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ÉCONOMIE ET UTOPIES

De
144 pages
Une utopie en a chassé une autre. En ce début de XXIe siècle, l'Ultra libéralisme a succédé au Marxisme. Il y a cinquante ans, on défilait sur les boulevards en chantant l'Internationale, aujourd'hui on s'enferme devant un ordinateur pour y passer des ordres d'achats et de ventes à la bourse. Mais les hommes, eux, n'ont pas changé : aujourd'hui comme hier, ultra-libéraux ou marxistes, armés de leurs certitudes, ils croient toujours avancer vers le bonheur…
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ECONOMIE

ET UTOPIES

Collection Économie et Innovation
dirigée par Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis

Dans cette collection sont publiés des ouvrages d'économie industrielle, financière et du travail et de sociologie économique qui mettent l'accent sur les transformations économiques et sociales suite à l'introduction de nouvelles techniques et méthodes de production. L'innovation se confond avec la nouveauté marchande et touche le cœur même des rapports sociaux et de leurs représentations institutionnelles. Ces ouvrages s'adressent aux étudiants de troisième cycle, aux chercheurs et enseignants chercheurs.
Les séries Krisis, Clichés et Cours Principaux collection. font partie de la

La série Krisis a été créée pour faciliter la lecture historique des problèmes économiques et sociaux d'aujourd'hui liés aux métamorphoses de l'organisation industrielle et du travail. Elle comprend la réédition d'ouvrages anciens et de compilations de textes autour des mêmes questions. La série Clichés a été créée pour fixer les impressions du monde économique. Les ouvrages contiennent photos et texte pour faire ressortir les caractéristiques d'une situation donnée. Le premier thème directeur est: mémoire et actualité du travail et de l'industrie; le second: histoire et impacts économiques et sociaux des innovations (responsable: Blandine Laperche) La série Cours Principaux comprend des ouvrages simples et fondamentaux qui s'adressent aux étudiants des premiers et deuxièmes cycles universitaires en économie, sociologie, droit, et gestion. Son principe de base est l'application du vieil adage chinois: « le plus long voyage commence par le premier pas ».

Yves GUIHENEUF

ECONOMIE ET UTOPIES
du Marxisme à l'Ultra-libéralisme en 31 points

INNOV AL 21, Quai de la Citadelle 59140 Dunkerque, France
L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

Collection Économie et Innovation
dirigée par S. Boutillier et D. Uzunidis

Dernières parutions

R. BELLAIS, Production d'armes et puissance des nations, 1999. B. LESTRADE et S. BOUTILLIER (dir.), Les mutations du travail en Europe,2000. M. KANKWENDA, Marabouts ou marchands du développement en Afrique, 2000. A. GOGUEL d'ALLONDANS, Les fonds de pension en France; 2001.

Série Krisis P. LAFARGUE, Le déterminisme économique de Karl Marx (1909), 1997. A. NICOLAÏ, Comportement économique et structures sociales (1960), 1999. J. CHAILLOU, Travail simple, travail qualifié, 2000. J.P. FAUGÈRE, A. KARTCHEVSKY, Philosophie, travail, système, Homage à Guy Caire, 2001.
Série Clichés S. BOUTILLIER, D. UZINIDIS, Port et industries dunkerquois, 1998.

du Nord,

clichés

D. HILLAlRET, L'innovation sportive, entreprendre pour gagner, 1999.

Remerciements

L'auteur tient à exprimer sa reconnaissance à Magdeleine de Sazilly, Philippe Aubert et Jean Beunardeau pour leurs conseils dans la rédaction de ce livre.

@L'Hannattan,2002 ISBN: 2-7475-2308-X

A ma femme A mes parents et mes grands-parents

Préambule Marx, Mao et Lénine

Karl Marx tenait entre ses lèvres un gros cigare de capitaliste, Mao Tse-Tung était coiffé d'un haut de forme de boursicoteur heureux et Lénine brandissait une liasse de billets. Il ne manquait que le bon gros sourire de Staline palpant un lingot d'or pour que le tableau fût complet. En ce mois de décembre 1999, une grande banque européenne fêtait les derniers j ours du millénaire par cette série d'affiches publicitaires, toutes plus provocantes les unes que les autres. Il s'agissait dans l'esprit de ces banquiers de mettre un point final à un siècle où tout le système bancaire avait manqué de périr à cause de ces damnés communistes: Marx, Mao, Lénine et les autres. Tous ceux qui avaient rêvé de changer le monde, et qui au bout du compte n'avaient su construire que des goulags. Pour la première fois depuis la révolution russe de 1917, les capitalistes unis de tous les pays pouvaient enfin dormir tranquilles: la faucille et le marteau, emblèmes soviétiques, gisaient sous terre, ensevelis dans l'effondrement du mur de Berlin. Il ne restait donc plus qu'à étendre la loi du marché à toute la planète et à engranger les profits. Cependant, quelques-uns de ces hommes richissimes, qui détenaient entre leurs mains le sort de milliards d'êtres humains, n'étaient pas parfaitement sereins. «Si la consommation chutait, si la bourse s'effondrait ou si l'on empêchait la libre circulation de nos produits, que se passerait-il?» se demandaient-ils. Mais ils se rassérénaient rapidement en se

disant que pour lever ces obstacles, il leur suffirait de brandir le mythe de l'Ultra-libéralisme heureux. Elles sont loin déjà les années où l'armée rouge occupait la moitié de l'Europe, et où des intellectuels niaient avec véhémence qu'il y eût des camps de concentration en Sibérie. En ce début de XXIe siècle, une utopie en a chassé une autre, et l'Ultra-libéralisme a succédé au Marxisme. Il y a 50 ans, on défilait sur les Boulevards en chantant l'Internationale, aujourd'hui on s'enferme devant un ordinateur pour y passer des ordres d'achats et de ventes à la Bourse. Mais les hommes, eux, n'ont pas changé: aujourd'hui comme hier, ultra-libéraux ou marxistes, armés de leurs certitudes, ils croient toujours s'avancer vers le bonheur. ..

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PREMIERE PARTIE Les mots pour comprendre
Il est des mots énigmatiques dont nous devinons qu'ils ont un pouvoir terrible, mais sans bien savoir lequel. Le jargon de l'économie est rempli de ces monstres qui font frissonner. La « déflation» menace, le « spectre du chômage» apparaît, sans parler des mystérieux «swaps », des énigmatiques contrats « take or pay», et des « cash flow» de plus en plus misérables. Il faut démystifier ces mots, car ils sont prononcés avec un tel respect que nous pourrions les croire des dieux. A défaut nous nous construisons un nouvel Olympe, au sommet duquel trône le Dollar, et, aveuglés par l'ignorance, nous sacrifions à la doctrine ultra-libérale. Seule la connaissance permet de démasquer les faux dieux. On trouvera donc dans cette première partie une explication simplifiée de quelques principes économiques. A charge pour le lecteur de consulter d'autres ouvrages s'il veut approfondir ce mince vernis de culture économique. Plan de la Première partie
1 - L'économie est partout - Newton, Einstein et Rabelais 2 - Approche de quelques principes économiques - Pourquoi les Gaulois mangeaient du poisson pourri? 3 - Qu'est-ce que l'argent? 4 - La Bourse - Faudrait-il plus d'immigrés? 5 - La valse des capitaux 6 - La loi de l'offre et de la demande - Pourquoi la prostitution existe-t-elle ? 7 - Les décisions économiques - Le chef a toujours raison

1 - L'économie est partout Newton, Einstein et Rabelais

Selon la légende, le jour où le célèbre savant britannique Isaac Newton reçut une pomme sur la tête, il réalisa que cette pomme tombait de l'arbre parce que la terre l'attirait. Il mettait ainsi en relation des éléments n'ayant a priori rien à voir ensemble: la pomme et la gravitation de la terre. Quand une centaine d'années plus tard, Albert Einstein écrivit la formule e = mc2, il affirma que la masse peut se transformer en énergie et réciproquement. Il montrait aussi que deux notions que l'on croyait jusque là parfaitement indépendantes, la masse et l'énergie, étaient d'une certaine façon équivalentes. Pour l'économie il se produit un phénomène similaire, tout interagit ensemble: la valeur des monnaies, les politiques nationales et internationales, les comportements individuels, et même la philosophie personnelle. Il n'est pratiquement aucune activité humaine qui n'agisse sur l'économie ou qui n'en subisse les lois. Au premier abord, le fonctionnement de l'économie paraît à la fois si complexe et si tentaculaire, que l'imagination est saisie par un sentiment d'impuissance. Que peut-on opposer à la logique économique, elle qui déroute jusqu'aux experts? Cependant à laisser l'économie aux mains des seuls spécialistes, nous risquons d'avancer en aveugles et de subir sans comprendre un système qui contraint les hommes, au lieu de les aider à construire leur bonheur. L'économie est partout: tout se paie et tout se monnaie, certains s'imaginent même pouvoir acheter l'amour. La force

économique des Etats-Unis leur a permis de gagner la seconde guerre mondiale, et la faillite économique du régime soviétique a grandement contribué à sa chute. Dans les pays riches les malades du Sida bénéficient de traitements sophistiqués, tandis 1 qu'en Afrique noire, ils meurent par millions . Le progrès économique explique pourquoi en Europe de l'Ouest les ouvriers travaillent de 35 à 40 heures par semaine, contre 70 à 80 heures il y a un siècle2, C'est aussi prâce à lui que les famines ont disparu de cette même Europe. Enfin, si nous y mettons de la bonne volonté, une fois encore portés par le progrès économique, nous ferons en sorte qu'il n'y ait plus de famine nulle part dans le monde et que les hommes vivent plus heureux4. L'économie n'est ni bonne ni mauvaise en soi, elle est ce que les hommes en font. Et l'on pourrait reprendre à son sujet le mot célèbre de Rabelais: «L'économie sans conscience n'est que ruine de l'âme. »

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