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Évènementiels dans la Caraïbe

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Description

Voici un apport utile pour ceux qui auront à prendre des décisions dans le domaine de l'évènementiel. Les autorités de la Caraïbe ont intérêt, pour la mise en œuvre de leur politique évènementielle, à adopter une approche progressive, tenant compte à la fois de l'offre existante, de la concurrence et des tendances du marché. Cet ouvrage passe non seulement en revue les principaux évènements culturels ayant cours chaque année, mais il offre surtout un cadre permettant de comprendre les raisons et les stratégies commerciales, économiques et sociales qui sous-tendent ces évènements.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2016
Nombre de lectures 41
EAN13 9782140008238
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0187€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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ÉVÈNEMENTIELS
DANS LA CARAÏBE
Sous la direction de
Hugues SéraphinCertains États et territoires de la Caraïbe ont déjà intégré dans leur modèle de
développement touristique la dimension évènementielle comme moyen de lutte contre
le phénomène de la saisonnalité touristique et de ses effets pervers, car ces pays et
territoires ont tous un besoin de croissance plus rapide. En dénitive, cet ouvrage
constitue un apport important et utile pour ceux qui auront à prendre des décisions
dans le domaine de l’évènementiel. La recommandation principale qui en découle est
que les autorités de la Caraïbe ont intérêt, pour la mise en œuvre de leur politique ÉVÈNEMENTIELS
évènementielle, à adopter une approche progressive, tenant compte à la fois de l’offre
existante, de la concurrence, et des tendances du marché. L’ouvrage de Hugues Séraphin DANS LA CARAÏBE
sur l’évènementiel dans la Caraïbe est digne d’intérêt et riche d’enseignements car il
passe non seulement en revue les principaux évènements culturels ayant cours chaque
année dans la Caraïbe mais il offre surtout un cadre permettant de comprendre les Atouts et limites pour le tourisme et le territoire
raisons et les stratégies commerciales, économiques et sociales qui sous-tendent ces
évènements.

Dr Hugues Séraphin, est le responsable de la formation en
évènementiel de l’Université de Winchester (Angleterre). Le
département Event Management où il enseigne est classé dans le
top 3 des meilleures formations spécialisées en évènementiel en
Angleterre (selon le National Student Survey, 2015).Il est titulaire
d’un doctorat de l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD).
Dr Frédéric Dosquet, est enseignant-chercheur à l’ESC Pau. Il est
l’auteur de plusieurs ouvrages spécialisés en marketing ainsi que de
communications académiques. Il est titulaire d’un doctorat en sciences
de gestion et diplômé de l’ESCP-Europe.
Ouvrage coordonné par Frédéric Dosquet
Collection
Tourismes et Sociétés
dirigée par
Franck Michel
ISBN : 978-2-343-08824-2
32 e
Sous la direction de
ÉVÈNEMENTIELS DANS LA CARAÏBE
Hugues Séraphin






ÉVÈNEMENTIELS
DANS LA CARAÏBE
Tourismes et Sociétés
Collection dirigée par Franck Michel

Déjà parus


Pascal MAO & Fabien BOURLON, Le Tourisme Scientifique
en Patagonie chilienne, 2016.
Jean-François HOARAU (dir.), Spécialisation touristique et
vulnérabilité, Réalités et enjeux pour le développement
soutenable des petits territoires insulaires, 2016.
Franck MICHEL, Le voyage à la croisée des routes,
Chroniques d’un monde en mouvement qui marche gravement
sur la tête, 2016. Au détour des routes. Chroniques d’Asie et
d’Amérique, 2015.
Aude CREQUY, Identité, tourisme et interculturalité au
Groenland, 2014.
Erick LEROUX et Philippe CALLOT, Regards croisés sur le
management du tourisme durable, 2013.
Niels MARTIN, Philippe BOURDEAU & Jean-François
DALLER (sous la direction de), Du tourisme à l’habiter : les
migrations d’agrément, 2012.
Isabel BABOU et Philippe CALLOT, Que serait le tourisme
sans pétrole ?, 2012.
Stéphane COURANT, Approche anthropologique des écritures
de voyage. Du carnet à la correspondance, petit inventaire des
eproductions scripturales de la fin du XX siècle au début du
eXXI siècle, 2012.
Vincent BASSET, Du tourisme au néochamanisme, 2011.
Frédéric REICHHART, Tourisme et handicap. Le tourisme
adapté ou les loisirs touristiques des personnes déficientes,
2011.
J.-M. FURT & F. MICHEL (dir.), Tourisme, patrimoines &
mondialisations, 2011.
J.-L. MORETTI, Tourisme et aménagement du territoire en
Corse, 2010,
J. SPINDLER, D. HURON, L’évaluation de l’événementiel
touristique, 2009.
J. CHAUVIN, Les Colonies de vacances, 2008. Sous la direction d’Hugues SERAPHIN





ÉVÈNEMENTIELS
DANS LA CARAÏBE
ATOUTS ET LIMITES POUR LE TOURISME ET LE TERRITOIRE





Ouvrage coordonné par :
Frédéric DOSQUET






« Cet ouvrage sur la Caraïbe est très intéressant. À mon avis,
l'évènementiel est une composante majeure de la stratégie touristique
d'un territoire et l'actuel défi est d'en faire un outil de différenciation
ce qui nécessite une réflexion tenant compte de la culture du
territoire, de ses atouts, de son environnement concurrentiel et des
opportunités offertes par le secteur privé ».
Stéphanie Bessière, Directrice du Tourisme, Saint-Martin.

« L’ouvrage d’Hugues Séraphin ouvre de nouveaux horizons dans
l'étude de l'activité touristique dans l'Arc Caraïbes. J'ai beaucoup
apprécié sa double approche, académique et scientifique d'un côté,
pratique et expérientielle de l'autre. Il faut être très attentif aux axes
de réflexion et d'action ouverts par ce travail, en particulier sur le
poids de l'évènementiel dans le tourisme. Les voyageurs d'aujourd'hui
attendent du contenu et du sens. il faut leur fournir un peu plus que du
sable et des mers chaudes ».
Pascal Perri, Economiste et géographe. Auteur de ‘Sous la plage...les
conflits’ Karthala Editions. Auteur de documentaires sur les Outremer
pour France TV.





L’Harmattan, 2015
5-7 rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan@wanadoo.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-08824-2
EAN : 9782343088242
REMERCIEMENTS

Cet ouvrage doit beaucoup à l’ensemble des contributeurs qui ont
accepté sans hésiter de me prêter main forte en rédigeant soit un
chapitre ou une étude de cas.
De même, je tiens à saluer mes collègues de l’Université de
Winchester (Angleterre), en particulier une grande amie et collègue en
la personne d’Emma Nolan sans qui je n’aurais pas réalisé mes rêves
professionnels. Mon chef de département Lisa Harding est également
à remercier. J’espère être à la hauteur de sa confiance…
Je tiens également à remercier toutes les personnes qui se sont
toujours montrées disponibles pour soutenir mes projets. Je ne vais
pas déroger à la règle en remerciant du fond du cœur la personne la
plus importante de ma vie à savoir ma mère, Madame Agnès
Séraphin.
Mes remerciements vont également à l’équipe pédagogique de
l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) et en particulier de la
faculté STHI qui m’a donné gout à la recherche académique dans le
domaine du tourisme. À cet effet, je dédie ce livre à un personnage qui
a été central et le restera pour tous ceux de ma génération…Mr
Christian Garcia, ancien directeur de l’UPVD, antenne Mende.
Enfin cet ouvrage s’inscrit dans la collaboration étroite entre deux
business schools, Winchester, en la personne d’Hugues Séraphin et
Pau en la personne de Frédéric Dosquet.
1Cet ouvrage est le deuxième réalisé au nom de nos deux
institutions de rattachement. L’aventure commune continue avec
l’organisation annuelle d’un symposium scientifique dédié à
l’évènementiel culturel et sportif au service de nos territoires
respectifs, le Hampshire et le Béarn.

1 Powell, C, Dosquet, F, Seraphin, H, (2015), Guide pratique de l’organisateur
d’évènements, Ems. CONTRIBUTEURS

Ouvrage dirigé par :
Hugues SERAPHIN est titulaire d’un doctorat de l’Université de
Perpignan Via Domitia (UPVD). Hugues SERAPHIN est également
enseignant-chercheur à de l’Université de Winchester (Angleterre). Le
département Event Management où il enseigne et dont il est également
le directeur pédagogique est l’un des meilleurs d’Angleterre. Le
National Students Survey (2015) le classe deuxième dans sa catégorie.
Ouvrage coordonné par :
Frédéric DOSQUET, est professeur à l’ESC Pau. Il est l’auteur de
plusieurs ouvrages spécialisés en marketing ainsi que de
communications académiques. Il est titulaire d’un doctorat en sciences
de gestion et diplômé de l’ESCP-Europe. Il est par ailleurs consultant
en marketing politique pour plusieurs média dont Radio-France.
Contributeurs :
Dr. Jérôme F. Agrusa – Professeur en tourisme et hôtellerie,
Université Hawaï Pacific ;

Dr. Laurent Botti – Maître de Conférences (HDR) en sciences de
gestion, Université de Perpignan Via Domitia ;

Dr. Gracelyn Cassell – Directrice du campus de l’université de
West Indies (Montserrat) ;

Dr. Nevya Dávila Pagan - Maître de conférences a Université de
Puerto Rico, Río Piedras;

Dr. Frédéric Dosquet – Docteur en sciences de gestion et
professeur à l’ESC Pau, France ;

Dr . Etzer S. Emile - Responsable de la Licence Tourisme à
l’Université Quisqueya (Haïti) ;

8 Dr. Aris Fleurimé - Assistant de recherche au Laboratoire de
Science Economique et Juridique (LASEJ) à l’Université d’État
d’Haïti ;

Dr. Cristina Jonsson – Maître de conférences en tourisme, The
University of the West-Indies, Cave Hill (Barbade);

Corinne Landais-Raboteur – Cadre territorial et doctorante en
sciences politiques ;

Dr. Joseph Lema – Maître de conférences en Tourisme et
hôtellerie, Université de Stockton ;

Dr. Bénédique Paul - Maître de conférences à Université d’État
d'Haïti et à Université Quisqueya (Haïti);

Dr. William Quain – Maître de conférences en tourisme et
hôtellerie, Université de Stockton;

Dr. Joël Raboteur – Maître de conférences en sciences de gestion,
Université des Antilles (Guadeloupe) et ancien président de l’office du
carnaval de la Guadeloupe ;

Dr. Greg Ringer – Professeur invité, University of Oregon (USA);

Dr. Paul Roselé-Chim – Maître de conférences (HDR), Université
des Antilles (Campus de Guyane) ;

Dr. Mary Ann Dávila Rodríguez - Maître de conférences à Texas
A&M University (USA) ;

Dr. María M. Rodríguez Torres - Maître de conférences à
Université de Puerto Rico, Río Piedras ;

Dr. Hugues Séraphin – Maître de conférences en tourisme et
évènementiel, Université de Winchester, (Angleterre);

Mustafeed Zaman – Doctorant en sciences de gestion, Université
de Perpignan Via Domitia, France.
9

PREFACE


L’ouvrage dirigé par Dr. Hugues Séraphin et coordonné par Dr.
Frédéric Dosquet, sur l’évènementiel dans la Caraïbe est digne
d’intérêt et riche d’enseignements car il passe non seulement en revue
les principaux évènements culturels ayant cours chaque année dans la
Caraïbe mais il offre surtout un cadre permettant de comprendre les
raisons et les stratégies commerciales, économiques et sociales qui
sous-tendent ces évènements.
Les contributions qui l’accompagnent permettent de se faire une
idée de l’éventail des évènements qui rythment la vie économique,
sociale et culturelle de cette région du monde. Elles aident également
à faire connaître l’opinion d’une communauté d’universitaires et de
praticiens fortement engagés dans tout ce qui touche à l’évènementiel
dans cette partie du globe qui, aujourd’hui fait face à de formidables
défis tels que : concurrence de nouvelles destinations touristiques,
mutations numériques, transition énergétique, changement climatique,
gouvernance mondiale, accroissement de l’interdépendance, volatilité,
risque et inclusion….Mais l’ingéniosité, la créativité et la capacité
d’empathie des dirigeants de la Caraïbe devraient permettre de relever
tous ces défis. L’organisation d’évènements à contenu culturel et
sportif en est un des moyens.
Certains Etats et territoires de la Caraïbe ont déjà intégré dans leur
modèle de développement touristique la dimension évènementielle
comme moyen de lutte contre le phénomène de la saisonnalité
touristique et de ses effets pervers, car ces pays et territoires ont tous
un besoin de croissance plus rapide. C’est un de leur point commun.
Certains sont grands comme Cuba, la République Dominicaine et Haïti, d’autre petits, certains sont riches en ressources naturelles et
minières comme Trinidad et Tobago, d’autres n’ont que leur
maind’œuvre à vendre mais tous ont en commun la croissance et la
réduction de la pauvreté
En définitive, cet ouvrage constitue un apport important et utile
pour ceux qui auront à prendre des décisions dans le domaine de
l’évènementiel. Sa rédaction a été rendue possible parce que les
Hommes qui y ont contribué ont jugé le projet important et ont décidé
de le soutenir. La recommandation principale qui en découle est que
les autorités de la Caraïbe ont intérêt, pour la mise en œuvre de leur
politique évènementielle à adopter une approche progressive, tenant
compte à la fois de l’offre existante, de la concurrence, et des
tendances du marché. Ce principe est bien formulé dans cette maxime
de Deng Xiaoping souvent cité « c’est en tâtant les pierres qu’on
traverse le gué ».
Louis Dupont
The George Washington University

12

AVANT PROPOS

Pourquoi ce livre ?
J’enseigne le tourisme et l’évènementiel au niveau universitaire en
Angleterre et en France depuis une quinzaine d’années.
L’enseignement de ces deux champs d’études nécessite l’utilisation
d’exemples concrets afin d’imager des théories et concepts. Originaire
de la Caraïbe et plus précisément de la Martinique, il va de soi que je
ne me prive pas de me servir de la région ou je suis originaire comme
exemple. J’ai également remarqué qu’au cours des dernières années
que de plus en plus d’étudiants, pour l’essentiel des Antillais se
servent de leur pays d’origine pour écrire leur mémoire de Master. Si
en tourisme il existe quelques ouvrages sur la Caraïbe, en ce qui
concerne l’évènementiel il n’y en a aucun. Cet ouvrage se propose
donc de répondre à ce vide qui pose parfois problème aux
enseignants-chercheurs et aux étudiants qui s’intéressent à cet espace.
L’actualité aux Antilles et notamment en Martinique concernant
l’organisation d’évènements m’a également incité à initier ce projet
d’ouvrage. La Mercury Beach en laissant la Martinique pour
SainteLucie en 2015 a fait couler beaucoup d’encre. Raison officiel de ce
départ : manque d’engouement des municipalités pour ce type
d’évènement du fait du facteur risque et ce en dépit du potentiel
économique de l’évènement. Les chanteurs de Dancehall Martiniquais
se trouvent confrontés au même problème. Face à ce constat et de
manière tout à fait légitime, j’en suis venu à me poser la question de
l’importance du secteur de l’évènementiel pour les îles de la Caraïbe.
Pour certaines îles, le secteur est une aubaine et pour d’autres, il
représente avant tout un ‘casse-tête’. Quelle importance revêt donc ce
secteur dans la Caraïbe ? Je crois également fermement que cet ouvrage académique comme
tout autre ouvrage de même nature joue un rôle dans la promotion de
la région Caraïbe. En effet, si la formation en tourisme et en
évènementiel s’adresse avant tout aux acteurs et futurs acteurs du
secteur, il demeure également important d’éduquer le grand public.
Certaines destinations demeurent peu visitées du fait d’a priori et
clichés très souvent injustifiés, suscités et nourris par l’ignorance.
Mon propos est que la connaissance et de ce fait l’éducation du public
lambda est une forme de marketing au même titre que les techniques
classiques utilisées à ce jour. Cela est d’autant plus vrai que certains
évènements culturels demeurent inaccessibles pour les non-initiés, d’
où la participation de ces derniers par une population exclusivement
locale. Transformer un évènement culturel local en un évènement
touristique passe également par l’éducation du grand public non
familier de cet évènement. La section ‘étude de cas’ de l’ouvrage se
propose de familiariser le lecteur à certains évènements de la Caraïbe.
De même, dans cet ouvrage je m’interroge également sur la course au
tourisme dans laquelle toutes les iles sont engagées et me demandant
si tout évènement a vocation à être touristique en opposant deux
concepts : Globalisation et glocalisation.
En dernier lieu, quand on pense à la Caraïbe on a en tête une image
festive de la destination. Au-delà de l’image carte postale et de la
fonction mercantile des évènements, il est également important de
s’interroger sur leurs autres fonctions et notamment sociales.
Il s’agit-là d’autant de raisons qui ont motivé l’écriture de cet
ouvrage en espérant que ce dernier trouvera grâce aux yeux des
lecteurs.




14


INTRODUCTION
Hugues Séraphin Pour de nombreuses destinations le tourisme est une activité
économique très importante du fait que l’essentiel de leurs revenus
repose sur cette activité. Ce postulat est d’autant plus vrai pour la
Caraïbe dans son ensemble et pour certaines îles en particulier. Les
recherches menées par Crusol et Vellas (1996) ; Vellas et Cauet
(1997) ; Pastel (1986) ; Perri (2004), Bessière (2010) et Séraphin
(2014) ont toutes souligné cet état de fait. Notre ouvrage lui innove
d’une certaine manière vu qu’il se focalise avant tout sur le secteur de
l’évènementiel (qui est intimement lié au tourisme) dans l’optique de
montrer que les évènements sont devenus des éléments attractifs forts
pour les destinations. Cet ouvrage consacré aux évènements
touristiques tente donc de montrer la part de ‘responsabilité’ des
évènements dans l’attractivité des territoires. Sachant que comme tout
secteur d’activité, l’évènementiel présente des atouts et des limites,
nous mettrons en avant des stratégies, notamment marketing (via le
Sablier Marketing©) pour maximiser les bénéfices du secteur pour les
destinations tout en suggérant des solutions pour minimiser les
retombées négatives des évènements.
Une revue de littérature des ouvrages sur le tourisme dans la
Caraïbe montre clairement la petite place consacrée à l’évènementiel.
Il ne s’agit en rien d’un secteur ou d’une activité nouvelle. On peut
même dire que dans certains cas, il a été un élément premier dans le
développement de l’activité touristique de certaines destinations.
Prenons le cas d’Haïti. C’est un évènement (culturel) qui a contribué à
placer la destination sur la carte des destinations mondiales du
tourisme (Séraphin, 2014). En effet, en 1946, Elie Lescot est contraint
à démissionner suite aux grèves de lycéens et d’étudiants (Eve di
Chiara, 1988). Dumarsais Estimé devient alors président. Sa
présidence aura été marquée par l’Exposition Internationale de
Portau-Prince en 1949 qui contribuera fortement à faire d’Haïti l’une des
destinations les plus visitées de la Caraïbe de 1950 au début de la
dictature de François Duvalier en 1957. C’est d’ailleurs à cette époque
qu’Haïti devient ‘la perle des Antilles’. Les retombées de l’Exposition
Internationale de Port-au-Prince a donc continué à se faire sentir
même après l’évènement. Les visiteurs, en majorité des Américains
appelaient également Haïti : ‘Pleasure world’. Entre 1951 et 1956, le
nombre de touristes passe de 10788 à 67700. Cet exemple montre le
potentiel touristique d’un évènement. Revenue sur la carte des
destinations touristiques mondiales en 2013, après près de 60 ans
16 d’absence, la destination Haïti se repose de nouveau sur le secteur de
l’événementiel pour attirer non seulement la diaspora mais également
les touristes lambda. A titre d’exemple, nous pouvons nommer
l’évènement culinaire ‘Gout et saveurs Lakay’ ou encore l’évènement
itinérant de la Caraïbe : Le ‘Carifesta’. Mais l’objectif premier de la
destination est d’améliorer son image. Pour revenir à notre objectif de
recherche, nous poserons comme question de savoir si le secteur de
l’évènementiel joue le même rôle de développement dans toutes les
îles ?
La recherche académique au niveau de l’évènementiel est
relativement peu développée quand on sait que le secteur n’existe de
eplein droit depuis les années 1970. Selon une liste récemment
produite (2015) par le Professeur McKercher de l’Université de Hong
Kong, il existe huit revues académiques consacrées exclusivement à
l’évènementiel. Les ouvrages produits eux sont assez nombreux et les
enseignants chercheurs spécialisés dans le domaine commencent à
émerger. Certains d’entre (en majorité Européens) eux ont une
réputation internationale. On peut citer Getz, Bowdin, Bladden,
Berridge, Yeoman, etc. Les études de cas traitant exclusivement de
l’événementiel dans la Caraïbe ou les spécialistes et ouvrages dans le
domaine sont inexistants à notre connaissance. À ce niveau notre
ouvrage comble un vide contribuant du coup à la méta littérature dans
le domaine. La fonction pratico-pratique de l’ouvrage n’est pas à
ignorer puisque des propositions seront faites pour maximiser le
potentiel du secteur. Le résultat de l’analyse des études ne pourra bien
sûr pas être généralisé, mais du fait de la variété d’événements choisis
et de la variété de destinations, chacun trouvera son compte dans le
contenu de cet ouvrage.
La finalité de cet ouvrage est de répondre de manière spécifique
aux questions suivantes :
 Quelle est la place réelle du secteur l’événementiel dans
l’activité touristique de la Caraïbe ?
 Comment repositionner certains évènements afin de maximiser
leurs retombées positives et minimiser leurs retombées
négatives ?
17 Pour répondre à ces questions, notre ouvrage est structuré en sept
parties :
 La partie 1 – Les principales caractéristiques du secteur de
l’évènementiel ;

 La partie 2 – Les étapes clés de la planification et de la
conception d’un évènement ;

 La partie 3 – Le secteur du tourisme dans la Caraïbe ;

 La partie 4 – L’analyse et la stratégie du tourisme de
l’évènementiel dans la Caraïbe ;

 La partie 5 – La stratégie de positionnement avec la
présentation du Sablier Marketing©, un outil marketing innovant
consistant à repositionner certains évènements afin de maximiser
leurs retombées positives ;

 La partie 6 – L’avenir de l’évènementiel dans la Caraïbe ;

 La dernière partie 7 – La présentation de 7 études de cas.





18


PARTIE 1
DE L’EVENEMENTIEL
Hugues Séraphin
1.1. Qu’est-ce qu’un évènement ?
Un évènement est par définition, un rassemblement volontaire de
personnes. Il est de par sa nature, temporaire avec un début et une fin.
Très souvent les évènements sont uniques. En effet, certains
évènements se produisent dans plusieurs régions du monde sans pour
autant présenter les mêmes caractéristiques. C’est le caractère unique
des évènements qui font qu’ils ont cette faculté d’attirer les visiteurs
(Getz, 2008). L’intangibilité est à ajouter à la liste des caractéristiques
du secteur. Comme toute activité du secteur des services,
l’évènementiel est avant tout une activité ou l’expérience est le
principal produit. Cette expérience détermine le succès ou échec d’un
évènement (Shone & Parry, 2005). Il est aussi très important de noter
que ces derniers font partie à part entière de la société du fait qu’ils
assurent leur cohésion sociale. Ils agissent également comme des
passerelles entre les visiteurs et les locaux.
Les motifs à la participation d’évènements sont de nature
diverse (Shone & Parry, 2005) :
 Social :
 Désir d’interaction ;
 Développement d’un sentiment d’appartenance à une
communauté ;
 Une question de statut sociale ou impression de réussite ;
 Philanthropie et œuvre de bienfaisance ;
 etc.

 Logistique :
 Booster des ventes ;
 Une question d’image ;
 Sponsoring et aide à la communauté ;
 etc.

 Motifs personnels :
 La recherche de nouvelles expériences ;
 Apprendre ;
 Loisirs ;
 Défis personnel ;
 Etc.
20 1.2. Pourquoi des évènements ?
L’Homme est un être d’habitude. Les types d’évènements auxquels
nous participons sont influencés par nos habitudes. Les évènements
auxquels nous avons été habitués dans notre prime enfance
influencent grandement les évènements auxquels nous participeront
une fois adultes (Andrews & Leopold, 2013).
Dans les sociétés pré-modernes ou société pré-industrielle, les
évènements étaient essentiellement à la gloire des édilités avec pour
objectifs finaux de maintenir un certain ordre. Les évènements
religieux et rites jouaient un rôle important durant cette période. On
distingue des rites de purification (baptême) ; des rites de
passage (mariage); des rites de renversement de réalité (carnaval);
rites d’exposition de symboles (processions religieuses); des rites liées
à une consommation acerbe (Noel) et rites de reprise de légende ou
d’histoire (Carnaval) ; rites d’échanges (anniversaires); rites de
compétitions (course des yoles de la Martinique). Ces sont à l’ origine
de nombreux autres évènements comme les fêtes communales
(Andrews & Leopold, 2013).
La société moderne qui se caractérise par l’industrialisation et la
production de masse à également entrainé une segmentation de la
société par classe. Durant cette période, un grand nombre
d’évènements sont apparus en particulier en réaction à cette division
sociale avec pour objectif de mélanger des personnes d’origines
sociales différentes. Non seulement de nouveaux évènements sont
apparus durant cette période, mais on assiste également à un nouvel
élan de popularité d’évènements existants. La Second Guerre
Mondiale a cependant porté atteinte à l’évolution grandissante du
nombre d’évènements du fait (Andrew & Leopold, 2013):

 L’immigration de population de régions moins attrayantes vers
des régions plus attrayantes, impliquant que certaines régions se
retrouvaient avec des populations décimées limitant ainsi le
nombre de personnes disponibles pour assister à des évènements
et disponibles pour les organiser ;
 L’industrialisation à contribuer à rendre des évènements
traditionnels (dont certains liés à l’agriculture) moins importants
aux yeux de la société ;
21  L’église jouant un rôle moins significatif dans les sociétés, les
évènements religieux ont de ce fait perdu de leur attrait.

À partir des années 1970 on assiste à une recrudescence du nombre
d’évènements du fait (Andrew & Leopold, 2013) :
 D’une plus grande mobilité des populations ;
 D’une volonté des laissés pour contre de l’industrialisation de
retourner vers des valeurs plus traditionnelles ;
 Que certaines classes de la société, du fait de l’élévation de
leur niveau de vie se sentent isolés et ressentent le besoin de sortir
de l’isolement ;
 Du développement des médias rend plus visible ce qui se passe
ailleurs dans le monde ;
 ent du tourisme de masse après la Second
Guerre Mondiale et la volonté d’un grand nombre de découvrir
des cultures différentes ;
 La fin de certaines dictatures permettant à certains évènements
d’être de nouveau célébré ; et enfin, la volonté de perpétrer une
culture
La différence entre la société moderne et la société pré-moderne
n’est pas claire. La mondialisation est sans doute la principale
différence. Dans la société moderne, les évènements et la culture ne
sont plus considérés comme uniques et sont de plus en plus considérés
comme des biens de consommation. En effet, certains évènements
sont maintenant répliqués à travers le monde. Un débat s’est institué
concernant la mise en commerce de certains évènements culturels.
D’un côté il y a ceux qui pensent que la « touristification » de ces
évènements contribue à la dénaturation de ces évènements et à
l’aliénation des locaux de leur propre culture. D’un autre côté, il y a
ceux qui considèrent que cette mise en tourisme contribue au maintien
et à la revitalisation de certaines cultures (Andrew & Leopold, 2013).
Pour beaucoup de destinations, les évènements et surtout les
évènements culturels sont perçus comme des outils pouvant engendrer
un développement économique durable du fait de leur effet
multiplicateur ; de leur effet positif sur l’image ; l’amélioration des
infrastructures existantes et la construction d’équipements nouveaux
et surtout de la capacité des évènements à allonger une saison
touristique voire d’introduire de nouvelles saison. Les années 1990 ont
été un tournant dans cette perception du secteur de l’évènementiel
22 (Yeoman, Robertson, Ali-Knight, Drummond, McMahon-Beattie,
2009 ; Richards & Palmer, 2010). Au-delà du facteur économique, les
évènements jouent un rôle très important au niveau social. En effet,
les évènements favorisent le sentiment d’appartenance à un groupe, à
une communauté. Les évènements favorisent également ce sentiment
de fierté lors du partage de la culture avec le visiteur. Dans l’ensemble
c’est le capital social et par extension le bien être de la société qui est
développé par l’organisation d’évènements (Yeoman et al, 2009).
1.3. Classification des évènements par leur taille
Les évènements se distinguent par leur taille (Getz, 2008 ; Bowdin
et al, 2011 ; Bladen et al, 2012). On distingue donc des évènements
locaux, nationaux et internationaux (Foley, McGillivray &
McPherson, 2012), qui se distinguent eux même comme suit :
 Evènements iconiques ;
 Méga évènements ;
 Evènements de grande taille ;
 ents locaux.
1.3.1. Evènements iconiques
Il s’agit d’évènements très fortement intégrés à la destination si
bien qu’ils se confondent parfois à l’image et au nom de la
destination. Ces évènements contribuent à la réputation de la ation où elle se déroule. On pourrait citer à cet effet le festival
de Jazz de Sainte-Lucie.
1.3.2. Méga évènements
Les méga évènements sont des évènements de grande taille comme
les Jeux Olympiques, la Coupe du Monde, etc. Ces évènements ont un
fort impact économique, social, politique et culturel (Foley,
McGillivray & McPherson, 2012). Entre le nombre de personnes
participant de manière physique ou y assistant par technologie
interposée on atteint facilement des millions de visiteurs. Ces
évènements reviennent à date périodique. L’organisation de méga ents requiert des investissements lourds qui commencent au
moment où le pays pose sa candidature. Du fait de la taille de ces
évènements, il n’est à noter aucun exemple de cette nature dans la
Caraïbe.
23 1.3.3. Evènements de grande taille
La différence avec les méga évènements réside dans le fait qu’ils
sont de taille moindre, mais demeure tout de même très important en
termes de participants. Le Carnaval de Rio est un exemple.
1.3.4. Evènements locaux
Ces évènements sont en général des évènements de petite taille qui
attirent en général une population locale. Le potentiel touristique de
ces évènements même s’il est latent demeure limité.
1.4 Classification des évènements par typologie
On distingue différents types d’évènements (Getz, 2008 ; Raj et al,
2013 ; Bladen et al, 2012) :
 Evènements religieux ;
 ents culturels ;
 Evènements musicaux ;
 ents sportifs ;
 Evènements privés ;
 Evènements politiques et gouvernementaux ;
 ents d’entreprises ou d’affaires ;
 Evènements de loisirs ;
 ents spéciaux.
1.4.1. Evènements religieux
Ces évènements sont très souvent associés à des rites et rituels qui
sont considérés comme sacrés. Ces évènements donnent parfois lieu à
des pèlerinages qui drainent des millions de visiteurs. Le plus
important étant le Hajj en Arabie Saoudite qui draine 3.4 millions de
croyants par an ou Lourdes, près de 5 millions de pèlerins par an.

24 1.4.2. Évènements culturels
Ces évènements existent dans toutes les sociétés du monde. Ils sont
souvent utilisés comme des moteurs touristiques. Le carnaval par
exemple qui oscille entre le sacré et le profane est un exemple
d’évènement culturel à valeur touristique. Les évènements culturels
ont la capacité de faciliter l’intégration des communautés minoritaires
dans une communauté plus importante. Ces évènements sont
également une opportunité pour les touristes de se mélanger aux
locaux.
1.4.3. Évènements musicaux
Les évènements musicaux ont en général une dimension
commerciale mais demeure tout de même des évènements à vocation
culturelle et tendent à favoriser une certaine cohésion entre les
participants. De façon général les villes, les communautés de
communes supportent ces évènements.
1.4.4. Évènements sportifs
Les évènements sportifs jouent un rôle important dans le
développement des sociétés (Masterman, 2010). Ces évènements
peuvent être de petite taille ou de taille internationale. Parmi les autres
caractéristiques des évènements sportifs on peut inclure le fait qu’ils
soient amateurs ou professionnels ; les consommateurs sont soit des
sponsors ou (Masterman, 2010). Les médias jouent un rôle important
dans leur développement. Les adeptes étant de plus en plus nombreux,
les enjeux commerciaux ont de ce fait suivi la tendance. Il est à noter
que ces évènements sont pour la plupart très anciens comme les Jeux
Olympiques qui remontent à 776 avant JC.
1.4.5. Évènements privés
Il s’agit d’évènements familiaux ou d’évènements que l’on célèbre
avec des amis. On compte parmi ces évènements les anniversaires,
baptêmes, mariages, etc. Depuis 2008 le nombre de mariages célébrés
en Martinique est en constante évolution. L’un des principaux
prestataires de produits et services dans le secteur (le magasin Les Jour
Heureux a vu son chiffre d’affaires augmenter ces dernières années).

25 1.4.6. Évènements politiques et gouvernementaux
Par évènements politiques et gouvernementaux on entend
évènements produits par et pour les syndicats, gouvernements et les
partis politiques. La sécurité est la principale difficulté lors de
l’organisation et la planification de ces évènements. Parmi ces
évènements on peut citer : Le sommet du G8 ; les mariages princiers ;
les visites du pape ; les investitures présidentielles ; les conventions de
partis politiques, etc. Ces évènements sont très couteux en général. A
ces évènements peuvent s’ajouter tout ce qui est manifestations,
protestations, émeutes, manifestations, etc.
1.4.7. Évènements d’entreprises ou d’affaires
Il s’agit d’évènements (conventions, expositions, foires, etc.)
organisés par et/ou pour des entreprises. Il s’agit par exemple de
lancement de produits ; de conférences ; d’inauguration ; de grandes
2ouvertures, etc.
1.4.8. Évènements de loisirs
Ces évènements sont en général produits par les parcs de loisirs ;
les associations à buts non lucratifs ; etc. l’objectif étant le loisir. Le
sport est une partie importante de ce type d’évènement. Les
évènements de loisirs sont un puissant vecteur de régénération urbaine
et sont également source de revenus. Les surfaces spécialisées dans le
domaine se sont développées (Les Jours Heureux, Méga-Party, Joupi,
etc.).
1.4.9. Évènements spéciaux
Dans cette catégorie on inclut les flash-mobs par exemple. Ces
évènements peuvent être considérés comme anticonformiste voire
anarchiste. C’est le caractère très éphémère de ces évènements qui
font leur particularité.



2 Voir livre de Powell, C. et al. (2015), Guide pratique de l’organisateur
d’évènement, Ems.
26 1.5 Évènements et leurs impacts
On note cinq types d’impacts (Getz, 2008 ; Richards & Palmer,
2010 ; Raj, Walters & Rashid, 2013):
 Économique ;
 Environnemental ;
 Social et culturel ;
 Politique.
1.5.1. Impacts économiques
Les retombées économiques du secteur de l’évènementiel sont un
argument mis en avant par les autorités locales pour justifier le
financement de ces évènements. Ces retombées sont de natures
différentes. Elles peuvent être positives : Emplois directs et indirects ;
dépenses directes et indirectes ; la construction d’équipements et de
sites ; l’augmentation des dépenses touristiques ; retombées en termes
d’image ; augmentation de la valeur du foncier ; régénération urbaine ;
etc. Elles peuvent être négatives : l’endettement pour financer les
évènements ; le déplacement de populations, l’augmentation du prix
du foncier ; etc.
1.5.2. Impacts environnementaux
Tout d’abord il est à noter qu’il n’est pas d’évènements sans impact
sur l’environnement. Quel que soit l’évènement et quel que soit
l’endroit où il est organisé, un évènement a forcément un impact sur
son environnement. Parmi les impacts positifs, on compte : La
construction de sites écologiques ou encore des changements positifs
pour le cadre ou l’évènement se produit. En ce qui concerne les
impacts négatifs sur l’environnement, on compte le bruit ; les
embouteillages ; la pollution ; l’émission de dioxyde de Carbonne
qu’entrainent ces déplacements de population (Bladen et al, 2012).
1.5.3. Les impacts sociaux et culturels
Tout évènement quel qu’il soit s’inscrit dans un contexte social et
culturel et contribue à :

 l’identité et la cohésion sociale d’une société ;
 La régénération de certaines villes.
27 Mais, si mal gérer :
 La frustration des locaux si dépossédés de leur culture.
1.5.6. Les impacts politiques
Les évènements de grandes taille sont ceux qui attirent le plus le
regard du monde politique. Ils sont également d’excellents outils pour
contribuer à développer et / ou améliorer l’image d’une destination.



28


PARTIE 2
LA CONCEPTION ET LA GESTION
D’UN ÉVÈNEMENT
Frédéric Dosquet et Hugues Séraphin
2.1. Les étapes de la conception d’un évènement : Une
3approche pratico-pratique

Concevoir un évènement exceptionnel est une chose. Trouver
suffisamment de personnes prêtes à payer pour cet évènement en est
une autre. Concevoir un évènement qui attirera les foules nécessite
d’effectuer quelques recherches. Gardez en mémoire que votre projet
ne prendra de l’importance aux yeux du public qu’une fois qu’il aura
vu le programme de l’évènement. Cet intérêt sera d’autant plus fort
s’il présente des caractéristiques que d’autres évènements n’ont pas. A
vous donc de déterminer les attentes de votre public potentiel, mais
également d’identifier l’offre de la concurrence.
Vous allez devoir répondre aux questions suivantes :
 Y-a-t-il une tendance nouvelle qui émerge du côté des
organisateurs d’évènements ou du côté des demandeurs
d’évènements ?
 Y-a-t-il des activités nouvelles, des produits, services ou
pratiques qui commencent à émerger ou qui font l’unanimité dans
d’autres secteurs ?
 Une étude de marché a-t-elle déjà était faite pour identifier la
demande ?
 Le marché que vous visez est-il suffisamment conséquent (en
nombre : entreprises, administrations, particuliers) pour que la
démarche d’organisation d’un évènement soit justifiée et qu’il soit
au final un succès ? Quelles sont vos cibles principales et
secondaires ?
 Vous devez également identifier le type d’évènements que vos
concurrents organisent. Sont-ils dans votre zone de chalandise ?
Dans la même catégorie de services ? Maintenant
demandezvous, si vous pouvez les concurrencer en termes de capacité
d’attraction ou au niveau du coût de participation à l’événement ?
À cette étape de votre réflexion, il est important d’effectuer une
4analyse SWOT (Force, Faiblesse, Opportunités et Menaces) qui vous

3 Cette partie est extraite du livre Powell, C, Dosquet, F et Séraphin, H (2015),
Guide pratique de l’organisateur d’évènements, EMS, chapitre 1.
4 SWOT (Strength/ Weaknesses / Opportunities / Threat).
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