Hier la crise, demain la guerre ?

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Français
298 pages
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Description

La crise financière 2007-2008 a été une crise sans précédent par son intensité et sa globalité. Elle est lourde de conséquences géoéconomiques et géopolitiques, en ouvrant la voie à une longue et difficile période de transition (2010-2030) marquée par le ralentissement économique, l'accroissement de la rivalité des Etats, la périlleuse redéfinition de la hiérarchie des Nations. Reste que, dans l'Histoire, jusqu'ici, il semble bien que chaque crise, chaque modification de domination, aient charrié avec elles guerres et conflits.

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Date de parution 01 avril 2010
Nombre de lectures 262
EAN13 9782336253749
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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HIER LA CRISE, DEMAIN LA GUERRE ?

© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-11354-1
EAN: 9782296113541

Pierre PASCALLON
et
Pascal HORTEFEUX





HIER LA CRISE, DEMAIN LA GUERRE ?
La crise va-t-elle amener le monde
au bord du gouffre ?













L’Harmattan

PUBLICATIONS
Dans la collection « Défense »

Défense et renseignement, 1995
Quel avenir pour les drones ?, 1998
Les transmissions militaires, 2000
Quelles perspectives pour le deuxième porte-avions français?,
2000
Quelles perspectives pour le Transport Aérien Militaire
français ?, 2001
ème
Quelle défense pour la France à l’aube du XXIsiècle ?, 2001
Quelles perspectives pour le renseignement spatial et aérien
français après le Kosovo ?, 2001
La guerre des missiles, 2001
ème
Les Armées françaises à l’aube du 21siècle
Tome I:La Marine Nationale, 2002
Tome II:L’Armée de l’Air, 2003
Tome III:L’Armée de Terre, 2004
Tome IV:La Gendarmerie Nationale, 2006
Tome V:Les Armées françaises à l’heure de
l’Interarmisation et de la
Multinationalisation, 2007
Le bouclier antimissiles américain après les attentats du 11
septembre 2001 ?, 2002
Quelle protection du territoire national contre le terrorisme
international ?, 2003
La politique de sécurité de la France en Afrique, 2004
Renforcer l’intégration de la Défense dans la Nation, 2004
Demain, les drones de combat ?, 2004
Satellites et Grands Drones dans le cadre de la politique spatiale
militaire française et européenne, 2005
La politique de sécurité autour de la Méditerranée, lac de Paix,
2005
Quelles menaces, demain, sur la sécurité de la France ?, 2005
La dissuasion nucléaire en question(s), 2006
Les zones grises dans le monde d’aujourd’hui: le non-droit
grangrène-t-il la planète ?, 2006
Quelle politique de Défense pour la France à l’heure de l’élection
présidentielle de 2007 ?,2007

Quel avenir pour l’OTAN ?,2007
La défense antimissiles en débat(s),2008
La Vème République, 1958-2008 : 50 ans de politique de Défense,
2008
Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ?,2009

Collection « Défense »

• Le moment n’est hélas pas venu – peut-il d’ailleurs
venir ?– où la force militaire pourrait être reléguée dans le
«linceul de pourpre où dorment les Dieux morts», chers à
André MALRAUX.
Le monde est en effet constitué de longtemps sinon de
toujours «d’Etats-Nations »dont le nombre ne cesse de
progresser et progressera sans doute encore au XXIème
siècle s’il faut en croire la prophétie du PèreSerge
BONNET: «Le XXIème siècle sera plus encore que le
XXème siècle le siècle des Nations».
• Etats-Nations »Se pose à ces «le problème de leur
défense, c’est-à-dire la fonction vitale d’assurer leur sécurité,
leur paix, leur indépendance, l’obligation de préserver et de
pérenniser les signes forts d’une identité nationale à travers
les accidents de l’Histoire, à savoir: un territoire et la
communauté consciente des hommes qui l’habitent. On peut
convenir en effet d’appeler «politique de Défense»
l’ensemble des mesures et dispositions de tous ordres prises
par le Pouvoir pour assurer la sécurité et l’intégrité du
territoire national dont il a la charge et, par ricochet, la paix
du peuple qui y vit. Pour utiliser les termes très voisins
retenus par l’ordonnance du 7 janvier 1959, la Défense «a
pour objet d’assurer en tout temps, en toutes circonstances
et contre toutes les formes d’agression, la sécurité et
l’intégrité du territoire ainsi que la vie de la population».
• Cette collection entend accueillir les réflexions qui
touchent le domaine de la Défense ainsi défini, domaine
global, multiforme, en constante évolution, en privilégiant
bien sûr le cas de la France et de l’Europe dans un contexte
qui est désormais, ici aussi, de plus en plus d’emblée
« mondialisé ».
Pierre PASCALLON

Quand tout est mauvais,
il est bon de connaître le pire »
FrançoisBRADLEY
(Philosophe britannique)

SOMMAIRE

AVANT-PROPOS……………..………………....……page 11

INTRODUCTIONGENERALE…………...……...……...page 13

PARTIE I
LA CRISE2007–2008COMME CRISE EXCEPTIONNELLE DU
CAPITALISME FINANCIER MONDIALISE SOUS DOMINATION
AMERICAINE……………………..…...……….….….page23

PARTIE II
LA CRISE2007–2008…SE PROLONGEANT EN UNE LONGUE
ET DIFFICILE PERIODE DE TRANSITION JUSQU’AUXANNEES
2030……………………..…...………….…….…...…page 81

PARTIE III
LA CRISE2007–2008…A L’ISSUE INCERTAINE DANS LES
ANNEES2030……….…..…...………….…….….…page175

CONCLUSIONGENERALE..…...…………..…..….…page251

ANNEXES………………………………….…....…..page255

ORIENTATIONSBIBLIOGRAPHIQUES………………page273

TABLE DESMATIERES...…..…………………...…..page293

AVANT PROPOS


Notre réflexionn'est pas facile malgré le déluge de
publications sur la question de la crise… et de sa suite. Iln'y
a pas lieu de s'en étonner. Jean JAURES observaitdéjà de
longtemps l'exerciceplus que difficile qui consiste à aller
fouiller dans la « marmite de l'avenir».
On se propose ici - pour donner un peud'assurance à
notre démarche : «en route vers l'inconnu »,pour
paraphraser le titre de l'ouvrage de Nicolas BAVEREZ-, sans
se laisser égarer par la poussière des évènements et le bruit
médiatique de l'instant, de s’appuyer à plein sur les leçons de
l'Histoire. N'est-ce pas Claude LEVY-STRAUSS qui,du haut
de l'autorité qui est la sienne, nous y invitait pour son
centenaire en déclarant (je le cite), le 28 novembre 2008 :
« ilfaut, si l'on s'intéresse àla vie des sociétés, se plonger
dans l'Histoire». Oui, essayer de trouver une lumière de
vérité dans le brouillard de l'avenir en faisant appel à
l'éclairage de la « longue période », de la « longue durée » à
la BRAUDEL-PERROUX, comme paradigme fondamental des
sciences sociales, la dynamique du temps long, de l’Histoire
de l’Homme, étant marquée, à leurs yeux, par la dynamique
des pôles de domination et des rapports de puissance, à
travers les «Empires »,les «Blocs »,les
«Economiesmonde », les « Civilisations »,…

11


INTRODUCTION GENERALE

Il convient de s’arrêterd'abord, puisque c'estle point de
départ de notre réflexion, sur la notion de « crise ». On peut
sans doute essayer, intuitivement, de saisir cette notion de
crise en la rapprochant et en l'opposant àla notion de «
noncrise ».
« Non-crise »? Cela fait penser à «l'ordre»,
« l'harmonie »,« l'éla « cohérencequilibre »,», la
« continuité », la « stabilité ».
La « crise » ? Le terme vient du vocabulaire médical et est
donc, par rapport à la « non-crise », un moment crucial de
« désordre », de « rupture », de « déséquilibre », de
« désorganisation », de « trouble ».

On peut - à partir de cette première approche succincte de
la notion de «crise »sous l'idée de « rupture » -, bien
marquer que les crises ainsi comprises sont de toujours. On
ne peut pas, en effet, imaginer parvenir un jour à une
évolution ordonnée, stable, régulière, sans ruptures et sans
déséquilibres. La vie de l'Homme- c'est consubstantiel à son
statutd'êtrehumain - est marquée par les ruptures, les
discontinuités, les déséquilibres. Cela reste vrai dans la
période contemporaine, dans le cadre du capitalisme
industriel contemporain.

Il est vrai, en effet, que la dynamique du capitalisme
èmes
industriel contemporain XIX-XXsiècles est une
dynamique instable, rythmée par les ruptures et les
déséquilibres, les crises inhérentes à ce système : certains
n'hésitent pas à parler de « la respiration » du capitalisme.
On en prend pleine conscience en suivant la présentation
que nous apporte les théoriciens par excellence de la
dynamique économique du capitalisme, Fernand Braudel (La
dynamique du capitalisme, 1985), François Perroux (Le
capitalisme, 1962) et Joseph SCHUMPETER(L’histoire de
l’analyse économique, 1954) (cf. encart n°1).

15

ENCART N°1

Joseph A. SCHUMPETER
1883-1950

Economiste autrichien



1908 : premier poste à l'Université deVienne

1932 :s'installe aux Etats-Unis à Harvard


A un rôlecentral dansl'histoire de
ème
l'économie politique au XXsiècle

Son œuvre:
-Nature et contenu principal de la théorie

économique, 1908

-Théorie de l'évolution économique, 1912

-Doctrines économiques et méthode, 1914
-Impérialisme et classes sociales, 1927
-Business cycles(2 volumes), 1939

-Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

-Histoire de l'analyse économique, 1954


Source : construction personnelle

Pour ce dernier, en particulier, nous sommes en présence,
avant le capitalisme, du « circuit ».
Le « circuit »? Les phénomènes dans ce cadre sont
répétitifs, s’enchaînent sous la forme d’une boucle fermée.
C’est une économie stationnaire, avec de simples
« exploitants ». Il n’y a pas d’innovation, pas de crédit.
Avec le capitalisme, on passe à « l’évolution », à la
« dynamique ». Le personnage central est l’entrepreneur,
pionnier de la dynamique capitaliste puisque c’est à lui
qu’appartient la mise en œuvre de l’innovation. Il va, pour ce
faire, avoir besoin du banquier et du crédit. Le banquier est
bien un acteur tout à fait indispensable pour SCHUMPETER.
En effet, la réalisation des innovations nécessite certes les
fonds d’épargne préalables, mais plus généralement des
crédits : le pari économique appelle le pari bancaire.

16

Au total, on le voit, le cœur de la dynamique capitaliste se
joue, pour SCHUMPETER, autour de l’entrepreneur, de
l’innovation, du crédit, du risque et du profit (ou de la perte).
Il y a, à ses yeux, plus avant, des « grappes d’innovation » et
un processus de « destruction créative » – « l’ouragan
perpétuel de destruction créative » – qui donne l’impulsion
au système, engendre les fluctuations et le changement
social ;fait, au vrai, de la dynamique capitaliste une
dynamique inévitablement instable et discontinue.

Les économistes - SCHUMPETER, encore et surtout -, mais
aussi les historiens - BRAUDEL,… -, se sont attachés de
longtemps à présenter cette dynamique capitaliste instable
dans le cadre de mouvements périodiques indéfiniment
recommencés :les cycles; et ils ont proposé d’appréhender
les crises dans ce contexte.

On n’entend pas reprendre par le détail les différentes
représentations cycliques de l’évolution économique du
capitalisme industriel. A dire vrai, les mouvements cycliques
qui sont, aujourd’hui, le plus communément reconnus sont
au nombre de deux :
le mouvement cyclique long KONDRATIEFF, surtout,
le mouvement cyclique court JUGLAR.
On donne une première présentation sommaire de ces
deux mouvements dans le schéma n°1.

17

SCHEMA N°1
Présentation des deux mouvements cycliques
les plus significatifs de la dynamique
ducapitalisme industriel : KONDRATIEFFet JUGLAR


KONDRATIEFF JUGLAR

PRODUCTION PRODUCTION
PRIX PRIX

(indices) (indices)


Phase de baisse dite des
« vaches maigres »
Phase
descendante de
baisse « B »







Phase ascendante
de hausse
Phase de hausse dite des
« A »

« vaches grasses »


Temps Temps


0 0
cycle d’une durée temps moyenne cycle d’une durée temps moyenne
de40 à 60 ansde 6 à 11 ans

Nicolas D. KONDRATIEFF ClémentJUGLAR
(ou KONDRATIEV)
1892-1938 ou 39 (fusillé)1819-1905
Economiste russeMédecin et économiste français
"Les crises commerciales et leur retour
Article de base en allemand en 1926.
périodique en France, en
GrandeTraduction anglaise: The long waves in
Bretagne et aux Etats-Unis", 1862
economic life », 1935.


Cycle considéré comme le mouvement
Mouvement long essentiel décelable pour
central touchant l’ensemble des branches
certains même avant le capitalisme
économiques du capitalisme

Source : construction personnelle

18

On doit donnerquelques éléments de plus du cycle long
KONDRATIEFFil est le mouvement par excellence du tant
capitalisme dans le temps long etqu'on va tout spécialement
s'appuyer, pour la suite de cette réflexion, sur ce mouvement
long englobant, prenant en compte tous les aspects du
développement : les technologies, les dominations, …. ; ces
ondes longues ayant scandé l'évolution de la période
èmes
contemporaine (XIX-XXsiècles) avec, à ce jour, quatre
cycles longs KONDRATIEFFnous, selon le tableau derrière
que voici (cf. encart n°2).

ENCART N° 2
Les 4 cycleslongs KONDRATIEFFdéjà écoulés


Source :L'Expansion, 4/17 mars 1993

Ce qu'il y a lieu de souligner - sans aller plus loin dans la
présentation de ces deux cycles - c'est - durée différente mise
à part - qu’ils nous invitent à regarder tous les deux la
dynamique du système capitaliste industriel sous la forme de
phases récurrentes et alternées : d'abord phase d'essor, phase
ascendante, phase de hausse ; et après, phase de déclin,
phase descendante, phase de baisse. Le système capitaliste
industriel suit - si l'on ose dire - ce sentier « normal » et
« obligé » d'évolution.
Et l'on peut - l'on doit - faire apparaître la crise dans cette
perspective de la dynamique du capitalisme industriel.
La crise, dans cette perspective ? La crisestricto sensu?
Elle est un moment du mouvement cyclique, la phase courte,

19

très aigue, de « rupture », de « retournement ». C'est ceque
les Anglo-Saxons appellent les « zones » ou les « points de
retournement » (cf. schéma n°2).

SCHEMA N° 2
Lacrise dansla perspective cyclique : lacrisestricto sensu

La crise dansla perspectiveLacrise dansla perspective

mouvement cyclique longmouvement cycliquecourt
KONDRATIEFF JUGLER



Crise Crise



« plage ou zone pluriannuelle de« point de retournement »
retournement »










Dans le cadre « sommet » de cycleDans le cadre « sommet » de cycle

plutôt en ogiveplutôt en pointe ou en triangle

Source : construction personnelle

* *
*
On peut, dès lors, à partir de cet « outillage » élémentaire
sur lequel on prendra appui pour toute la suite sur le thème :
« Hier, la crise ; demain, la guerre ? », tenter de répondre à la

20

question sous-jacente au fond de notre réflexion : « La crise
1
va-t-elle amener le monde au bord du gouffre ? ».
Il est sûr,premièrement, que nous venons de vivre, hier,
en 2007-2008, une crisestricto sensu exceptionnelle,celle
du capitalisme financier mondialisé sous domination
américaine.
On persuadera, dans undeuxièmesi besoin est, temps,
que cette crise va être suivie – est suivie –d'une longue et
difficile période de transition jusqu'aux années 2030.
Le tout nous amènera à déboucher - ce sera letroisième
point - sur une issue incertaine pour ces années 2030.


1
Onparaphrase le titre du journalThe Economist, repris par François
FILLON, Premier Ministre, le 05 octobre 2008.
21




















PARTIE I

La crise 2007 – 2008
comme crise exceptionnelle
du capitalisme financier mondialisé
sous domination américaine

• Nous venons de connaître, en effet, sur 2007-2008, une
crisestricto sensuviolente, particulièrement pathétique, sans
équivalent historique. Une crisestricto sensu
chronologiquement limitée sur ces deux années 2007-2008,
mais qui déborde, sans aucun doute, sur 2009 - la « zone »
ou « plage de retournement » du KONDRATIEFF, au-delà du
« point de retournement » du JUGLAR-, si bien que, à dire le
vrai, il vaudra sans doute mieux parler - lorsqu'on aura le
recul temporel suffisant pour le faire avec assurance - de la
crisestricto sensupour prendre donc en 2007-2008-2009,
compte les « prolongements » en 2009 avec, en particulier, la
très sévère rechute des grandes places boursières mondiales
2
en février-mars 2009 .
Ce qu’on peut affirmer, dès maintenant, c'est que, si le
capitalisme a été particulièrement « secoué » durant les deux
années 2007-2008 - voire, donc, peut-être, en plus, sur
2009 -, il est clair, dès aujourd'hui (début 2010), que le point
culminant de cette crisestricto sensubien été les mois de a
septembre-octobre 2008 où l’on a eu l'impression que le
système capitaliste était « KO » debout, à deux doigts du
néant. Si l'on veut faire écho à nos notations précédentes sur
les cycles, on a bien eu, en effet, semble-t-il, en
septembreoctobre 2008, la conjonction et la superposition des
« sommets » liés d'un cycle long KONDRATIEFFet d'un cycle
court JUGLAR, ce qui explique que « l'explosion » du système
capitaliste ait été aussi forte (cf. schéma n°3).


2
Etla nouvelle alerte sur la «planète financière», avec la chute de
Dubaï (« Dubaï world »), le 25 novembre 2009.
25

SCHEMA N°3
Lesommet delacrisestricto sensuen septembre-octobre2008
comme « sommets »liés d'un cycle longKONDRATIEFF
et d'un cyclecourt JUGLAR

Septembre-octobre 2008



« A »

« B »



hausse Phase de baisse
Phase de




« Point de retournement »

du cycle JUGLAR

« Zone » ou « plage » de

« retournement » du cycle

KONDRATIEFF



Source : construction personnelle

• Ce dont il s'agit, c'est bien de «l'explosion » du
capitalisme dans sa configuration présente de nos années
2000, qui marque l'hégémonie de la finance comme son trait
le plus saillant : on a cru pouvoir exprimer cette identité la
ème
plus véritable du système en ce début de XXIsiècle en
parlant de « capitalisme financiarisé » ou, plus brièvement,
de « capitalisme financier ».
On a bien assisté, en effet, dans ces années 2007-2008, à
la plus grande crise du capitalisme financier mondialisé qui
s’est mis en place à partir des années 1980, sous l’impulsion
et la domination américaines. Nulle surprise, par suite, que
cette crise financière exceptionnelle se soit déclenchée sur la

26

principale place financière du moment, qui est alors aussi le
cœur économique et politique du monde: les Etats-Unis
d’Amérique qui sont, dans nos décennies 1990-2000 - après
la fin de la guerre froide et la disparition de l’URSS
(198991) -, la puissance hégémonique - «l’hyperpuissance
3
mondiale » (H. VEDRINEdont la domination sans partage)
va être remise en question pour la première fois depuis près
d’un siècle.

• Pour aller plus loin dans la présentation de cette crise
exceptionnelle du capitalisme financier globalisé sous
hégémonie américaine, on peut persuader que cette crise
stricto sensuqui a donc commencé en 2007, qui a révélé
toute sa violence en 2008 - est, en première analyse,l'une
des crisesdu capitalisme contemporain et - à y regarder plus
en détail- sans douteLa Criseplus forte et la plus la
significative à ce jour de ce capitalisme contemporain.


3
Cf. VEDRINE(H) :Face à l’hyperpuissance, que faire ?, Fayard, 2003.
27

I–1 LA CRISE2007-2008, COMMEL'UNE DES CRISES
DU CAPITALISME CONTEMPORAIN

• L'évolution du capitalisme industriel contemporain
èmes
(XIX-XX siècles)n'a cessé d'être rythmée par des cycles,
ème
par des cycles JUGLARparticulier, durant tout le XIX en
siècle et au-delà (cf. tableau n°1).

TABLEAU N°1
Cycles JUGLARoucycles majeurs classiques de 1819 à
1913 (prix et production)

EUROPE ETATS-UNIS
Durée duPoint dePhase BDurée duPoint dePhase B
cycle rupturecycle rupture
1819-1832 18251825-1832 1818-18221819 1819-1822
1832-1842 18361836-1842 1822-18301826 1826-1830
1842-1851 18481848-1851 1830-18351834 1834-1835
1851-1861 18571857_1861 1835-18391837 1837-1839
1861-1869 18671867-1869 1839-18451842 1842-1845
1869-1878 18731873-1878 1845-18501849 1849-1850
1878-1886 1882 1882-1886-871850-1860 1857 1857-1860
1887-1895 1890 1890-1895-96Guerre de Sécession et reconstruction
1896-1908 19071907-1908 1868-1876-1873
1873-187677 77
1908-1913 19131913 1877-18861883 1883-1886
1886-18961892 1892-1896
1896-19081907 1907-1908
1908-19111910 1910-1911
SourceB. MARCEL(B) et J. TAIEB(J) :
Crise d'hier, crise d'aujourd'hui,Nathan, 1989 – p188

Et, dans le cadre de ces cycles JUGLAR, la crise - comme
« rupture » - apparaît comme une crise financière avec chute
des cours de bourse, contraction du crédit, baisse des prix,…
Iln'y a pas lieud'en être surpris. On a vu déjà, avec
SCHUMPETER, la place du banquier et du crédit dans sa
« théorie » de la dynamique du capitalisme. Et, de fait, les

29