Du rêve de la mondialisation au cauchemar du populisme

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Description

En moins de quarante ans, le capitalisme anglo-saxon s’est engouffré dans nos communautés européennes.
Chaque jour, la mondialisation et la révolution de la d igitalisation amplifient la prédominance de cette sphère marchande.


Aujourd’hui, les États européens sont écartelés entre des engagements sociaux impayables et des marchés qui leur échappent. Certains États-providence européens ont été financés par l’endettement public alors qu’ils ont désormais perdu leur souveraineté budgétaire et monétaire dans la zone euro.
Des courants populistes rejettent les dirigeants qui n’ont pas protégé leur population vieillissante contre ces forces de marché. Ces populismes, relayés par les réseaux sociaux et radicalisés par des embrasements politiques, pourraient fissurer le modèle social-­démocrate européen et conduire à des chocs sociaux et politiques d’une envergure désespérante.
Cet essai replace ces évolutions dans la longue histoire du capitalisme et, plus spécifiquement, dans le sillage de la révolution néolibérale des années 1980 dont nous ressentons désormais le ressac social. Il constitue un avertissement avec un message clair : le sauvetage de la tempérance politique européenne doit impérativement passer par la réhabilitation d’États stratèges et par un projet européen stabilisé par de nouveaux équilibres sociaux et fiscaux. Il s’impose désormais de subordonner toute décision politique à l’intérêt général et au bien-être des futures générations dans un esprit de solidarité et dans le respect d’une concertation sociale et écologique.

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EAN13 9782507056438
Langue Français

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Avenue du Château Jaco, 1 – 1410 Waterloo www.renaissancedulivre.be fB Renaissance du Livre Tw@editionsrl
Du rêve de la mondialisation au cauchemar du populisme Mise en pages : Extra Bold Corrections : Catherine Meeùs
ISBN: 9782507056438
©Renaissance du livre, 2019 Tous droits réservés. Aucun élément de cette publication ne peut être reproduit, introduit dans une banque de données ni publié sous quelque forme que ce soit, soit électronique, soit mécanique ou de toute autre manière, sans l’accord écrit et préalable de l’éditeur.
It’s not enough that we succeed We still need others to fail. Roger Waters, Is this the life we really want?, 2017
Remerciements… Et un peu d’histoire personnelle
Cet essai est dédié à la mémoire de mes grands-parents maternels, Jean (1899-1973) et Esther (1911-2005) Spinhayer, qui m’ont transmis le singulier gène de l’alerte sociétale. Ils ont connu deux guerres et ils étaient, l’un et l’autre, des immigrés. Mon grand-père était le descendant d’exilés moraves. Ma grand-mère était américaine, descendante d’un Belge émigré e aux États-Unis car en Flandre, au milieu du XIX siècle, les paysans mouraient de faim. Ils ont eu très peur pendant les années 1930. Je tiens à remercier Caroline Mathias, la plume qui a accompagné avec talent mes mots et ma pensée au fil des pages, ainsi qu’Hans Bevers, Joan Condijts, Amid Faljaoui et Pierre-Henri Thomas pour les échanges de vues qui ont accompagné la rédaction de cet essai. J’associe à ces remerciement tous les acteurs issus des mondes politiques, syndicaux, académiques, médiatiques et professionnels qui ont façonné mon apprentissage de l’économie et m’accompagnent depuis plus de vingt-cinq ans dans ma passion de la prospective et l’écriture. Qu’ils trouvent ici l’expression de ma plus profonde gratitude.
Préface
L’auteur de ce remarquable livre excelle par sa rigueur de pensée, la profondeur de ses analyses, le cadrage historique de ses arguments et sa vision de l’avenir. Bruno Colmant est devenu l’éminent séismologue socio-politico-économique des secousses qui traversent notre monde tous azimuts. Mais il est beaucoup plus qu’un observateur engagé. Il tente dans de très nombreux écrits, exprimés par un orfèvre de la formulation, de décoder le dessous des événements qui déferlent sur nos sociétés pour le meilleur et pour le pire. Car Bruno Colmant est convaincu que l’événementiel est trompeur dans la mesure où il cache des courants fondamentaux de l’Histoire et des paradigmes implicites de l’évolution de l’humanité. Il n’hésite pas à tirer des conclusions qui franchissent la dichotomie entre le court terme et le long terme. Et il le fait avec l’autorité de l’académique, de l’économiste distingué, du professeur, du praticien de la vie économique, du conseiller écouté des plus hauts responsables politiques. Les propositions de Bruno Colmant, dont d’aucunes ont été adoptées par les gouvernants, visent à transcender le caractère purement technique des solutions à apporter, l’auteur mettant l’accent sur la nécessité de transformer tous les changements, qui se précipitent, en véritable progrès humain. Bruno Colmant n’hésite pas à introduire une dimension éthique dans ses raisonnements car ce qu’on appelle « progrès humain » réfère au vaste chantier de la promotion des valeurs civilisatrices. L’Histoire de l’humanité est largement déterminée par les découvertes de la science et les innovations technologiques qui en découlent. Ce qui se passe et ce qui s’annonce dépassent toute science-fiction. Sous l’Ancien Régime, les changements étaient tellement lents que peu de gens les remarquaient. Aujourd’hui, les changements sont tellement intenses, profonds, disruptifs que peu de gens se rendent compte de leurs conséquences. Mais pas Bruno Colmant, auteur de livres visionnaire. Démographie galopante, transmigration, problèmes écologiques d’une extrême gravité, digitalisation de la vie en commun, modification génétique, transhumanisme, vieillissement de la population, viabilité menacée de nos systèmes de sécurité sociale, grandes inégalités entre les habitants de la planète, dysfonctionnements de la démocratie ne constituent qu’un résumé incomplet des immenses défis auxquels l’humanité est confrontée. Les problèmes à résoudre sont d’une extraordinaire complexité et requièrent en plus une prise de décision de plus en plus multilatérale. L’interdépendance est devenue globale. Pour la plupart des citoyens, le pouvoir politique manque totalement de transparence et devient abstrait. Il ressemble à un tableau non figuratif en porte-à-faux avec le souhait d’une démocratie engagée et coopérative, capable de gérer les divergences d’opinions dans une société tolérante. On décide, on décrète, on gouverne, on autorise et on interdit. La mondialisation, conséquence largement positive des progrès scientifiques et technologiques, génère toutefois une série de frustrations. Notre société, au sein de laquelle le peuple devient une population diversifiée, est soumise au règne d’ON, un pouvoir dépersonnalisant et opaque. Il s’agit d’une aliénation, que j’appelle « l’onitude », et qui affecte les électeurs auxquels s’applique l’expression «they havea vote but no voice ». Celui qui proclame que le monde est devenu notre village appartient généralement à l’élite sociétale, alors que le citoyen « normal » a tendance à se rebiffer en affirmant que c’est toujours son village qui constitue son monde. Un point de vue explicable et respectable mais qui, à cause des dérives nationalistes et isolationnistes, ne peut qu’aggraver de graves déceptions. Cet ouvrage, comme d’ailleurs toute l’œuvre imposante de Bruno Colmant, contient toutefois un message qui échappe au dilemme entre pessimisme et optimisme. Le pessimisme, surtout intellectuel, est débilitant et paralysant et entrave la détermination à agir. L’optimisme, en
revanche, face aux énormes défis qu’il faut affronter, n’est qu’un antidouleur fallacieux. En plus, un optimiste est souvent un pessimiste mal informé. Bruno Colmant appartient à une autre école de pensée et de volonté que j’appelle le « méliorisme », à savoir la conviction que les choses et les hommes sont améliorables, que les changements peuvent être transformés en véritable progrès humain et que l’avenir n’est pas un droit acquis mais qu’il faut le construire.
Prof. em. Mark Eyskens — Ministre d’État