248 pages
Français

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Energie, climat, développement : l'heure des choix

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Description

Nous avons bâti nos sociétés sur une dépendance à l'énergie. Seule une décroissance énergétique peut nous faire sortir de la situation à risques actuelle : pénurie, climat, pollutions... Comment y parvenir concrètement ? Comment améliorer l'efficacité et la sobriété, développer les énergies renouvelables et limiter drastiquement notre recours aux énergies nucléaires et fossiles ? Faut-il craindre de retourner à l'âge de pierre ? Ce livre montre qu'une société économe et prévoyante peut offrir à sa population des conditions de vie satisfaisantes, stables et durables.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2009
Nombre de lectures 365
EAN13 9782336272085
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pour Maëlle,Axel etGuilhem.

Le monde est confronté à une double menace liée à l’énergie : celle de ne pas
disposer d’approvisionnements suffisants et sûrs à des prix abordables, et celle de
nuire à l’environnement par une consommation excessive.

ère
1 phrasede l’Executive Summary de World Energy Outlook 2006 de l’Agence
Internationale de l’Énergie.

Avant-Propos

Ce livre est finalement le reflet d’un parcours initiatique. Ce parcours, il
fut le nôtre…AinsiJean-MarcJancovici et AlainGrandjean terminent-ils
1
leur ouvrage :je fais mienne cette conclusion, car c’est un résumé de mon
cheminement personnel que je propose ici.
J’étaisau départ sceptique quantau réchauffement climatique etaux
affirmations des écologistes.J’étaisaussi résolument progressiste, certain
que notre ingéniosité nous mettraità l’abride toute déconvenue et
contribueraità un essor vers un mieux-être promis au monde entier – essor
certes lent mais irréversible.Mais des rencontres provoquèrent des failles
dans cette croyance, et des lecturesachevèrent d’introduire le doute.
Toutes mes certitudes vacillèrent progressivement : maformation
d’ingénieur et mon parcours professionnel ne m’avaient pas préparéàde
telles révélations.Habitué àidentifier les risques,à les anticiper, à gérer des
ressources et des budgets,àconserver des marges d’action, je me trouvais
faceà un monde – notre monde, où ces règles de bon-sens étaientabsentes
ou bafouées.Dans ce monde, nos représentants politiques et nos
entrepreneurs, dans leur grande majorité, ne semblaient posséderaucune
vision d’ensemble,aucune perspectiveà long terme.
J’en étais abasourdi.Dans une démarche scientifique, j’ai voulu tout
vérifier, démêler le vrai du faux, croiser les sources, en laissant toujours la
placeau doute : il est si difficile de nos jours de trouver une source fiable,
tant nousavonsaccèsàde multiples phares, commeautant de prophètes
autoproclamés, qui tous défendent des vérités contradictoires.Je me suis
ainsi forgé une nouvelle conviction :il existe une urgence écologique
intimement liée à notre usage de l’énergie.
De nombreuses discussionsavec des collègues et parents m’ont montré
notre niveau ridicule de connaissance et d’information : nousen sommes –
surà peu près tous les sujets – à un stade de croyance personnelle, où le
dernier qui parlearaison, où l’affect l’emporte souvent sur laréflexion.

1
J-M.Jancovici, A.Grandjean,Le plein s’il vous plait,Editions duSeuil 2006, p183.

9

Je ne m’adresse pas forcément aux spécialistes, et je souhaite seulement
faire preuve de pédagogie et d’information sur certaines notions importantes.
Bien qu’ayant peu de légitimité professionnelle sur ces notions (énergie,
climat, économie…), mon travail de synthèse et de réflexion me permet de
faire un état des lieux le plus factuel possible.
J’aurais tout d’abord aimé convaincre mes interlocuteurs seulement grâce
à larigueur de cette synthèse.Puis quelques lecteurs ont exprimé des doutes,
des réticences, et même si leursarguments relevaient plus de lacroyance que
du fait scientifique éprouvé, j’ai compris que ce que j’avais écrit n’était
qu’une simplethèse: je ne pouvais prétendre convaincre sans combattre,
malgré toute laclarté et l’exhaustivité dont j’avais essayé de faire preuve.
Pour étayer lesarguments, lagrande majorité des sources provient pourtant
d’organismes internationaux déclarés politiquement neutres, de rapports
parlementairesayant déjà fait un travail de synthèseauprès d’experts, ou de
publications scientifiques validées par des pairs et souvent vulgarisées par la
suite dans des revuesabordables par chacun d’entre nous.Je m’attendais
naïvement à ce que mes contradicteurs répondentavec le même niveau de
référence… et je me suisaperçuainsi qu’on pouvait lire mon livre comme
on écoute une musique d’ambiance, enappréciant peut-être le voyage, mais
sans évoluer d’un iotasur le plan personnel.
J’ai donc revu mesambitions à labaisse, et je souhaiteaujourd’hui
simplement partager le fruit d’une évolution personnelle, d’une longue
réflexion fondée sur de nombreuses sources différentes et concordantes,avec
le minimum de parti pris et d’implications partisanes, et surtout sansaucune
culpabilisation du lecteur.J’aiaussi compris qu’écrire sur ce sujet n’est pas
unacte neutre, mais éminemment politique– ce dont je me défendaisau
départ. A ceux qui verraient ici un manifeste, j’ai tout fait pour que la
démarche scientifique précède lathèse politique (présentée dans laseconde
partie), qui devrait seulementapparaître comme laconclusion logique de
l’analyse rationnelle des données.
C’est donc une thèseassumée que je vais défendre, celle de l’urgente
nécessité d’une organisation volontaire de labaisse de laconsommation
énergétique, pour un coût relativement minime évaluéà quelques pour cent
en moyenne du prix de l’énergie.Vu laquantité d’informations citées, il se
peut que des erreurs ou desapproximations se soient glissées, y compris
dans les (petits) calculs. Celane doit pas nuireau propos, et il ne faut pas
tirer parti d’une inexactitude pour discréditer l’ensemble.Le cas échéant,
merciau lecteur de me le signaler pour correction.

10

Introduction

L’écologie agace certains et fait réfléchir d’autres, elle inquiète par ses
prédictions et ses constats alarmistes mais fait aussi vendre grâce au
marketing «vert ».Cette notion à géométrie variable, que tout un chacun
accommodeà sa sauce, est-elle seulement une utopie naïve et rétrograde, ou
une idéologie dogmatique et dangereuse ?
2
Comme James Lovelock , spécialiste des sciences de l’atmosphère,
fautil comparer les accords de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à
effet de serre, aux accords de Munich en 1938 où les gouvernants européens
ont fait semblant d’agir et temporisé face? Ouà la menace hitlérienne
comme Michael Crichton, célèbre romancier, faut-il trouver une similarité
entre lathéorie de l’eugénisme et celle du réchauffement climatique, en ce
sens que les fondements scientifiques ne seraient qu’apparents, et que des
groupesaux intentions cachées justifieraient desactions extrêmes par des
3
arguments fallacieux ?
Tous les points de vue sont permisà ce stade– même les plus
outranciers.Cependant nous essaierons de dépassionner le débat et de parler
rationnellement d’écologie, enayant conscience que celle-ciaété confisquée
par des mouvements de gauche, même si ladroite semble commencerà s’en
préoccuper aussi.Nousavons trop souvent de mauvais réflexes par rapport
aux idées écologistes: tantôt nous les jugeonsascétiques, contraignantes,
restrictives, tantôt nous les trouvons élitistes, voire ploutocratiques.Nous
tenterons donc de résoudre cetteapparente contradiction… si le lecteur
afccepte de se «airebouger »,comme on dit dans le jargon sportif.Car
comprendre les réalités environnementales ne se fait pas sans remise en
question personnelle.Et les remises en cause ne se font pas sans douleur ni
sans cicatrices.
On peut difficilement donnerà une personne des conseils ou des pistes de
réflexion sur son comportement écologique, sans qu’elle se senteagressée.
Au lieu de comprendre, d’acquiescer, de réfléchir, voir de promettre d’agir,

2
JamesLovelock,Larevanche deGaïa, collection essai,J’aiLu, 2008, p23.
3
Michael Crichton,État d’urgence,RobertLaffont, 2006, p621.

11

elle va se draper dans sa dignité, elle va se comparer aux autres, aux
politiques, aux «riches »,auxAméricains, ou même à son interlocuteur–
mais oui ! Qui est-il pour donner des leçons ? – et conclure que tant que les
« autres » ne seront pas exemplaires, ils feront de leur mieux bien sûr, mais –
tacitement – sans remise en question de leur mode de vie.Cet ouvrage
participe aussià l’espérance de «semer des graines »qui pourront mieux
nous prépareraux prochains changements à venir– profonds certainement :
il se fonde sur des faits, pose des questions, mais se garde bien de faire la
morale.
Ce qu’il y a d’étonnant, c’est que toute la matière de ce livre existe déjà.
Le nombre de rapports sur l’environnementaugmente de manière
exponentielle chaqueannée – que ces rapports soient gouvernementaux,
non-gouvernementaux et sans compter les fameuxCorporate and Social
Reportsdes entreprises.Il ne tient qu’à nous de les lire : peut-être
pêchonsnous par excès de confiance envers ceux qui devraient être les relayeurs
critiques de ces informations– les journalistes ?
De manière encore plus surprenante, ces rapports disent tous plus ou
moins lamême chose, parfois de manière trop partisane pour être honnête :
nous dégradons de manière irréversible notre planète.Et il n’yapas que les
grandes multinationales, non, nous tous, quand nous brûlons de l’essence
dans nos moteursà combustion, du gaz dans nos chaudières, nousbrûlons
définitivement et irrémédiablement ce pétrole, ce gaz et ce charbon dont plus
personne, jamais, n’aural’usage.
Nous utilisons donc lamatière documenta: nous yire disponibleavons
tousaccès.Ce sont des organismes officiels qui lapublient, des groupes
démocratiques de parlementaires qui larédigent, des scientifiques qui la
diffusent (après l’avoir fait valider par leurs pairs), que ce soitau niveau
national, européen, ou international. Ainsi lagrande majorité des données et
des sources de cette présentation est validée par des organismes reconnus,
non partisans et sansapriori idéologique.Nousallons remettre ces piècesà
conviction dans l’ordre etobtenir uneargumentation que nous espérons
limpide et difficilement réfutable.
Comme tout est public, nous comprenons qu’il n’yaucun complot,
aucune omerta, mais simplement une forme de facilité, d’absence de
questionnement de lapart des médias, des politiques, des leaders d’opinion,
et du citoyenau final : ilest si facile de ne pas se poser de question, de ne
rien remettre en cause de ses habitudes, de sesacquis, de sesattentes.Or
seules des personnes informées peuventavoir un esprit critique.C’est cet
esprit critique que nousavons ici l’ambition de stimuler, pour comprendre
les problèmes dans leur globalité,agir en connaissance de cause, et nous
prépareraux temps qui s’annoncent.Même si nousaimerions nous tromper,
ce que nousallons dire n’est pas rose, contrairementaux déclarations des
thuriféraires du progrès, qu’ils soient de gauche (en nous promettant des

12

acquis immuables et davantage de pouvoir d’achat), ou de droite (en nous
proposant de faire confianceaux mécanismes capitalistes).
L’ouvrage comporte 2 parties.Lapremière présente en 4 chapitres des
analyses de données, idéologiquement neutres et honnêtement rapportées,
même si quelques interprétations demeurent personnelles.Laseconde partie
évoque en 2 chapitres l’organisation de lasociété, ses objectifs et ses projets
faceà la problématique énergétique : même si cette partie expose les seules
solutions qui vaillent selon nousau regard des conclusions de lapremière,
nous comprenons qu’elle puisse susciter davantage de critiques.
Tout d’abord, nous regarderons ladirection qu’aprise notre civilisation,
et prendrons conscience de lavitesseavec laquelle évoluent notre
population, notre consommation d’énergie, nos déplacements, etc.Nous
constaterons que notre économie mondialisée et libérale repose sur
l’utilisation toujours croissante de l’énergie, et que cette énergie est fournie
en immense majorité par du non renouvelable, en particulier par le pétrole.
Alors nous poserons laseule question qui vaille : est-ceque ces tendances
sont soutenables ? Et si elles ne le sont pas, qu’est-ce qui peut les infléchir ?
Nous verronsalors que nos sources d’énergies, ces matières premières
non renouvelables, vont se tarir progressivement d’ici 1 siècle, et l’échéance
laplus proche – 10, 20ansau maximum - concerne le déclin du pétrole, qui
est lasource de tant d’énergies et de produits manufacturés.Nous entendons
d’ici dire que lapromesse est vieille, et que lesCassandre l’ont toujours
préditavec insuccès… mais sans déflorer le sujet, le savoir scientifique
actuel (que nous opposonsà lacroyance économique) fait que les prévisions
des Cassandre et desPangloss diffèrent sur ces sujets de moins de 20ans.
Nousaffirmerons ensuite qu’aucune source d’énergiealternative n’est
prête à prendre le relais. Et ne rêvons pas, il n’ya, dans les cartons des riches
pétroliers, nulbrevet secret sur une hypothétique source d’énergie
miraculeuse – pour plusieurs raisons d’ailleurs (les plus simples étant qu’un
brevet se publie nécessairement, ou peut se contourner, et de plus possède
une durée strictement limitéeavant de tomber dans le domaine public).Dans
ce mondeà vue toujours plus courte, où l’argent est roi, où laconcurrence
est une valeur, peut-on croire à un complot qui dissimulerait lapanacée
énergétique ?
En conséquence, un épuisement progressif des énergies fossiles et
nucléaires sans remplacement total se traduiraprobablement par unarrêt des
croissances observées précédemment… et des tensions inconnues
(supérieuresà celles des chocs pétroliers desannées 70 quebeaucoup d’entre
nous n’ont pas connus) et,autre épée deDamoclès, nousaurons
vraisemblablementà endurer un réchauffement climatique -sans équivoque
selon le résumé 2007 duGIEC.Manquant d’énergies, nous manquerons
également de solutions pour nousadapter et lutter contre ses conséquences.

13

Si nous sommes dès lors convaincus de l’impasse de nos insoutenables
croissances et de leurs tragiques célérités, des risques que nous encourons,
nous serons peut-être prêtsà envisager tout ce qui ne va pas dans nos modes
de vie de pays riches : nousbasculeronsalors dans une partie plus politique.
Si comme le dit le slogan,chaque geste compte, il nous faudra aussiaccepter
quechaque geste est un choixau regard de l’environnement : on peutchoisir
un trajetà pied ou en voiture, une petite voiture ou une grosse voiture, des
provisions locales etbiologiques ou des plats préparésà partir d’une
agriculture intensive mondialisée… l’écologie est dans tout– comme
l’énergie, et cette révélation est souvent désagréable par son côté
culpabilisant.Par quelquesanalyses graphiques très simples, il serafacile de
nous rendre compte que nos modèles occidentaux sont visiblement excessifs,
même parés des habits du développement durable et de lacroissance verte :
nous tenterons de mesurer ladistance qui nous sépare d’un développement
véritablement durable,à lafois économiquement, écologiquement, et
humainement.Il nous faudraévoquer ladécroissance, qui serad’abord et
surtouténergétique, et dont nous tenterons de démontrer qu’elle ne se
traduirapas forcément par un déclin général etanxiogène.
Nous énoncerons enfin lanouvelle règle du jeu : c’est une règle collective
qu’il conviendrad’expliquer et de comprendre. En effet,aprèsavoir cerné
tout ce qu’il convient de remettre en cacomment »,use, nous verrons le «à
savoir à quels changements, à quels sacrifices nous devrons nous résoudre,
nous tous, que nous l’ayons compris ou non, que nous y soyons préparés ou
pas.Finalement, une fois expliquée et démystifiée, et convenablement
appliquée, cette nouvelle règle ne nous coûterapasautant que nous le
craignions initialement.C’est heureux, car cette règlearrivera, de gré ou de
force, inéluctanous verrons notre intérêtblement :à lamettre en place par
nous-mêmes, et non à lasubir.

14

Première partie :
diagnostics et enjeux

1

De l’énergie et des hommes : liaisons
dangereuses ?

L’exposé du problème

Nousallons évoquer deux importantes et indiscutablesaugmentations de
notre époque: population et consommation d’énergie.Même si nombre
d’entre nous y ont déjà songé, les ordres de grandeur en jeu– facteurs
multiplicatifs et vitesses d’accroissement – sont spectaculaires.
Lapopulation mondiale est passée de 1.2 milliards d’humains en 1850à
plus de 6 milliards en 2000.Autrement dit en 150ans, lapopulationa
quintuplé (+400%).Les projections prévoient près de 9 milliards deTerriens
en 2050 (au-delà, seuleMadameIrmapeut le faire,avec le succès qu’on
imagine).Avant 1800, les estimations étaient inférieuresau milliard
d’humains, et il n’yaeu longtemps que quelques centaines de millions
d’habitants sur la Terre (environ 250 millions en l’an 1).Cette forte
croissance s’est en faitamorcée peuavant 1900, il yaplus d’un siècleà
peine, ce qui est trèsbref par rapportà laprésence de l’homme surTerre :
certains démographes parlent donc d’explosion démographique.
ème
Durant lamême période, le 20siècle, laconsommation mondiale
d’énergiea, elleaussi, littéralement explosé.Le facteur multiplicatif est ici
1 2
de l’ordre 10: 13 pour l’ADEME, 16 pourRogerDautray , 8
pourJean3
MarieMartin .Si l’on exclut de ce décompte l’énergie provenant de la
biomasse (essentiellement le bois et latourbe),alors on peut parler d’un
4 5
facteur de l’ordre de 16à 30, commeMartin etJean-MarcJancovici :il
faut dire que depuis 160ans, le mondeadécouvert les énergies fossiles, puis
6
le nucléaire.En 1850 , le mondeavaitbesoin de moins de 50Mtep (Millions

1
ADEME, les énergies renouvelables, livret pédagogique, 2004, p.5 (téléchargeable surwww2.ademe.fr)
2
R.Dautray,Quelles énergies pour demain ?,OdileJacobSciences, 2004, p25
3
Source :http://sfp.in2p3.fr/Debat/debat_energie/websfp/martin.htm
4
Voirannexe
5
J-M.Jancovici,A.Grandjean,Le plein s’il vous plait, op. cité, p.19
6
L’année 1850 marque le basculement dans l’ère de l’énergie fossile.

17

7
de Tonnes EquivalentPétrole ) d’énergienon renouvelable; en 2008, nous
en consommons près de 10 000Mtep !

18000

16000

14000

12000

10000

8000

6000

4000

2000

Evolution historique et projectionAIE2006dela consommation mondiale
d'énergieprimaire(enMTep)

Données historiques : source Martin (SfP)

évolutiondelapopulation (en millions)

Projections : source IEA(2006)

Electricité
Gaznaturel
Pétrole
Charbon
Biomasse

0
0 00 00 0
180108101820183018418518601871088199019001910192019301941951960197109819920000201020202030
FIGURE1 :les évolutions historiques et projections d’évolutions de lapopulation et de la
consommation d’énergie (jusqu’en 2030) montrent des croissances similaires jusqu’à un
décrochage dans lesannées 1950, où l’utilisation de l’énergie diverge (source :Martin etAIE)

L’être humain de 1900 consommait donc 4 à 7 fois moins d’énergienon
8
renouvelableque celui de 2000 . Lebond énergétique s’est surtoutaccentué
ème
dans laseconde pasiècle,rtie du 20avec l’explosion de laconsommation
des pays occidentaux, comme le montre le graphique ci-dessus.Nous
verrons plus loin que les émissions de gaz à effet de serre suivent exactement
le même profil.

Population
Consommation énergie par personne
Consommation totale d’énergie horsbiomasse

~ x4
> 4
> 16

TABLEAU1 :Ordres de grandeur des évolutions de lapopulation mondiale et de sa
consommation d’énergie hors biomasse entre 1900 et 2000 ; lacombinaison de lacroissance
de lapopulation et de laconsommation d’énergie par personne induit un effet
démultiplicateur.

7
La Tonne.équivalent.pétrole (tep ou toe enanglais) est une unité qui permet de comparer l’énergie
contenue dans des sources d’énergies de na: une tep correspondture différenteà une masse de
combustible renfermant lamême énergie qu’une tonne de pétrole.
8
Cetteapproche par les valeurs moyennes ne doit pas faire oublier les disparités et inégalités d’utilisation
de l’énergie.Certes les pays développés sontà lafois les plus gros consommateurs d’énergie, et ceux qui
contrôlent le mieux leur croissance démographique. À l’inverse, les pays moins développés ont une
consommation plus faible et une démographie plus explosive.

18

Quels enseignements peut-on tirer de ces 3 accroissements
incontestables et concomitants: population, consommation
totale d’énergie et consommation moyenne par tête ?
EnFrance, entre 1800 et 2000, la consommation énergétique par habitant
(respectivement totale)aété multipliée par 14 (resp. 28); dans le même
temps, l’espérance de vie est passée d’environ 30ansà plus de 75 ans. La
demande énergétique va donc continuer à augmenter, à cause de
l’accroissement de la population, de la demande croissante d’amélioration
des conditions de vie, et desbesoins des pays en développement.
Aujourd’hui enAfrique, plus d’une dizaine de pays consommant 10 fois
moins d’énergie par habitant que lesFrançais, ont une espérance de vie
inférieureà 50 ans.
Ce que nous appelons aujourd’hui progrès ou développement a été permis
par une consommation énergétique toujours plus vorace : cela se traduit par
un déséquilibre évident de laconsommation d’énergie entre les pays
développés et lesautres.Certains pays ont pu faire venir de lanourriture, des
ressourcesagricoles, en échange d’autres services ou ressources: laviea
ainsi pu s’étendre et se développer dans des lieuxarides, froids ou
infertiles… dans des endroits où, sans énergie, l’homme serait bien peu de
choses.Partout, c’est ladisponibilité énergétique qui, en précédant ou
accompagnant lademande, installe les conditions du progrès.Autrement dit,
le progrès (médecine, hygiène, confort…) et sadiffusion ont été permis par
l’abondance énergétique, et non l’inverse: nousavons étendu notre
mainmise sur lanature, lapopulationa augmenté en même temps que
l’espérance de vie.Il existe même unelecture énergétique de l’histoiredu
ème
20 siècle: beaucoup de grandes décisions et de périodes marquantes sont
très fortement liéesaux ressources fossiles et maintenant nucléaires.Que
peut-onalors imaginer si l’énergie venaità manquer ?Est-ce un risque à
envisager ?

Faut-il voir dans cette introduction des relents de
malthusianisme ?Est-ce que le développement, le progrès ne
conduit pas naturellement à stabiliser la population du monde ?
9
Il n’yapas à renier totalement une interprétation malthusienne quiaun
certain sens: selonMalthus, lacroissance des populations étaitbien plus
rapide que lacroissance des ressources de subsistance.Il souhaitait une
politique qui visaità décourager lasurpopulail n’ytion :alà rien de
dangereux dans le cadre d’un régime démocrate-social, et celapeut même
passer pour des simples mesures de précaution dans un monde fini et limité
en ressources.Evidemment, enaucun cas, on ne doit cautionner un «plan
social terrestre » pour exclure des humains en trop !D’ailleurs qui pourraient

9
Malthus, 1766-1844, pasteur et économiste,auteur duPrincipe de population,recommandait une
restriction des naissances.

19

être ces humains «surnuméraires » :les trop nombreux pauvres duSud ou
les moins nombreux énergivores duNord ?
Prédire l’évolution de lapopulation est en outre unacte très délicailt :
faut prendre en compte lesaspects démographiques (naissances, décès,
espérance de vie…), maisaussi sanitaires, sociaux, économiques et faire des
paris sur des hypothèses : tout influence ladémographie, jusqu’à lacoupe du
monde de football !Lapopulation française qui était de 30 millions en 1804,
nde
est longtemps demeurée stableautour de 40 millions, jusqu’à lafin de la2
guerre mondiale. De 1950auxannées 2000, elleacrû de moitié pour passer
en 50ans seulement de 40 à 60 millions. D’ici 2050, selon l’hypothèse de
10
fécondité ,elle demeure difficile à prévoir: pour 1.5 enfants par femme,
elle s’effondre, tandis qu’avec 2.1 enfants par femme, elle continueraà
diverger. Ces différences montrent l’extrême sensibilité de ces projections :
lavérité seraprobablement entre les 2.
Qui peut dire ce qui est souhaitable en termes de démographie ?La
question est complexe et intéresse toute lasociété (politique familiale,
immigration, retraites, etc.). Bien sûr les taux d’accroissement de la
population faiblissent, mais en Europe, ils sont toujours positifs (environ 0.3
à 0.4% paran en moyenneactuellement).Dans les paysasiatiques et
africains, ils sontbien supérieurs. Au final, ladémographie est incapable
actuellement de prévoir de manière fiable une baisse de lapopulation
11
mondiale .Du reste, nous nous efforçons de combattre cette diminution
dans nos pays européens pour préserver nos systèmes de retraites, que
l’allongement de ladurée de vie met sérieusementà mal.
Peut-onalors continuer cette évolution indéfiniment?Est-ce que ces
croissances, démographiques et surtout énergétiques (spécialement si elles
sont simultanées) sont possibles éternellement, voire seulement surquelques
siècles ?Si nous répondons par lanégative,alors il faut également se
demander ce qui feraque ces montées vertigineuses s’arrêteront un jour,
voire déclineront? Est-ce que ces raisons sont souhaitables ou doit-on les
craindre ?Sont-elles dans un futur proche ou lointain ?Quelles serontalors
les conséquences sur lapopulation et le progrès?Faut-il s’y préparer ou
laisser venir ?

10
SourceInsee citée parIFEN, inIFEN,L’Environnement enFrance,Rapport deSynthèse 2006, octobre
2006, p28.
11
Même si les pays dits en transition, c’està dire de l’ancienbloc soviétique, observent une décroissance
de leur population (de l’ordre de 0.5% paran), lapopulation mondiale est censée croître de 1% paran
environ jusqu’en 2030 (inIEA,WorldEnergyOutlook 2006, page 56).

20

Economie et dépendances : l’addiction

L’Agence Internationale de l’Énergie (AIEou IEAen anglais, une
12
organisation de l’OCDE) tire des constats particulièrement alarmants que
nous traduisons ainsi:le futur énergétique que nous créons n’est pas
soutenable. Si nous continuons comme avant, la production d’énergie
nécessaire aux besoins de l’économie mondiale pour les 25 prochaines
années deviendra trop vulnérable aux problèmes causés par le
sousinvestissement, les catastrophes environnementales ou les interruptions
13
soudaines de production;il est ensuite dit quela nécessité d’infléchir la
croissance de la demande en énergies fossiles, d’accroître la diversité
géographique des fournisseurs et de réduire les émissions déstabilisant le
14
climat, est plus urgente que jamais;sinon,la demande croissante de
pétrole et de gaz, si elle n’est pas contrôlée, accentuerait la vulnérabilité des
pays consommateurs à une perturbation de production sévère et au choc des
15
prix qui en résulterait;en conclusion,les tendances actuelles de
consommation d’énergie ne sont ni sécurisantes, ni soutenables –
16
économiquement, environnementalement ou socialement.
Malgré ces constats alarmistes, qui devraient inciter à une forte
modération de la consommation d’énergie, le scénario de référence de l’AIE
– età un degré moindre son scénario alternatif, prévoit une croissance
17
continue de la consommation d’énergiepour les 25 prochaines années:
+1.6% par an, soit d’ici 2030, une augmentation de la demande de près de
60% !Aun rythme tel durant 100 ans, la consommation annuelle mondiale
serait multipliée par 5, c’est à dire que dans un siècle, nous aurionsbesoin de
18
50 Gtep supplémentaires,alors qu’au siècle précédent, nous étions
seulement passés de 1à 10Gtep annuelles au prix d’un usage extensif et
irréversible de combustibles fossiles.Pourquoi ce paradoxe entre le discours
et les prévisions ?
Il ya2 manièresau moins de comprendre notre situation : l’une se fonde
sur des chiffres et des indicateurs, l’autre repose davantage sur le jugement
et le sentiment.Regardons tout d’abord ce que nous disent les chiffres.
Entre 1970 et 2006, notre demande énergétiqueaplus que doublé : 80%
de laproduction énergétique mondiale provient des énergies fossiles, et 90%
du non renouvelable en général (nucléaire en plus).Environ 30à 40% de la
production d’énergie provient du pétrole (de nos jours35%).Toutes les

12
OCDE :Organisation pour laCoopération et le Développement Economique, regroupant une trentaine
d’États développés.
13
IEA,WorldEnergyOutlook 2006,OECD/IEA, p3
14
Ibid., p37
15
Ibid., p38
16
Ibid., p49
17
Ibid., p66
18
Nous consommons une petite douzaine deGtep paranactuellement.

21

projections officielles (desÉtats, des organisations d’États…) reposent sur
19
des scénarios de forte croissance de la demande d’énergie.
Les indicateurs dits d’élasticité donnent des renseignements intéressants.
L’élasticité est définie comme l’ampleur d’une réponse à un changement
quelconque :une faible élasticité de lademande énergétiqueau prix de
l’énergie signifie que cette demande est très peu sensibleau prix, donc
qu’elle est prisonnière de l’offre.C’est le cas de l’énergie en général et du
pétrole en particulier :avec une élasticité de -0.03, celasignifie qu’un prix
du pétroleaugmentant de 100% (donc un doublement), n’entraîne qu’une
réduction de lademandeà court termede 3%! Quel autre produit de
consommation courante possède une si faible dépendance au prix ?

Elasticité court termeElasticité long terme
P- 0.15- 0.03our le monde
TABLEAU2 :Elasticitéau prix de lademande en pétrole; l’élasticité estaussi plus faible
20
dans les paysà forte consommation de pétrole dans le domaine des transports .

L’élasticité peut aussi être prise par rapport aux revenus : dans ce cas, une
forte élasticité montre que lesbesoins sontactuellement contraints par les
revenus, et qu’il existe donc une sorte de frein ou de privation.Dans le cas
de l’énergie, l’élasticité de lademandeau revenu est de 0.48à long terme
(typiquement 10-15 ans) : une augmentation de 10% des revenus induira une
croissance de la demande énergétique de près de 5%.Autrement dit, dans un
monde en croissance économique, le corollaire est la croissance énergétique.
Qui dit pouvoir d’achat, dit consommation d’énergie.

Elasticité court termeElasticité long terme
Pour le monde0.09 0.48
21
TABLEAU3 :Elasticitéau revenu de ladema; de mnde en pétroleanière plus fine, on
mesureaussi que l’élasticitéau revenu est plus forte dans les pays à forte croissance
économique : plus on s’enrichit, plus on consomme.

L’énergie est donc un produit de première nécessité, que nous
consommons davantage quand son prixbaisse ou quand nous disposons de
plus de revenus, mais que nous ne consommons pas moins quand son prix
augmente.N’est-ce pas une forme d’addiction, tant il semble que sa
consommation soit vouéeà n’être que croissante ?
Onobserve de même un lien très fort entre l’économie et l’énergie,
démontré par lalinéarité quasi-parfaite de lademande mondiale de pétrole

19
Bien sûr, ces prévisions sont construites sur lalecture énergétique, sociale, économique de notre passé
et les scénarios des différents pays membres. À priori, ils ne raisonnent pas sur les ressources réellement
disponibles. D’où lesalertes émises par l’AIE, quianticipe des tensions.
20
IEA,World EnergyOutlook 2006, op. cité, p287.Il s’agit d’élasticité par tête, toutes conditions égales
parailleurs.
21
IEA,World EnergyOutlook 2006, op. cité, p287.Même remarque.

22

22
pour les transports et leProduitIntérieurBrut (PIB) mondial :quand lePIB
mondialaugmente d’un facteur 3 en 30ans, laconsommation de pétrole du
secteur des transports croît d’un facteur 2. Ce n’est rien d’autre que la
fameuse « mondialisation » ou la« globalisation », ces frénésies d’échanges
qui nous rendent interdépendants les uns desautres (mais surtout dépendants
de ladisponibilité de l’énergie)…
Tout paraît normal : plus d’énergie, plus d’activités, plus d’argent… et la
boucle est bouclée.Notre croissance économique – tant réclamée par les
gouvernants – est intimement liéeà notre consommation d’énergie.Le
constat peut paraître évident, même si on le pressentait confusément :notre
économie de la croissance est fondée sur l’usage toujours plus grand
d’énergie,en particulier pour les transports.Il ne semble pas envisageable
que lademande d’énergie puisse s’infléchir, d’après les indicateurs que nous
avons vus. A cause d’une confusion entre les 2 croissances, économiques et
énergétiques, les économistes ne peuvent envisager lapremière sans la
seconde, ce quiaboutità des calculs ébouriffants – saufà faire intervenir la
croissance verteou ladématérialisation!de l’économieS’il n’est pas
impossible de multiplier unPIB par 10 ou 20, multiplier une consommation
d’énergie par 5 d’ici 2100 repose sur du concret, du combustible qui
disparaît une fois brûlé.C’est uneautre histoire…

La demande
nourriture

énergétique

au

quotidien :

étalement

urbain

et

Laseconde manière de considérer notre dépendanceà l’énergie est d’en
estimer son usageau quotidien.L’énergie se cache partout : pour latrouver,
ème
il faut comparer savie à lavieaudébut du 20siècle, ou même seulement
au début desannées 1950. Aujourd’hui nousavons une utilisation presque
inconsciente de l’énergie : nousallumons lalumière le matin, nous écoutons
laradio, regardons latélévision, mangeons des tomates et des pommes en
toute saison, voyageons vite et facilement, nous chauffons nos logements en
entier chaque hiver, etc.Nous nous servons du pétrole et de ses dérivés dans
le moindre de nos gestes quotidiens : plastiques,asphalte, produits importés,
pétrochimie, etc.
Quand les routiers veulent imposer une épreuve de forceau
gouvernement, ils bloquent les dépôts de carburants et lesaccèsaux
raffineries. Dès lors, les stations services sont prises d’assaut, les
supermarchés dévalisés, les entreprises privées de courrier… et on envisage
sérieusement de faireappelauxCRSpour libérer le pays de ces
insupportables entraves.Quand les tempêtes provoquent des ravages dans les
forêts et les villes en renversant les pylônes électriques, quelle est la
première urgence?Le rétablissement du courant, pour revoir lalumière,

22
IEA,World EnergyOutlook 2004,OCDE/IEA, figure 1.1, p42.

23

faire son ménage, regarder la télévision, chauffer sa maison… Sans énergie,
notre monde semble vouéà l’abandon, comme si nous ne savions plus rien
faire sans elle.
Un exemple intéressant concerne le taux d’endettement d’un ménage lors
de l’achat d’un logement : quand lafamille fait un choix d’éloignement par
rapportà un centre d’activité, souvent par rapport aux emplois du couple, à
l’école des enfants, c’est aubénéfice d’une plus grande surface habitable ou
d’un plus grand jardin…Le taux d’endettement initial de 33% estalors
automatiquement incrémenté du coût des déplacements obligatoires, qui
demeurent longtemps masqués (voire incités par une défiscalisation des
trajets professionnels).Des situations difficiles peuventalors naître par cette
mise en dépendance sournoise où nous ne prenons pas en compte le prix de
l’énergie dans nos choix.
Nous pestons contre l’augmentation du prix de l’essence ou du gaz qui
peut contraindre certains d’entre nous à desarbitrages inattendus et
difficiles.Nous compatissonsau sort des pêcheurs et camionneurs qui
exigent desaides du gouvernement (donc du contribuable).Nousattendons
des producteurs de pétrole qu’ilsaient des marges minimales, un
comportement social exemplaire et une gestion environnementale exempte
de tout reproche… Bref, nous voulons que tout soit organisé pour favoriser
et déculpabiliser notre consommation d’énergie.
D’ailleurs, même si nous ne voulions pas, tout est quand même fait pour
cela.Les chiffres le démontrent : entre 1980 et 2000, les surfaces construites
en Europe ontaugmenté de 20%, les réseaux routiers de près de 10%, quand
23
lapopulationaugmentait seulement de 10%. De lamême manière en
France, entre 1990 et 2004, lasurface construite enFranceaugmente
régulièrement :+35%, tout comme ladistance totale parcourue par les
24
ména+25% .ges :En créantainsi des villes de plus en plus grandes, nous
engendrons des besoins de routes, de supermarchés, de carburants, de
voitures, etc.Chaqueannée enFrance, nous couvrons ou stérilisons près de
2% de terres supplémentaires.Au-delà desavantages immédiats ou supposés
tels (allongement de ladurée de vie, confortaccru, croissance de la
population), c’estaussi et surtout une dépendanceaccrue à l’énergie.
En premier lieu, par les transports : mobilité de personnes, mobilité des
marchandises, dont les croissances sontvertigineusesdepuis plusieurs
décennies.Eurostat, organisme européen équivalentà notreINSEE,amis en
25
évidence desaugmentades trtions exponentiellesansports, mesurés en
tonnes×kilomètres pour les marchandises, et en passagers×kilomètres pour
les individus.En moins de 30ans, depuis 1970, les transports routiers et
maritimes des marchandises ont été multipliés par 3 (+200%) et les trajets en

23
Rapport sur l’étalement urbain enEurope, le challenge ignoré, 2006,EEA, figure 3, p13.
24
IFEN, les ménagesacteurs des émissions de gaz à effet de serre, 4 pages n°115, 2006.
25
Eurostat,EUtransports in figures,DG VII,April 1999, p8, p38 et 58.

24