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Description


L'Investisseur Français gère une société de participations à la performance d'investissement hors du commun, conduit une activité de conseil auprès de plusieurs grandes banques européennes et fédère, via le Club de l'IF, une vibrante communauté de plusieurs centaines d'investisseurs - particuliers et professionnels - entreprenants et décidés à tirer le meilleur parti de leurs capacités d'épargne.

Avec ce livre, recueil soigneusement composé de chroniques récentes, imprégnez-vous des méthodes et de l'expérience des auteurs, animateurs et dirigeants de l'Investisseur Français.



BONUS : avec le code promo MAXIMAIF bénéficiez d'un trimestre gratuit pour votre adhésion au Club de l'IF ! www.linvestisseurfrancais.com



En soixante et un chapitres compacts compacts et didactiques, ils lèvent le voile sur leur approche rationnelle et profitable de l'investissement boursier.

Rien d'obscur ni d'impénétrable parmi les techniques dévoilées : vous le découvrirez, comprendre la théorie et maîtriser la pratique requiert en premier chef les bons outils, de la logique et du bon sens.



Attention, lecture transformatrice ! Vous avez entre les mains votre premier investissement à fort rendement.



Le portefeuille boursier de l’Investisseur Français s’est apprécié de plus de 220 % depuis sa création il y a moins de cinq ans, soit une performance annuelle de +32%.

Cette performance repose sur trois principes fondamentaux dont les chapitres de ce livre sont à la fois l’illustration, la démonstration et le manifeste :

1. L’actif acheté s’échange en bourse pour une fraction de sa valeur liquidative.

2. Son rendement est élevé.

3. Ses perspectives de croissance sont importantes.



En d’autres termes, l’Investisseur Français achète pour (nettement) moins cher qu'il ne vaut un actif à fort rendement.

Investir est un travail de fond (étude des bilans, des comptes de résultat, du management, du secteur d'activité, de la concurrence, de l’avantage compétitif), de patience et d’opportunisme pour limiter le risque et assurer les plus-values en n'achetant les actions que lorsqu'elles présentent une décote importante (en bas de cycle, lors d'une baisse de marché, d'un changement dans l'environnement, d'un retournement économique...).

Les auteurs ont adopté une approche résolument pragmatique des stratégies d’investissement qu’ils préconisent et qu’ils mettent quotidiennement en œuvre avec succès. Ce qui fait de ce livre à la fois un guide, un outil et une base incontournable de références pour quiconque a l’ambition de décupler la rentabilité de son portefeuille boursier.



Le Club de l'Investisseur Français rassemble aujourd’hui près de mille adhérents (particuliers et professionnels) auprès de qui il dispense des formations et des informations dans les domaines de l’analyse financière et de l’investissement boursier. C'est la plus importante communauté francophone d'investisseurs à long terme

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 janvier 2016
Nombre de lectures 137
EAN13 9782818805985
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0127€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Couverture

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4e de couverture

Bcover

 

L’Investisseur Français est une société de participations et, via son réseau social (le Club de l’Investisseur Français), la première communauté francophone d’investisseurs à long-terme.

Depuis sa création en septembre 2011, le portefeuille d’investissements de la société a produit les performances suivantes :

 

à fin août 2012 : + 61,54 %,

à fin août 2013 : + 134,53 %,

à fin août 2014 : +184,46 %,

à fin août 2015 : + 217,26 %.

 

Vous pouvez les joindre à : investisseur.français@maxima.fr

 

Avertissement :

Aucune des informations publiées dans cet ouvrage ne peut être assimilée à un conseil d’investissement ou une sollicitation commerciale. Les opinions exprimées au fil des pages n’engagent que leurs auteurs.

 

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8, rue Pasquier, 75008 Paris

Tél. : 01 44 39 74 00 – infos@maxima.fr

 

© Maxima, Paris, 2016.

EAN Epub : 978-2-81880-598-5

Le Code de la propriété intellectuelleinterdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective.Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelqueprocédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur oude ses ayants droit ou ayant cause, est illicite etconstitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivantsdu Code de la propriété intellectuelle.

Citations

 

 

 

 

 

 

Àl’œuvre, on connaît l’artisan.

Jean de La Fontaine

 

 

Pour juger le monde, il faut le voir de loin et surtout l’avoir beaucoup vu de près.

François de La Rochefoucault

Introduction
Cartes sur table

L’Investisseur Français gère une société de participations, et à travers elle un portefeuille d’investissements composé dans sa majorité d’actions, parfois d’obligations et (plus occasionnellement) de produits dérivés.

Nos acquisitions présentent toutes une décote marquée par rapport à leur valeur intrinsèque. Typiquement : 1. l’actif s’échange en bourse pour une fraction de sa valeur liquidative ; 2. son rendement locatif est élevé ; 3. des perspectives de croissance rentables sont soldées dans le prix d’achat.

En deux mots : décoté rentable. Nous achetons pour (nettement) moins cher qu’il ne vaut un actif à fort rendement – à ce titre, l’article intitulé « l’investissement parfait », (publié sur la tribune de l’IF le 30 juin 2014), est un exemple sans doute illustratif de nos méthodes. Aussi mesurons-nous notre risque par l’écart entre le prix et la valeur des actifs que nous convoitons et/ou détenons, certainement pas selon la volatilité de leurs cours sur le marché. Les caprices de la bourse nous indiffèrent, sauf quand ils sont sources d’opportunités.

Une opération d’investissement, du moins en théorie, défend la préservation du capital engagé et assure un rendement satisfaisant sur celui-ci. Notre principal et indéboulonnable objectif de gestion est (et sera toujours) de contrarier le risque à l’extrême, et d’interdire le risque de perte. à cette fin, nous limitons nos opérations aux dynamiques financières que nous comprenons bien.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point : le postulat fondamental est que le succès d’une opération (capitalistique ou autre) dépend invariablement du concours d’une circonstance et d’un talent.

Nous n’accordons qu’un relatif crédit au sempiternel principe de diversification. S’il existe une bonne opportunité, autant la saisir complètement. Quand effectivement nous diversifions (il arrive – rarement – que les opportunités soient trop nombreuses), c’est d’une manière délibérée, jamais mécanique. Ainsi notre portefeuille se retrouve-t-il fréquemment concentré : nous investissons sur nos meilleures thèses (celles que nous définissons comme les plus sûres), là où les marges de sécurité sont les plus criantes. Quand les circonstances l’exigent, nous entreprenons de liquider (moyennant de sympathiques profits) ces quelques investissements pour lesquels lesdites marges se sont évaporées.

Nous nous focalisons sur les situations où exploiter notre avantage analytique à sa juste mesure est rendu possible par une palpable irrationalité du marché – résultant traditionnellement d’une panique, ou lorsqu’une actualité défavorable prévaut. Cupides quand la foule est craintive, craintifs quand la foule est cupide : le biais de gestion est fondamentalement contrarien. Conscients que le seul moyen d’obtenir une performance atypique est d’agir suivant une réflexion atypique, nous ne craignons pas de produire une pensée différente, ni d’avoir le courage d’agir selon cette dernière (pour autant qu’elle se base sur des faits plutôt que sur des intuitions).

Nous savons que notre art exige une charge de travail considérable, un tempérament hors du commun, et une vision réellement orientée vers le long-terme. Répétons-le : nous nous désintéressons parfaitement du marché, de ses humeurs et de ses fluctuations ; tout au plus exploitons-nous ses phases de folie pour acquérir de sensationnels actifs productifs à prix d’ami. Nous tenons pour évident que prédire l’évolution de la bourse est un exercice futile, et que distribuer son capital en fonction de prophéties macro-économiques est une entreprise spéculative assurée, sur la durée, de perdre l’imprudent qui s’y risquerait. Les prévisions en disent moins sur l’avenir que sur ceux qui les font, a fortiori quand ils sont rémunérés à la conversation plutôt qu’à la performance.

Épris des principes de liberté (d’être, de penser et d’entreprendre), intimement convaincus qu’à terme chacun est récompensé à la hauteur de son mérite, nous croyons en la capacité de tout individu à construire sa vie pour améliorer son ordinaire (il fût un temps où le nôtre en avait bien besoin) et celui des siens, et effectivement réaliser ses rêves. Aussi partageons-nous dans le Club de l’Investisseur Français notre travail et nos réflexions, et tentons-nous d’apporter notre (modeste) contribution à la communauté, afin de rendre à cette dernière un peu de ce qu’elle nous a donné.

1
Les moyens de ses ambitions

Notre portefeuille boursier s’est apprécié de +220 % depuis son lancement en septembre 2011, soit une performance annualisée de +32 %. Nos ambitions demeurent inchangées : 1. pour nos investissements, contrarier le risque à l’extrême et produire une performance supérieure à toutes les alternatives existantes ; 2. pour le Club, développer et fédérer la première communauté d’épargnants/investisseurs francophones.

Le Club accueille à présent près de sept cents membres. L’aventure ne fait que débuter !

La diversité des profils qui nous rejoignent ne cesse de nous épater : des portefeuilles de cinq mille euros comme des portefeuilles de plusieurs dizaines de millions d’euros ; des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes ; des entrepreneurs (connus comme...

2
Bien investir en bourse

Quatre principes

P
remier élément de réponse : en évitant la catastrophe. Pour bien investir en bourse, quatre principes fondamentaux :

1. Assimiler la (subtile mais ô combien essentielle) différence entre investir et spéculer

Dans le premier cas (investir), on devient propriétaire d’un actif productif (qui génère un rendement). L’objectif est alors d’identifier un rendement pérenne (idéalement en croissance), et d’acquérir l’actif pour un prix bradé (payez cent pour un rendement de dix et vous obtenez un retour sur investissement de 10 % ; payez cinquante pour ce même rendement, un retour de 20 %). Un dividende (cf. chapitre 15 : « de l’intérêt des dividendes ») n’est pas toujours (loin de là !) un rendement pérenne, optimal, ni désirable.

Dans le deuxième cas (spéculer), on mise sur un ticket de loto (une action ou un autre produit financier) en espérant que son prix de marché va sans tarder filer à la hausse, typiquement en se reposant sur l’intuition ou, plus aléatoire encore, sur l’analyse (euphémisme) technique (cf. chapitre 46 : « l’analyse technique »).

2. Raisonner en homme d’affaires

Qu’importe le montant de son portefeuille, l’investisseur est bel et bien un entrepreneur à la tête d’un business : un actif (son cash et ses actions), un passif (frais de transactions, dettes) et un actif net (l’actif moins le passif, soit la richesse nette).

Comme pour tout business (d’une épicerie de quartier à...

3
Tout est relatif

Arbitrage 101

Un investissement revient à faire un crédit avec son argent : on le met à disposition d’un tiers (un État ou une entreprise) ou de soi-même (un actif immobilier) en échange d’un rendement.

Le taux d’intérêt à long-terme de la dette souveraine (qui rémunère le crédit fait à l’État) est dit taux sans risque – sachant qu’en pratique le Trésor est tout-puissant, puisqu’il dispose du droit de vie ou de mort sur l’économie. Dans la galaxie des marchés financiers, ce taux sans risque est le noyau autour duquel gravite le prix de tous les actifs.

Pourquoi ? Parce que si l’on choisit d’accorder un crédit, on réalise toujours un arbitrage entre la sécurité du taux sans risque (dont la moyenne historique oscille autour de...

4
L’opportunité du siècle ?

Bank of America

Début 2012, l’action Bank of America s’échange au quart de sa valeur comptable et au tiers de sa valeur comptable tangible – la mesure la plus fiable de sa valeur liquidative. Nous estimons également qu’elle s’échange à un multiple de ses profits normalisés entre un et deux, soit un rendement entre 50 et 100 %. Si, vous avez bien lu.

Le retour sur fonds propres (ROE) normalisé d’une banque oscille traditionnellement entre 10 et 20 % (BofA n’échappe pas à la règle). Ici, l’équation est simple : en achetant les fonds propres au quart de leur valeur réelle, le « rendement locatif » atteint au moins 40 ٪ par an – tout en assurant une quasi-parfaite protection à la baisse. à titre de comparaison, les banques régionales américaines s’échangent à environ une fois et demie leur valeur comptable tangible, et dix à douze fois leurs bénéfices normalisés.

La franchise de Bank of America leur est très supérieure : elle compte...

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« Craintif quand la foule est cupide… »

En 2007, tout le monde – journalistes, experts, famille, voisins – ne jurait que par la bourse, l’évident « meilleur placement à long-terme ». Le rapport cours/bénéfice – ou PER (Price Earning Ratio) – de l’ensemble du marché était supérieur à 30. Autrement dit, à bénéfices constants, il fallait trente ans pour revoir son investissement initial sous forme de profit. Soit un rendement annualisé de… 3,33 % par an – et ce, seulement si les bénéfices restaient constants ! Une fois soustrait l’impôt, la performance était à peu près équivalente à celle d’un livret A. Avec le décodeur : un placement sans aucun risque rapportait autant qu’un placement à risques.

En pratique, peu d’entreprises parviennent à maintenir leurs bénéfices constants sur la durée (sous réserve qu’elles parviennent déjà à faire un profit). Fallait-il avoir la foi pour en acheter trente ans ! Était-il alors censé pour un débutant d’investir « en bourse » ? Non ! Pour un investisseur plus averti, et sous réserve d’exiger des marges de sécurité (soit l’écart entre le prix de marché et la valeur intrinsèque de l’actif) toujours plus importantes, il existait certes quelques alternatives… que nous-mêmes (malgré notre zèle) avons d’ailleurs manqué de dénicher.

En 2007, qu’avons-nous fait ? Nous avons encaissé toutes nos plus-values, et gardé seulement deux titres en portefeuille (McDonald’s et Apple) pour un cinquième de nos actifs sous gestion. Les quatre cinquièmes restants dormaient en cash.

Pas de géniale anticipation : c’est simple, nous ne trouvions rien. Nous aurions pu (dû) dénicher Netflix, hélas l’opportunité nous est bêtement passée sous le nez.

Patience et longueur de temps… Bien entendu, l’inévitable finit par se produire : la bulle de crédit implose, et avec elle l’économie mondiale. En pleine crise financière, les optimistes d’hier étaient subitement prêts à vendre père et mère pour fuir l’apocalypse à venir. Le PER du marché était brutalement tombé à 9 – un niveau historiquement bas – soit un rendement annualisé de 11 %. Voilà plus séduisant !

Craintif quand la foule est cupide, cupide quand la foule est craintive : la chasse était ouverte.

Apple se retrouvait coté à la moitié de son prix sommet de 2008. Nous connaissions bien l’entreprise, ses produits cartonnaient comme jamais (croissance du bénéfice supérieure à 50 % par an !) et rien ne justifiait un multiple de moins de dix fois les profits : l’occasion était trop belle.

En ouvrant le premier journal venu, on lisait aussi que Ford était promis à la banqueroute. Nous étions en bas du cycle automobile mais le constructeur, bien qu’endetté, disposait de quarante milliards en cash sans aucune échéance de remboursement immédiate. Non, Ford n’allait pas faire banqueroute – du moins pas dans les quatre années à venir. L’entreprise s’échangeait à moins d’une fois son bénéfice normalisé, soit un PER inférieur à 1, donc un rendement annualisé de… 100 % !

Combien connaissez-vous d’investissements qui paient 100 % par an ?

En 2009, souvenez-vous, Warren Buffett répétait à l’envi que si d’aventure il devait placer tout son capital sur une action en particulier, cette action serait celle de Wells Fargo – la troisième banque américaine. Supérieurement gérée, Wells sut habilement profiter du stress chez ses concurrents moins prudents, et procéda à l’acquisition de Wachovia (la 4e banque américaine) pour une bouchée de pain – au moyen d’une transaction remarquablement intelligente, qui démultiplierait son bénéfice par action dès la première année. Peut-être la meilleure banque au monde, Wells s’échangeait à moins de trois fois son bénéfice (soit un rendement annualisé de 33,3 %). Les circonstances imposaient d’être décisifs : nous avons placé le reste du portefeuille dessus.

Début 2009, nous étions donc intégralement investis dans McDonald’s, Apple, Ford et Wells Fargo.

Fin 2010, le cours de Ford a été multiplié par 11. Nous avons liquidé la position, puis réinvesti le profit dans Philip Morris International – l’entreprise s’échangeait à dix fois ses bénéfices malgré une croissance de 15 % par an, des rachats d’actions massifs et un généreux dividende (5 %).

Début 2012, nos investissements dans McDonald’s et Philip Morris avaient doublé, celui dans Wells Fargo triplé, celui dans Apple...

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« … Cupide quand la foule est craintive »

Plus ça change, plus c’est pareil

Les brefs extraits qui suivent sont issus du compact mais exhaustif Une brève histoire des crisesfinancières : des tulipes aux subprimes, de Christian Chavagneux1.

1. La folie des tulipes – Hollande, 1634

« Comme ceux de Gênes deux siècles plus tôt, les commerçants hollandais profitèrent d’une période de grande prospérité pour délaisser leurs activités traditionnelles et se concentrer exclusivement sur la finance. » […]

« Le marché des tulipes change rapidement de visage : d’un marché de produits physiques (les bulbes), il est devenu un marché financier, ouvert toute l’année, où s’échangent des “billets à effets” [un équivalent de nos options]. L’engouement pour le commerce des tulipes s’accroît et les prix commencent à grimper. »

[…]

« Dans une société puritaine qui tirait sa fortune du commerce, les liens de confiance et le...

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L’argent facile

De l’eau dans le gaz

D
éjà, le contexte : parle-nous de l’industrie du gaz naturel, et de la catastrophe économique qui s’y joue depuis plusieurs années.

 

L’Investisseur Français : Le gaz naturel est une matière première, au même titre que le pétrole, l’argent, le fer ou le cuivre. Avant 2008, il s’échangeait à $10-$12 le millier de pieds cube (« mcf » ou mille cubic foot), l’unité de mesure en vigueur. Comme n’importe quelle autre matière première, le prix fluctue en fonction de l’offre et de la demande.

 

Jusqu’ici tout va bien.

 

Quand le gouvernement fédéral américain essaie de réguler comme il l’a fait avec le pétrole dans les années 2000, on se retrouve avec un prix du mcf en chute libre, comme on s’est retrouvé à l’époque avec un prix du baril à $10.

 

Bis repetita ?

 

Exactement. Il y a quelques années, si tu te souviens bien, tout le monde parlait de la révolution du gaz de schiste, et le gouvernement a voulu réguler l’industrie de manière à inciter la production. Résultat ? Les volumes ont explosé, puis les prix se sont effondrés.

Quand j’entends le mot révolution…

 

… Je cache mon portefeuille.

 

Plus ça change, plus c’est pareil.

 

Le gaz de schiste est une source de production alternative du gaz naturel [ainsi que du pétrole]. Les investissements y ont été fortement stimulés par le gouvernement US, qui y voyait un excellent moyen de sortir de la récession du début des années 2000. Tout le monde s’y est mis. Les techniques d’extraction se sont rapidement perfectionnées, si bien qu’on a fini avec une surproduction massive par rapport à la demande… Qui elle ne croît en moyenne qu’au rythme du PIB, ou à peine plus, à l’instar du pétrole.

 

Il y avait aussi une théorie à la mode, selon laquelle le gaz naturel était plus écologique que le pétrole.

 

Que le charbon surtout. Ce n’est pas une théorie à la mode, c’est une réalité.

 

Bref, il y a eu un double momentum : révolution du gaz de schisteet révolution écologique ?

 

Voilà, c’est ce qui a amené le pic de production dès 2008, sponsorisé par le gouvernement exactement comme l’avait été la surproduction de pétrole sept ans auparavant.

 

J’imagine qu’ils n’avaient pas prévu ça.

 

Ils n’avaient pas planifié à long-terme. Rien de nouveau sous le soleil.

 

Quand un gouvernement régule, le prix part soit à la hausse, soit à la baisse, mais c’est toujours extrême.

 

Bien observé. Dans le cas du gaz naturel le prix s’est spectaculairement effondré : on parle d’une division par cinq en rapport à son plus haut de l’année précédente.

Intéressant.

 

On peut faire l’analogie avec Plantations d’Hévéas, une entreprise très suivie en France par la communauté des investisseurs particuliers. Le même processus s’est déroulé dans l’industrie du caoutchouc. Là, il n’était même pas question de subventions, juste de libre concurrence. Comme l’activité marchait très bien, beaucoup de monde s’est mis en tête de cultiver et de produire du caoutchouc. L’offre a fini par dépasser la demande, et naturellement le cours s’est effondré.

 

Il fallait s’en douter…

 

Quand les affaires vont, tu sais, plus personne ne se doute de rien.

 

Le cours du caoutchouc qui croît plus vite que toutes les entreprises du monde,ça attire la compétition commele miel attire les mouches… La fête ne pouvait durer éternellement.

 

L’offre et la demande régissent chaque marché : le caoutchouc, le gaz naturel ou la bourse sur laquelle tu achètes tes actions. Quand la demande explose, c’est très facile d’oublier les fondamentaux.