières premières : de la gestion des flux aux rapports de force,L’Harmattan, 2013. Les nouvelles perspectives de la souveraineté, L’Harmattan, 2015. Fahrenheit 4.0, L’Harmattan, 2016.
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« […] Le respect des lois m’handicape ! J’ai attrapé la gravité… bonne mine avec ma gravité ! » Louis-Ferdinand Céline
« Pour ceux à qui il est nécessaire de tout dire, je dirai tout inutilement. » Cesare Beccaria
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AVANT-PROPOS
La crise de la Loi
« M. Frédéric Moreau, nouvellement reçu bachelier, s'en retournait à NogentsurSeine, où il devait languir pendant deux mois, avant d'aller faire son droit. », écrit Flaubert dansL'éducation sentimentale.Mais est-il toujours judicieux aujourd’hui de« faire son droit »,telle est la question qui brûle les lèvres des étudiants du mastère spécialiséManager« Juriste International » de l’EM Lyon devant lesquels j’interviens ce 22 novembre 2016 au nom du« Cercle Montesquieu ».Lades avocats « République »vécu, elle a fait son a temps. Les membres du barreau sont moins nombreux au ème ème Parlement que sous la III ou la IV République. Certes, nous appartenons à ce qu’on appelle l’intelligentsia, et à ce que Simenon décrivait hier dans Lettre à mon juge commebourgeoisie moyenne,« cette plus ou moins cultivée, celle qui fournit le pays de fonctionnaires, de médecins, d’avocats, de magistrats, souvent de députés, de sénateurs et de ministres »,mais pour combien de temps encore ? Si la discipline reste au cœur des rapports sociaux, la France se singularise par le nombre de lois qu’elle produit, unetextuelle »,« frénésie voire même une fatalité de l’excès qui rend la formule « Nul n’est censé ignorer la loi »inopérante. totalement Trop de droit tue le droit. Selon un rapport du Conseil d’Etat, un million de mots s’ajoutent chaque année à la législation applicable en France. En 2014, Jean Louis Debré, président du Conseil Constitutionnel, déclare qu’aucune loi n’est applicable. Elles ne servent tout au plus qu’au« jeu électoral »,voireàfournir une base sans cesse renouvelée»,au tam-tam médiatique  « selon la
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