L'essentiel de la comptabilité analytique

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Description

Ce livre traite tous les aspects techniques liés à l'application des différentes méthodes comptables de calcul des coûts. Illustré de nombreux exemples et schémas, il donne les fondamentaux à connaître pour analyser les coûts et mieux décider.



Il contient en outre de nombreux prolongements : utilité des informations analytiques pour la gestion, problèmes d'organisation des procédures (avec notamment la méthode ABC), conséquence de l'informatisation et conception multidimensionnelle de systèmes comptables autour d'une base de données.



L'essentiel de la comptabilité analytique s'adresse :




  • aux étudiants en gestion, en IUT GEA, licence et mastère de gestion, DCG DSCG, écoles de commerce, IAE ;


  • aux professionnels désireux de pratiquer une remise à niveau rapide.




  • L'analyse des couts complets : le full-costing


    • Les principes de base de l'analyse des coûts complets


    • Les différentes étapes du calcul des coûts


    • L'organisation pratique du traitement comptable analytique




  • L'adaptation des principes en fonction de l'activité : approfondissement du full-costing


    • Les problèmes liés à la nature du processus de production


    • Fluctuations du niveau d'activité et "imputations rationnelle" des frais fixes


    • L'analyse transversale des processus et la "méthode ABC"




  • L'analyse des coûts partiels : le direct-costing


    • Le modèle de base : le direct-costing simple


    • L'utilisation en gestion des coûts partiels


    • L'élargissement du modèle : le direct-costing évolué




  • Des coûts réels aux coûts standard : introduction au contrôle budgétaire


    • Le calcul et l'analyse des écarts


    • Le traitement comptable des écarts


    • L'utilisation des écarts



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 septembre 2011
Nombre de visites sur la page 1 628
EAN13 9782212008517
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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DIDIER LECLÈRE

L’ESSENTIEL
DE LA
COMPTABILITÉ
ANALYTIQUE

DE LA FINANCE

LES ESSENTIELS

L’ESSENTIEL DE LA
COMPTABILITÉ ANALYTIQUE

e livre traite tous les aspects techniques liés à l’application des
C
différentes méthodes comptables de calcul des coûts. Illustré
de nombreux exemples et schémas, il donne les fondamentaux à
connaître pour analyser les coûts et mieux décider.
Il contient en outre de nombreux prolongements: utilité des
informations analytiques pour la gestion, problèmes d’organisation
des procédures (avec notamment la méthode ABC), conséquences
de l’informatisation et conception multidimensionnelle des
systèmes comptables autour d’une base de données.
L’essentiel de la comptabilité analytique s’adresse :
– aux étudiants en gestion, en IUT GEA, licence et mastère
de gestion, DCG DSCG, écoles de commerce, IAE ;
– aux professionnels désireux de pratiquer une remise à niveau
rapide.

Au sommaire
• L’analyse des coûts complets : le « full-costing »
• L’adaptation des principes en fonction de l’activité :
approfondissement du « full-costing »
• L’analyse des coûts partiels : le « direct-costing »
• Des coûts réels aux coûts standard : introduction au contrôle
budgétaire
+
12 études de cas commentées

Didier Leclère est professeur des universités, agrégé en sciences
de gestion et diplômé expert-comptable. Il enseigne à l’Intec
(Institut national des techniques économiques et comptables) du
Cnam (Conservatoire national des arts et métiers). Il est l’auteur de
plusieurs ouvrages dans les domaines de la comptabilité, du contrôle
de gestion et de la stratégie d’entreprise.

DE LA FINANCE

LES ESSENTIELS

L’ESSENTIEL
DE LA
COMPTABILITÉ
ANALYTIQUE

DIDIER LECLÈRE

L’ESSENTIEL
DE LA
COMPTABILITÉ
ANALYTIQUE

DE LA FINANCE

LES ESSENTIELS

Cinquième édition

Éditions d’Organisation
Groupe Eyrolles
61, Bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05

www.editions-organisation.com
www.editions-eyrolles.com

La collection « DFCG » est dirigée par François-Xavier Simon.

Dans la même collection

L’essentiel de la fiscalité d’entreprise, Eric Spiridion, 2011
e
L’essentiel du diagnostic financieréd., 2011, Béatrice Rocher-Meunier, 5

En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou
partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans
l’autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’exploitation du droit de copie 20, rue des Grands Augustins,
75006 Paris.

© Groupe Eyrolles, 1997, 2001, 2002, 2004, 2011
ISBN : 978-2-212-54964-5

© Groupe Eyrolles

Sommaire

Introduction

Les objectifs de la comptabilité analytique
1. L’analysedes performances de l’entreprise
2. L’évaluationdes stocks
3. Laproduction d’informations nécessaires au contrôle de gestion
4. L’aideà la prise des décisions de gestion
5. «Méthodes » ou « approches » en comptabilité analytique
6. Utilisationdu manuel et progression pédagogique

PREMIÈRE PARTIE
L’analyse des coûts complets : lefull-costing19

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Chapitre 1Les principes de base de l’analyse des coûts complets21
1. Latypologie des charges d’exploitation22
2. L’incorporationdes charges25
3. Letraitement des charges directes27
4. L 28e traitement des charges indirectes
5. Schémad’ensemble récapitulatif
Chapitre 2Les différentes étapes du calcul des coûts35
1. Lesgrandes étapes fonctionnelles36
2. Lescoûts de revient et les résultats analytiques38
3. Laprise en compte des mouvements de stocks39
4. Schémad’ensemble de la méthode des coûts complets41

Chapitre 3L’organisation pratique du traitement comptable
analytique 46
1. Leprincipe de la réfl exion
2. Lesécritures de virement
3. Lesdifférences de traitement comptable
4. Ladétermination des résultats analytiques
5. Lacomptabilité analytique dans les systèmes informatisés
« Étude de cas 1 – M. Geoffroy
« Étude de cas 2 – Société Sanilux
« Étude de cas 3 – Université technologique du Nord
© Groupe Eyrolles

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DEUXIÈME PARTIE
L’adaptation des principes en fonction de l’activité :
approfondissement dufull-costing69

Chapitre 4Les problèmes liés à la nature du processus
de production
1. Priseen compte des prestations réciproques ou circulaires
2. Priseen compte de stades intermédiaires dans le processus
de production
3. Priseen compte des encours de production
4. Priseen compte des sous-produits et des produits joints
Chapitre 5Fluctuations du niveau d’activité
et « imputation rationnelle » des frais fi xes
1. L’impactdu niveau d’activité sur le coût unitaire
2.Défi nitiondu « coût d’imputation rationnelle »
3. Ladifférence d’imputation rationnelle
4. Intérêtpour la gestion de l’imputation rationnelle
5. Applicationpratique de la méthode
6. Valorisationdu stock final dans les états financiers
Chapitre 6L’analyse transversale des processus
et la « méthode ABC »
1. L’évolutiondu contexte
2. Lesprincipes de la comptabilité basée sur les activités
3. Del’ABC à l’ABM (activity based management) 90
4.Appréciationcritique
« elris lemirpeireni stsudété NouvellÉe su tiemdd eac s 4 –oSic
de l’Indre
« Étude de cas 5 – Société Flycut
« Étude de cas 6 – Société Mécanotrex

TROISIÈME PARTIE
L’analyse des coûts partiels : ledirect-costing115

Chapitre 7Le modèle de base : ledirect-costingsimple
1. Leshypothèses simplifi catrices
2. Lesprincipes de base de l’analyse
3. Lesproblèmes posés par les variations de stock
4. Schémad’ensemble du modèle simplifi é
5. Généralisationà d’autres objets de coûts

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Chapitre 8L’utilisation en gestion des coûts partiels123
1. L’analysedu seuil de rentabilité124
2. Lamarge de sécurité126
3.Larelation
volume-coûts-profits 129
4. L’effet« nœud papillon »131
Chapitre 9L’élargissement du modèle : ledirect-costingévolué 133
1. Laprise en compte des charges fixes directes134
2. Laprise en compte des charges variables indirectes134
3. Dela notion de coût variable à celle de « coût marginal »135
4.Comparaisondudirect-costingavec lefull-costing138
« 140Étude de cas 7 – Société Climafl ex
« 145Étude de cas 8 – Société Kermaria
« Étude de cas 9 – Société Neosom150

QUATRIÈME PARTIE
Des coûts réels aux coûts standard :
introduction au contrôle budgétaire

Chapitre 10Le calcul et l’analyse des écarts
1. Lesécarts sur charges directes
2. Lesécarts sur charges indirectes
3. Lesautres écarts
3.1. Écartsde composition sur ventes
3.2. Écartssur volume de marge

Chapitre 11Le traitement comptable des écarts
1. Laméthode des coûts préétablis
2. Laméthode du suivi des engagements budgétaires

Chapitre 12L’utilisation des écarts
1. Leprincipe de la gestion par exception
2. L’organisationgénérale du système de contrôle
« Étude de cas 10 – Société Tropicolino
« Étude de cas 11 – Société Piderer
« Étude de cas 12 – Société Textibril
Lexique 201
Bibliographie 203
Index 204
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193
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Introduction
Les objectifs
de la comptabilité
analytique

On a coutume d’opposer comptabilité générale et comptabilité analytique,
tout comme, dans d’autres disciplines, on oppose par exemple chimie
minérale et chimie organique ou algèbre et géométrie.
L’étudiant en sciences de gestion les étudie séparément tout au long de son
cursus, en commençant dans la plupart des cas par étudier la comptabilité
générale avant de passer à l’analytique.
En fait, cette coupure est en grande partie artificielle et est surtout due
à des contraintes pédagogiques. Ces deux comptabilités constituent deux
facettes du système d’information de l’entreprise et, d’une manière plus
large, de toute organisation. Seul l’état de développement technologique
des moyens pour traiter l’information comptable explique cet état de fait, et
il est indéniable par exemple que l’informatisation des systèmes comptables
est venue complètement modifier les données du problème, en intégrant de
façon multidimensionnelle, dans une même base de données, comptabilité
financière et comptabilité analytique.
Dans une très large mesure, on serait tenté de dire que la comptabilité
analytique n’existe pas, ou bien qu’elle n’existe que dans le cerveau des
professeurs de comptabilité… Ce qui existe dans la réalité concrète des
entreprises, ce sont des procédures de traitement analytique des données
comptables, permettant de fournir certaines informations utiles à la gestion.
C’est donc en fonction des fi nalités de la comptabilité analytique que l’on
peut comprendre le contenu de cette discipline.

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Les objectifs de la comptabilité analytique

1.L’analyse des performances
de l’entreprise

Dans une première approche très schématique, qu’il faudra ensuite nuancer
et approfondir, on peut dire que par opposition à la comptabilité
générale qui est essentiellement un outil d’information externe, la comptabilité
analytique apparaît comme un instrument d’analyse interne, utilisé par les
gestionnaires. C’est pourquoi, d’ailleurs, de très nombreux auteurs préfèrent
parler de « comptabilité de gestion » ou de « comptabilité managériale ».
En effet, la comptabilité générale, encore appelée quelquefois comptabilité
commerciale ou comptabilité fi nancière, a pour objectif d’enregistrer les
opérations réalisées avec l’extérieur, c’est-à-dire les flux entre l’entreprise
et les tiers contractants (clients, fournisseurs par exemple), afin de pouvoir
présenter périodiquement des états financiers, documents de synthèse
permettant de juger la situation fi nancière globale de l’entreprise.
La comptabilité générale constitue donc un ensemble de procédures
permettant de fournir de l’information financière à des agents extérieurs à
l’entreprise. Ces agents extérieurs sont principalement :
Q
les propriétaires de l’entreprise (les actionnaires d’une société anonyme
par exemple), qui n’en assurent pas directement la direction, et qui
doivent être informés sur l’état de leur patrimoine ;
Q
les investisseurs, susceptibles par exemple d’acheter les actions d’une
entreprise, et qui doivent pouvoir en juger la rentabilité ;
les banques, susceptibles de prêter de l’argent à l’entreprise, et qui
Q
veulent pouvoir juger sa solvabilité ;
Q
le fisc, dans la mesure où les impôts concernant l’entreprise sont
calculés à partir des données comptables (la TVA sur le chiffre d’affaires,
l’IS sur le bénéfice, etc.).
Il importe de comprendre que le droit des sociétés et le droit fiscal
imposent aux entreprises de nombreuses obligations en matière comptable, et
que c’est la comptabilité générale qui institutionnalise la production de
l’information financière destinée aux tiers. L’établissement des états
financiers fournis par la comptabilité générale (bilan par exemple) est obligatoire,
même pour les petites entreprises dans lesquelles les systèmes de gestion
restent embryonnaires, voire inexistants. La comptabilité générale est donc
souvent ressentie comme une contrainte (il faut donner son bilan au fisc…)
et non comme un instrument de gestion utile. Dans la plupart des PME, les
comptes annuels établis par un cabinet extérieur sont transmis directement
à l’administration fiscale, et les doubles s’empilent dans une armoire, sans
même souvent avoir été consultés par le chef d’entreprise !
Bien évidemment, cette description caricaturale n’enlève rien à l’utilité
intrinsèque des états fournis par la comptabilité générale pour la gestion

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Les objectifs de la comptabilité analytique

financière de l’entreprise. Mais dès que l’activité devient un peu complexe, la
comptabilité générale apparaît insuffisante pour satisfaire certains besoins
en information pour la gestion interne et non plus seulement externe.
En effet, la comptabilité générale n’enregistre, en quelque sorte, que ce
qui « rentre » et ce qui « sort » de l’entreprise, les achats et les ventes par
exemple, en considérant cette entreprise, dans une large mesure, comme
une « boîte noire », pour reprendre l’expression des analystes de systèmes.
C’est pourquoi la comptabilité générale permet de constater un résultat
global, mais pas de l’expliquer. Que se passe-t-il à l’intérieur de la boîte noire ?
Qu’est-ce qui explique le niveau du résultat ? Quelles sont les activités qui
font gagner de l’argent à l’entreprise? Quelles sont celles qui lui en font
perdre ? Quels sont les services responsables ?
C’est à partir du moment où la direction commence à se poser ces
questions que le besoin d’analyser le fonctionnement de l’entreprise, pour en
comprendre et améliorer les performances, se fait sentir, et que l’on songe à
mettre en place les procédures comptables relevant de ce que l’on enseigne
sous le nom de comptabilité analytique.
Concrètement, la comptabilité analytique a tout d’abord pour objectif
d’analyser la formation du résultat global, de dégager la contribution des
différentes activités à ce résultat. Elle va permettre d’expliciter le résultat
global comme étant une somme algébrique de résultats par activités.

Par EXEMPLE
L’entreprise X fabrique et commercialise trois produits : A, B et C. Pour la période
« n », le résultat global, fourni par la comptabilité générale, est une perte de 100.
Nous avons :
R =– 100
g
D’où vient ce résultat? Comment peut-on l’expliquer? Comment redresser la
situation et retrouver une situation bénéficiaire ?
Si on ne dispose pas d’une décomposition du résultat global par produits, on ne
peut pas prendre de décision. Si on supprime le produit A, ou si on développe les
ventes de C, que se passera-t-il ?
En revanche, si on dispose de résultats « analytiques », nous serons en mesure de faire
un diagnostic. Si nous pouvons exprimer par exemple le résultat de la façon suivante :
Résultat global = somme des résultats analytiques par produits R
i
soit :
1
-
R = R
g i
i
c’est-à-dire dans notre exemple :
R =R +R +R
g a b c
– 100 = – 400 + 0 + 300

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Les objectifs de la comptabilité analytique


On peut envisager de concentrer l’activité sur le produit C pour améliorer les
résultats de façon très significative.
Bien évidemment, il faut que les résultats par produits soient pertinents, c’est-à-dire
que l’on soit capable d’analyser les ventes et les charges par produits. La
comptabilité analytique devra donc nous permettre d’établir un tableau du type suivant :

Ventes
Charges
Résultats

Total
20 000
20 100
– 100

Produit A
10 000
10 400
– 400

Produit B
6 000
6 000
0

Produit C
4 000
3 700
+ 300

Dans la pratique, il peut être très difficile d’établir un tel tableau. En particulier,
certaines charges peuvent être des charges de structure communes à plusieurs
activités, et peuvent avoir été réparties de façon plus ou moins arbitraire. Dans notre
exemple, est-on véritablement certain de perdre de l’argent sur le produit A ? Tout
dépend de la masse de frais de structure qu’on lui aura fait supporter !

II importe donc que le gestionnaire connaisse parfaitement les procédures
comptables utilisées pour dégager les résultats par produits, s’il veut éviter
les erreurs d’interprétation et les mauvaises décisions.

2.L’évaluation des stocks

La répartition des charges par produits va permettre de calculer le coût
de ces produits. Nous traiterons en détail par la suite des différentes
catégories de coûts. Mais indiquons tout de suite, afin de bien comprendre les
objectifs de la comptabilité analytique, que la connaissance de ces coûts
est indispensable pour l’évaluation des stocks.
Le problème est bien évidemment crucial dans les entreprises industrielles,
où l’immobilisation de capital dans la valeur des stocks de matières premières
et de produits finis peut être considérable. II faut d’ailleurs noter
qu’historiquement, la discipline enseignée actuellement sous le nom de
comptabilité analytique s’appelait encore il y a quelques décennies la « comptabilité
industrielle », et qu’elle concernait plus les ingénieurs que les comptables.
g Dans une entreprise industrielle, le stock final de matières premières doit être
évalué au coût d’achat, c’est-à-dire incluant, en plus du prix d’achat, les frais
d’approvisionnement. De la même façon, le stock final de produits finis doit être
évalué au coût de production, incluant en plus du coût des matières utilisées,

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Les objectifs de la comptabilité analytique

les frais de fabrication. L’un des objectifs de la comptabilité analytique est de
proposer des méthodes permettant de calculer ces coûts et d’évaluer les stocks.
Nous pouvons faire à ce stade une remarque importante illustrant ce que
nous avons dit plus haut concernant la prétendue séparation entre la
comptabilité analytique et la comptabilité générale. La valorisation du stock final
permet de calculer les variations de stocksau cours de l’exercice, et ces
variations sont prises en compte dans l’établissement des états financiers
annuels. Autrement dit, dans le cas où il existe des variations de stocks, la
comptabilité générale a besoin d’informations fournies par la comptabilité
analytique au niveau des stocks. Notons que pour des raisons purement
pédagogiques, ce problème est le plus souvent ignoré en comptabilité
générale. Dans les exercices de comptabilité générale, la valeur des stocks
est souvent une donnée fournie comme hypothèse. Mais dans la réalité, la
valeur des stocks n’est pas une donnée, elle résulte d’un ensemble de calculs
complexes effectués par la comptabilité analytique.
Le problème des stocks de produits n’est d’ailleurs pas le seul à illustrer
l’interdépendance entre les deux comptabilités. La constitution de certaines
provisions, par exemple, ne peut s’appuyer que sur la connaissance de
certains coûts fournis par la comptabilité analytique.
g Une provision pour garantie dans le secteur de l’électroménager ne pourra
être calculée que grâce à une analyse des coûts du service après-vente.

3.La production d’informations
nécessaires au contrôle
de gestion

La comptabilité analytique va également jouer une place centrale dans le
processus de gestion de l’entreprise, au niveau de la phase « contrôle » de
ce processus.
Gérer une entité économique, c’est utiliser au mieux les ressources rares
disponibles afin d’atteindre les objectifs de cette entité. Dans une entreprise,
l’objectif de rentabilité, bien que n’étant pas le seul, est souvent privilégié.
Pour atteindre ces objectifs, il faut prendre des décisions, et veiller à ce que
la mise en œuvre de ces décisions donne les résultats escomptés, ce que
nous pouvons représenter par la séquence suivante :
Objectifs¤décisions¤actions¤résultats

Dans la pratique, les résultats ont toujours la fâcheuse tendance à «
diverger » par rapport aux objectifs, tout simplement parce que l’entreprise doit
affronter un «environnement», c’est-à-dire un ensemble d’autres agents
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Les objectifs de la comptabilité analytique

socio-économiques qui eux aussi poursuivent leurs propres objectifs. Bien
évidemment, on essaie d’anticiper les décisions de ces autres agents (les
firmes concurrentes par exemple) en établissant des prévisions qui se
traduisent par des budgets. Mais il est nécessaire, si l’on veut garder la maîtrise
de la situation, de mettre en place un système de contrôle permettant
de déclencher une alerte, quand des écarts importants apparaissent entre
prévisions et réalisations, afin de prendre les décisions correctrices qui
s’imposent, selon le schéma suivant :
Figure 1

Ce mécanisme est un mécanisme de régulation par rétroaction (on dit
également, pour reprendre le langage de la cybernétique, un mécanisme de
régulation par «feed-back». Concrètement, il suppose la mise en œuvre
d’un système de contrôle budgétaire, reposant sur les procédures suivantes :
Q
établissement de prévisions budgétaires ;
Q
calcul périodique des coûts et des résultats ;
Q
calcul et analyse des écarts entre prévisions et réalisations.
Grâce à un tel système, on va pouvoir garder la maîtrise des coûts, et éviter
les « dérapages » par rapport au budget fixé.
On voit que la connaissance des coûts, grâce à la comptabilité analytique, va
permettre d’introduire en gestion un aspect normatif, c’est-à-dire la
possibilité de comparer la réalité à une norme, de comparer les coûts « réels » à des
coûts prévisionnels, encore dénommés coûts « préétablis » ou « standard ».
La comparaison périodique des coûts réels aux coûts prévus va permettre
d’analyser des écarts budgétaires et d’induire des décisions correctrices. L’un
des objectifs de la comptabilité analytique est de fournir dans le cadre de
ce système les informations comptables nécessaires au contrôle budgétaire.
Dans cette optique, on peut considérer la comptabilité analytique comme
l’un des instruments du contrôle de gestion.

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Les objectifs de la comptabilité analytique

4.L’aide à la prise des décisions
de gestion

La comptabilité analytique fournit des informations sur lesquelles peuvent
s’appuyer les études et les raisonnements permettant des décisions
engageant l’avenir de l’entreprise.
À chaque fois qu’un projet est envisagé, l’étude du dossier exige de réunir
des données comptables concernant la structure des coûts.
Par exemple, faut-il continuer la fabrication directe d’un produit ou bien au
contraire sous-traiter ? Faut-il acheter et entretenir les camions de livraison
ou au contraire les louer ? Toutes ces études dites d’opportunité passent
par une analyse comparative des coûts. Dans cette optique, la comptabilité
analytique doit s’organiser pour être en mesure de fournir certains éléments
chiffrés nécessaires au décideur. Ces informations vont dans de nombreux
cas avoir une importance stratégique.
g En phase de lancement d’un produit, quand il s’agit de prendre la décision
de continuer ou d’arrêter les frais, certaines informations analytiques (montant
cumulé des dépenses publipromotionnelles par exemple) seront très précieuses.
De même, en phase de vieillissement, lorsqu’il s’agit de prendre la décision
de retirer le produit du catalogue, la connaissance de l’évolution des résultats
analytiques est déterminante.
D’une manière générale, les données analytiques sont indispensables à la
mise en place d’une véritable gestion prévisionnelle. C’est en grande partie
la connaissance des coûts passés qui permet de prévoir les coûts futurs, en
fonction des hypothèses de niveau d’activité retenus, et donc d’établir les
budgets qui explicitent les programmes d’action prévus. La gestion
budgétaire permet de simuler cette action, d’étudier plusieurs scénarios possibles
et de prendre les décisions en fonction des résultats estimés.
Quand la gestion budgétaire est informatisée, on peut, en faisant varier les
hypothèses, obtenir très rapidement un chiffrage des résultats prévisionnels
et se rapprocher le plus possible de l’optimum. Par le biais de la simulation
budgétaire, les informations analytiques sont utilisées pour mettre au point
un véritable modèle du fonctionnement de l’entreprise servant à tester
l’impact sur les résultats de telle ou telle décision.
Dans le cadre de cette gestion prévisionnelle, un intérêt tout particulier
doit être porté à l’établissement des prix. La comptabilité analytique fournit
les données qui, confrontées avec d’autres données de nature commerciale,
permettent de prendre des décisions en matière d’établissement de devis
pour les clients, de calcul d’établissement de prix de cession interne ou de
fixation de prix de vente.

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Les objectifs de la comptabilité analytique

5.« Méthodes »
ou « approches »
en comptabilité analytique

Pour des raisons pédagogiques, on découpe le plus souvent l’enseignement
de la comptabilité analytique en plusieurs chapitres correspondant à un
certain nombre de « méthodes » qui se distinguent les unes des autres,
suivant la manière de traiter les différentes catégories de charges. On oppose
ainsi les méthodes de coûts complets (full-costing) aux méthodes de coûts
partielsd(irect-costing, par exemple).
Cette manière de présenter les choses peut laisser croire qu’en pratique,
il faut «choisir» entre ces différentes méthodes. En fait, dans la réalité,
il est très rare que l’on puisse appliquer de façon exclusive une méthode
décrite dans les manuels : le système d’information analytique d’une
entreprise est toujours une construction hybride mettant en œuvre des
procédures diverses relevant de différentes approches, en fonction de plusieurs
objectifs.
g Dans une entreprise industrielle il faudra à la fois calculer des marges au sens
de la méthode du «direct-costing» pour les besoins de la gestion prévisionnelle,
et évaluer les stocks en respectant les principes du «full-costing».
Il n’est donc pas question, sauf dans des cas particuliers, de choisir une
méthode plutôt qu’une autre, mais bien de « bricoler » un système en
utilisant des concepts divers qui, pour être exposés de façon compréhensible,
doivent être regroupés dans des chapitres exposant la logique propre à
chaque approche.

6.Utilisation du manuel
et progression pédagogique

Le lecteur découvrant la comptabilité analytique peut étudier les chapitres 1
et 2, puis passer directement à la troisième partie, étudier les chapitres 7
et 8, et ensuite le chapitre 10. II pourra ensuite revenir au chapitre 3, puis
étudier la deuxième partie, et terminer par les chapitres 9, 11 et 12.

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Les objectifs de la comptabilité analytique

Figure 2 – Progression conseillée
en grisé : chapitres contenant l’exposé des connaissances de base
en blanc : chapitres d’approfondissement.

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1
2
3

4
5
6

7
8
9

10
11
12

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PREMIÈRE PARTIE

L’analyse des coûts
complets :
lefull-costing

Dans beaucoup d’entreprises, on se limite en matière comptable aux seules
obligations légales, c’est-à-dire à la tenue de la comptabilité générale. Mais
pour être en mesure d’établir ses comptes annuels, l’entreprise, même la
plus petite, doit évaluer ses stocks et donc effectuer des calculs de coûts.
Dans cette optique, c’est généralement par le biais de la méthode des coûts
complets, qui normalement doit être utilisée pour l’évaluation des stocks,
que l’entreprise se familiarise avec les concepts de la comptabilité analytique.

Chapitre 1Les principes de base de l’analyse –
des coûts complets
Chapitre 2 – Les différentes étapes de calcul des coûts
Chapitre 3 – L’organisation pratique du traitement comptable
analytique 45

21
35