L'industrie minérale congolaise

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Français
322 pages
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Description

Dans ce livre, toutes les ressources du sous-sol congolais, jugées exploitables, regroupées en ressources minières, hydrocarbures et matériaux de construction sont passées en revue. Quelles sont ces ressources ? A quels usages sont-elles destinées ? Où les trouve-t-on en RD Congo ? Quelles sont les réserves de la RDC et des pays du monde ? Quels sont les opérateurs miniers qui assurent la mise en valeur des exploitations ?

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Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2012
Nombre de lectures 24
EAN13 9782296508972
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Léonide Mupepele Monti

L’INDUSTRIE
MINÉRALE
CONGOLAISE

Chiffres et défis

Tome 1

Préface de Jean-Pierre Tshibangu
Postface de Jean-Claude Masangu










L’INDUSTRIE MINÉRALE
CONGOLAISE



CHIFFRES ET DÉFIS





Léonide MUPEPELE MONTI






L’INDUSTRIE MINÉRALE
CONGOLAISE


CHIFFRES ET DÉFIS


7RPH ,

Préface
de Jean-Pierre TSHIBANGU

Postface
de Jean-Claude MASANGU








L’HARMATTAN RDC


































© L'HARM ATTAN, 2012
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-00216-3
EAN : 9782336002163








A ma fille ANGELA et à sa nièce THERESA,
A mon maître J.P. FRANCART
Et à mon ami C. ADAM

TÉMOIGNAGES

Léonide MUPEPELE vient d’enrichir la bibliothèque congolaise d’un
important ouvrage sur les secteurs des mines et des hydrocarbures.
« L’industrieminérale congolaise: Chiffres et Défis» nous enrichit des
données exactes sur les potentialités minérales congolaises souvent sujettes à
des spéculations dans tous les sens ; en même temps qu’il nous renseigne sur
les défis majeurs à relever pour transformer ces potentialités minérales en
richesses au profit du peuple congolais. Que ce livre puisse inspirer les
professeurs de nos universités, les étudiants, ainsi que tout intellectuel ou
chercheur qui s’intéresse à notre secteur minier, fondation de notre économie.


Simon TUMAWAKU BAWANGAMIO
Ingénieur Civil des Mines, Ministre des Mines Honoraire


Mettre à la disposition du public l’information aussi fouillée que
complète des ressources minérales congolaises participe à la mise en œuvre du
processus combien passionnant et exaltant de « dépotentialisation » du
soussol congolais. Plus qu’une gageure, cet exercice consacre la rupture avec des
schémas de raisonnement attentiste et par conséquent fataliste. Il n’est pas
suffisant ni utile de qualifier le Congo de «scandale géologique». Encore
faut-il passer au «scandale économique». Doté d’une double formation
d’ingénieur civil métallurgiste et ingénieur des mines avec une longue et
riche expérience, Léonide MUPEPELE livre à l’opinion, les chiffres des
substances minérales exploitables au Congo, s’interpelle et interpelle l’élite
sur les défis que soulève leur mise en valeur. Il est difficile de se défaire de
la lecture de cet ouvrage qui plante le cadre du débat économique de la RD
Congo et en ouvre la voie à sa démocratisation.

Louis-Léonce MUDERHWA,
Avocat, Vice-Ministre des Mines Honoraire.


ème
L’année jubilaire 2010, marquant le 50anniversaire de l’Indépendance
de notre pays, a donné au peuple congolais l’occasion de marquer un temps
d’arrêt, un temps de réflexion, pour répondre collectivement aux trois
ques

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tions suivantes: D’où venons-nous? Où en sommes-nous? Où
voulonsnous aller dans les cinquante prochaines années ?
Face au décevant et catastrophique bilan de cinquante dernières années,
un sursaut d’orgueil aux effets catharsis a poussé les congolais à donner
collectivement cette réponse : « La RD Congo doit figurer parmi les pays
émergents d’ici à l’horizon 2025 ». Ambition légitime, certes, face aux énormes
potentialités dont regorge notre pays. Cependant pour relever et tenir ce défi
de taille, il faudra la mobilisation de tous les congolais et de toutes les
énergies autour de la transformation de nos richesses potentielles en richesses
réelles, en vue de réaliser un taux de croissance à deux chiffres pendant
plusieurs années d’affilée.
Cet appel à la mobilisation générale a séduit plusieurs cadres congolais
dont Léonide MUPEPELE, Ingénieur Civil des Mines, auteur de cet
ouvrage, qui a tenu à apporter sa modeste contribution, en élaborant pendant
deux ans, le présent abécédaire de notre sous-sol, un important instrument de
visibilité, de valorisation et de promotion de nos ressources minérales. En
produisant ce document de référence en matière d’investissement minier en
RD Congo, L. MUPEPELE a le mérite de promouvoir une conscience
nationale autour de l’existence réelle de nos ressources minérales, en décrivant
leur nature, leur localisation, leur volume et leur valeur actuelle chiffrée à 4
trillions USD, c’est-à-dire, 4 mille milliards USD, et l’obligation qui
incombe au noyau dur de l’élite congolaise, de laver l’affront consistant à
vivre éternellement pauvre sur un sol et un sous-sol pleins de richesses.
Agissons donc, car l’immobilisme s’apparenterait à une démission collective
et suicidaire.

Denis KALUME NUMBI
Général Major, Ministre d’Etat Honoraire.


Ce livre est un discours ex-cathedra de Léonide MUPEPELE, Ingénieur
Civil très érudit et plein d’expérience de terrain. Est ainsi visé le recadrage
économique réel de notre pays, conçu à partir de son potentiel minier et de
son coût. A ce titre, il se veut une vulgate, un vade-mecum du bâtisseur
soucieux de l’émergence rapide, méthodique et certaine de notre Alma Parens,
la RD Congo !

Alexis MATANGILA
Professeur à l’Université de Kinshasa


Cet ouvrage contient des informations de haute qualité qui donnent au
lecteur une vision récente de l'industrie minérale congolaise. Je le
recommande aux scientifiques de tous bords et plus spécialement aux étudiants et
doctorants en sciences, mines, métallurgie, etc., pour son côté didactique. Je

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le recommande également aux gouvernants congolais qui devront s’en
approprier car ils y trouveront des indications appréciables pouvant orienter
leurs décisions ainsi qu’aux investisseurs intéressés à la valorisation des
ressources minérales congolaises. Je formule le vœu que cette première édition
marque l’an un d’une série d’éditions qui, périodiquement, procéderont à la
mise à jour de cet ouvrage ; ce qui, au fil du temps, permettra de donner au
public une vision actualisée de l’industrie minérale congolaise. Nos
chaleureux encouragements pour le tome 2 auquel nous réservons d’ores et déjà
bon accueil !

Prosper MWEZE RUGOMBA
Géologue, Chargé des Cours à l’Université Catholique de Bukavu

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GLOSSAIRE

Alchimie :ensemble depratiques et de croyances,qui remontent à
l’Antiquité, dont les deuxprincipaux objectifs sont la réalisation d’unepierre
dite «philosophale »,permettant la transmutation des métaux vils en métaux
précieux(or et argent), et la mise aupoint d’unepanacée, appelée « élixir »,
qui auraitpour vertu laprolongation de la vie humaine. Très active au
Moyen-Age et considérée par certains scientifiques comme l’ancêtre de la
chimie, l’alchimie compte encore, de nosjours, des adeptes dont les
pratiques et les spéculations procèdent de la magie et des sociétés secrètes.
Alluvions :formés par des matériaux issus de l’altération des gisements
roches primaires, suivie de leur transport par des agents atmosphériques dans
des dépressions (vallées et lits des rivières).
Amalgamation :Procédé d’extraction des métaux précieux de leurs
gangues, consistant à les dissoudre dans du mercure pour former un alliage
appelé amalgame. Les métaux précieux sont récupérés après évaporation du
mercure par chauffage.
Bed-rock :primaire qui constitue le socle des dépôts détritiques. roche
Les gisements primaires se sont formés dans le bed-rock où la minéralisation
se présente généralement sous forme des filons.
Billion :» (pays francophones et lal’échelle longuepays utilisant « En
plupart des pays du monde), il est l’équivalent de mille milliards ou
12
1 000 000 000 000,soit 10 . Dans le système américain et britannique
(« échelle courte »), il est l’équivalent d’un milliard ou 1 000 000 000. Dans
le présent ouvrage, le billion n’est utilisé que dans le chapitre des gaz et c’est
au sens américain.
Carat :de masse, équivalente à 0,2 g, utilisée dans la pesée des mesure
pierres précieuses. Le carat sert également à mesurer la pureté des alliages
d’or. L’or «24 carats » étant considéré comme de l’or pur, le carat est, par
ème
conséquent, la 24partie de tout alliage d’or. Ainsi, l’or 18 carats est un
alliage contenant 18 parties d’or sur 24 parties de l’alliage, soit 75 % d’or de
l’alliage total, tandis que l’or 14 carats est un alliage contenant 583,33 gr
d’or dans un kg de matière.
Catarage :poids en carats d’un colis de pierres précieuses
Catalyseur :en petite quantité, accélère la vitessechimique qui, corps
d'une réaction, mais sans participer à ladite réaction.
Centrale d’Epuration: unitéde concentration de minerai où
l’enrichissement en minéraux utiles se fait par des méthodes gravimétriques,

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couplées éventuellement à l’emploi des équipements de séparation
électromagnétique et/ou électrostatique.
Concentration :minière qui a pour but d’améliorer la teneur opération
du composant minéral utile dans le minerai.
Concentré : produitmétallurgique intermédiaire obtenu à la sortie d’un
concentrateur etqui sertgénéralement à alimenter les usines métallurgiques.
Corrosion :d'un matériau altérationpar réaction chimique avec de
l’oxygèneprovenant de l’atmosphère ambiante, de l’eau, ou de toute autre
substance possédant un pouvoir oxydant, etc.
Cyanuration : Opérationmétallurgique consistant à dissoudre dans une
solution alcaline de cyanure (KCN ou NACN), les métaux précieux contenus
dans du minerai en vue de les séparer de leurs gangues.
DRI (Direct Reduced Iron): appellation anglaise du fer spongieux ou
pré-réduit.
Eau régale:résultant de l’addition de trois volumes d’acide mélange
chlorhydrique à un volume d’acide nitrique. Appelée aussi «eau royale»,
elle a la faculté de dissoudre des métaux nobles comme l’or, l’argent, le
platine, le rhodium, etc.
Ejecteur : mécanismeconstitué d’une tuyère, qui permet, au bout d’un
tuyau contenant de l’eau sous pression, d’aspirer et, ensuite, de refouler, par
surpression, du minerai dilué, à une certaine hauteur.
Electrum :naturel d’or et d’argent présent dans les gisements alliage
sous forme d’un complexe minéral à des teneurs très variables.
Electrolyse :chimique qui consiste à extraire une substance, opération
présente sous forme d’ions dans une solution ou dans un bain en fusion, par
l’effet d’un courant électrique créé entre deux électrodes. L'électrolyse se
réalise généralement dans une cuve contenant la(les) substance(s) en solution ou
en fusion, appelée électrolyte, dans lequel sont plongées deux électrodes
reliées aux bornes d'un générateur de courant continu. L’électrode reliée à la
borne positive du générateur est appelée anode et celle reliée à la borne
négative, cathode. Le métal extrait par électrolyse est généralement déposé à la
cathode en prenant la forme d’une feuille métallique appelée feuille cathodique.
L’ensemble de cet appareillage constitue une cellule d’électrolyse.
Eluvions : gisementsde surface issus de la désagrégation des roches
primaires et dont les constituants sont restés en place, sans avoir été affectés
par un quelconque phénomène de transport sous l’effet des agents
atmosphériques notamment.
Éponge de feroufer spongieux :fer à l’état solide obtenu par réduction
directe de minerai de fer et qui sert d’intrant aux aciéries électriques.
Gisements détritiques: gisementsconstitués par des dépôts
alluvionnaires et éluvionnaires.
Gisements primaires: gisementsoù la minéralisation se présente dans
des roches en place et n’ayant subi aucune altération naturelle importante de
nature à changer leur emplacement original. Les gisements primaires sont

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généralement recouverts par les dépôts détritiques et sont exploités après
épuisement de ces dépôts.
Gravimétrieougravimétrique séparation: Ensemble des procédés de
séparation physique de minéraux qui consiste à exploiter la différence des
densités des constituants d’un minerai pour obtenir, par ségrégation, leur
classement suivi de leur séparation.
Greisen : Rochemicacée présente à la bordure des massifs granitiques
ou des filons granitiques résultant de la transformation du granit où les
feldspaths granitiques sont remplacés par l’association quartz-muscovite,
dans certaines conditions thermodynamiques. Les greisens sont des gîtes de
prédilection pour des minéraux tels que la cassitérite, la fluorine, la
tourmaline, le béryl, etc.
Greisenifié :se dit des granits transformés en greisens.
Flottation :Méthode physique qui permet de séparer un ou plusieurs
constituants d’un minerai finement broyé et immergé dans un milieu liquide en
rendant hydrophobes les particules de ce(s) constituant(s), lesquelles
remontent à la surface du liquide où elles sont récupérées. La récupération est
généralement facilitée par la présence des mousses artificiellement produites à la
surface du liquide.
Hydraulic mining :ensemble des opérations d’extraction minière qui
recourent à l’eau comme moyen d’abattage et de transport du minerai.
Hydrocarbures : combustiblesminéraux solides, liquides ou gazeux,
renfermés dans le sol.
Hydrolyse :et OH décompositiond'un corps par fixation desions H+
provenant de la dissociation de l'eau
Hydrométallurgie :Ensemble des opérations métallurgiques consistant à
recourir à la mise en solution des minerais dans un liquide (généralement de
l’acide) pour en extraire les métaux ciblés. L’hydrométallurgie comprend
globalement trois étapes: lalixiviationla mise en solution des consti- ou
tuants métalliques du minerai, lapurification oul’élimination des éléments
métalliques indésirables, l’électrolyse ou la récupération des métaux ciblés.
Isotope :Chacun de différents types d’un même élément dont l’atome est
constitué d’un nombre identique de protons et d’éléctrons, mais différents
par le nombre de leurs neutrons.
Jig :appareil de concentration de minerai constitué d’un ou de plusieurs
caisson(s) dans le(s)quel(s) un lit de minerai dilué dans de l’eau, reposant sur
une grille de tamis, est soumis à un mouvement vertical alternatif qui, par
gravimétrie, permet la séparation des éléments lourds du minerai de ses
constituants légers.
Jiggage :opération de concentration qui s’opère au moyen des jigs.
Kimberlite :roche volcanique ultrabasique contenant des diamants, riche
en magnésium et/ouen ferainsi qu'en éléments volatils (H2O et CO2). Elle
doit son nom à la ville sud-africaine de Kimberley, où elle fut découverte et
décrite pour la première fois.

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Lixiviation :opération chimique qui consiste à mettre en contact du
minerai avec un solvant (généralement un acide) pour en mobiliser les
constituants solubles en vue de leur extraction.
Magma :masse liquide silicatée qui se forme à l’intérieur de la Terre par
fusion partielle de la croûte terrestre et qui, en refroidissant, forme des
roches volcaniques (en surface) ou plutoniques (en profondeur).Le granite
est une roche magmatiqueplutonique, alors que le basalte est une roche
magmatiquevolcanique.
Matériaux de construction:minérales classées en carrières substances
par le Code Minier congolais, utilisés comme matériaux dans le secteur de la
construction.
Merril-Crowe :technique d’extraction utilisée pour l’extraction des
métaux précieux (or ou argent), consistant à précipiter les métaux en solution
dans du cyanure à l’aide d’une poudre de zinc. Le précité ou cément d’or (ou
d’argent) est ensuite récupérépar filtration.
Métamorphisme :processus de transformation à l’état solide,qui se
passe dans la majorité des cas à l’intérieur duglobe terrestre, consistant en
des modifications de la structure et de la composition chimique des roches,
sans apport ni départ d’éléments chimiques, sous l’effet des variations de
température et de pression.
Minerai :renfermant un ou plusieurs minéraux ayant une valeur roche
économique (Article 1er, alinéa 30 du Code Minier congolais).
Minéral : ensembled’éléments du sol, constituant un corps naturel,
simple ou composé, organique ou inorganique, à l’état solide, liquide ou
gazeux (Article 1er, alinéa 31 du Code Minier congolais).
Minéraux industriels:minérales, classées en carrière, utili- substances
sées comme intrants dans l’industrie (Article 1er, alinéa 13 du Règlement
Minier congolais).
Monitor :canon lance-eau, utilisé pour l’abattage de minerai dans les
gisements détritiques, articulé sur une conduite d’eau sous pression.
Off shore:se rapporte aux activités pétrolières qui se déroulent au large
des côtes.
On shore :se dit des activités pétrolières d’exploration et/ou de
production qui se déroulent sur les rivages, en terre ferme, par opposition à celles
qui se déroulent sur des plates-formes en mer.
Paragénèse :de minéraux associés dans le temps et dans assemblage
l'espace, et résultant d'un même processus de formation de roche.
Pegmatite :roche magmatique grenue à très grands cristaux, supérieurs à
20 mm, pouvant atteindre jusqu’à plusieurs mètres. De composition proche
du granite, il est le siège de nombreux éléments dont certains s’y retrouvent
en abondance comme le lithium (spodumène), l’uranium, le tantale (coltan),
l’étain (cassitérite), etc.
Pierres de couleur: pierresde joaillerie ou d’orfèvrerie autres que le
diamant.

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Pierres précieuses:minérales dont les propriétés particu- substances
lières leur confèrent une valeur marchande élevée. Le Code Minier congolais
en énumère six : diamant, émeraude, rubis, saphir, chrysobéryl et topaze.
Pierres semi-précieuses :pierres de couleur ayant une faible valeur
marchande.
Pipe kimberlitique:créée à la croûte terrestre par l’activité cheminée
volcanique, constituée d’un mélange de magma et de roches transportées,
contenant des diamants formés à des profondeurs de plus de 150 km.
Plateau continental :Partie des océans ou des mers qui va du talus
continental et s’étend en reliefs continentaux sous la mer, à une profondeur
moyenne de 200 m.
Pré-concentration :d’enrichissement de minerai qui se fait, Opération
généralement, sur le site d’extraction. Dans le cas de la cassitérite, la
préconcentration se fait par gravimétrie dans des jigs ou dans les sluices.
Pré-réduits : synonyme d’éponges de fer ou fer spongieux
Pyrométallurgie :procédé d’extraction métallurgique qui consiste à
porter du minerai en fusion sous l’action d’une forte chaleur, en vue de séparer
des métaux y contenus par l’effet de la gravimétrie et de les récupérer. Le
procédé comporte, généralement, trois étapes : une homogénéisation du
minerai appelé «grillage »,une fusion réductrice en présence de l’oxygène,
suivie d’une élimination des impuretés dans une deuxième fusion, appelée
« affinage ».
Réduction directe:du minerai de fer en fer solide, en transformation
dessous de la température de fusion (1000-1100°C), à l’aide d’un agent
réducteur dérivé du gaz naturel ou du charbon pulvérisé. Le fer ainsi obtenu
est appelé «éponges de fer» ou «fer spongieux», ou encore, «fer
préréduit ».
Réserves :d’une substance minérale dont la récupération profi- quantités
table, aux conditions économiques du moment, a été démontrée par une étude
de faisabilité.
Réserves prouvées :quantités d’une substance minérale qui, selon les
informations géologiques et techniques disponibles, ont une forte probabilité
(>90%) d'être récupérées dans le futur, à partir des gisements connus et dans
les conditions technico-économiques existantes. Les réserves prouvées sont,
généralement, calculées sur base d’informations obtenues suite à des
prélèvements réalisés à l’aide des sondages par carottages et/ou des puits ou rainures
effectués dans le gisement. Plus il y a des prélèvements, plus affiné sera le
chiffre calculé pour les réserves.
Réserves prospectives : réservesextrapolées par des experts qualifiés,
appelés «personnes compétentes», sur base d’informations jugées
incomplètes.
Ressources :quantités de substance minérale aux teneurs variées qui
peuvent être extraites dans le futur aux conditions économiques du marché.

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Ressource minière :au sens du Code Minier congolais, toute substance
minérale ayant valeur économique, classée dans la catégorie « mine » par la
loi.
Roche acide :roche magmatique contenant plus de 65 % en poids de
silice, SiO2. Le granite est la roche typeacide.
Roche basique :roche magmatique pauvre en silice, SiO2, (45 à 52 % en
poids), exempte de cristaux de quartz, et riche en magnésium, fer, calcium
(de 20 à 35%). Les roches volcaniques, comme le basalte, sont des roches
basiques.
Roche magmatique :roche formée à la suite du refroidissement et de la
cristallisation d’un magma dans les profondeurs terrestres (roche
plutonique :granite, pegmatite, etc.), ou à la surface de la Terre (roche
volcanique : basalte).
Roche sédimentaire :roche formée à la surface terrestre à la suite de la
transformation des dépôts successifs des sédiments accumulés en couches
par l’action de l’eau ou du vent. Le calcaire et le grès sont des roches
sédimentaires.
Séparateuroutrieur magnétique :appareil de concentration de minerai,
constitué d’un aimant permanent qui, par son champ magnétique, permet de
séparer les constituants magnétiques d’un minerai et de les retirer du flux des
matériaux. Pour du minerai comprenant plusieurs composants magnétiques
qu’on souhaite valoriser séparément, on utilise des séparateurs constitués de
plusieurs pôles d’aimants qui, par la différence d’intensité de leurs champs
magnétiques, permettent d’extraire les composants magnétiques, à différents
étages, en fonction de leur susceptibilité magnétique.
Sluice :appareil de concentration de minerai qui se présente sous forme
d’un chenal en bois ou en métal, garni à l’intérieur de lattes transversales
appelées «rifles », et qui, réglé à une faible pente, permet de retenir, par
gravimétrie, les constituants lourds d’un flux de minerai fortement dilué qui le
traverse.
Sluicing :ensemble des opérations de traitement de minerai qui visent sa
concentration de minerai à l’aide du sluice.
Table à secousses :table en fibre de verre, posée sur un support en acier,
inclinée, animée d’un mouvement alternatif horizontal et parcouru par un
film d’eau, permettant la séparation par gravimétrie des constituants d’un
flux de minerai parcourant sa surface.
Trillion :En pays francophones et dans la plupart des pays du monde, il
est l’équivalent d’un milliard de milliards ou 1000 000 000 000 000 000,
18 66 6
soit 10ou 10 x10 x10(1 million à la puissance 3). C’est le système appelé
« échellelongue ».Dans le système américain et britannique («échelle
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courte »), il est l’équivalent de mille milliards ou 1 000 000 000 000 ou 10.
Dans le présent ouvrage, le trillion est utilisé au sens américain.

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ABRÉVIATIONS

ACP : Ateliers Centraux de Panda
AIM : Alternative Investment Market
AIMs : Association des Ingénieurs de Mons
AECP : Autorisation d’Exploitation de Carrière Permanente
ARPC : Autorisation de Recherches des Produits de Carrière
AFDL : Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo
AFRIDEX : Société Africaine d’Explosifs
AMIL : Africa Mining Investments Ltd
BAMOCO : Syndicat de Recherches Minières du Bas et de Moyen Congo
BAUXICONGO :Société de Recherche et d’Exploitation de Bauxite du
Congo
BCKA : Chemin de Fer de Bas-Congo-Katanga
BHP BILLITON : Broken Hill Proprietary Company and Billiton
BICOTIM : Bureau d’Ingénieurs-Conseils en Organisation, Technologies
Industrielles et Mines
BOUKIN : Bouteillerie de Kinshasa
BRALIMA : Brasseries, Limonaderies et Malteries du Congo
BRGM : Bureau de Recherches Géologiques et Minières
BRIKIN : Briqueterie de Kinshasa
BRITMOND : British-Zaïre Diamond Distributors Limited
CAMI : Cadastre Minier
CARRIGRES : Carrières de Grès
CASM :Collaborative group on Artisanal and Small-Scale Mining
CEEC: Centre d’Expertise, d’Evaluation et de Certification des Matières
Précieuses et Semi-précieuses
CCC/KAKONTWE : Calcaire, Chaux et Ciment de Kakontwe
CCIZ : Centre de Commerce International du Zaïre
CHANIC : Chantiers Navals et Industries du Congo
CHE : Centrale Hydroélectrique
CHEMAF: Chemical of Africa sprl
CFL : Chemins de Fer de Grands Lacs
CIA : Central Intelli
gence Agency
CIF : Cost, Insurance and Freight
CILU : Cimenterie de Lukala
CIMENKAT : Cimenterie du Katanga

19

CIMENTLACS : Cimenterie de Grands Lacs
CINAT : Cimenterie Nationale
CIZA : Cimenterie du Zaïre, devenue CILU
CME Group :Chicago Mercantile ExchangeGroup
CMSK : Compagnie Minière du Sud-Katanga
CNKI : Comité National d’Etudes du Kivu
CODEMINES : Compagnie de Développement et des Mines
COBELMIN : Compagnie Belgo-Congolaise d’Entreprises Minières
COHYDRO : La Congolaise des Hydrocarbures
COMIDE : Compagnie Minière et de Développement
COMIEX : Compagnie d’Import-Export
COMINIERE : Compagnie d’Exploitation Minière
COMINOC : Compagnie Minière du Congo Occidental
CRGM : Centre de Recherches Géologiques et Minières
CTCPM : Cellule Technique de Coordination et de Planification Minières
DCP: DRC Copper-Cobalt Project
DGDA : Direction Générale des Douanes et Accises
DGI : Direction Générale des Impôts
DGRAD : Direction Générale des Recettes Administratives et Domaniales
DRI : DirectReduced Iron
EGMF : Entreprises du Groupe Malta Forrest
EKL : Entreprise de Kasaï et Lulua
EMAK : Association des Exploitants Miniers Artisanaux du Katanga
EMZ : Entreprise Minière du Zaïre
ENI : Entreprise Nationale Italienne
ENRC :Eurasian Natural Resources Corporation
FMI : Fonds Monétaire International
FOB : Free On Board
FONDAF: Fonderies Africaines
FORMINIERE : Société Internationale Forestière et Minière du Congo
FPI : Fonds de Promotion Industrielle
GCM : GECAMINES
GECAMINES : La Générale des Carrières et des Mines
GEMICO : La Générale Minière Du Congo
GEOMINES :Compagnie Géologique et Minière des Ingénieurs et
Industriels Belges
GNC : Gaz Naturel Comprimé
GNL : Gaz Naturel Liquéfié
GPL : Gaz Pétrole Liquéfié
GTL : Groupe du Terril de Lubumbashi
GTC : Global Tin Corporation
HBI : Hot BriquettedIron
HT : Haute Tension
IMC : International Mining Consulting

20

INSS : Institut National de Sécurité Sociale
ITENCO-MARBRECO : Entreprise Italienne de Construction et Marbrerie au
Congo
KCC : Katanga Copper Company
KDC : Kabongo Development Company
KDL : Chemin de Fer de Kinshasa-Dilolo-Lubumbashi
KGL-ERW : Kilogold-Entreprise Richard Wynne
KGL-SOMITURI : Kilogold-Société Minière de l’Ituri
KIC : Klat International Congo
KICO : Kipushi Corporation
KLEC : Kivu Lake Energy Corporation
KINORETAIN : Mines d’Or et d’Etain de Kindu
KML : Katanga Mining Limited
KMT: Kingamiambo Musonoï Tailings
KOV : Kamoto Oliveira Virgule
KUNDAMINES : Mines de KUNDA
LEREXCOM :Ledya pour la Recherche, l’Exploitation et la
Commercialisation des minerais
LME : London Metal Exchange
MANOMIN : Minière de Manono
MDDK : Mines D’or De Kisenge
MGL : Minière de Grands Lacs
MIBA : Minière de Bakwanga
MILUBA : Minière de LUALABA
MINERGA : Minière de l’UREGA
MIOC: Muanda Intemational Oil Compagny
MMK : Minière de Musoshi et Kinsenda
NTIC: Nouvelles Technologies de l’Information et Communication
OCC : Office Congolais de Contrôle
OKIMO : Office des Mines d’Or de Kilo-Moto
ONATRA : Office Nationale de Transport
ORGAMAN : Société d’Organisation et Management
OSLEG : Operation Sovereign Legitimacy
OTRACO : Office de Transport Congolais
OVD : Office des Voies et Drainage
PE : Permis d’Exploitation Minière
PEPM : Permis d’Exploitation de Petite Mine
PHIBRAKI : Philip Brothers and Kivumines
PNUD : Programme des Nations-Unies pour le Développement
PR : Permis de Recherche Minière
PROCOKI (ex-ETERNIT ZAIRE): Production et Construction de Kinshasa
RCD : Rassemblement Congolais pour la Démocratie
SAER : Société des Anciens Etablissements ROBIOGLIO
SAESSCAM : Service d’Assistance et d’Encadrement du Small Scale Mining

21

SAFRICAS : Société Africaine des Carrières et de Sable
SAKIMA : Société Aurifère du Kivu-Maniema
SASOL : Suid Afrikaanse Steenkool en Olie (en Afrikaans) - Charbon et
pétrole sud-africain
SCIBE-ZAIRE : Société Commerciale et Industrielle BEMBA
SCIM : Société Congolaise d’Investissements Miniers
SENGAMINES : Minière de Senga-Senga
SERMIKAT : Service des Mines du Katanga
SIBEKA : Société d’Investissement de BECEKA
SICAI : Societa d'ingegneria e Consulenza Attivita Industriali, Rome
SICOMINES : La Sino-Congolaise des Mines
SNCC : Société Nationale des Chemins de Fer Congolais
SOBIASCO : Société de Bitume et Asphalte du Congo
SOCIR: Société Congolo-Italienne de Raffinage
SODIMICO : Société de Développement Industriel et des Mines du Congo
SOKAMINES : Société Minière de Kalulu
SOMICO : Société Minière du Congo
SOMIKA : Société Minière du Katanga
SOMIKIVU : Société Minière du Kivu
SOMIKUBI : Société Minière de Nyamikubi
SOMILU : Société Minière de Lueshe
SOMINKI: Société Minière et Industrielle du Kivu
SOPREZA : Société de Recherche et Exploitation Pétrolières au Zaïre
SOSIDER : Société d’Exploitation Sidérurgique
SOTRACO : Société de Transport et de Commerce
SPE : Service Présidentiel des Etudes
STL : Société du Terril de Lubumbashi
SYMETAIN : Syndicats Miniers de l’Etain
TFM : Tenke-Fungurume Mining
UL : Usines de Lubumbashi
UPEGAZ : Unité de Promotion et d’Exploitation du Gaz du Lac Kivu
USD : United States Dollar
UZK : Usine de Zinc de Kolwezi
VICICONGO : Chemins de fer Vicinaux du Congo
WWF : World Wildlife Agency
ZEA : Zones Exclusives Agricoles
ZAFRIMINES : Mines du Zaïre et d’Afrique
ZOFI : Zone Franche d’Inga





22

PRÉFACE

« L’industrie Minérale Congolaise : Chiffres et Défis », de Léonide
MUPEPELE, est en lui-même un grand défi pour son auteur quand on regarde
l’ampleur et la complexité de la tâche. La République Démocratique du
Congo a toujours été considérée comme un scandale géologique; mais ce
qualificatif ne s’adresse qu’aux ressources dites minières, sans penser aux
hydrocarbures ni aux produits de carrières. L’auteur a voulu, par cet
ouvrage, couvrir l’ensemble des ressources minérales du pays, ce qui constitue
un défi de taille.
Tout le monde est conscient du fait que les ressourcesnaturelles vont
constituer un enjeu majeur pour le futur de l’humanité, car lorsqu’on
combine le rythme de croissance de la population mondiale et le besoin de
développement d’un certain nombre de pays, on se rend vite compte que nous ne
tarderons pas à être un peu à l’étroit. Dans cet enjeu du futur, la R.D. Congo
devrait tenir sa place, et plusieurs opérateurs de l’industrie extractive s’y
intéressent. Et pourtant, il reste encore très difficile de trouver sur le pays des
ouvrages synthétiques susceptibles d’orienter aussi bien les scientifiques que
les investisseurs potentiels intéressés par le secteur des ressources minérales.
Jusqu’à la fin des années quatre-vingt, l’industrie minière de la R.D.
Congo était contrôlée par quelques grandes sociétés étatiques possédant des
concessions énormes, héritées pratiquement de l’époque coloniale. La
production des statistiques minières ainsi que l’évaluation des ressources
résiduelles étaient encore relativement faciles à faire, étant donné le faible
nombre d’opérateurs, quoique les données n’aient pas toujours été
accessibles de manière aisée. Avec l’avènement du nouveau code minier
congolais en 2002 et l’esprit libéral qu’il apporte, le nombre d’opérateurs, la
diversité des produits (pour ne prendre que le cas du cuivre par exemple, on
exporte aussi bien du minerai brut, des concentrés de tout genre, des métaux
plus ou moins impurs, ainsi que des cathodes haute teneur), et la
nontraçabilité des exploitations artisanales, font que la situation minière du pays
est devenue très complexe.
Léonide MUPEPELE a le grand mérite d’essayer de pallier cette carence
d’ouvrage de référence sur les ressources minérales, en produisant un livre
qui pourra permettre au grand public et, même, aux experts de comprendre la
complexité du secteur des ressources minérales du Congo et d’avoir ainsi un
cliché plus ou moins global. Bien sûr, on ne peut pas, dans un tel ouvrage,
satisfaire aussi bien le géologue pointu, l’économiste minier ainsi que le
pro

23

fane qui cherche à comprendre les détours du minier dans le pays, mais
l’effort qui est fait, mérite d’être souligné.
L’auteur aborde la problématique des ressources minérales en évoquant
pour chaque famille de produits, les usages les plus courants, le type de
gisement que l’on peut trouver dans les différentes régions du pays, les
méthodes d’exploitation, ainsi que les historiques de production sans oublier de
positionner, aussi bien la production que les réserves du pays, dans le
contexte mondial. Les spécialistes du secteur des ressources minérales
congolaises connaissent la difficulté qu’il y a à retrouver des statistiques sur les
productions et les réserves. Pour prendre un exemple, les statistiques
officielles du pays utilisées ont été tirées des publications du Ministère de
l’Economie Nationale (Revue Annuelle «Conjoncture Economique») pour
les années de 1962 à 1996, ensuite de la BCC (Banque Centrale du Congo),
de la CTCPM (Cellule Technique de Coordination et de Planification
Minière) et du CEEC (Centre d’Expertise, d’Evaluation et de Certification des
Substances Précieuses et Semi-Précieuses) pour la période de 1996 à 2011.
L’auteur a eu le privilège d’avoir accès aux chiffres de ces deux derniers
organismes pour y avoir exercé. On pourra donc souligner la qualité et la
diversité des références qui accompagnent aussi bien les publications
nationales qu’internationales.
Il est clair qu’il est ambitieux de faire une évaluation du poids
économique du sous-sol de la R.D. Congo, car les réserves ne sont pas à jour
partout, à cause notamment de l’exploitation artisanale et la volatilité des cours
des matières minérales ; mais un effort est fait dans ce sens par l’auteur pour
donner des chiffres un peu plus réalistes que les spéculations qui sont
souvent lancées. Approcher les chiffres de manière plus précise demandera
certainement plusieurs itérations et un suivi régulier sur le terrain ; de ce côté, le
tome 2 annoncé par l’auteur est certainement de très bons augures.
J’espère que les congolais vont s’intéresser massivement à cet ouvrage
que je n’hésite pas à recommander et qu’ils y trouveront un grand plaisir
dans la lecture comme cela a été mon cas.


Prof. J-P. TSHIBANGU K.
Chef du Service de Génie Minier
Faculté Polytechnique de l’Université de Mons



24

PRÉAMBULE

La République Démocratique du Congo est un pays minier. Mais,
paradoxalement, son sous-sol que tout le monde s’accorde à qualifier de «
scandale géologique », est peu ou mal connu du grand public. Les conséquences
en sont parfois désastreuses.
En avril 2010, un négociant kinois d’origine guinéenne, a été arrêté à
l’Aéroport de N’Djili avec quelques tonnes d’un minerai acheté à Kinshasa,
qu’il croyait être du coltan et qu’il avait l’intention d’aller vendre dans un
pays de l’Extrême Orient. L’affaire avait fait grand bruit dans les médias ; et
tous les Services Publics ayant participé à cette arrestation pensaient avoir
décelé la fraude minière du siècle. Or, toute l’opération participait, en fait,
d’un vaste malentendu où chacun a été un peu victime de sa naïveté, voire de
son ignorance de la chose minière. Il suffisait de savoir qu’au Congo, le
coltan se rencontre uniquement dans les provinces de l’ex-Kivu et dans le
NordKatanga pour se poser des questions sur la nature réelle de ce « coltan » saisi
tout à l’Ouest du pays. En effet, les analyses ont démontré, après coup, qu’il
s’agissait de l’ilménite, un minerai de titane sans intérêt économique au
re1
gard de son cours actuel, qu’on rencontre couramment dans les
exploitations artisanales d’or et de diamant du Bas-Congo notamment. Et s’il s’était
agi effectivement du coltan en provenance de l’Est du pays, on aurait du se
poser la question de savoir pourquoi le négociant aurait choisi de le faire
transiter par Kinshasa pour ensuite l’exporter à prix d’or, en bagage
accompagné, vers l’Asie du Sud-Est, alors qu’il existe des structures d’exportation
opérationnelles des produits miniers dans les villes de l’Est. Car, en effet,
exporter, par avion, de Kinshasa vers un pays de l’Extrême Orient, du coltan
2
venu de l’Est du Congo, n’est pas une opération rentable .
Le négoce des produits miniers au Congo est ainsi émaillé de faits divers
tout aussi dramatiques que cocasses. Des gens qui débarquent en triomphe
dans votre bureau avec des lingots d’un métal qu’ils disent être de l’uranium
hautement enrichi, emballés seulement d’un léger sac en jute, mais que, d’un

…………………………
1
A fin 08/2010, le cours de l’ilménite était environ de 80 à 130 USD/tonne métrique. Etant
donné le relatif enclavement des sites miniers par rapport à la côte, du minerai à un tel cours
ne payerait même pas son transport jusqu’au consommateur.
2
En avril 2010, à l’époque où est survenu cet incident, le coltan était à 34 $/lb, soit environ
23 $/kg pour du coltan titrant 22 % de Ta2O5(la moyenne congolaise étant entre 20 et 23 %).
En bagage accompagné, 1 kg en transport aérien revient à minimum 10 $ sur le parcours
Kinshasa-Hong-Kong. Au prix d’achat d’environ 8 à 10 $/kg dans les sites miniers, le coltan
rendu Hong-Kong (tous frais comptés) dépasserait les 35 $/kg.

25

simple regard, un œil averti n’a aucun mal à identifier comme étant du métal
antifriction, un alliage à base d’antimoine, dont on se sert souvent pour
fabriquer des coussinets anti-échauffement pour des paliers de machines en
mécanique lourde ! C’eût été de l’uranium hautement enrichi que ses
détenteurs seraient déjà irradiés, donc en danger de mort, avant même d’avoir eu
le temps de penser à le mettre dans le commerce !
Combien de fois n’ai-je pas eu à dissuader des personnes qui étaient
prêtes à aliéner leurs économies pour des broutilles? A deux reprises, j’ai
évité à des amis l’achat, à prix d’or, d’un liquide noir, soigneusement
emballé dans de petits flacons, qu’on leur a présenté comme étant du coltan ! A la
température ambiante, le coltan n’est pas liquide, mais se présente en grains
noirs bien denses ; et son prix réel sur le marché ne dépasse guère, à ce jour,
3
les 20 $ US/kilo , alors que les amis se préparaient à l’acquérir à 20000 $
US/gramme.
Mais c’est surtout dans le négoce de l’or que d’aucuns ont fait les frais de
l’adage qui dit : « tout ce qui brille, n’est pas de l’or » ! On connaît, en effet,
l’arnaque classique : des copeaux de bronze ou de laiton (alliages de cuivre)
ou encore des pépites de pyrite (un sulfure de fer) que des faussaires
réussissent quelquefois, hélas ! à vendre pour de l’or, à cause de leur éclat jaune et
brillant !
Ces anecdotes peuvent faire sourire, mais combien l’ignorance, mieux,
l’amateurisme à un certain niveau de l’Etat, a fait perdre de l’argent et du
temps à la République ?
Le dernier événement en date est cette histoire rocambolesque d’une
cargaison d’or en lingots qu’un jet privé, affrété par un groupe d’aventuriers des
Temps Modernes venus des USA, s’apprêtait à emporter en fraude en février
2011 de Goma. Cette affaire a emballé pendant des semaines les hautes
instances de la Justice Congolaise, monopolisant les unes des journaux, avant
qu’on ne s’aperçoive qu’il ne s’agissait, après coup, que d’un simple alliage
de cuivre. On se serait adressé, dès le départ, à des techniciens avisés que
l’arnaque serait immédiatement éventée par un simple examen à vue des
colis frauduleux.
Je m’en voudrais de clore cette litanie des faits divers du monde minier
congolais sans avoir évoqué cette affaire de « mercure rouge » qui, en 2007,
avait opposé, sur la place publique, deux imminents parlementaires
congolais. L’un accusait son collègue de s’être frauduleusement approprié de ce
qu’il prétendait être un trésor de leur terroir: un lot de quelques grammes
d’une poudre que tous deux disaient être du « mercure rouge », et qui aurait
été oublié par quelque Colon Belge dans un coin d’un établissement médical
de leur terre natale. Cette affaire, qui a tant défrayé la chronique, a pourtant
tourné court lorsqu’un soir, invité par une chaîne télévisée de Kinshasa, en

…………………………
3
Au29/03/2012, le cours de la tantalite, Ta2O5, était à 39,5 $ US/livre. Une livre troy vaut
0,3732 kg. Du concentré de coltan titrant 20 % de Ta2O5(moyenne congolaise), vaut donc 21
$ US/kg, hors transport et autres frais commerciaux.

26

l’occurrence CONGOWEB TV, je n’ai eu aucun mal à clore la polémique en
dénonçant une vilaine arnaque qui a ruiné bien de braves gens à travers le
4
monde : le « mercure rouge » ! Il n’existe pas et n’a jamais existé . Les
analyses, réalisées plus tard par le CRGM, ont d’ailleurs révélé qu’il s’agissait
d’une poudre médicale dont se servaient les hôpitaux de l’époque pour
soigner des blessures ! Le mercure, le seul, le vrai, ne se présente, à la
température ambiante, que sous une seule forme: c’est un liquide blanc argenté. Il
n’a d’ailleurs aucune commune mesure avec les valeurs phénoménales que
les arnaqueurs font miroiter à leurs victimes, son prix actuel sur le marché ne
5
dépassant guère les 54 $ US/kg .
Voilà pourquoi j’ai longtemps hésité entre un livre de vulgarisation qui
fasse davantage connaître aux Congolais les ressources dont est doté leur
sous-sol et un ouvrage technique documenté qui serve de référence aux
universitaires et aux techniciens de la mine. Finalement, je crois avoir réussi à
réaliser un document intermédiaire qui, tout en restant accessible au grand
public, demeure une source d’informations de bonne facture pour les
spécialistes de la mine. Je souhaite donc que ce livre ait une place dans la
bibliothèque de tout Congolais intéressé à la valorisation du sous-sol de son pays.

…………………………
4
Certains négociants indélicats réussissent à vendre du cinabre, un sulfure de mercure, HgS,
pour du « mercure rouge ». De couleur rouge carmin à rouge brique, le cinabre est le principal
minerai de mercure et, par conséquent, l’une des formes sous lesquelles on rencontre le
mercure dans la nature. A la température ambiante, le cinabre est solide et sa densité est de 8,0 à
8,2. Utilisé dans l’industrie de la peinture comme pigment et en médecine pour ses propriétés
pharmacologiques, le cinabre n’est classé ni substance précieuse, ni substance stratégique.
Comme principal minerai de mercure, il peut valoir quelques centaines de dollars par tonne.
5
Au 20 mars 2012, le cours mondial du mercure était à 1850 USD/flask. Un « flask » de
mercure contient 34,5 kg de mercure. A date, le kg de mercure était donc à 54,62 $ US.

27

INTRODUCTIONGÉNÉRALE

Le sujet de cet ouvrage est l’industrie minérale congolaise et non
l’industrie minière congolaise. Car, en effet, l’industrie minière comprend
l’ensemble d’activités liées à la valorisation de seules ressources classées
mines. Par industrie minérale, il faut comprendre l’ensemble des activités
qui, au-delà de la recherche et de la production minières, englobe également
la mise en valeur des combustibles minéraux, appelés aussi hydrocarbures,
ainsi que des matériaux de construction et industriels d’origine minérale.
Dans la logique du Code Minier Congolais, les ressources du sous-sol
congolais sont réparties en trois catégories :

y les ressources minières ou les substances classées « mines » ;
y les hydrocarbures ou combustibles fosssiles ;
y les produits de carrière qui regroupent les minéraux industriels ainsi
que les matériaux de construction d’origine minérale.

Entre ces trois catégories, les critères de différenciation ne sont pas
toujours évidents à établir. Au sens du Code, les ressources minières sont des
substances minérales autres que les hydrocarbures, non classées dans les
6
produits de carrière! C’est évidemment une définition qui ne brille pas par
la clarté! Et les hydrocarbures sont des combustibles d’origine fossile, qui
peuvent se présenter sous la forme solide, gazeuse ou liquide. Quant aux
produits de carrière, ils sont définis comme étant des substances minérales
non-métalliques, utilisables comme matériaux de construction, ou comme
matériaux dans l’industrie céramique, dans la verrerie, ou encore comme
7
éléments de bonification des sols en agriculture .
Entre les ressources minières et les hydrocarbures, la ligne de
démarcation est nette : aucune confusion n’est possible. Si les uns et les autres
participent de mêmes méthodes d’exploration et d’exploitation, voire de
bonification, les hydrocarbures sont des substances fossiles qui génèrent de l’énergie
par combustion, tandis que les ressources minières sont celles dont la mise
en œuvre produit des matériaux métalliques et non-métalliques
indispensables à la production des biens consommés par l’Humanité.

…………………………
6
JOURNAL OFFICIEL,Loi 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier,art 4, alinéa
1, CEDI, Kinshasa, juillet 2002.
7
JOURNAL OFFICIEL,Loi 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier,art 4, alinéa
2, CEDI, Kinshasa, juillet 2002.

29

La ligne de démarcation est, par contre, loin d’être objective entre les
ressources minières et les produits de carrière ! A titre d’exemple, au sens du
code, les phosphates, éléments basiques pour laproduction des engrais
8
phosphatés, sont classés «ressources minières» , alors que, par définition,
en tant qu’élément pour la bonification des sols, ils devraient être classés
« produits de carrière ». De même, pour le marbre et le granite, classés «
res9
sources minières» dans le Code , alors qu’ils sont principalement utilisés
dans la construction.
A contrario, en nous plaçant dans cette logique d’exception du Code, on
se serait attendu à ce que la « pierre à ciment », un calcaire un peu spécial,
appelé «calcaire oolithique», soit rangé dans les ressources minières. Le
10
Code le classe pourtant dans les produits de carrière! Mais, faut-il le
rappeler, le marbre, classé «ressource minière» dans le Code, est, comme la
pierre à ciment, une forme particulière du calcaire !
La surprise vient du gypse qui, bien qu’il soit principalement utilisé
comme intrant dans l’industrie du ciment, est un sulfate, donc un sel ; de ce
11
fait, suivant la logique du Code, il devrait être classé « ressource minière ».
Il est pourtant repris, au même titre que le calcaire à ciment, dans la
catégo12
rie des « minéraux industriels » qui sont des produits de carrière.
Cet exercice montre combien les limites du langage quotidien peuvent
être aussi celles de la Loi. Aussi, tant qu’à faire un choix, ai-je pris l’option,
dans cet ouvrage, de classer le granite, le gypse et le marbre dans les
matériaux de construction d’origine minérale. Par contre, en conformité avec le
Code Minier, les phosphates sont identifiés comme ressources minières.
Ces précisions étant faites, il reste àsouligner le fait que les publications
récentes qui traitent des ressources minérales congolaises sont rares, sinon
inexistantes. L’époque coloniale était pourtant riche en diverses publications
techniques et scientifiques sur le sous-sol congolais. En effet, en dehors
d’immenses œuvres des pionniers comme L. CAHEN, J. CORNET, J.
LEPERSONNE, M. VARLAMOFF, M. De KUN, etc., de nombreux
périodiques traitaient régulièrement des travaux des géologues et ingénieurs qui
ont marqué les premières épopées de l’industrie minérale congolaise; mais
ces publications se sont arrêtées au lendemain de l’avènement du pays à
l’Indépendance.

…………………………
8
JOURNAL OFFICIEL,Loi 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier,art 4, alinéa
2, CEDI, Kinshasa, juillet 2002.
9
JOURNAL OFFICIEL,Loi 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier,art 4, alinéa
2, CEDI, Kinshasa, juillet 2002.
10
JOURNAL OFFICIEL,Loi 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier,art 4, alinéa
2, CEDI, Kinshasa, juillet 2002.
11
JOURNAL OFFICIEL,Loi 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier,art 4, alinéa
2,dernière ligne, CEDI, Kinshasa, juillet 2002.
12
JOURNALOFFICIEL,Décret N°038/2003 du 23 mars 2003 portant Règlement Minier
Congolais, art 2, alinéa 13, CEDI, Kinshasa, 2003

30

Parmi les tentatives de publication scientifique, ayant marqué
durablement l’histoire de l’industrie minérale congolaise post-Indépendance, il y a
lieu de signaler « Maadini », un bulletin d’informations générales publié par
GECAMINES, à partir de 1974, et qui a servi spécialement d’espace
d’expression aux scientifiques et techniciens de la mine de tous bords. De
nombreuses études de bonne facture scientifique, abordant des sujets variés
dans différentes branches de l’industrie minérale (recherche géologique,
exploitation minière, métallurgie), y ont été régulièrement publiées. Mais ce
périodique a cessé de paraître à la fin des années 1980.
Dix ans après la promulgation de l’actuel Code Minier congolais, le
présent ouvrage vient, un tant soit peu, combler cette carence d’écrits, dans un
secteur qui demeure pourtant le moteur de croissance de l’économie
congolaise.
Ce premier tome répond aux questions suivantes: Quelles sont les
ressources exploitables du sous-sol congolais dont on dit qu’il est un véritable
scandale géologique ? A quels usages sont-elles destinées dans la civilisation
de notre époque? Où les trouve-t-on en RD Congo? Quelles en sont les
réserves du Congo et des pays du monde ? Pour celles qui sont déjà en
exploitation, quelles en sont les statistiques de production congolaises et mondiales ?
Quels sont les opérateurs miniers qui en assurent la mise en valeur ? Dans cet
ouvrage, toutes les ressources du sous-sol congolais, jugées exploitables,
regroupées en ressources minières, hydrocarbures et matériaux de construction,
sont passées en revue.
L’ouvrage conclut sur une question d’actualité, celle qui porte sur le
poids financier du sous-sol congolais: Partant des réserves connues à date
des substances identifiées dans le présent ouvrage, l’exercice a consisté à
calculer, sur base des cours mondiaux actuels, la valeur des réserves de
chaque substance ; ce qui, après sommation, donne la valeur globale du
potentiel minéral du sous-sol congolais. C’est évidemment une grande
première au Congo !
Enfin, le dernier chapitre est consacré à la position qu’occupe
actuellement la RD Congo dans le monde minier par rapport, d’une part, à ses
réserves, et d’autre part, à sa production minière actuellement en pleine
ascension. Un sujet qui lève ainsi un coin de voile sur l’objet du deuxième tome
de l’ouvrageen préparation : les défis de l’industrialisation minière
congolaise.

31