Eco-graphiques
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Description


A-t-on réellement tiré les leçons de la crise des années 30 ? Faut-il dix fois plus de syndiqués en France ? Quel est le secret de la rentabilité d'Apple ? La fuite des cerveaux est-elle un mythe ? Pourquoi les sushis ont-ils plus d'avenir que les hamburgers ?



Jean-Marc Vittori présente ici plus de 50 graphiques qui constituent autant d'éclairages singuliers, de points de repères, d'amorces de discussion. Il propose de regarder l'économie autrement, avec une approche visuelle et synthétique. Car, comme l'a presque dit un empereur, un bon graphique vaut souvent mieux qu'un long article.



Accessible au néophyte, appelant souvent au débat,Eco-graphiques dresse un panorama vivant des grands thèmes économiques contemporains : la croissance, l'emploi, l'innovation, l'action publique, la mondialisation. A chacun, ensuite, de se forger sa propre opinion !



Spécial enseignant : Sélection de graphiques et cartes prêts à l'emploi à télécharger.




  • Les questions de la croissance


  • Les injustices de l'emploi


  • Les hasards de l'innovation


  • Les dilemmes de l'action publique


  • Les miroirs du monde


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 octobre 2014
Nombre de lectures 122
EAN13 9782212283259
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0071€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

A-t-on réellement tiré les leçons de la crise des années 30 ? Faut-il dix fois plus de syndiqués en France ? Quel est le secret de la rentabilité d’Apple ? La fuite des cerveaux estelle un mythe ? Pourquoi les sushis ont-ils plus d’avenir que les hamburgers ?
Jean-Marc Vittori présente ici plus de 50 graphiques qui constituent autant d’éclairages singuliers, de points de repères, d’amorces de discussion. Il propose de regarder l’économie autrement, avec une approche visuelle et synthétique. Car, comme l’a presque dit un empereur, un bon graphique vaut souvent mieux qu’un long article.
Accessible au néophyte, appelant souvent au débat, Écographiques dresse un panorama vivant des grands thèmes économiques contemporains : la croissance, l’emploi, l’innovation, l’action publique, la mondialisation. À chacun, ensuite, de se forger sa propre opinion !


Jean-Marc Vittori est éditorialiste au quotidien Les Échos . Il commente aussi l’actualité économique sur les ondes (BFM Business, France Inter...), et fait partie du comité directeur de l’Association française de science économique. Il a auparavant dirigé la rédaction du magazine L’Expansion . Il a écrit plusieurs ouvrages, dont Dictionnaire d’économie à l’usage des non-économistes (Grasset, 2008), L’effet sablier (Grasset, 2009) et Pour une gouvernance mondiale (livre d’entretiens, Autrement, 2010).
Jean-Marc Vittori
Écographiques
50 graphiques pour regarder l’économie autrement
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Réalisation des graphiques : Florian Hue
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans l’autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2014 ISBN : 978-2-212-55977-4
Pour les deux miracles, Taddéo et Antoine
Avec une pensée pour Jean Broizat
Sommaire

Avant-propos
Chapitre 1
Les questions de la croissance
La gazelle devenue escargot
De l’urgence d’une nouvelle révolution industrielle
L’Espagne, prochain champion européen ?
L’Italie, cancre de l’Europe
La vraie nature de la crise européenne
Pas mieux que la Grande Dépression !
Et s’il fallait dévaluer...
Une Europe japonaise ou américaine ?
La gauche fait monter la Bourse
Chapitre 2
Les injustices de l’emploi
La France championne de l’emploi stable !
École et entreprise en chiens de faïence
Délit de patronyme
Le chômage des jeunes n’est pas un problème économique
La tentation des contrats aidés
Le diplôme protège moins et mieux à la fois...
... et le diplôme paie de plus en plus !
Le salaire français semble ignorer la crise
Faut-il dix fois plus de syndiqués en France ?
Une assurance chômage, deux délires
Cette foule qui échappe aux prévisions
Une vie active en trois temps
Chapitre 3
Les hasards de l’innovation
La vraie différence entre la France et l’Allemagne
Des banquiers pas si pires
Les fruits introuvables de la recherche
Ce que raconte le sourire d’Apple
L’autre ascension chinoise
Le gène plus fort que la puce
La fusée du téléphone mobile
Chapitre 4
Les dilemmes de l’action publique
La faute aux excès du privé ?
L’argent public entre obésité et anorexie
Oui, on peut baisser la dépense publique...
Et si la France aidait trop le logement ?
Le poids de l’État, une relative nouveauté
Médaille d’or des prélèvements sociaux
Taxer moins pour gagner plus
La TVA, un impôt percé comme les autres
En Allemagne, c’est l’État qui bride les revenus
Chapitre 5
Les miroirs du monde
Des Français ouverts sur le monde
Le pays où l’on se défie les uns des autres
Ultrapessimisme ou extralucidité
La mythique fuite des cerveaux
Coup d’arrêt à la mondialisation
Le fabuleux rattrapage du Sud
Retour à la normale
La Chine aussi chère que les États-Unis ?
La fabuleuse percée coréenne
Une question pétrolière méconnue
Sushi contre hamburger, le match du siècle
Injuste réchauffement
Inégalités, une spécialité anglo-saxonne
Notre paradoxe de l’égalité
Un monde plus uni
Remerciements
Sources complètes des graphiques et lien de téléchargement
Index
Avant-propos
Ce livre propose une promenade à travers l’économie. Une promenade guidée par l’envie de voir et de comprendre, au hasard des éclairages donnés au fil d’une année par des instituts statistiques, des organismes internationaux, des équipes d’économistes publics, privés ou universitaires. Une promenade en images, car comme l’a presque dit un empereur, un bon graphique vaut souvent mieux qu’un long article.
Au-delà de la découverte, ce livre propose aussi des pistes de discussions et de débats sur la croissance, l’emploi, l’innovation, l’action publique, la mondialisation. Il est organisé autour de ces cinq sujets majeurs. Deux autres thèmes reviennent souvent. D’abord, la crise qui frappe les pays développés depuis bientôt une décennie, avec ses racines, ses dégâts, ses parallèles. Ensuite, la position singulière de la France, championne à la fois de l’emploi stable et de l’anxiété, passionnée d’action publique et d’impôts percés, ouverte tout en étant fermée. Sur tous ces champs, le livre assume des partis pris, voire ce qui pourrait passer pour des provocations, ne prétendant aucunement à l’objectivité. Il ne s’agit ni d’un manuel ni d’un jardin à la française !
Le projet est né d’un travail de journaliste réalisé pour le site internet du quotidien Les Échos : une petite vidéo hebdomadaire 1 commentant l’actualité à partir d’un graphique (une bonne moitié des graphiques figurant ici sont issus de ce travail). Le choix du graphique présente bien sûr un double inconvénient. D’une part, il requiert l’existence de chiffres alors que l’essentiel se compte rarement. Et quand les chiffres existent, ils ne permettent pas toujours de bâtir un graphique éclairant. D’autre part, ces chiffres sont souvent terriblement imparfaits. Ils reposent sur une foule de conventions discutables. C’est bien sûr le cas du PIB (produit intérieur brut) et de sa croissance, évoqués à maintes reprises dans les pages qui suivent. Les chiffres et les graphiques permettent cependant d’approcher la réalité économique malgré ces défauts, même si cette approche reste souvent lointaine, approximative et biaisée.
Certains des graphes qui figurent ici sont très simples, presque intuitifs. D’autres demandent à être apprivoisés. Tous ont été choisis avec le souci de la pédagogie et l’ambition d’apporter informations et interrogations. L’économie permet de mieux comprendre le monde en ouvrant et en éclairant les débats, non en apportant des certitudes d’acier.

1. Voir les « graphiques de Vittori » sur http:videos.lesechos.fr/news/graphiques-vittori .
C ’est la corne d’abondance des temps modernes : la croissance apporte la prospérité comme par enchantement. Dans un pays comme la France, une croissance de 1 % signifie que le pays a créé en une année plus de 300 euros de richesse supplémentaire par tête. Une richesse qui peut permettre à chacun de vivre un peu mieux. Ou aider l’État à financer des besoins eux aussi croissants en santé, retraite, éducation ou sécurité.
Aujourd’hui, le concept même de croissance est critiqué. Certains estiment que la progression du niveau de vie est insoutenable car elle se fait sur le dos de la planète, ou qu’elle entraîne fatalement des inégalités insupportables. D’autres soulignent les imperfections de la grandeur mesurée. Un tremblement de terre ou un accident de circulation augmentent le fameux PIB (produit intérieur brut), car ils entraînent des réparations. Un baril de pétrole extrait du sol fait aussi monter le PIB, mais il ne fait pas descendre une statistique de ressources épuisables (contrairement à la comptabilité d’entreprise, où les comptes d’exploitation et de résultat, qui tracent les flux, sont articulés avec le bilan, le compte de stocks). Et la richesse ne fait pas le bonheur. Malgré tous ces défauts, le PIB reste un outil précieux pour donner des ordres de grandeur. Ses variations exercent un rôle majeur sur l’équilibre des comptes publics (une accélération de la croissance fait rentrer beaucoup d’argent dans les caisses de l’État). Elles se retrouvent aussi dans les revenus gagnés par chacun d’entre nous. Sa mesure reste importante.
Or il y a là un problème. Car cette croissance semble ralentir inexorablement, en particulier dans les pays avancés. D’où vient le ralentissement ? Au cœur de la croissance, il y a les gains de productivité, la production par tête. Cette productivité va moins vite. Les nouvelles technologies stimulent apparemment moins la production que ne le firent les anciennes. Le sujet est très débattu par les économistes. En attendant leurs conclusions, les entreprises, les particuliers et les États ont tenté depuis deux décennies de lutter contre le freinage en empruntant de l’argent. Mais ce n’est évidemment pas soutenable. En 2007-2008 a éclaté une crise de la dette qui a frappé tous les pays avancés – la pire crise depuis la Grande Dépression des années 1930 qui venait elle aussi d’un excès d’endettement.
Dans certains pays, le choc a été terrible, avec un recul du revenu par tête de 10 % en Irlande ou même de 25 % en Grèce ! Du jour au lendemain, les prêteurs ont refusé d’avancer de l’argent à ces pays. Ceux qui vendaient moins à l’étranger qu’ils n’achetaient ont dû brutalement rééquilibrer leurs comptes courants en sabrant dans leurs dépenses. Une implacable rigueur a elle aussi pesé sur la croissance, précipitant la zone euro dans un long marasme dont elle n’est pas complètement sortie.
Les gouvernants croyaient avoir tiré les leçons des années 1930. Ils ont injecté de l’argent massivement dans les économies, allant jusqu’à imprimer des billets pour éviter l’asphyxie de l’entre-deux-guerres. Mais il semble en réalité qu’ils ont étalé le problème. Dix ans après la chute de la banque Lehman Brothers, les pays de l’euro n’auront sans doute pas plus progressé que dans les dix ans suivant le krach de 1929 ! Peut-être faudrait-il réfléchir autrement. Supposer que la croissance n’est plus là. Réfléchir ensemble à l’organisation de la société dans cette perspective... quitte à savourer son retour inattendu.

La gazelle devenue escargot
En France, les hommes politiques ont deux décennies de retard sur la réalité économique. Ils bâtissent leurs programmes sur une hypothèse de croissance de l’activité de 2 à 2,5 % par an. Une progression qui rapporte beaucoup d’impôts, qui permet donc de financer beaucoup de promesses... mais qui n’a jamais tenu ce rythme depuis les années 1990. Dans les années d’aprèsguerre – les fameuses « Trente Glorieuses », comme les avait baptisées l’économiste Jean Fourastié –, les richesses produites dans le pays (c’est la définition du PIB) progressaient de 5 à 6 % d’une année sur l’autre. Avec ses forces vives quittant les champs pour les usines, la France rattrapait son retard sur les États-Unis à la vitesse d’une gazelle.
Mais l’activité ralentit de décennie en décennie. Depuis le nouveau siècle, elle est sur une pente de progression d’à peine plus de 1 % l’an. Et comme la population s’accroît de 0,4 à 0,5 % dans le même temps, le revenu par tête est pratiquement stagnant. Un escargot ! Les gouvernants n’ont toujours pas pris conscience de cette nouvelle donne qui mérite pourtant un vaste débat. D’abord sur les choix à faire pour s’adapter à cet univers sans gonfler les dettes privées et publiques au-delà du soutenable. Ensuite, sur les moyens de relancer la machine – en mobilisant davantage la population active, en travaillant mieux, en innovant davantage pour devenir plus efficace. Enfin, sur les limites de notre bonne vieille planète que nous exploitons déjà massivement.

20 milliards d’euros
la richesse supplémentaire engendrée par 1 % de croissance en France

Croissance
volume du PIB, France

d’après chiffres Insee

De l’urgence d’une nouvelle révolution industrielle
La croissance dépend de deux ressorts : la population et la productivité – l’efficacité des hommes, et des machines qu’ils emploient. Et cette productivité dépend beaucoup de la technologie. Au XVII e siècle, la première révolution industrielle, celle de la machine à vapeur et du métier à tisser, a sorti l’économie européenne de sa torpeur médiévale (on voit la fin de cette première vague sur le graphique). La deuxième révolution industrielle, celle de l’électricité et du moteur à explosion, amorce à la fin du XIX e siècle une ère de prospérité sans précédent qui apparaît clairement sur ce graphique. Avec ces nouvelles techniques, la productivité de l’heure de travail accélère à plus de 3 % l’an.
Aux États-Unis, dont l’évolution figure ici, le pic s’est produit dans les années 1940. En Europe, et en particulier en France, il a plutôt eu lieu dans les années 1950-1960. La troisième révolution industrielle, celle de l’information (ordinateur, Internet, Big Data), commence à stimuler la productivité à partir des années 1980. Mais cette troisième vague est à la fois moins forte et moins longue que la précédente, puisqu’elle serait déjà en train de s’achever. Le débat fait rage aux États-Unis sur la suite des événements. La belle croissance est-elle condamnée ou bien les technologies de l’information vont-elles rebondir ? La révolution du vivant va-t-elle provoquer une quatrième vague ? Notre niveau de vie, notre modèle économique et social, peut-être aussi la démocratie, dépendent de la réponse.

+ 8 %
l’accroissement total de la productivité horaire du travail en France pendant la dernière décennie

États-Unis : productivité
par heure de travail

d’après Gilbert Cette/AFSE

L’Espagne, prochain champion européen ?
Si un ouvrier fabrique vingt voitures une année puis vingt-quatre l’année suivante, sa productivité augmente de 20 %. Il mérite donc une belle augmentation de salaire, avec laquelle il pourra consommer plus ; son employeur gagne des parts de marché en vendant moins cher et produira donc davantage.

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