L'économie ne peut être que sociale

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Français
244 pages
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Description

Le système économique néolibéral paraît actuellement avoir le vent en poupe. Aucun pays, aussi pauvre soit-il, n'a d'autre rêve que d'entrer dans ce système, de s'enrichir et de ressembler aux Occidentaux consuméristes. Ses fondations bancaires et financières ont fortement évolué ces dernières années. De supports à la production et à la transformation, elles se sont tournées vers la spéculation. Les auteurs montrent que l'économie peut garder un visage humain et social, par un mécanisme réfléchi de redistribution.

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Date de parution 01 mai 2011
Nombre de lectures 81
EAN13 9782296462229
Langue Français
Poids de l'ouvrage 16 Mo

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Léconomie ne peut être que sociale
Au Carrefour du Social
Collection dirigée par Marc Garcet et Serge Dalla Piazza.
LAssociation Interrégionale de Guidance et de Santé (AIGS) est née en 1964 de la volonté de quelques hommes de promouvoir la santé et la qualité de vie pour tous. Des dizaines de services de proximité et extrahospitaliers ont vu le jour pour accompagner, insérer, aider, soigner, intégrer, revalider, former des milliers dusagers en mal dadaptation personnelle ou sociale. En collaboration avec les éditions LHarmattan de Paris, la collectionAu Carrefour du Socialveut promouvoir ce modèle et offrir une réflexion ou des rapports de ces pratiques et de ces innovations.
Déjà parus
Serge DALLA PIAZZA,Ces étrangers parmi nous, 2011.
Serge DALLA PIAZZA et Marc GARCET (dir.),Rendre la commune aux citoyens, Citoyenneté et démocratie locale à lère de la mondialisation, 2010.
Serge DALLA PIAZZA et Marc GARCET (dir.),Jeunes, inactifs, immigrés : une question didentité.Vivre dans un désert industriel, 2010.
Marc GARCET,Construction de lEurope sociale, 2009.
Serge DALLA PIAZZA et Marc GARCET,Lavenir de lhomme en question, 2009.
Marc GARCET et Serge DALLA PIAZZA,En marche vers un idéal social, 2005.
Marc Garcet et Serge Dalla Piazza
Léconomie ne peut être que sociale
LHARMATTAN
AIGS
© L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55011-7 EAN : 9782296550117
SOMMAIRE
INTENTIONS
PROPOS LIMINAIRES
INTRODUCTION
INTUITION SOCIO-ÉCONOMIQUE
PARTIE I : DE LÉCONOMIE PARTIE II : DIMENSION SOCIALE DES ENTREPRISES PARTIE III : VERS UNE ÉCONOMIE HUMAINE
CONCLUSION
LEXIQUE
TABLE DES MATIÈRES
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3
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INTENTIONS
Nous sommes tous interpellés par la situation économique de nos pays industrialisés et de ceux qui les entourent. Nous assistons, impuissants, à une succession de crises économiques, devenues progressivement des crises financières qui ébranlent la planète entière. Ces crises passent. Si certains financiers ont perdu des sommes colossales, ils les ont vite récupérées dans la plupart des cas, notamment grâce au soutien des états. Ces états ont dû sengager dans de nouveaux endettements qui bloquent leur croissance, sans négliger la spéculation dont certains sont victimes. Par contre, bon nombre de travailleurs, de commerçants, de petits industriels, dépargnants ont tout perdu.
Dune ère économique amorale, nous sommes très clairement entrés dans une ère monétaire immorale. Les financiers et spéculateurs naident plus les entreprises à fonctionner et à sadapter. Ils cherchent à senrichir en dépeçant leur proie au nom dun profit immédiat.
Cette dernière crise 2009-2010 a révélé la fragilité des états et la nécessité dune régulation de ces marchés financiers. Au moment de la mise sous presse, nous nen voyons pas encore les prémisses.
Nous avons voulu écrire ce livre afin de rencontrer plusieurs objectifs : 1. Lorsque cela est possible, il nous faut rester les témoins du monde qui nous entoure. 2. Lanalyse que nous en faisons nous amène à nous interroger sur les mécanismes en cause dans les rapports de lhomme avec la vie, la société et léconomie. 3. Malgré la redistribution partielle des impôts au profit de populations fragiles et précarisées, nous devons travailler à la réparation des dégâts causés par les tempêtes financières et économiques.
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Ces risques et dégâts mis en avant, les entrepreneurs sociaux peuvent alors mettre en place des services daide et deself help. Nous introduisons le concept de rentabilité sociale qui légitime les services en question, qui cherche à les pérenniser selon une méthodologie de cinq critères : lutilité, la pertinence, la plus-value sociale, la qualité de vie et la solidarité. Ces mécanismes daction ont certes des effets réparateurs, mais également des effets régulateurs pouvant servir de modèle social.
Dans ce sens, léconomie ne peut être que sociale.
À partir des concepts déconomie morale et de rentabilité sociale, nous souhaitons engager un nouveau dialogue avec les différents acteurs locaux, y compris dans une perspective nord-sud, notamment avec les pays africains francophones. Grâce à internet et au réseau LHarmattan, nous espérons installer un véritable partenariat avec dautres entrepreneurs sociaux, dans le cadre déchanges de bonnes pratiques, de connaissances culturelles et délaboration de nouvelles coopérations.
PROPOS LIMINAIRES
Voilà septembre 2009 et nous reprenons nos rencontres, à Liège cette fois. Du haut du Boulevard, au centre de la vie bourgeoise, avec à gauche le conservatoire de Liège inauguré en 1887. On y présente cette année les grands compositeurs romantiques. À droite, le Parc dAvroy est encore vert, mais on pressent déjà lautomne et les préparatifs de la foire doctobre, la grande foire où des attractions les plus excitantes loccupent pendant un mois et demi. Durant lété, nous avons eu du soleil.
Au-delà, les krachs boursiers et bancaires ont mis la société belge K.O. ; les épargnants ont perdu leurs réserves pour les jours mauvais. Les pensions privées sont passées à la trappe, les plantureux bénéfices des banques de ces dernières années se sont soudainement évaporés. Partout les banques sont en faillite. Les banques, sorties de leur rôle, sont devenues des joueuses en bourse pour leur propre compte et celui de certains clients. Devenues instruments boursiers, elles en ont pris les voies occultes et sans contrôle. Largent a migré vers des sociétés offshore,dans des paradis fiscaux.
On dit quune société est « offshore » lorsquelle a établi son siège social dans un pays dans lequel elle nexerce aucun commerce et dont les dirigeants responsables ny sont pas domiciliés. Une société offshore est donc une société non résidente. Pour bénéficier des avantages fiscaux offerts, une société offshore sinterdit de travailler dans le pays dans lequel elle est installée, et nutilise absolument pas son économie : pas de main duvre locale, pas de financement en provenance dune banque locale, pas daides publiques, etc. La société offshore, parfois représentée 1 par un correspondant local, est toujours dirigée de lextérieur.
Finalement, tous les États ont renfloué le déficit artificiel des banques. Malgré ce krach énorme de septembre 2009, jeté dans le public par les
1 Liste des principaux paradis fiscaux selon lindice global de secret financier, dans lordre : État du Delaware (USA), le Luxembourg, la Suisse, les Îles Caïmans, la City de Londres, lIrlande, les Bermudes, Singapour, la Belgique, Hongkong, Jersey, lAutriche, Guernesey, Bahreïn, les Pays-Bas, les Îles Vierges britanniques, le Portugal, Chypre, Panama et Israël. (Alternatives économiques, novembre 2009). 9
médias, nous savons déjà quen 2010 les bénéfices des banques, hier en faillite, seront des plus plantureux. Les États ont été saignés, les citoyens aussi. Il ny a pas de coupable ! Seulement le système sans loi, sans contrôle. Une seule raison, lexplosion des bulles financières artificielles, la fin des illusions paradisiaques dont les banques se sont faites porteuses. Elles ont flambé les avoirs des citoyens à la bourse, ont engrangé de larges profits dans les paradis fiscaux. Le maximum dargent est parti, le maximum de ce qui pouvait être éloigné de la circulation. Le maximum, cest trop.
Les banques ont été momentanément au bord de la faillite. Elles en ont appelé à lintervention des États ! Dans le monde se déroulent des réunions exceptionnelles des gouvernements français, britannique, belge, hollandais, américains. Tous les États européens et les Amériques se concertent, le FMI, la FED envisagent le pire. Des banques importantes sont en faillite. Les bons penseurs ont rappelé à bon escient que la banque constituait le lieu par lequel transitaient tous les avoirs dans le sens du donner et du recevoir. Les États, les entreprises, les citoyens en sont les clients. La faillite du secteur bancaire constituerait aussi la faillite de lÉtat et du système. Nous sommes dans cet esprit quand nous nous retrouvons à regarder de haut la Ville de Liège dans un de ses quartiers bourgeois.
Tous deux employés du secteur psychosocial, acteurs de lAssociation 2 Interrégionale de Guidance et de Santé , nous pourrions nous sentir quelque peu à lécart de ce débat. Mais, lAIGS se considère comme partie intégrante de la société. Elle instrumentalise ses objectifs en utilisant toutes les vertus de lapproche collective au profit de personnes, en tenant compte de la dimension sociétale et de lintérêt collectif. Nous sommes engagés dans les principes qui régissent la citoyenneté et que lon peut identifier à travers les notions dintégration sociale de toute personne, quelles que soient ses caractéristiques et faiblesses personnelles (culturelle, physique ou mentale). Pour cela, lAIGS met tout en uvre pour favoriser légalité des chances des citoyens dans des principes de non-discrimination afin que chacun accède aux ressources de la communauté. Elle inscrit de manière prioritaire la qualité de vie comme la perspective privilégiée de la société multiculturelle du troisième millénaire.
2 www.aigs.be
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