Cahiers d'économie politique

Français
290 pages
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Au sommaire de ce numéro : Le métier de banquier et le risque / Distinguer l'autorité du pouvoir par la légitimité / Aspects théorique et pratique de la concurrence dans l'oeuvre de Maurice Allais / L'analyse des investisseurs institutionnels et la régulation de la finance / Salaire, prix et taux de profit dans un modèle classique en déséquilibre / Les hommes d'affaires, chevaliers de l'idéal social / Propriété de soi et justice sociale chez les libertariens / The Great divide ? Keynes and Friedman on employment policy.

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Date de parution 01 juillet 2012
Nombre de lectures 61
EAN13 9782296498600
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

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C A H I E R S D’ÉCONOMIE POLITIQUE
PAPERS IN POLITICAL ECONOMY Histoire de la pensée et théories 62 History of T hought and Theories
2012 Publié avec le soutien du CNRS, de l’université de Paris Ouest et de l’Institut d’études politiques de Lille
Rédaction •Editorial Board
Rédacteur en chef •Managing editor Claire Pignol Rédacteurs adjoints •Assitant editors Michaël Assous Fabrice Tricou Sécrétaire de rédaction •Editorial secretary Julien Mendez Editorial Board Comité de rédaction • Andrés ALVAREZ (Universidad de los Andès) Michaël ASSOUS (Université Paris I) Richard ARENA (Université de Nice) Carlo BENETTI (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense) Nathalie BERTA (Université de Reims) Arnaud BERTHOUD (Université de Lille I) Marie-Thérèse BOYER-XAMBEU (Université Paris VII) Jean CARTELIER (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense) Ghislain DELEPLACE (Université Paris VIII) Daniel DIATKINE (Université d’Evry) Franco DONZELLI (Università degli Studi di Milano) Gilles DOSTALER (Université du Québec) Jimena HURTADO-PRIETO (Universidad de los Andès) Patrick MARDELLAT (Institut d’Études Politiques de Lille) Catherine MARTIN (Université Paris I Panthéon-Sorbonne) Arnaud ORAIN (Université de Bretagne occidentale) Claire PIGNOL (Université Paris I) Antoine REBEYROL (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense) Nicolas RIEUCAU (Université Paris VIII) Annalisa ROSSELLI (Università degli Studi di Roma “Tor Vergata”) Fabrice TRICOU (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense) Comité scientifique • Advisory board Mauro BOIANOVSKY (Universidad de Brasilia) Rodolphe DOS SANTOS FERREIRA (Université de Strasbourg I) Olivier FAVEREAU (Université Paris Ouest Nanterre-La-Défense) Roger GUESNERIE (Collège de France) André LAPIDUS (Université Paris I) Marc LAVOIE (University of Ottawa) Maria-Christina MARCUZZO (Università di Roma) Marcello MESSORI (Università di Cassino) André ZYLBERBERG (CNRS)
Correction éditoriale. Joëlle Cicchini Maquette & mise en pages. Arnaud Frossard
Since 1974,Papers in Political Economyhave published and participated to the main theoretical discussions by paying a particular attention to the historical aspects of economic analysis. Considering that the study of past authors and present debates are complementary, the PPE publish papers on history of economic thought, economic philosophy, or papers overlapping fields of history of economic thought and contemporary economic theory or economic history. Papers in Political Economyusually published in June and December.is a biannual journal, One of the two yearly issues is thematic and includes papers presented at a workshop or conference and selected among responses to an open call for papers. For proceedings to be published in this form, conference organizers are invited to contact the journal’s editorial board at a very early stage.
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Papers in Political Economyaccept papers in French and in English. For a full and complete guide for authors, please go to: http://www.cahiersdecopo.fr/
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Depuis 1974, lesCahiers d’économie politiquesont un lieu privilégié pour les discussions théoriques qui prennent en compte toute la dimension historique de la discipline économique. Considérant que l’étude des auteurs passés et les débats actuels en analyse économique peuvent mutuellement s’enrichir, ils publient des articles qui relèvent de l’histoire de la pensée économique, de la philosophie économique, ou qui se situent à l’intersection de l’histoire de la pensée et de la théorie économique contemporaine ou de l’histoire économique. LesCahiers d’économie politiquepublient deux numéros par an, généralement en juin et décembre. Un de ces deux numéros est thématique. Les numéros thématiques publient des sélections d’articles proposés dans le cadre de colloques ou de journées d’étude. Ces manifestations sont organisées par la revue ou par des institutions universitaires sur le principe d’un appel à communication. Pour envisager qu’un colloque soit publié dans la revue, il est nécessaire que le responsable prenne contact dès l’organisation de la manifestation avec le comité de rédaction desCahiers.
Since 1974,Papers in Political Economyhave published and participated to the main theoretical discussions by paying a particular attention to the historical aspects of economic analysis. Considering that the study of past authors and present debates are complementary, the PPE publish papers on history of economic thought, economic philosophy, or papers overlapping fields of history of economic thought and contemporary economic theory or economic history. Papers in Political Economyis a biannual journal, usually published in June and December. One of the two yearly issues is thematic and includes papers presented at a workshop or conference and selected among responses to an open call for papers. For proceedings to be published in this form, conference organizers are invited to contact the journal’s editorial board at a very early stage.
Adresse •Address Site Web : http://www.cahiersdecopo.fr/ Éditeur : Éditions L’Harmattan, 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris Tél. : 01 40 46 79 10 : http://www.editions-harmattan.fr Éditeur électronique : CAIRN. http://www.cairn.info/
Instructions aux auteurs •Notes for contributors LesCahiers d’économie politiqueacceptent les articles en français et en anglais. Normes de publication disponibles sur le site internet : http://www.cahiersdecopo.fr/ Papers in Political Economyaccept papers in French and in English. For a full and complete guide for authors, please go to: http://www.cahiersdecopo.fr/
REMERCIEMENTS AUX RAPPORTEURS
Au cours des deux dernières années, les rapporteurs suivants ont contribué à l’examen des articles soumis à la revue. Nous les en remercions. Pierre AlaryMarco Guidi Antoine d’Autume Harald Hageman Laure Bazzoli Ryan Hanley Enrico Bellino Brian Head Egidius Berns Ludovic Julien Guy Bensimon Yan Keppler Christian Bidard Heinz Kurz Emmanuel Blanc Pierre Lantz Olivier Brette Marc Lavoie Pascal Bridel Laurent Le Maux Philippe Broda Jean-Sébastien Lenfant Katia Caldari Gino Longhitano Nicolas Chaigneau Jonathan Marie Sébastien Charles Emmanuel Picavet Ludovic Desmedt Nicolas Postel Pierre Dockès Marlyse Pouchol Ragip Ege Christophe Ramaux François Etner Goulven Rubin Cyrille Ferraton Poala Tubaro Renaud Fillieule Christian Tutin Claude Gamel François Vatin Bernard Gerbier Amos Witztum Rebeca Gomez
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Sandrine ANSART Virginie MONVOISIN
Hervé CHARMETTANT
Arnaud DIEMER
Frédéric HANIN
Édith KLIMOVSKY Olivier ROSELL
Rozenn MARTINOIA
Jean-Sébastien GHARBI Cléa SAMBUC
Sylvie RIVOT
SOMMAIRE Le métier du banquier et le risque : la dénaturation des fonctions de financement du système bancaire............. 7
Distinguer l’autorité du pouvoir par la légitimité. Un enrichissement de l’analyse économique de la relation d’emploi ....... 37
Aspects théorique et pratique de la concurrence dans l’œuvre de Maurice Allais................................... 75
L’analyse des investisseurs institutionnels et la régulation de la finance .................... 117
Salaire, prix et taux de profit dans un modèle classique en déséquilibre..... 143
Les hommes d’affaires, chevaliers de l’idéal social : Alfred Marshall et la moralisation du capitalisme ...............157
Propriété de soi et justice sociale chez les libertariens...................................187
The great divide? Keynes and Friedman on employment policy......................... 223
Notes bibliographiques Jean-Daniel BOYER et Ragip EGE ....................................................... 253 Spencer Pack,Aristotle, Adam Smith and Karl Marx
Benoît WALRAEVENS......................................................................... 257 Jan Horst Keppler,Adam Smith and the Economy of the Passions
Daniel DIATKINE ............................................................................... 267 Ajit Sinha,Theories of Value from Adam Smith to Piero Sraffa
Salvatore TINÈ ..................................................................................... 271 Manuela Albertone (ed.),Governare il mondo. L’economia come linguaggio della politica nell’Europa del Settecento
Éditer Michaël ASSOUS.................................................................................. 277 Ramon Tortajada (éd.),Commentaires de laThéorie générale de Keynes à sa parution
Sandrine ANSART Virginie MONVOISIN
Hervé CHARMETTANT
Arnaud DIEMER
Frédéric HANIN
Édith KLIMOVSKY Olivier ROSELL
Rozenn MARTINOIA
Jean-Sébastien GHARBI Cléa SAMBUC
Sylvie RIVOT
CONTENTS The banker’s profession and risk: the alteration of the finance functions of the banking system.............................. 7
Distinguishing authority from power through legitimacy. A step forward for economic analysis of employment relationship ........................................... 37
Competition in Maurice Allais’ works ... 75
Institutional investors and financial regulation: a conceptual framework inspired from Common’s institutionnalism ................................. 117
Wage,prices,ratesofprotina classical disequilibrium model........... 143
The businessmen as knights of the social ideal: Alfred Marshall and the moralization of capitalism................157
Self-ownership and social justice among libertarians....................................187
Keynes et Friedman à propos de la politique de l’emploi : le grand fossé ? . 223
Bibliographical Notes Jean-Daniel BOYER et Ragip EGE ....................................................... 253 Spencer Pack,Aristotle, Adam Smith and Karl Marx
Benoît WALRAEVENS......................................................................... 257 Jan Horst Keppler,Adam Smith and the Economy of the Passions
Daniel DIATKINE ............................................................................... 267 Ajit Sinha,Theories of Value from Adam Smith to Piero Sraffa
Salvatore TINÈ ..................................................................................... 271 Manuela Albertone (ed.),Governare il mondo. L’economia come linguaggio della politica nell’Europa del Settecento
Editing Michaël ASSOUS.................................................................................. 277 Ramon Tortajada (ed.),Commentaires de laThéorie générale de Keynes à sa parution
LE MÉTIER DU BANQUIER ET LE RISQUE : LA DÉNATURATION DES FONCTIONS DE FINANCEMENT DU SYSTÈME BANCAIRE
1 Sandrine Ansart et Virginie Monvoisin
L’actuelle crise financière interpelle le grand public comme les analystes sur le rôle des banques. Bien que Minsky ait été l’un des rares auteurs à traiter du lien entre les banques, le risque et les crises, son approche nous paraît insuffisante pour éclairer la totalité des mécanismes à l’œuvre actuellement. Nous proposons donc de revenir sur l’histoire de la banque afin de souligner à la fois le lien spécifique du banquier avec le risque, la notion de risque ellemême, et de montrer alors l’altération récente du métier de banquier comme source de déstabilisations majeures.
The banker’s profession and risk: the alteration of the finance functions of the banking system. While the financial system has experienced a historical crisis, questions about the role of banking sector are rising among the public and commentators. Although Minsky was one of the few authors who studied the link between banks, risk and crisis, nevertheless his approach seems incomplete for throwing light on the whole set of phenomena of the current crisis. So, we propose to go back to history of banks in a perspective to show how the link between the banker and risk is specific, and how the recent alteration of this profession is source of main disequilibria.
Mots clefs :Banquier, financement, risques, régulation. Keywords:Banker, financing, risks, regulation. Classiîcation du JEL:E12, E44, E51, G01
1. Sandrine Ansart Grenoble École de Management – sandrine.ansart@grenobleem.com. Virginie Monvoisin Grenoble École de Management – vmonvoisin@grenobleem.com.
Sandrine Ansart et Virginie Monvoisin
Introduction
La fin des années 2000 inaugure une ère pour le moins exceptionnelle sur le plan économique : une crise – peutêtre sans précédent – s’est amorcée dans le fracas de l’effondrement des bourses mondiales et dans le morcellement des systèmes bancaires. Alors que la simple crise financière de 2007 est désormais devenue une crise systémique, les politiques et les économistes tentent notamment de proposer des modes de régulation à même d’en limiter les impacts immédiats ou d’éviter qu’elle ne se reproduise.
Les observateurs et les politiques ont rapidement désigné un certain nombre de coupables et de mécanismes comme facteurs déclencheurs de la crise. Pour leur part, le grand public et les analystes ont mis en cause les traders, banques, et autorités monétaires – tous amalgamés et tenus pour responsables des défaillances du système financier. Plus encore, le monde s’est horrifié des prises de risque excessives de la sphère financière et de leur dissémination tant à travers celleci qu’à travers la sphère réelle. Le principe du crédit subprime, consistant à octroyer des crédits à des ménages peu solvables, est décortiqué et critiqué dans tous les médias ; les différents mécanismes de levier financier – LBO et autres – font l’objet d’une réprobation générale. La situation désastreuse des banques n’incite pas à la mansuétude, mais au contraire à la colère et à l’indignation, puisque ces entités privées s’en sont remises aux pouvoirs publics pour les sortir de la situation dans laquelle elles s’étaient ellesmêmes enfoncées.
Évidemment, le diagnostic appelle des remèdes à sa mesure. Or, pour l’instant, il n’en est rien. Les actions mises en œuvre semblent timides et, pire, ignorent la question du risque ! En effet, les politiques se penchent sur les rémunérations des acteurs financiers, les paradis fiscaux, voire sur un nouveau Bretton Woods avec une réforme du FMI. Pourtant, il y a peu, le risque semblait être au cœur de la crise financière.
Afin de résoudre ce paradoxe et d’envisager des modes de régulation appropriés à la gravité de la situation, il paraît donc utile de revenir sur l’analyse du risque et de ses liens avec la sphère financière. Si le risque est inhérent à la vie économique des différents agents, les institutions financières se sont exposées à des risques très différents les uns des autres, certains étant effectivement inhérents à leur activité usuelle, d’autres étant clairement en dehors de leurs missions. Qu’en estil exactement ?
Le métier du banquier et le risque
L’apport de Minsky dans ce domaine est incontestable : il développe une argumentation éclairante sur le lien entre les banques, les agents économiques, les risques et l’instabilité financière et de nombreux analystes et politiques s’accordent pour reconnaître que la crise actuelle est une crise minskyenne, unMinsky Moment. Les mesures proposées s’avèrent dès lors conformes à la théorie.
Cependant, l’approche de Minsky n’est pas exempte d’imperfections ou de lacunes : elle ne nous apprend rien sur la dissémination du risque et sousestime l’impact des transformations en matière de métier bancaire et de rapport aux risques des banques. Un retour sur l’histoire des banques s’avère alors nécessaire pour appréhender leur rapport effectif et tangible aux risques et pour expliciter quels en sont les changements récents susceptibles de compléter les explications de la crise financière actuelle. Pour proposer des actions ciblées et pertinentes, il est nécessaire de prendre toute la mesure des dysfonctionnements et d’en souligner les dangers.
Ainsi verronsnous dans un premier temps en quoi consiste la théorie du risque et de l’instabilité financière de Minsky afin d’en montrer les enseignements analytiques. Puis, dans un second temps, nous reviendrons sur l’analyse de l’évolution du métier de banquier et de sa relation au risque qui permet d’expliciter certains des mécanismes de la crise autres que ceux proposés par Minsky. Il nous sera alors possible de comprendre comment la dissémination du risque s’est mise en place et comment il est donc possible de la combattre.
Notre problématique consiste à démontrer combien la dénaturation du métier de la banque et de la fonction de financement du système bancaire est dangereuse pour le système économique et que la crise actuelle n’est pas seulement un moment minskyen. Les événements récents n’en sont que la confirmation.
1. La conception dominante de l’approche du risque inuencée par Minsky
La crise économique actuelle trouve ses racines dans de nombreux dysfonctionnements. Beaucoup ont été évoqués, tous relatifs au système financier, et plus particulièrement à la prise de risque excessive des acteurs
Sandrine Ansart et Virginie Monvoisin
financiers. La théorie de Minsky a alors largement été mobilisée tant pour 2 son analyse des événements que pour la réglementation qu’elle suppose .
D’une part, il est vrai que peu d’auteurs lient avec autant de pertinence et de cohérenceles pratiques bancaires et le rapport de la banque aux risques: Minsky est l’un des rares économistes qui permettent d’appréhender une mécanique de crise, le rôle des banques et l’importance des innovations financières comme de la titrisation. D’autre part, son approche des risques et de la crise inspire amplement les approches actuelles de la réglementation en matière financière et bancaire dirigée vers la gestion prudentielle, les accords de Bâle et leur révision relevant strictement de cette logique.
Néanmoins, si Minsky traite longuement du risque, il ne nous éclaire pas sur les mécanismes de dissémination des risques dans la sphère financière et dans la sphère réelle ou plus précisément, son analyse demeure finalement traditionnelle et insuffisante pour dessiner un cadre législatif satisfaisant pour éviter une nouvelle crise.
1.1. Les risques bancaires et la fragilisation înancière
En 1957, Hyman Minsky entend proposer un modèle foncièrement 3 différent de la théorie standard de la banque et, en tant que keynésien , une théorie dynamique des crises dans un cadre d’une économie monétaire de production – soit une économie où la dichotomie sphère réelle et sphère financière n’existe plus.
Depuis, et plus encore depuis 2007, l’étude des risques encourus par les établissements de crédit s’appuie souvent sur les principes de Minsky relatifs à l’activité bancaire, sa gestion et les innovations financières des banques. En fait, la nature de la relation prêteuremprunteur est d’abord précisée par Keynes, dans le chapitre 11 de laThéorie générale, par la définition de deux 4 risques, le risque emprunteur et le risque prêteur . Afin d’éclairer une partie
2. Le vocable « Minsky Moment » est largement utilisé par des quotidiens tels queThe Financial Times ou leWall Street Journal, des revues telles queFinance and Developmentou comme des auteurs autrichiens (David Prychitko).
3. Minsky est avant tout un keynésien, et ce, à plus d’un titre. Comme le rappelle Tymoigne [2006], Minsky s’inscrit pleinement dans la tradition keynésienne et décrit une économie monétaire de produc tion. Il s’agit de l’un des principaux aspects de la révolution keynésienne qui consiste à ne plus traiter la monnaie comme une variable accessoire, mais, au contraire, de la placer au centre du système économi que, car Keynes théorise une économie monétaire dans laquelle la monnaie n’est plus neutre.
4. Keynes [1936, p. 144].