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Regards croisés entre culture anglo-saxonne et française en matière de sûreté/sécurité

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Et si la traditionnelle opposition entre cultures anglo-saxonne et européenne de la sûreté était désormais dépassée ? C’est en filigrane ce qu’ Erwan Cotard, Directeur Adjoint à la Sûreté du Groupe ENGIE, laisse apparaître dans cet article. Anciennement Chief Security Officer du même groupe à Londres pour ses activités énergie à l’international, l’auteur constate empiriquement une convergence grandissante entre approches anglo-saxonnes et européennes (ou françaises) en matière de sûreté et de conformité. Si certaines incompréhensions subsistent et si les contextes nationaux influent encore largement sur ces convergences ainsi que sur leur transposition dans le monde de l’entreprise, de nombreuses tendances issues du monde anglo-saxon peuvent être canalisées. Cela offrirait aux directeurs sûreté un positionnement à la mesure de leurs capacités où la sûreté traditionnelle se rapproche de l’éthique, de la responsabilité sociétale des entreprises, du business development ou encore de la gestion de risques, concept clé dans ces nouvelles approches.

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Regards croisés entrecultures anglo-saxonne et françaiseen matière de sécurité
S É C U R I T É & S T R A T É G I EE V U E / R D I R E C T E U R S D E S D ’ E N T R E P R I S E S É C U R I T É /N 2 5A R S 2 0 1 7/ M
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Regards croisés entre cultures anglo-saxonne et française en matière de sécurité
Regards croisés entre cultures anglo-saxonne et européenneen matière de sécurité-sûreté-conformité
Erwan Cotard
Et si la traditionnelle opposition entre cultures anglo-saxonne et européenne de la sûreté était désormais dépassée ? C’est en filigrane ce qu’Erwan Cotard, Directeur Adjoint à la Sûreté du Groupe ENGIE, laisse apparaître dans cet article. Anciennement Chief Security Officer du même groupe à Londres pour ses activités énergie à l’international, l’auteur constate empiriquement une convergence grandissante entre approches anglo-saxonnes et européennes (ou françaises) en matière de sûreté et de conformité. Si certaines incompréhensions subsistent et si les contextes nationaux influent encore largement sur ces convergences ainsi que sur leur trans-position dans le monde de l’entreprise, de nombreuses tendances issues du monde anglo-saxon peuvent être canalisées. Cela offrirait aux directeurs sûreté un positionnement à la mesure de leurs capacités où la sûreté traditionnelle se rapproche de l’éthique, de la responsabilité sociétale des entreprises, dubusiness developmentou encore de la gestion de risques, concept clé dans ces nouvelles approches.
es champs de la sûreté et de la conformité Lvieille opposition entre cultures anglo-n’échappent pas au premier abord à la saxonne et « continentale » ou latine. Il est souvent reproché à la première de privilégier l’approche «check list» qui offrirait une confor-mité rassurante mais superficielle et non une adhésion plus profonde, culturelle en quelque sorte, comme du côté continental. Des continen-taux, notamment les opérateurs français, qui se voient de toutes façons imposer progressivement
des normes d’inspirations anglo-saxonnes, en particulier dans le domaine de la conformité (ou compliance). Comme souvent, la vérité est proba-blement au milieu en combinant rigueur à l’anglo-saxonne avec flexibilité à la française… le tout dans une optique de gestion de risques intel-ligente.
Le constat actuel : une convergence parfois
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forcée et des incompréhensions persistantes
Le champ d’action élargi souvent octroyé aux responsables sûreté anglo-saxons peut encore étonner en France mais il s’explique par une visionpro businessancienne sur laquelle nous reviendrons et bien sûr par une position de l’Etat traditionnellement plus en retrait. Cette marge de manœuvre plus importante laissée au secteur privé est en débat en France sous la pression conjuguée de budgets étatiques en berne mais aussi de contraintes de maillage du territoire imposées par les nouvelles menaces. A titre d’il-lustration on renverra au débat sur le port d’arme pour des vigiles privés dans certaines circon-stances, encore impensable il y a quelques années. Pas de réel débat de ce type au Royaume-Uni, un pays qui a un rapport aux armes à feu très différent de celui des Etats-Unis mais où des pans entiers de la sureté publique sont bien laissés au secteur privé (par exemple dans certains quartiers d’affaires comparables à La Défense¹). Un premier cas de convergence plutôt subie donc.
Si dans le domaine de la formation à la sûreté on constate une inflexion des enseignements français vers une approche moins régalienne et plus orientéebusiness, la traduction de ce change-ment dans les organisations tarde à venir. Les profils issus de l’Etat, longtemps la règle dans les fonctions sûreté en France (et pour des raisons
Gardes privés à Canary Wharf (Londres, juin 2016)
bien légitimes²), expliquent peut-être pourquoi l’orientationpro businessa semble-t-il été prise moins vite que dans les entreprises américaines ou britanniques³. En effet, les formations anglo-saxonnes⁴ mettent largement l’accent sur le rôle de pédagogie auprès des instances dirigeantes des entreprises, visant clairement à positionner le Security Managercomme conseiller des « patrons » locaux et leChief Security Officer (CSO)comme un conseiller incontournable du COMEX ou du dirigeant. On notera d’ailleurs que dans les organ-isations anglo-saxonnes, cette volonté se traduit dans les périmètres dévolus aux CSO et dans les titres (le CSO peut siéger auprès du CFO⁵ ou du CIO⁶ même si leurs poids respectifs sont évidemment variables…). Les Anglo-saxons sont finalement assez intransigeants aussi sur la ques-tion du rattachement hiérarchique qui doit être au bon niveau. Il ne faut cependant pas idéaliser la sureté anglo-saxonne : elle peut être victime d’injonctions contradictoires ou de contraintes budgétaires comme partout ailleurs… Mais j’ai pu
Quiconque est allé à Canary Wharf à Londres par exemple aura remarqué les « policiers » privés avec leurs chiens détecteurs d’explosifs. Voir http://www.wharf.co.uk/news/local-news/canary-wharf-group-aims-balance-11456941 Cf par exemple l’article de R. LEFEVRE Passer du management de la sûreté sous l’uniforme, à celui de la sûreté de l’entreprise expatriée sur le site Linkedin https://www.linkedin.com/pulse/passer-du-management-de-la-s%C3%BBret%C3%A9-sous-luniforme-%C3%A0-ceui-lefevre?trkInfo=VSRPsearchId%3A2937611131484831455856%2CVSRPtargetId%3A6227080046394253312%2CVSRPcmpt%3Aprimary&trk=vsrp_infl uencer_content_res_name Où les profils issus des forces de sécurité sont aussi très nombreux mais les interactions entre mondes publics et des affaires sont historiquement nettement plus fortes qu’en France où une séparation assez marquée a longtemps prévalu. The Security Managers and Consultants course (SMCC) délivré par Control Risks est un exemple de formation créée par une entreprise du secteur de la sûreté et validée dans le système de formation britannique. Chief Financial Officer – sans qui rien n’est possible… Chief Information Officer, qui se traduit souvent par Directeur des Systèmes d’Information, par ailleurs partenaire pour la cyber sécurité.
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